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EAN : 9782824617077
240 pages
City Editions (26/08/2020)
3.1/5   20 notes
Résumé :
En 1814, alors que la Restauration de Louis XVIII mécontente de plus en plus le peuple, Joseph Chunotte, un ancien révolutionnaire, est retrouvé mort, défenestré. Cet homme puissant qui régnait sur la pègre parisienne avait bâti sa fortune grâce au vol des joyaux de Marie-Antoinette. Le commissaire Samuel Le Mullois est mandaté par la police secrète du roi pour enquêter sur cette mort mystérieuse. Mais sa véritable mission est tout autre : il doit à tout prix retrou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Clubromanhistorique
  20 décembre 2020
Docteur en histoire et spécialiste de l'histoire politique du début du XIXe siècle, Laurent Nagy est notamment l'auteur de "D'une Terreur à l'autre. Théories du complot et nostalgie d'Empire, 1815-1816" aux éditions Vendémiaire. "Le Complot du Livret rouge" est son premier roman policier historique !
Appréciant les romans historiques bien documentés, je porte toujours une grande attention au parcours de l'auteur (études, profession, etc.) et/ou les recherches qu'il a accomplies pour rédiger son roman. Et je suis toujours très curieuse de découvrir comment les historiens parviennent à marier les codes de la fiction et la réalité historique. Aussi, "Le Complot du Livret rouge", premier tome d'une nouvelle série policière, a immédiatement attiré ma curiosité, d'autant que ce roman traite d'une période que je connais mal, la Restauration… je me suis dit que c'était certainement un bon moyen pour moi d'aborder ces années et plus précisément l'année 1814, année cruciale au possible : nous sommes donc sous le régime de la Restauration et la France est dirigée par le très contesté Louis XVIII. La colère gronde dans tout le pays et les rumeurs les plus folles se diffusent… Napoléon Bonaparte serait sur le point de revenir pour reprendre les rênes du pouvoir !
C'est dans ce contexte très troublé qu'est retrouvé un beau jour du mois de septembre 1814 le corps de Joseph Chunotte, entrepreneur de filature, au pied de son domicile dans le faubourg Saint-Antoine, à Paris. Défenestré, certes, mais est-ce un suicide, un accident ou bien un meurtre ? Cette mort, qui pourrait paraître somme toute banale, semble pourtant préoccuper pas mal de monde, au premier chef Simon Duplay, qui travaille à la Direction générale de la police. Il faut dire que ce manufacturier, certes ruiné mais connu dans le quartier Saint-Antoine sous le titre de "vice-roi du faubourg", jouissait depuis de nombreuses années d'appuis politiques importants et pour cause : ayant été au centre d'intrigues durant les premiers temps de la République, il détenait pas mal de secrets sur les uns et les autres, dont un mystérieux document appelé le Livret rouge que Simon Duplay, entre autres, aimerait bien récupérer ! Que recèle ce document ? Peut-il mettre en péril le régime en place ? Face à ce danger, Simon Duplay décide de confier l'enquête au discret commissaire Samuel le Mullois, le héros de cette histoire, aidé de l'inspecteur Dugénie, qui travaille au Bureau de la sûreté de la préfecture de Paris.

Une date clé : 1814
Nombreux sont les romans historiques policiers se déroulant sous la Révolution française ; ils se comptent quasiment sur les doigts des deux mains pour la période post-révolutionnaire. Moins spectaculaire ? Moins sanguinaire ? Moins explosive ? En tout cas moins connue du grand public dont je fais partie...Avant de lire ce roman, j'aurais été bien embêtée si on m'avait demandé de résumer la situation générale de la France en 1814.
Avec ce roman, malgré mon appréhension de départ – il manque en début d'ouvrage une courte présentation du contexte global de la France, qui est, de manière générale, une véritable clé d'entrée pour beaucoup de lecteurs –, j'ai plongé avec facilité dans ce pan de l'histoire de France qui se révèle être tumultueux et mouvementé. Certes on ne tue plus à tout bout de champ, mais la situation est toute aussi explosive et tendue : les régimes et les hommes se succèdent, mais la misère et les inégalités demeurent. Pourtant, les revendications sont là ; la colère et la violence ne sont pas loin… Renforcée par le mordant hiver de 1814, la crise sociale et économique s'amplifie : durement touchées par la concurrence anglaise, les manufactures de tissus des faubourgs, sur lesquelles la croissance économique a longtemps reposé sont, ferment les unes après les autres, laissant nombre d'ouvriers sur le carreau…
Or les hommes placés dans les plus hautes sphères du pouvoir, totalement aveuglés par leur ambition personnelle, sont totalement indifférents au sort de la population : qu'ils soient d'anciens républicains devenus royalistes, républicains ou royalistes, tous sont de véritables girouettes capables de changer de bord politique dès que le vent semble tourner. Et il risque de bientôt tourner, les rumeurs du retour de Napoléon Bonaparte se faisant de jour en jour plus précises. C'est donc l'effervescence !
