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EAN : 9782226447838
Éditeur : Albin Michel (26/02/2020)
4/5   26 notes
Résumé :
En 1965, Sreelakshmi, écrivaine sulfureuse et primée, se suicide. Son amant Markose récupère l'os d'un de ses doigts qu'il enferme dans une armoire, empêchant le repos de son âme. Cinquante ans plus tard, une fillette trouve l'os et le fait circuler de main en main. Le fantôme de l'écrivaine est libéré et celle-ci découvre les histoires de plusieurs femmes qui, comme elle, bravent l'interdit.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Cannetille
  11 novembre 2020
Auteur vilipendée en Inde pour avoir directement évoqué la sensualité féminine dans ses romans, Sreelakshmi se suicide en 1965. Quelque cinquante ans plus tard, la découverte fortuite d'un fragment de ses os, conservé comme une relique par son amant, réveille le fantôme de la jeune femme : au fur et à mesure que l'osselet passe de main en main, la disparue se retrouve à même d'observer et de commenter l'existence de plusieurs femmes dans l'Inde d'aujourd'hui.

En entrecroisant le destin de ces femmes séparées par un demi-siècle, le récit dessine peu à peu un motif qui se répète inlassablement au fil du temps : celui des drames de la condition féminine en Inde. Car, si la tentative d'émancipation de Sreelakshmi dans les années soixante peut paraître en avance sur son temps, force est de constater que les histoires des autres femmes et filles du roman jusqu'à nos jours ne sont que les multiples répliques d'un scenario quasi immuable. Discrimination à la naissance, difficulté d'accès à l'éducation et à la vie professionnelle, harcèlement et violences le plus souvent impunis continuent à marquer une société fortement attachée à des traditions et des conventions qui accordent aux hommes tout pouvoir sur les femmes.

Sur la base d'un parti-pris narratif parfaitement maîtrisé et au fil d'une narration fluide au style agréable qui sait tenir le lecteur en haleine tout en suscitant son émotion, Anita Nair dresse ainsi le triste constat d'une sorte de fatalité qui semble peser en Inde. Malgré tous les progrès de l'ère moderne, la condition féminine y demeure catastrophique. A l'instar des personnages de ce roman, quantité de femmes indiennes en paient le prix tous les jours.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Verdure35
  05 mai 2020
A.Nair représente la littérature féminine indienne depuis de nombreuses années, et ici encore elle donne à lire un bien joli roman . Toute l'histoire tourne autour d'un os, plus exactement un petit bout de phalange récupéré par un amant sur le bûcher funéraire d'une jeune femme suicidée,(on le sait dès la première page). Dit comme ça, s'est assez sinistre, mais en fait ce petit bout d'os devenu craie presque, va passer de main de femme en main de femme, comme on a une bricole dans la poche, sinon, qu'à chaque changement on apprend l'histoire de ces femmes, et toutes sont passionnantes.
S'y mêle bien sûr l'histoire première de la romancière suicidée, qui petite fille avait mangé une guêpe pensant manger une abeille et tout le miel de la ruche, mais c'est là l'art de l'auteur de nous faire "languir", son histoire avance doucement , entremêlée aux autres.
La condition féminine en Inde est bien décrite, en particulier dans le Kerala. S'y mêlent ,joie de vivre, modernité pas toujours facile, le poids des traditions.
Mon séjour à Bénarès(préféré à Vanarasi) n'est pas étranger à ce plaisir de lire des écrivains indiens, même après avoir lu le Mahabharata... mais c'est là une autre histoire.
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traversay
  20 mars 2020
La mangeuse de guêpes est l'histoire très étrange d'une phalange volée du corps d'une suicidée par son amant et qui, après avoir été oubliée (l'os, pas la morte), va passer de mains en mains, de femmes, exclusivement. L'âme de la défunte, 50 ans après sa disparition, n'est toujours pas en paix, mais en peine, et elle flotte au-dessus de notre monde comme un fantôme insatisfait. de cet argument fort romanesque, Anita Nair, dont on connait le talent depuis longtemps, tire une succession de récits enchevêtrés, qui disent tous un peu/beaucoup de la condition féminine, aujourd'hui, en Inde. Au gré des allers et retours entre son héroïne, qui a choqué ses proches avant sa mort par ses écrits très "libérés", et d'autres figures féminines, dont une autre majeure, harcelée par un ancien amant, peut naître une certaine frustration du lecteur qui aurait voulu passer plus de temps avec les deux protagonistes essentielles du livre, celle du passé et celle du présent. La romancière a peut-être trop de destinées à raconter mais une fois compris ce passage incessant de l'une à une autre, l'on s'en accommode assez facilement, cela devient même un jeu amusant, bien que beaucoup d'histoires soient dramatiques, car il y a la quasi certitude que Anita Nair finira tôt ou tard par nous narrer la façon dont la femme à la phalange s'est ôtée la vie. La mangeuse de guêpes, outre son fort intérêt sociologique, est donc aussi un bon thriller sentimental et existentiel.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Fuyating
  08 mars 2020
Rien de mieux que de terminer "La mangeuse de guêpes" le 8 mars puisque les femmes sont au coeur de ce roman. Ce nouveau livre d'Anita Nair est magnifique, tout en sensibilité et en originalité. Nous y découvrons l'histoire de plusieurs femmes et une petite fille, toutes avec leur histoire propre, leurs difficultés, leur tristesse et leurs soucis. À travers leur destin, l'auteure nous dessine plus généralement la condition des femmes en Inde.
La narration est très originale. En effet, nous découvrons à chaque fois l'histoire d'une nouvelle protagoniste quand cette dernière récupère la phalange d'une jeune auteure suicidée dans le passé. Le fantôme tourmenté et destiné à rester sur terre de l'écrivaine semble lire dans la vie de ces femmes et nous les partage. Nous en apprenons également un peu plus sur cette auteure et les raisons de son geste.
