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ISBN : 2259264999
Éditeur : Plon (30/08/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Harry et Franz est le roman d'une rencontre inattendue entre l'un des plus grands acteurs français de l'entre-deux-guerres, Harry Baur, incarcéré et torturé par les nazis, et un aumônier allemand, l'abbé Franz Stock, qui assistait avec abnégation les prisonniers français. Deux êtres d'exception, à la fois opposés et complices. Un hymne à la paix et à la fraternité à une époque où l'extrémisme, l'obscurantisme et l'arbitraire tenaient lieu de droit.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  13 octobre 2018
Harry, c'est le comédien Harry Bauer, qui a eu une très belle carrière dans les années 30 et qui avait même tourné un film à Berlin. On a pu le voir dans le "Golgotha" de Julien Duvivier, "Un grand amour de Beethoven" d'Abel Gance, "Tarass Boulba" d'Alexis Granowsky "Crime et châtiment" de Pierre Chenal, "Les misérables" de Raymond Bernard. Une carrière très prometteuse.
Franz, c'est l'abbé Franz Stock, recteur de la mission catholique allemande à Paris, également aumônier dans les prisons. Franz assistait les prisonniers détenus par la Gestapo et c'est dans la prison du Cherche-Midi qu'il va rencontrer l'acteur Harry Bauer, détenu car dénoncé comme juif.
Des soupçons pèsent sur lui; on lui reproche ses liens familiaux, sa fille Loëna, mariée à un homme d'affaires juif établi à Oran. On l'accuse aussi d'espionnage. On le suspecte également d'avoir épousé en secondes noces une femme juive, Rebecca Behar, de son nom d'actrice, pourtant d'origine ottomane, donc musulmane.
L'abbé Franz Stock va tout faire pour libérer le comédien. Il va être assisté par Emilie, jeune étudiante qui a des liens secrets avec la Résistance.
Il va essayer aussi de faire libérer l'épouse d'Harry Bauer, détenue aussi.
Sa démarche, très difficile, va le mener à rencontrer successivement Paul Sézille, le responsable de l'abominable IEQJ, Institut d'étude des questions juives, et aussi le commandant en chef des forces d'occupation en France, le général Carl-Heinrich von Stülpnagel.
Il va rencontrer également Otto Abetz, autrefois proche des mouvements pacifistes avant de faire allégeance au Reich dont il deviendra ensuite l'ambassadeur dans l'Hexagone.
L'abbé Stock prend beaucoup de risques en se démenant pour essayer de faire libérer le comédien et sa femme.
Ses efforts répétés le rendent suspect aux yeux de sa hiérarchie. En effet les autorités nazies n'étaient pas tendres avec ceux qu'on jugeait trop indulgents envers l'ennemi. Ainsi un aumonier, Theodor Loevenich avait été précédemment démis de ses fonctions et envoyé sur le front russe!
C'est un magnifique récit plein d'humanité et de spiritualité que nous avons ici.
L'abbé Franz Stock mérite le titre de "juste" et un procès en béatification est d'ailleurs ouvert depuis 2009.
Emmanuel Macron lui-même lui a rendu hommage en janvier 2018. Celui qu'on appelait "l'archange des prisons" allait même jusqu'à glisser des messages codés au détenu pendant qu'il récitait les prières.
Ce magnifique récit plein d'humanité et de spiritualité m'a fait découvrir l'écrivain libanais Alexandre Najjar qui restitue à merveille l'atmosphère trouble du temps de l'Occupation.
Né au Liban en 1967, Alexnandre Najjar est l'auteur de plus de trente livres traduits dans douze langues, dont le "Roman de Beyrouth", "le Dictionnaire amoureux du Liban", "L'Ecole de la guerre" et "Berlin 36".
Il a obtenu la première Bourse de l'écrivain de la Fondation Lagardère, le prix Méditerranée et le prix Hervé Deluen de l'Académie française pour son action en faveur de la francophonie. Avocat, il dirige aussi L'Orient littéraire.
Un livre qu'on ne lâche pas d'un bout à l'autre du récit!!
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Historicia
  20 octobre 2018
Grâce à la Masse critique de Babelio , j'ai pu découvrir ce roman d'Alexandre Najjar publié aux éditions Plon. Il est sorti à l'occasion de la Rentrée Littéraire 2018. Je les remercie donc pour cet envoi !
