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Vincent Zouzoulkovsky (Traducteur)
EAN : 9782908981803
246 pages
Vertige Graphic (01/01/2004)
4.49/5   95 notes
Résumé :
Enfer atomique. Dans le tome précédent Gen, petit garçon d'Hiroshima affrontait les rigueurs de la fin de la guerre. En ce printemps 1945, il ne faisait pas bon être, comme le père de Gen, pacifiste. Dans une ambiance de propagande militariste, cela faisait de toute la famille le bouc-émissaire idéal. Et puis le 6 août, l'apocalypse se déchaîne, cette société en souffrance est balayée par l'Atome. Ce second tome retrace la lutte de Gen et de sa mère pour la survie d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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colimasson
  06 juillet 2013
Alors que le premier volume de Gen d'Hiroshima se déroulait sur plusieurs semaines voire plusieurs mois, le deuxième volume voit le temps se ralentir. Pour un peu, on croirait presque qu'il se fige…

La bombe atomique vient d'éclater au-dessus d'Hiroshima avec les conséquences que l'on croit connaître. S'il s'agit du nombre de décès, on peut trouver des chiffres : 70 000 habitants sur 250 000. Hélas, et bien qu'ils représentent déjà une réalité monstrueuse, ils ne disent presque rien de l'horreur véritablement vécue par les habitants d'Hiroshima. de la part des autorités, on ne peut pas attendre grand-chose, surtout lorsque l'on sait que la première décision prise à Tokyo suite à cet évènement fut de l'occulter par tous les moyens au reste de l'archipel. Il fallait bien qu'un survivant s'empare d'un moyen trivial –le manga- pour rétablir une parcelle de vérité.

Il faudra dorénavant cheminer avec quelques personnages en moins –et pas des moindres. le père, la grande soeur et le petit frère de Gen ont disparu sous les décombres de leur ancienne maison. Morts ou non ? Malgré l'improbabilité d'une survivance, ni Gen ni sa mère ne semblent pouvoir reconnaître leur disparition. Au détour de plusieurs pages, leurs fantômes réapparaissent au milieu des ruines d'Hiroshima. Formidable incarnation de la puissance de la vie, la mère de Gen donne bientôt naissance à une petite Tomoko. Préservée ( ?) des conséquences immédiates des radiations, elle représente l'espoir d'une génération qui essayera de se développer à nouveau sur les bases d'un territoire hostile. Mais fragile, elle nécessite des soins et des attentions de chaque instant, ce qui relève de la gageure lorsqu'il est déjà difficile de trouver pour soi-même un peu de riz et de confort.

La survie de chacun s'oppose à la survie d'autrui. S'ajoute à l'hostilité du territoire l'hostilité de l'autre qui ne représente désormais plus qu'une menace : menace de contamination lorsque les effets secondaires de la bombe atomique semblent se propager à la manière d'un virus ou menace de famine lorsque les vivres se comptent au gramme près et que leur rationnement ne permet pas à toutes les bouches survivantes d'être comblées.

- Si on t'apporte du riz, tu t'ouvrirais le ventre ?
- Faites-moi confiance ! Apportez-moi du riz !

La folie des survivants menace aussi Tomoko, et combien de mères désormais esseulées n'essaient pas de voler ou de blesser l'enfant par jalousie ?