Mais ce roman ne se contente pas d'explorer la situation générale du pays en cette fin de Restauration ; à travers certains personnages, il montre combien les idéaux de la Révolution française ont été dévoyés, aboutissant à la conspiration des Égaux puis à la situation actuelle, il y a une véritable mise en perspective.

Un héros distant et peu attachant ? Attention aux premières impressions...
Les témoins de ce pan de l'histoire de France sont très divers – on regrettera la quasi absence de femmes dans ce roman, mais cela correspond malheureusement à la réalité historique : l'auteur a fait appel à des personnages à la fois historiques, dont il parle d'ailleurs dans une intéressante note en début d'ouvrage – entre autres, Henri Redouté, Jaques Santerre, Simon Duplay – et de fiction, dont notre héros, Samuel le Mullois. Un héros qui, sans être un anti-héros car il n'est pas méchant, est loin d'attirer la sympathie… au premier abord. Et cela pour deux raisons.
D'une part, l'auteur ne s'attarde pas assez sur son héros, le laissant rapidement à distance dès la fin du chapitre un, après son entrevue avec Simon Duplay, alors que nous sommes justement en demande d'informations face à ce personnage bien mystérieux, qui nous échappe. Rassurez-vous, on retrouve notre héros dès le chapitre trois, mais ne croyez pas qu'il sera devenu entre temps chaleureux. Autant vous le dire de suite, notre héros est un taiseux, un solitaire. D'ailleurs, selon l'inspecteur Dugénie, adepte de la physiognomonie, ses "sourcils épais, compacts, comme tirés au cordeau" sont les signes d'un caractère atrabilaire et rassis !
L'autre raison tient au fait qu'il y a un deuxième personnage qui a tendance à attirer rapidement toute la lumière sur lui : Pierre Ambroise Almeiras, capitaine retraité et teneur de livres chez François Richard-Lenoir. À l'inverse de Samuel le Mullois, certains chapitres sont entièrement consacrés à ce personnage que l'auteur décrit avec minutie : on connaît son physique, son caractère, ses forces et ses failles ; on a accès à ses pensées les plus intimes, ses doutes, ses peurs… Ce personnage sensible et jeune semble plus accessible, plus lumineux et il devient d'autant plus intéressant de par ses liens avec la victime et ses origines mystérieuses.
J'ai bien failli me laisser entraîner par cet élan de sympathie, mais je me suis dit que, non, Samuel le Mullois ne méritait certainement pas une telle indifférence, donc je me suis de nouveau concentrée sur lui et bien m'en a pris. En effet, au fil du roman, l'auteur distille petit à petit des précisions sur son personnage, qui, mises bout à bout, permettent de dresser un portrait psychologique assez précis même si demeurent de nombreuses zones d'ombre. Pari assez risqué me direz-vous ! Car rien n'est pire que l'indifférence. le héros, on l'aime ; l'anti-héros, on aime le détester ! Donc l'idée de suivre ce rabat-joie durant plus de deux cents pages ne m'enthousiasmait guère, mais j'étais persuadée que quelque chose se cachait derrière ce personnage taciturne et l'auteur a bien mis en scène cet aspect même si cela nécessite de bien se souvenir de toutes les informations données au cours du roman pour les raccorder au fur et à mesure entre elles. Et la présence d'un deuxième personnage fort, le fameux Pierre Ambroise Almeiras, crée une sorte de concurrence qui n'est pas totalement maîtrisée à mon sens étant donné que j'ai bien failli reporter tout mon intérêt sur Pierre Ambroise Almeiras, délaissant Samuel le Mullois, alors que les deux personnages sont importants. Peut-être qu'une présentation un peu plus détaillée du héros lors du premier chapitre aurait permis d'installer une certaine connivence, solide, avec Samuel dès le départ.