Tout comme "Compartiment pour dames" que j'avais adoré, Anita Nair ne se censure pas et parle de sujets graves, des problèmes de société et des injustices faites aux femmes. D'une plume agréable et touchante, elle choisit ses mots avec justesse et donne vie à des personnages authentiques pour lesquels nous ressentons de l'empathie. Certaines histoires m'ont bouleversée ! Ce magnifique roman est un gros coup de coeur !
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Taraxacum
  12 décembre 2020
La mangeuse de guêpes, c'est l'histoire de Sreelakshmi. Mais aussi celle de Najma. Celle d'Urvashi. de Brinda. de Liliana, arrivée de sa lointaine Italie. La mangeuse de guêpes, c'est le récit de femmes indiennes qu'on veut écraser sous le poids des tradition, du qu'en diras t on et des regards d'autrui, y compris des autres femmes, qui se rebiffent, qui parfois rompent (dès le début on sait que l'histoire de Sreelakshmi se finit par un suicide) ou qui se relèvent, mais qui refusent encore et toujours de simplement faire semblant pour trouver la paix.
La vision de la femme dans le Kerala, une région d'Inde, n'a rien de très réjouissant, mais l'ajout de la jeune Italienne transforme cela en un message sur la place de la femme à travers le monde, et pas seulement en Inde. A travers l'os de phalange de feu Sreelakshmi , trouvé par hasard et passant de femme en femme, le fantôme de l'écrivaine suicidée va découvrir, cinquante ans après sa mort, les combats de toutes ces femmes en une sorte de plongée dans leurs épreuves.
J'avoue que certains chapitres m'ont un peu laissée sur ma faim; tous ces portraits m'auraient bien persuadée de lire un roman sur chacune d'entre elles, et il y a des passages vraiment durs, mais le tout forme malgré, ou peut-être par cela, un grand roman qui sur les trois livres de l'auteur que j'ai lus devient illico mon préféré!
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   03 août 2020
Après l?étonnant Compartiment pour dames, l'auteure indienne Anita Nair signe un autre roman dont les personnages sont difficiles à oublier.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   11 novembre 2020
Durant ces années-là, Maya prit aussi conscience du cadeau fait au chromosome masculin. Les hommes ne s’encombrent pas des questions douloureuses. C’est le rôle des femmes. Regardez Pandore. Si elle était un homme, elle se contenterait de fourrer sa boîte d’un coup de pied sous le lit et d’aller faire un tour sur Facebook : loin des yeux, loin du cœur. Mais pas Pandore. Ni sa descendante, Maya. Elles ouvriraient la boîte et porteraient le fardeau de la culpabilité toute leur misérable vie, celle d’avoir enfanté du chagrin en ce bas monde.
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TaraxacumTaraxacum   11 décembre 2020
Je voyais bien que ma mère était au désespoir, persuadée que j'allais finir vieille fille - ce qui ne l'empêchait pas de continuer à m'envoyer des photographies de prétendants.
Il y en avait de toutes les tailles et corpulences; de tous les métiers et classes sociales. Mais chacun faisait partie de la classe des Nair et venait d'une famille respectable. Par conséquent, ils avaient la peau modérément claire, des cheveux noirs épais, une moustache en trait de crayon, et ils semblaient parfaitement capables d'endosser le rôle de mari et amant jusqu'à la fin de mes jours. Je n'avais qu'à dire oui et ils se mettraient en action. Je ne manquerais plus jamais de rien - sauf d'air dans les poumons.
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michelekastnermichelekastner   08 juin 2020
Urvashi sentit sa gorge se serrer. En cet instant, malgré l'embonpoint, les bras flasques, la peau marbrée et les cheveux clairsemés, ce couple était aussi radieux que de jeunes amants ne se quittant pas des yeux. Un amour tout frais, qui ne fait pas de distinction entre le désir du corps et celui de l'esprit. L'un se nourrit de l'autre avec une aisance naturelle et un appétit insatiable. Mais les années passant, l'intimité se délite, jusqu'à ce que la vie à deux laisse un arrière-goût de frustration qui imprègne tout, les mots comme les baisers.
Jusqu'à ce qu'on atteigne le stade où j'en suis maintenant, songea Urvashi, en s'efforçant de ne pas se laisser submerger par la sensation de perte irréconciliable qui la saisissait chaque fois qu'elle pensait à sa vie. Comment une mauvaise décision pouvait-elle en entraîner une autre, et faire ainsi boule de neige ? Quelle était la toute première, dans son cas ?
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FuyatingFuyating   11 mars 2020
Liliana m'avait fait découvrir trois choses qui semblaient gouverner le monde : Facebook, Twitter et Instagram. À mon sens, Facebook n'était rien de plus que le puits où l'on se tient au courant des dernières nouvelles du village, et Instagram le lieu de baignade où l'on se rend pour regarder et être regardé. Quant à Twitter, c'était le prolongement de l'échoppe de thé où l'on se retrouve pour débattre davantage que pour se restaurer. L'unique différence avec mon époque, c'est qu'hommes et femmes se baignaient ensemble à présent, et que les hommes étaient de corvée de puits pendant que les femmes allaient à l'échoppe de thé pour discuter politique et actualité mondiale.
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FuyatingFuyating   07 mars 2020
Fantômes et écrivains se ressemblent davantage que vous le croyez. Nous pouvons être tout ce que vous voulez. Nous pouvons entendre vos pensées même si vous ne les confiez pas. Nous pouvons lire les silences et retranscrire vos histoires comme si elles nous étaient arrivées.
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La chronique de Gérard Collard - Compartiment pour dames
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