Sans s'attarder sur des images monstrueuses, par simple évocation des quelques heures qui ont suivi l'explosion atomique –heures consacrées à la survie-, Keiji Nakazawa nous propose une nouvelle compréhension de l'évènement. On ne sait plus si les survivants sont vraiment les plus chanceux de l'histoire, et on ne peut déterminer ce qui est le plus tragique, des conséquences dispensées par la bombe en elle-même ou des comportements funestes des survivants. Vers, pourriture, lambeaux de peau ou folie meurtrière ? le choix ne se limite heureusement pas à ces alternatives peu réjouissantes et Gen, puisqu'il en est le représentant, semble tirer à lui le peu d'énergies positives encore présentes dans cette population, blessée par la violence et la méconnaissance de la situation. Il est toutefois permis de se demander si cette force pourra s'étendre encore longtemps…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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OverTheMoonWithBooks
  01 mars 2013
Je ressors de ce second tome avec les mêmes sensations que dans le premier.
Ici, Keiji Nakazawa met en scène la journée qui suivit l'explosion de la bombe. Et les scènes qu'il décrit sont toutes aussi apocalyptiques que celle des flammes qui embrasaient Hiroshima, car cette fois, Gen découvre (impuissant et effaré) les effets des radiations. Les scènes de panique se succèdent avec les chaires brûlées qui se détachent des corps, des flots de cadavres ambulants qui réclament à boire, les soldats chargés du ramassage des corps qui meurent de dysenterie, des mères qui restent près du cadavre de leurs enfants et sombrent dans la démence, ...
Et dans tout ce chaos, Gen doit chercher du riz pour nourrir sa mère et sa petite soeur qui vient de naître.
Le tome 2 se focalise aussi sur le deuil et l'absence de solidarité et de compassion dont la population a fait preuve après le drame. La pauvre famille Nakaoka est bien accablée et traitée comme des pestiférés... Les ennuis ne font hélas que commencer.
A aucun moment Keiji Nakazawa ne nous livre une version angélique ou romancée de cette population. Une fois de plus, il donne un rôle au voisin coréen, Monsieur Pak, à qui, même après ce drame, on fait sentir qu'il est différent et inférieur aux Japonais. Révoltant !
Encore une fois, ce tome donne un visage à la catastrophe nucléaire. Mieux qu'un grand cours d'histoire, on se demande s'il était vraiment nécessaire de sacrifier tant de victimes civiles pour arrêter cette guerre. Quand on pense que l'armée américaine se justifie en disant que sans cela la guerre aurait duré un an de plus et aurait entraîné la mort de plusieurs soldats américains et japonais.... Mais, n'est-ce pas le risque de leur métier ?
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Cricri08
  12 juillet 2021
Tout le monde connait cette date du 6 août 1945 et la bombe atomique larguée sur Hiroshima.
Ce qui est peu raconté, c'est le "après". Comment les habitants ont survécu dans cette ville dévastée?
C'est ce que Gen nous raconte dans ce second tome : il a vu son père, son frère et sa soeur mourir brûlés sous les décombres de leur maison et il a réussi à survivre avec sa mère. Ensuite ... il faut manger et s'abriter. S'éloigner pour ne plus voir les cadavres qu'on entasse dans les camions avant de les incinérer, pour ne plus être confronté à la violence des bandes de gamins errants dans la ville ou à la méfiance des personnes des environs qui n'ont aucune idée de l'ampleur des dégâts. Faire face également au racisme primaire contre les Coréens.
Un manga marquant, tant par les dessins que par les réalités de l'après-bombe.
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Kez
  04 mars 2022
Un manga puissant. Vous ne pouvez sortir qu'ébranlé d'une telle lecture.
Entre l'histoire, les dessins... Que dire, c'est d'une force. Ce manga devrait être obligatoire comme lecture au collège et au lycée.
J'ai lu tous les volumes en les empruntant à ma médiathèque.
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mgeffroy
  24 mai 2008
Je n'avais jamais lu de manga (a part un petit essai en piochant dans un des volume de mon fils) et pour un premier essai, je peux vous garantir qu'il est transformé. J'ai commencé avec le volume 2 (le 1er tome n'était pas disponible à la bibliothèque) ; l'action se situe au lendemain de l'explosion de la bombe nucléaire sur Hiroshima et raconte toute l'horreur qui s'en suit. Gen est un petit garçon qui vient de perdre son père, sa soeur et son frère dans la catastrophe. Avec sa mère enceinte, il tente de survivre dans la ville détruite.
Un témoignage très fort des conséquences de la bombe américaine sur les habitants d'Hiroshima, le racisme (envers les coréens par exemple), l'indifférence (face aux brulés, aux "malades de la bombe"), l'individualisme... mais aussi un témoignage sur le courage de se reconstruire suite à une catastrophe.
J'ai également attaqué les volumes suivants et franchement, le récit est toujours aussi poignant. Cette bd fait partie des grands récits témoignages comme Maus ou Persépolis.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   27 février 2013
Alors que Hiroshima était couvert de hurlements de douleur et de cadavres, les Etats-Unis annonçaient la destruction de la ville par une bombe atomique ! La capitulation sans condition du Japon était inévitable...
Les militaristes responsables de cette situation, craignant la panique des civils, minimisèrent les dégâts... Puis appelèrent stupidement à la poursuite de la guerre!

Voyant que le Japon voulait continuer à se battre, les Américains larguèrent une deuxième bombe surnommée " fat man" sur Nagasaki trois jours plus tard, le 9 août à 11h02 du matin.

A Nagasaki, comme à Hiroshima, il y eut des dizaines, des milliers de morts, blessés et brûlés...

Comme partout, les victimes de la guerre voulue par une poignée de dirigeants furent des civils anonymes.
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OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   28 février 2013
La bombe atomique n'avait pas fait que détruire la ville d'Hiroshima, elle y avait émis des radiations.
Les maladies dues à ces radiations, terribles effets secondaires de la bombe, commencèrent à toucher les habitants ignorants du danger.
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colimassoncolimasson   22 juillet 2013
Le tome 1 de Gen se termine le 6 août 1945, juste après l’explosion atomique d’Hiroshima, survenue à 8h16 du matin, provoquant une destruction totale de la ville sur huit kilomètre carrés et la mort instantanée de 70 000 habitants sur 250 000. Ce n’est qu’à 13h que les autorités japonaises commencent à prendre la mesure de la gravité de l’évènement dont le caractère exceptionnel leur est confirmé, quelques heures plus tard, par l’annonce du président Truman à la radio qu’un engin atomique a été lancé avec succès sur le Japon. La première décision prise à Tokyo est de cacher la nouvelle à la population de l’archipel par tous les moyens possibles.
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LilizLiliz   14 juin 2017
A Nagasaki, comme à Hiroshima, il y eut des dizaines de milliers de morts, blessés et brûlés... Comme partout, les victimes de la guerre voulue par une poignée de dirigeants furent des civils anonymes.
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colimassoncolimasson   18 juillet 2013
Non… Je ne veux pas voir leurs os ! Je sais qu’ils sont morts mais… je veux continuer à croire qu’ils sont vivants…
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Videos de Keiji Nakazawa (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Keiji Nakazawa
"Nos Temps contraires", manga de science-fiction de Gin Toriko et Senta Nakazawa, vient de remporter le Prix Seiun 2021, catégorie manga. Ce prix est décerné annuellement par les membres de la Convention nationale japonaise de science-fiction. A cette occasion, nous vous dévoilons un trailer pour vous plonger dans l'univers de cette oeuvre d'actualité !
Découvrir le premier chapitre en lecture gratuite : http://www.akazoom.fr/nos-temps-contraires-t1
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#NosTempsContraires #InstantShôjo
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