Et donc ce Samuel, qui est-il ? On apprend progressivement qu'originaire de Dieppe, il est calviniste et marié à Cornelia, une femme issue d'une riche famille de Stuttgart. Mais il a eu une précédente épouse, décédée, union dont est né un fils, élève à l'École polytechnique. Ancien officier d'infanterie, traumatisé par les guerres "pour sauver la République et la gloire de Napoléon" – de là provient certainement la maladie de peau dont il souffre et qu'il cherche à dissimuler en étant très attentif à son aspect extérieur –, il a été réformé et est entré dans la police. Au retour des Bourbons, au printemps 1814, il n'a pas été inclus dans la nouvelle organisation de la Direction générale de la police. Ces différents coups de projecteur, loin de mettre en lumière un individu misanthrope, froid et sans empathie, dessine au contraire un personnage sensible, discret, qui ne souhaite pas faire de vagues, retiré, véritablement traumatisé par son expérience de la guerre. Il y a notamment un passage très fort, celui où Samuel évoque sa situation au soir de la bataille d'Eylau, en février 1807 : après l'avoir lu, vous comprendrez pourquoi Samuel ne mange plus de viande…
Malgré mes petites réserves sur la manière dont est géré le personnage principal au début du roman, je dois avouer que j'ai fini par vraiment m'attacher à ce héros, qui est un écorché de la vie et qui s'est construit une sorte de carapace pour survivre. Vu les indices distillés dans ce roman – son veuvage, son fils, etc. –, je pense que Samuel le Mullois nous cache encore bien des choses ! Voici donc un personnage atypique, avec du potentiel pour les prochains tomes !

Un Paris méconnu mais pas si lointain
Même si Samuel le Mullois parvient à garder une certaine distance avec nous alors même que le récit est mené par un narrateur omniscient – ce qui montre à quel point le héros retient ses émotions et ses pensées –, nous le suivons partout et ce sont par ses yeux que nous découvrons un Paris étonnant, hybride, où se juxtaposent des quartiers où demeure dans l'architecture un esprit médiéval (quartier des Halles), des zones où règne l'urbanisme contemporain tel que l'a imaginé Napoléon Bonaparte (rue de Rivoli) et des lieux victimes des dévastations révolutionnaires. On découvre ainsi avec surprise la fameuse rue du Colombier où vit Samuel le Mullois, située en plein coeur du quartier de Saint-Germain-des-Prés, qui n'était alors qu'"une voie obscure dominée par les hauts murs de l'Abbaye", boueuse à souhait.
Le coeur de l'intrigue se situe dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine, un quartier bruyant et sale, considéré alors comme frondeur et vindicatif. C'était un véritable "atelier gigantesque de la capitale" où dominait les fabriques de coton… un quartier aujourd'hui habité par les classes aisées !
Mais, toujours en lien avec le contexte social et politique mouvementé, notre héros nous emmène également dans les cafés du Palais-Royal, haut lieu de la contestation, et ses librairies. Ce fameux Palais-Royal avec ses galeries de bois accueillant chalands et badauds la journée et qui devient, le soir venu, un véritable quartier général politique, repaire à la fois des mécontents de la Restauration et des royalistes convaincus, d'où parfois quelques bisbilles ! La fréquentation de ces différents lieux, avec les nombreux personnages qui y défilent, nous donne une image assez précise de l'état d'esprit d'une partie de la population. On la perçoit également dans les différents titres de presse lus par Samuel le Mullois et dont on découvre les noms : "La Quotidienne", "Le Drapeau blanc", "Le Censeur", "Le Moniteur universel", "Le Journal des débats"… autant de journaux bien souvent aujourd'hui oubliés alors qu'à l'époque ils étaient l'équivalent du "Monde", du "Figaro", de "L'Humanité", etc.
De tous les lieux visités, l'auteur nous donne une description précise, vivante mais sans lourdeur. Ces descriptions détaillées sont extrêmement précieuses, ce sont les témoins d'un monde qui a disparu, comme les bains Poitevin où notre héros vient soulager ses problèmes de peau et dont j'ignorais l'existence.

