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Étienne Wolff (Traducteur)
EAN : 9782251446837
104 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (23/05/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 4 notes)
Résumé :
"Mille fois, sur ces portes qu'il me faut quitter, je colle mes baisers."
En 415, Rutilius Namatianus quitte sa chère Rome par la mer afin de rejoindre sa contrée natale, vraisemblablement la Narbonnaise. S’en suit un périple poétique, essaimé, entre les étapes du voyage, de nostalgie pour la patrie éternelle, de panégyriques en l’honneur de parents ou d’amis, d’invectives contre ceux qui menacent l’éternité de l’empire et de digressions didactiques.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Selenacht
  19 juin 2017
Singulier "Retour en Gaule" qui s'arrête en Ligurie ! Rutilius Namatianus, poète connu par ce seul texte, y retrace son voyage jusqu'en Gaule, entrepris en 417, à la fin d'une carrière d'honneurs sous l'empereur Honorius – époque tardive, donc, les barbares menacent déjà l'Empire romain, et c'est d'ailleurs à la suite de l'invasion de l'Aquitaine par les Wisigoths qu'il retourne en Gaule, sa terre natale. Aussi bien son récit, au réalisme bercé de poésie, évoque-t-il souvent l'histoire récente de l'Empire et à sa situation politique – allusions expliquées et resituées par l'introduction et les notes, nombreuses et précises, qui permettent au lecteur de se repérer dans une époque souvent moins bien connue.
L'un des intérêts du texte tient ainsi à l'aperçu historique qu'il offre, notamment sur le brassage des peuples et des religions – l'Empire romain étant le modèle de syncrétisme et d'intégration que l'on sait. Dans le poème de Rutilius Namatianus, cela passe d'ailleurs moins par l'anecdote ou le commentaire que par l'identité même de l'auteur et les portraits qu'il dresse de ses amis "gaulois". Tous sont au fond de parfaits Romains par les valeurs qu'ils incarnent et dont le poète fait l'éloge : honnêtes et moralement irréprochables dans leurs fonctions publiques, alliant fermeté et bienveillance dans leurs rapports aux peuples conquis, cultivant au quotidien les valeurs de l'amitié, ils correspondent en tout point au portrait du Romain idéal.
C'est d'ailleurs le plus surprenant dans ce texte : les lieux communs de la période classique, sont revisités avec sincérité et, sans doute, colorés par la sensibilité propre de l'auteur, mais restent essentiellement identiques à ce qu'ils étaient cinq siècles plus tôt – si bien que le poème a des allures d'exercice de style à plus d'une reprise. Aussi est-ce le disparate du récit que l'on risque d'abord de juger le plus plaisant : aux descriptions poétiques de telle aube ou de tel paysage succède ici quelque interrogation plus scientifique sur les salines, là le portrait d'un ami admirable, ailleurs la verte invective contre les hommes corrompus qui livrent l'Empire à l'ennemi. le lecteur peut être séduit par l'aspect tout à la fois léger et érudit de cette chronique sans prétention, sinon sans ambition, comme il le serait par une conversation pleine d'esprit. du même raffinement relève le beau cahier d'illustrations offert à la fin du texte, et qui reproduit photos ou illustrations du ciel (constellation, Lune), en écho aux descriptions, tantôt purement poétiques, tantôt plus érudites, de Rutilius Namatianus.
Pour ma part, c'est finalement en tant que dernier regard sur une ville, LA ville (Urbs), et son paysage aimés que ce poème trouve son plus grand charme. Peu importe que nous n'entrions pas en Gaule, sans doute parce que le manuscrit qui nous est parvenu est incomplet : de l'éloge de Rome, en ouverture, aux soigneux détails sur les paysages, en passant par les valeurs du "vieux Romain" mythique et la reprise de motifs littéraires bien (trop) connus, c'est bien le regret du départ qui se lit vers après vers. Plutôt que de le déplorer, Rutilius Namatianus choisit de célébrer ce qu'il quitte.
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Azor
  14 juillet 2017
Retour en Gaule de Rutilius Namatianus est un court poème écrit en 417 et redécouvert au XVème siècle
L'auteur, un haut-fonctionnaire romain est rappelé dans son pays d'origine la Gaule pour y effectuer une mission. La Gaule est alors en proie à de nombreux conflits entre les différents peuples qui se côtoient sur ces terres.
Une longue introduction, nous permet de bien comprendre le contexte dans lequel a été écrit ce poème, la situation de l'époque et nous donne une idée de l'identité des différents personnages mentionnés.