Le résumé a beau être court et assez énigmatique, il m'a donné envie de découvrir cette histoire parce que je ne connaissais pas du tout l'acteur Harry Baur, qui était apparemment un très grand acteur français. Comme j'adore découvrir « les non-dits » de l'Histoire (ou plutôt, ce dont on parle peu voire pas du tout dans les livres d'Histoire ou à la télévision), c'est pour ça que je l'avais sélectionné. C'est donc un roman inspiré d'une histoire vraie.
Après avoir lu ce roman, je confirme que c'était intéressant de découvrir cette amitié qui avait du naître entre l'abbé Franz et l'acteur français. L'auteur nous donne sa version de leur rencontre, et je l'ai bien aimée, même si c'est traité rapidement. Toujours est-il que j'ai pu apprendre des choses sur sa filmographie, sur la raison pour laquelle il avait été emprisonné, ce qu'il avait pu enduré durant sa détention, et les conséquences, justement, de son emprisonnement sur l'opinion française et sur la réputation des Nazis.
Malheureusement, cet aspect ludique n'a pas suffi…
En effet, plusieurs éléments m'ont dérangé durant ma lecture. le premier est le rythme de l'histoire. le roman fait en tout 193 pages (de lecture, à proprement parlé). Alors, certes, les chapitres sont courts, ce qui m'a permis de le lire vite. Mais ce découpage est à double tranchant. Au final, les scènes étaient toutes rapides et donc survolées sans être approfondies. Par conséquent, ça m'a empêché de me plonger pleinement dans l'intrigue. Et à chaque fois qu'une action montrait le bout de son nez, elle retombait l'instant d'après comme un soufflet, comme si l'auteur avait déjà tout dit et qu'il n'avait pas voulu aller plus loin.
Ce manque d'approfondissement s'est également ressenti dans l'attachement que j'ai pu éprouver pour les personnages. de fait, je n'ai pas eu la sympathie que j'aurais voulu avoir pour Harry et Franz. le choix de n'être que du point de vue interne de Franz y a beaucoup joué. J'aurais justement voulu que l'on change de point de vue régulièrement entre les deux amis, quitte à raconter leur vie un peu avant la Seconde Guerre Mondiale (ou alors tout au début de cette dernière), afin d'en savoir plus sur eux. Comme ils sont clairement les deux personnages principaux de ce roman, je m'attendais vraiment à apprendre pas mal de choses sur leur famille, leurs ambitions, etc, quitte à s'éloigner de la réalité, quitte à romancer davantage. Ce que je voulais avant tout, c'était voir une amitié grandissante. Malheureusement, je n'ai pas ressenti de véritable attachement entre eux… Certes, il en existait un, mais c'était plutôt comme si c'était un devoir, quelque chose de nécessaire, et non quelque chose de plus intime, de plus personnel et naturel. de même, je trouvais Franz beaucoup trop lisse à mon goût parce qu'il était trop parfait, sans véritables failles. Quant à Harry, on le voit finalement pas beaucoup tout au long du roman, à mon grand regret.
Concernant les autres personnages, ils étaient assez insignifiants, au final. J'avais plutôt bien aimé Emilie. Mais, encore une fois, la relation qu'elle a avec Franz s'est construite beaucoup trop rapidement, d'autant plus qu'à cette époque, c'était la méfiance qui régnait. le fait que Franz soit un homme d'Eglise ne devrait pas, à mon sens, servir à faciliter les rencontres, l'attachement et la confiance que les autres protagonistes ont envers lui. C'est pourtant ce que j'ai ressenti à chaque fois que Franz parlait pour la première fois avec quelqu'un : c'est un abbé, on lui fait confiance parce qu'il fait forcément le Bien. Bien évidemment, il y a eu un personnage qui ne lui faisait pas confiance, mais ce n'était pas significatif.