Une intrigue pas assez musclée
Si vous aimez les intrigues complexes, avec plein de rebondissements et de fausses pistes, des meurtres, des enlèvements, vous serez sans aucun doute déçus. Ce roman policier historique est à mon avis davantage un roman historique en ce sens où la contextualisation et l'histoire des personnages l'emportent sur l'intrigue. Bien qu'intéressante car apportant quelques petites surprises, elle est trop ténue du fait de l'absence de rebondissements et de mises en danger, le roman se déroule entièrement sur un rythme égal, un peu "pépère", sans réel suspense d'autant que la liste des suspects connus est réduite : Groseille Bizon, Pierre Ambroise Almeiras, Robillard et Claude Mennessier.

Pour résumer, ce roman m'a davantage intéressée pour son côté historique que pour son intrigue. Mais ce premier tome est prometteur, il ne manque pas grand-chose pour bien équilibrer histoire/suspense !
Lien : https://romans-historiques.b..
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talou61
  22 mars 2021
Une enquête policière à Paris, durant la première Restauration, une époque peu déclinée en roman policier.
De superbes descriptions des rues, des cafés sont les principaux atouts de ce roman.
Malheureusement, c'est tout…
L'auteur, Docteur en Histoire et spécialiste de l'histoire politique du début du XIXe siècle, manque cruellement de connaissances sur la période de la Révolution française (1789-1799) : à plusieurs reprises, il décrit l'envahissement des Tuileries en juin 1791 au lieu de 1792... Une fois passe, mais à trois ou quatre reprises, c'est une faute historique grave qui nuit à la compréhension du récit car juin 1791 c'est la fuite à Varennes. J'espère qu'il y aura une nouvelle réédition sans cette faute grossière !
Je ne me suis pas attachée aux personnages, ni à l'enquête un peu complexe.
Le dernier point positif, la présence de Simon Duplay, ancien secrétaire de Robespierre, ayant perdu sa jambe à Valmy, neveu de Maurice Duplay le logeur de Robespierre. Un Jacobin qui devient secrétaire de Fouché et de sa police politique : un personnage historique auquel je m'intéresse beaucoup.

Une déception mais qui ne m'empêchera pas de lire d'autres ouvrages de cet auteur.
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Chamfort
  09 novembre 2020
Un polar historique original où l'intrigue policière s'inscrit dans un décor historique très bien dessiné par l'auteur. Ce livre tout à fait passionnant, vous replonge sous les Cent-Jours avec la sensation d'y rencontrer à chaque coin de rue des figures connues. L'auteur, par l'intermédiaire de son héros, le commissaire Samuel le Mullois, fait preuve d'une grande imagination pour mieux faire revivre sous nos yeux les contemporains de l'épopée napoléonienne.
Grand lecteur de polars historiques, j'ai découvert un livre vraiment riche et palpitant !
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morin
  29 décembre 2020
L'histoire se déroule de septembre 1814 - période de la première restauration - au 1er mars 1815 -retour de Napoléon de l'île d'Elbe. La France n'est pas au mieux de sa forme. Les classes populaires souffrent (faim, chômage..)
Le commissaire Samuel le Mullois, personnage particulièrement taciturne, se voit confier une mission par Simon Duplay, secrétaire de la police politique des Bourbons : enquêter sur le décès de Joseph Chunote, personnage peu recommandable, et retrouver le Livret Rouge, document en sa possession.
L'enquête est sans suspens. On est promené dans le quartier du Palais Royal, de cafés royalistes, en cafés bonapartistes ou révolutionnaires. Personnages historiques et personnages fictifs se côtoient. A l'exception de Pierre-Ambroise d'Almeira on ressent peu d'empathie pour les personnages.
Honnêtement je dois préciser que je me suis ennuyée à la lecture de cet ouvrage.
Les aventures de Samuel le Mullois ne sont pas prêtes de rivaliser avec celles du commissaire le Floch (Jean-François Parot) et des enquêtes de Victor Dauterive (Jean- Christophe Portes).
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lordjim73
  13 mars 2021
Parfois, on peut être très agréablement surpris par un cadeau de Noël :) ! Je viens de terminer le Complot du Livret Rouge, de Laurent Nagy, qui m'a fait découvrir une période que je connaissais très mal. En effet, que sait-on de Louis XVIII et de la Restauration (1814) ? Peu de choses. A tel point que les romanciers d'aujourd'hui évitent soigneusement d'aborder la période. L'auteur, qui est historien, décrit par l'intermédiaire de ses personnages, tout en nuances, un Paris après la chute de Napoléon où se déroulent des luttes politiques terribles (bonapartistes/républicains/royalistes).
