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EAN : 9782070727896
140 pages
Gallimard (10/11/1992)
4.11/5   9 notes
Résumé :
Nagaï Kafû (1879-1959), écrivain à bien des égards inclassable, tient une place à part dans le cœur des lecteurs japonais. Comme Ihara Saikaku avait été celui d'Ôsaka, il fut le chantre de Tôkyô, et cette histoire singulière en porte l'admirable témoignage.Usant d'une langue volontiers archaïsante et recherchée, celui que son public appelle simplement Kafû se plaît à composer des romans sur le modèle de la «littérature de divertissement» de l'époque Edo. Mais à son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cricri124
  15 janvier 2022
Dans les années 1930, un écrivain en panne d'inspiration flâne au gré des ruelles, des rencontres (et en particulier d'une rencontre), de la radio, des phonographes et des moustiques dans les quartiers populaires du plaisir à Tokyo, autour de Tamanoi, à l'est du fleuve Sumida.
Sans doute le chef d'oeuvre de Nagaï Kafû, si l'on en croit Alain Nahoum dans la préface.
Peut-être.
L'histoire est certes sympathique mais selon moi, pas transcendante.
Ce qui m'a le plus dérangée je crois, ce sont les descriptions des lieux, surchargées de détails géographiques très précis et plutôt ennuyeux à la longue.
En revanche, ce que l'auteur réussit très bien, c'est nous immerger dans une espèce de bulle à la dérive entre deux mondes, l'ancien et le nouveau qui se construit sous ses yeux, entre traditionalisme et modernisme. Finalement, le personnage central de cette histoire est sans doute ce quartier de Tokyo en pleine évolution, scarifié par les changements, au grand regret du narrateur. J'ai également été surprise par l'omniprésence de la crainte et la méfiance envers les forces de l'ordre et j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus d'explications à ce sujet.
Toujours est-il que ce livre se lit agréablement, comme une flânerie nostalgique au détour d'une époque en voie de disparition. Alain Nahoum (eh oui, encore lui) précisera même que « cette Histoire singulière à l'est du fleuve nous apparaît comme une des rares formes de ‘littérature de l'exil intérieur' ».
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sandrine57
  17 février 2020
C'est pour fuir le son des radios et des phonographes de ses bruyants voisins que Tadasu Ôe se rend à l'Est de la Sumida, dans les vieux quartiers populaires de Tokyo. Il vient aussi y chercher le silence et l'inspiration pour terminer son dernier roman. Un soir de pluie, O-Yuki, une prostituée des bas quartiers, s'invite sous son parapluie et il la raccompagne chez elle. L'écrivain prend alors l'habitude de lui rendre visite, heureux de retrouver chez elle un peu de la ville d'antan. Alors qu'il écrivait l'histoire d'un professeur, Taneda Junpei, marié et père de famille, embourbé dans un mariage qui ne le satisfait plus, sa rencontre avec O-Yuki lui donne l'idée de jeter son héros dans les bras de Sumiko, une prostituée avec laquelle il envisage de s'enfuir.
Une promenade nostalgique dans le Tokyo de 1936. La ville tentaculaire continue de s'étendre et de se moderniser. A l'Est de la Sumidagawa, les quartiers de banlieue résistent. Ici la crasse règne, les canaux attirent des nuées de moustiques virulents, ouvriers et prostituées vivotent bien loin des radios qui indisposent le célèbre écrivain Tadasu Ôe. La promenade est aussi clandestine. Pour déambuler dans ces bas-fonds, observer ses habitants et se fondre dans le décor, l'auteur se camoufle dans des vêtements d'homme du peuple. Quand il entame une liaison avec O-Yuki, il ne lui dit rien de sa vie et se laisse aimer par cette femme au charme suranné qui lui rappelle le Tokyo d'un autre temps.
Amoureux de sa ville et fin observateur des métamorphoses qu'elle subit, Nagaï Kafu se livre ici à une double mise en abyme. Un écrivain, Kafu, écrit l'histoire d'un écrivain, Ôe, qui écrit l'histoire d'un professeur, Taneda, tous les trois déambulant dans le quartier de Tamanoi, les deux derniers se rapprochant d'une prostituée miséreuse.
Un livre très court mais troublant, envoûtant, attachant. C'est un plaisir de suivre Kafu dans ses descriptions d'un Tokyo aujourd'hui disparu et qui, en 1936, était seulement en voie de disparition.
L'écriture de cet auteur classique est tout à fait abordable et très évocatrice, on sent la chaleur moite, on aperçoit au loin une femme en kimono se pressant sous la pluie, on explore les ruelles sombres, on rencontre les petites gens de ces quartiers oubliés. Magnifique.
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dbacquet
  26 octobre 2017
Kafu en observateur attentif et sensible crée d'une rencontre fortuite entre un écrivain vieillissant et nostalgique et O-yuki, une prostituée, un récit envoûtant. Il s'attache aux moindres détails, des gestes, des lieux, d'une ville (Tôkyô à la fin des années trente) dont il trace une géographie secrète, un monde intérieur. la fin du récit s'apparente à une sorte de monologue, au ton de plus en plus poétique, où semblent l'emporter des sentiments de solitude et de fugacité.
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purplevelvet
  05 avril 2015
Le fleuve en question, c'est le Sumidagawa qui traverse Tôkyô. A l'est se trouvent les quartiers populaires, anciens villages peu à peu grignotés par la grande ville :Mukôjima et Terajima, habités par les ouvriers et Tamanoi, le quartier des prostituées.
C'est dans ces endroits là, en 1936, que déambule Ôe Tadasu, écrivain sexagénaire à la recherche d'une inspiration pour finir le roman qu'il a commencé d'écrire: son héros a fui une vie maritale ennuyeuse après 20 ans de mariage et l'auteur envisage de le faire se cacher dans une de ces banlieues en compagnie de sa maîtresse entraineuse de bar. Mais l'auteur sèche un peu pour conclure une histoire que lui même trouve assez peu crédible.
L'inspiration lui viendra suite à la rencontre fortuite d'O-Yuki, prostituée des bas quartiers qui s'incruste un soir de pluie sous son parapluie. Tadasu se prend au jeu et revient la voir, pas tellement pour les plaisirs qu'on peut trouver avec une prostituée, mais plutôt parce qu'O-Yuki a un style un peu surranné, qui lui rappelle le temps passé. Car le vrai souci de Tadasu c'est qu'il a du mal a accepter le changement, la mutation de la ville: il n'arrive pas à rester chez lui, car le son des radios et phonographes de ses voisins l'empêche de travailler. La quartier où vit O-Yuki étant assez miséreux, la modernité ne s'y est pas encore vraiment implantée. Et même si le canal qui y passe est crasseux et infesté de moustiques, on y est tranquille, dans le silence.
J'ai moins aimé ce texte que Scènes d'été, on y est plus dans la description des promenades de l'auteur en panne d'inspiration et de ses regrets du temps passé que dans le réel récit que pourrait laisser présager le titre. dans le fond, l'histoire n'est pas si singulière que ça.
Mais plusieurs choses m'intéressent. Pour savoir elsquelles, suivre le lien ci-dessous :)
Lien : http://purplenosekai.blogspo..
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Unhomosapiens
  13 janvier 2019
Dans la droite ligne de son roman "La sumida", un homme se promène avec une geisha dans la nature en marge de la ville. Du pur bonheur, pour qui, comme moi, aime les descriptions naturalistes. On prend son temps. On suit les personnages au rythme de la Sumida et des canaux environnants. Du grand Kafu !
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Cricri124Cricri124   15 janvier 2022
Exposer mes livres au plein soleil pendant les dernières chaleurs de l’été, et brûler les feuilles mortes de mon jardin, un après-midi sans vent au début de l’hiver : telles étaient les occupations les plus agréables de ma vie solitaire. De fait, lorsque je sortais les livres, je contemplais ceux qui étaient restés longtemps empilés sur de hautes étagères, l’époque où je les avais savourés me revenait en mémoire, et c’était l’occasion pour moi de percevoir l’évolution des courants du temps et celle de mes goûts. Le plaisir que j’éprouvais à brûler les feuilles mortes venait du fait que j’en oubliais, ne fût-ce qu’un moment, que je menais une vie de citadin.