Le livre est constitué de deux parties, la première étant proportionnellement bien plus développée. On sent à la lecture de ces pages et tout particulièrement dans la première partie quel déchirement ce fut pour Rutilius Namatianus de quitter sa ville tant aimée de Rome, une bonne partie des premiers vers constituent une ode à la grandeur et à la beauté de cette ville. Dieux et légendes sont largement mentionnés tout au long du texte et tout semble ramener l'auteur à l'image de Rome qu'il quitte à regret mais pour accomplir son devoir.
Le voyage se fait en bateau, le long des côtes, le poète nous décrit les différents paysages qu'il rencontre mais livre aussi parfois à des anecdotes sur certains peuples, sur certaines façons de vivre, parfois un peu moqueuses d'ailleurs.
Il faut également souligner la forme très poétique de l'écriture, des images utilisées, le renvoi régulier aux dieux, à la mythologie qui donnent tout son charme à ce texte.
Cependant, et malgré le titre, de Gaule il n'est pas vraiment question puisque le voyage s'arrête avant. La deuxième partie semble avoir été écourtée, la suite ayant peut-être été perdue.
Ce texte reste toutefois un beau témoignage de ces temps lointains dont la redécouverte est toujours un bonheur.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SelenachtSelenacht   19 juin 2017
Là le soleil paraît sans interruption, et il n'est pas jusqu'au jour que Rome crée pour elle, qui ne semble plus pur. Plus d'une fois mon oreille sous le charme perçoit l'écho des jeux du Cirque ; les acclamations qui redoublent annoncent que les théâtres sont pleins. Des cris familiers frappent les airs qui me les renvoient, soit qu'ils me parviennent en effet, soit que mon amour me fasse illusion.
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lilianelafondlilianelafond   28 janvier 2020
Contre nous se lève Borée ; mais nous aussi, l’aviron en main, nous nous dressons avec ardeur contre lui, quand le jour éclipse les astres. Tout près de nous Populonia ouvre son rivage sûr, là où une baie naturelle se creuse dans les terres. Ici point de phare élevant dans les airs une construction massive et attirant les regards par un nocturne flambeau ; mais les anciens ont choisi comme poste d’observation un puissant rocher et à l’endroit où la cime escarpée domine et repousse le flot vaincu, ils ont fondé pour l’homme un château à deux fins : pour défendre la terre et pour envoyer des signaux en mer. On ne peut plus reconnaître les monuments des âges passés ; le temps, qui dévore tout, a détruit les murs grandioses. Il ne reste que des vestiges, une ligne de remparts effondrés çà et là ; sous de vastes décombres les toits gisent ensevelis. Ne nous indignons pas si les corps des mortels ont une fin : des exemples nous font voir que les villes peuvent mourir.
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lilianelafondlilianelafond   28 janvier 2020
Comme nous avançons dans la haute mer, voici que surgit Capraria, île repoussante toute remplie de ces hommes qui fuient la lumière. Eux-mêmes ils se donnent le nom grec de moines, parce qu’ils veulent vivre seuls, sans témoin. Ils redoutent les faveurs de la fortune, tout en en craignant les revers. Se peut-il qu’on se rende volontairement malheureux, par peur de le devenir ? Quelle est cette rage stupide de cervelles à l’envers ? À force de craindre les disgrâces, ne pouvoir souffrir non plus le bonheur ! Peut-être s’infligent-ils, vrais forçats, le châtiment qu’ils méritent par leurs crimes ; peut-être leur sombre cœur est-il gonflé d’un fiel noir. Ainsi un morbide excès de bile est la cause assignée par Homère aux désespoirs de Bellérophon ; car ce jeune homme ayant senti les traits d’une douleur cruelle était malade, lorsqu’il prit en haine, dit-on, le genre humain.
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SelenachtSelenacht   19 juin 2017
Qu'il me soit donné de finir mes jours sur la terre de mes pères ou que tu doives un jour être rendue à mes yeux, je vivrais heureux et ma félicité passerait tous mes vœux, si tu daignais garder toujours mon souvenir.
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lilianelafondlilianelafond   28 janvier 2020
Ecoute, ô reine si belle d’un monde qui t’appartient, ô Rome, admise parmi les astres du ciel ! Écoute, mère des hommes, mère des Dieux, tu nous rapproches du ciel par tes temples. C’est toi que je chante, que toujours, aussi longtemps que le permettrons les destins, je chanterai ; personne ne peut rester vivant et perdre ton souvenir.
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