Son commissaire le Mullois, tout en discrétion, est un personnage fort et attachant (surtout à la fin du roman). En suivant ses circulations et ses actions lors de cette enquête aux mille ramifications, on passe un très agréable moment.
Bien entendu, dans le Complot du Livret rouge, on sent que l'historien domine le romancier, mais cet aspect, j'en suis persuadé, s'effacera à la prochaine enquête policière de Samuel le Mullois.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
talou61talou61   23 mars 2021
Ainsi Simon Duplay qui était toujours secrétaire de la police politique des Bourbons, et qui faisait appel à lui aujourd'hui, dans toute sa personne, n'était qu'un mauvais souvenir pour tous les partisans de Louis XVIII. Tout le monde savait qu'il était le neveu de Maurice Duplay, l'amphitryon de Maximilien Robespierre dans sa maison de la rue Saint-Honoré durant la terreur. Bien plus qu'un simple invité, l'Incorruptible avait trouvé un soutien total auprès de l'entrepreneur de menuiserie et de sa famille. Le bruit courait même toujours en 1814 que Simon , hébergé par son oncle, avait été le secrétaire particulier de Robespierre. Seule certitude, fougueux partisans de la Révolution, Simon Duplay avait pris les armes pour la défendre. Son engagement lui avait même coûté le bas de sa jambe, arraché par un boulet prussien, lors de la bataille de Valmy.
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talou61talou61   10 mars 2021
Les anecdotes enveloppant le récit, de l'épée de diamants offerte au général Sacken aux cris séditieux des faubourgs, des chansons de Sourdon aux mots frondeurs des bonapartistes sont tirés des archives et de la presse de l'époque. Les personnages de fiction du Livret Rouge, quant à eux, côtoient de véritables acteurs du moment, ainsi le Curé rouge (Jacques Roux), le brasseur Santerre ou encore l'artiste Henri Redouté appartiennent-ils à l'histoire.
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lordjim73lordjim73   13 mars 2021
Empruntant la magnifique passerelle de métal qu’il avait découvert à son retour de l’étranger, Le Mullois versa le sou de péage et franchit la Seine en compagnie des cuisinières des maisons du faubourg Saint-Germain se rendant au marché du Palais-Royal. En regardant autour de lui, le panorama était d’une beauté apaisante. Il avait été quelques jours auparavant admirer au Spectacle Pittoresque et Mécanique de M. Pierre, rue Neuve de la Fontaine, une vue de l’île d’Elbe et de sa capitale Portoferraio. Le Mullois se demandait de quelle force d’âme il fallait faire preuve pour troquer tant de grandeur pour tant d’ordinaire, renoncer à un empire pour une île minuscule.
Au même instant, au deuxième étage de la Direction générale de la Police, la porte d’un cabinet caché attenant au bureau du secrétaire s’ouvrit sans bruit. Apparut aussitôt une frêle silhouette au visage émacié. L’homme élégant marcha d’autorité vers Duplay.
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lordjim73lordjim73   13 mars 2021
La rue des Écrivains, dans le quartier des Lombards, était toute proche. Almeiras y trouva Jardelle de Villedieu sur le point de partir. Il venait de tenir une ultime réunion avec ses affiliés de la rue du Bouloi dont les rôles avaient été distribués quelques jours auparavant. Un agent à lui avait été posté près des Tuileries pour y surveiller la cour, un autre avait rejoint l’Empereur, d’autres étaient avec les royalistes exaltés et les bonapartistes. Quant à Alexandre Jardelle, leur chef, il était fin prêt à jouer la partie. Pour l’occasion, il avait revêtu sa redingote d’ancien commissaire des guerres sur laquelle il avait placé le ruban rouge de la Légion d’honneur. Il tenait fortement dans sa main droite une magnifique canne en bois d’ébène surmontée d'une boule ivoire rehaussée d'un soleil doré. Almeiras le trouvait rayonnant, ses yeux étincelaient sans doute à l’idée de plonger tête baissée dans le chaos.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   20 décembre 2020
– J'ai bien peur qu'aujourd'hui, dit Le Mullois, les temps révolutionnaires ne soient revenus. Partout où nous tournons nos regards, nous sentons que nous sommes sur le point de repartir dans une nouvelle aventure. Le plus triste, c'est qu'elle se fera non par conviction, mais par désespoir.
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