Chapitre 9
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Cricri124Cricri124   15 janvier 2022
Cet été, comme l’année précédente et celle d’avant, je sortais chaque jour de chez moi avant le coucher du soleil, mais la vérité est que je n’avais nul lieu à atteindre, nul endroit où marcher.

Chapitre 5
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Cricri124Cricri124   31 décembre 2021
Il n’est pas rare que le sol des palais de l’équité soit jonché d’excréments d’oiseaux ou de rats, et c’est à l’inverse au fond des vallées du vice que l’on peut cueillir et amasser en abondance les belles fleurs des sentiments humains et les fruits parfumés des larmes.

Chapitre 7
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Cricri124Cricri124   30 décembre 2021
D’entre les livres empilés près du mur, il sortit des exemplaires reliés, cinq ou six, les épousseta des deux mains et me les confia :
« Dépôt légal, douzième année de Meiji (*). Quand on lit des revues de cette époque, on a l’impression de vivre plus longtemps, n’est-ce pas ? »

(*) 1879
Chapitre 1
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Cricri124Cricri124   01 janvier 2022
Même ces quartiers nouveaux, qui se forment en des lieux aussi retirés, ne peuvent échapper aux vicissitudes de l’Histoire. Que dire alors de la vie des êtres humains ?

Chapitre 6
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Video de Kafū Nagai (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kafū Nagai
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
+ Lire la suite
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