Le troisième point qui m'a embêté concerne l'écriture. Désolée pour l'auteur, mais je n'ai pas accroché à celle-ci. Elle est simple, avec beaucoup de « phrases d'action » (ex : je fais ceci, je regarde cela). Globalement, je l'ai trouvé pauvre et sans « chaleur », sans « personnalité » (elle était neutre, en fait, assez banale). Certaines personnes pourront aimer, bien sûr ! Personnellement, ce n'était pas le genre d'écriture que je cherchais. de plus, j'avais l'impression que l'auteur voulait donner un maximum d'informations (des noms propres, des lieux, des unités militaires et médicales, des citations et des informations religieuses), au risque de perdre le lecteur en route. Clairement, j'avais parfois la sensation d'être face à un catalogue. C'était mis en avant d'une manière assez maladroite, d'autant plus que la plupart des éléments n'étaient pas du tout utiles à l'intrigue. Personnellement, je n'ai même pas retenu la moitié de ces informations !

En résumé, même si mon avis est mitigé, il n'empêche que j'ai bien aimé découvrir cet aspect méconnu de l'Histoire de France (la rencontre entre les deux hommes et le fait que Harry Baur, grand acteur français, ait été emprisonné). le rôle des religieux dans les prisons était aussi un pan de l'Histoire que je ne connaissais pas tellement. Je conseille vraiment ce roman pour les curieux !
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Sallyrose
  05 octobre 2018

Ce texte est celui de la rencontre entre Franz Stock et Harry Baur, dans une prison à Paris en 1942.
Le premier est aumônier allemand qui apporte toute l'aide qu'il peut aux prisonniers français, incarcérés le plus souvent pour des pseudo-crimes idéologiques ou bien simplement du fait de leurs origines supposées.
Le second est un des plus grands acteurs français de la première partie du XXème siècle, dont la postérité ne s'est pas encombrée.
Il s'agit d'un hommage à ces deux personnages qui m'a permis de découvrir l'existence de l'acteur et de rester persuadée que l'Occupation française n'était pas seulement l'oppression des méchants Allemands sur les gentils Français.
Malheureusement, le récit est très maladroit, faisant déclamer aux personnages des listes et des souvenirs que l'on ne réciterait pas aussi académiquement dans la vraie vie.
Il eut mieux valut assumer l'hommage que le romancer. L'aspect hagiographique l'emporte sur le roman qui devient d'un ennui indicible.
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motspourmots
  31 août 2018
Sur cette période marquante de notre histoire récente, on a déjà beaucoup écrit et on écrira encore beaucoup. Alexandre Najjar a choisi de se pencher sur l'une de ces multiples "petites histoires" forgées par la grande. Une façon parmi d'autres de montrer par l'individuel, l'impact du collectif. Je n'avais jamais entendu parler de l'acteur Harry Baur pourtant l'un des plus célèbres acteurs français des années 30/40, jamais non plus de l'abbé Franz Stock, un prêtre allemand qui visitait les prisonniers français à la prison du cherche midi entre autres.
A partir de la relation qui s'établit entre les deux hommes (Harry Baur, considéré comme juif par les allemands) lors des visites du prêtre, l'auteur dessine les contours de la vie parisienne sous l'occupation et les infimes détails qui pouvaient faire basculer un destin. le hasard d'une rencontre avec des hommes de bonne volonté.
Par cette histoire, l'auteur propose une vision loin de toute outrance ou de tout préjugé, montrant comment l'individu peut exister et agir en dehors du poids de l'endossement de l'engagement d'une nation. Ce qui n'est jamais inutile.
Par contre, ce livre se lit beaucoup plus comme un récit que comme un roman, un éclairage bienvenu sur un homme, droit, seul et oublié de l'Histoire.
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nathiec44
  29 août 2018
Un récit livré tel un témoignage sur une période trouble, un récit mémoire, pour ne pas oublier.
Alexandre NAJJAR se penche sur le parcours d'Harry Baur, acteur légendaire et Franz Stock, aumônier, de leur connivence, de leur amitié au-delà des frontières et de la guerre.
Lorsque Harry Baur est incarcéré en 1942 à la prison du Cherche Midi, il lui est reproché par les autorités allemandes d'être juif ; sa « faute » est surtout d'avoir incarné un personnage juif lors d'un tournage à Berlin et d'afficher sa solidarité avec les acteurs juifs.
Franz Stock de son côté a été envoyé comme aumônier dans les prisons françaises avec la lourde tâche d'accompagner et d'assister les condamnés à mort. Surnommé « aumônier de l'enfer » et « archange des prisons », Franz Stock n'aura de cesse de venir en aide aux prisonniers livrés aux « siens » comme il témoigne. Emprisonnement arbitraire, sévices, tortures et condamnations à mort jonchent son parcours qu'il poursuit jour après jour avec une grande humanité.
Il se lie avec Harry Baur, tente d'intercéder auprès des autorités allemandes afin d'obtenir des renseignements et surtout pour oeuvrer à sa libération.
Le texte est poignant, documenté et participe au devoir de mémoire pour ne pas oublier ces évènements tragiques, se souvenir des Justes aussi.
Je ne connaissais ni l'un ni l'autre et j'ai fait quelques recherches sur internet. Harry décèdera peu de temps après sa libération probablement trop marqué par ce qu'il a enduré. Franz mourra aussi jeune ou oublié en 1948. Il sera célébré et reconnu plus tard, des lieux portent désormais son nom, notamment la Place de l'esplanade du Mont Valérien à Suresnes.
En lisant ces pages chacun peut se prendre à espérer que de telles tragédies ne se reproduisent pas, utopie hélas ….
Un livre à mettre entre toutes les mains et à faire circuler.
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critiques presse (2)
LaCroix   22 octobre 2018
L’écrivain libanais Alexandre Najjar célèbre, avec talent, le dévouement respectueux et bienveillant de l’abbé Stock, aumônier allemand pendant la Seconde Guerre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   03 septembre 2018
Le tragique destin du comédien Harry Baur jeté dans les geôles nazies sous l'Occupation. Un roman vrai et crépusculaire signé Alexandre Najjar.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   13 octobre 2018
Je frissonne. Les nazis ne rechignent pas à punir ceux qui se montrent indulgents avec les otages.
Un geôlier a été fusillé pour "intelligence avec l'ennemi" et l'aumônier Theodor Loevenich démis de ses fonctions et envoyé sur le front russe à cause de "sa trop grande amabilité à l'égard des détenus"!
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BibaliceBibalice   27 juillet 2018
"-Dans notre travail, monsieur l'abbé, nous nous appuyons tout d'abord sur la rumeur, en partant du principe qu'il n'y a pas de fumée sans feu, puis nous l'étayons par des éléments de preuve réunis par nos soins.
- Et que dit la rumeur dans le cas de Baur ?
- Harry Baur a interprété des rôles de juifs dans plusieurs films, ce qui n'est pas anodin."
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AelaAela   13 octobre 2018
Cher Monsieur l'Abbé
Je vous remercie du fond du coeur de ce que vous avez fait pour moi. Au début de nos relations, j'ai vu en vous le prêtre qui pouvait m'apporter le Bon Dieu et ainsi le secours dont j'avais besoin. C'était le principal. Mais par la suite j'ai appris à vous apprécier et vous aimer comme un saint homme.
Je prie le Bon Dieu de donner à la France et à l'Allemagne une paix dans la justice, comportant le rétablissement de la grandeur de mon pays.
Je remets mon âme entre les mains de Dieu, et un peu entre les vôtres, vous qui l'avez ces derniers temps représenté auprès de moi.
Honoré d'Estienne d'Orves
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ProfesseurDanProfesseurDan   14 septembre 2018
Je n'exclus aucune possibilité. Sous le régime nazi, à Paris comme en Allemagne, on est livré à l'arbitraire et à la délation : on peut mourir pour rien, être incarcéré à cause de sa race, sa religion, ses convictions politiques, en raison d'une phrase mal interprétée, prononcée dans un lieu public, d'un acte qu'on a commis ou qu'on n'a pas commis. La victime elle-même ignore souvent pourquoi elle paie. Elle doit payer, c'est tout. (p. 40)
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ProfesseurDanProfesseurDan   14 septembre 2018
Je ferme les yeux et je revois Harry Baur : sa stature imposante, sa gueule, son regard...Aux dernières nouvelles, ses bourreaux sont morts et son délateur présumé est sous les verrous. Victoire dérisoire : le mal est fait. Les nazis et leurs acolytes français ont broyé l'homme et brisé sa carrière. Ses souffrances ont-elles été vaines ? Sera-t-il un jour réhabilité ? (p. 183)
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