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EAN : 9782738119056
246 pages
Éditeur : Odile Jacob (13/01/2011)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 26 notes)
Résumé :
"Chacun d'entre nous rêve, et probablement de quatre à cinq fois par nuit. Mais un rêve qui s'évanouit est comme un fruit qu'on n'a pas cueilli. Un rêve qui n'est pas interprété est comme une lettre qui n'a pas été lue.Toi qui rêves, mon frère, ne raconte pas ton rêve à un inconnu; ne laisse pas quelqu'un dont tu ignores les intentions énoncer des vérités sur toi à partir de ton rêve. Car le rêve se réalisera à partir de la parole de l'interprète.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Taxidermie
  23 septembre 2014
Je ne regrette absolument pas la lecture limpide et instructive de cet ouvrage. Même si l'on est nourri, à ce sujet, de connaissances classiques (l'ouvrage de Freud bien sûr, ou l'excellent collectif dirigé par R. Caillois), le livre s'avère beaucoup plus instructif par les "contradictions" qu'il contient selon moi.
Tout d'abord, Tobie Nathan se réfère à M. Jouvet qui considère que le rêve a une fonction : maintenir l'identité du sujet pour le préparer à affronter l'avenir. Re-programmation et maintien des cellules nerveuses qui, autrement, se détruisent et se délitent ; et pourtant, le même auteur soutient que certains patients victimes de lésions au tronc cérébral, et qui ne peuvent donc plus rêver, ne souffrent d'aucun trouble et du sommeil et de la mémoire. On aurait envie de dire aussi : aucun trouble de l'identité, et aucune angoisse face à l'avenir. Donc, pourquoi croire que le rêve maintienne une identité et qu'il me prépare à affronter le futur ? (le terme d'identité est d'ailleurs très problématique, et on cherche en vain une définition de ce mot dans l'ouvrage de Tobie Nathan) ? D'autant plus que Tobie Nathan affirme aussi que le rêve a ceci de fascinant, c'est qu'on ne sait qui est l'expéditeur, qui le destinataire !Alors pourquoi penser que le rêve maintienne l'identité du sujet ? Il aurait fallu qu'il se sente destinataire !
Ensuite, Michel Jouvet, de manière fort subtile, affirme qu'il faut penser le rapport du rêve au futur, à l'avenir, et arrêter de le considérer comme exprimant un passé. Cette belle thèse me laisse sceptique : ne rate-t-on pas en effet ce qui fait le propre du rêve : le présent ? Car celui qui rêve, ne peut (dans le rêve) ni se projeter dans le futur, ni penser au passé. Pourquoi oublie-t-on que le rêve est une expérience du présent "seul" ? Une expérience de ce que serait être enfermé dans un présent sans les horizons du futur et de l'avenir ? On rate le rêve à la fois en le référant au passé, mais aussi à l'avenir ! On oublie l'expérience du présent comme présent perpétuel dans le rêve.
Ensuite encore, Tobie Nathan confond trop l'approche ontologique et pragmatique. Il dit que ce qui importe c'est de savoir ce que les cultures "font" du rêve. Et ces beaux exemples sont sublimes (des Grecs, des musulmans). Donc, on ne s'intéresse pas à ce qu'est le rêve mais à ce qu'il fait faire. Mais aussitôt défendue cette idée, voilà qu'on nous explique ce qu'est le rêve, sa vraie fonction, son vrai sens. Il y a une tension non avouée à ce sujet (je crois)
Puis, Tobie Nathan affirme que le rêve est la destruction du quiconque. Il cherche à maintenir la singularité, notre singularité. Mais si c'était vrai, il aurait fallu au préalable une théorie de l'inter-subjectivité qui montre comment un sujet "apprend" à construire sa singularité, à comprendre même qu'il est singulier. Cela n'est pas donné de manière innée. Un enfant (qui pour Tobie Nathan rêve beaucoup car il est encore dépendant de l'entourage) ne sait pas qu'il est singulier. Il faudrait connaître autrui, connaître des stéréotypes, voir ce qui se répète chez les autres pour savoir s'il y a du quelconque chez nous ou de l'originalité afin "ensuite" (et pas "d'abord") de voir en quoi on se distingue. D'où alors une autre hypothèse plus intéressante je crois : et si en apprenant socialement à comprendre en quoi nous sommes singuliers (ou pas, ou peu), nous aurions involontairement transformé la fonction du rêve pour en faire une source de singularité ? Cette fonction aurait donc une histoire bio-psycho-sociale, et ne serait donc pas une fonction "seulement" biologique.
Enfin, je ne suis pas certain qu'un enfant (un bébé) rêve. Pour rêver, pour savoir qu'on rêve il faut aussi connaître la réalité. Un enfant qui dort, qui s'éveille, et qu'on nourrit au sein, qui entend des voix de personnes qu'il ne peut réellement voir dans un monde alentour, peut-il savoir qu'il rêve ? Ne sont-ce pas plutôt des hallucinations permanentes, intermittentes ? Si c'était vrai, cela voudrait dire alors que ces contenus illusoires, ces mirages que l'on connaît enfant "deviendraient" du rêve quand on apprend à devenir progressivement conscient pour voir le réel. Ainsi, le rêve n'existerait pas naturellement, il émergerait lorsque la réalité devient une perception et une idée. Si la conscience se construit selon des étapes et n'est pas magiquement donnée toute faite d'un coup (ce qu'on appelle théorie de l'esprit) il me semble évident que le rêve aussi se re-construit au fur et à mesure de la construction de notre esprit (dans sa forme, dans ses contenus et sa logique). On part de la conscience adulte (qui se construit et est construite) pour ensuite se référer au rêve de la conscience adulte, mais en considérant ce rêve comme étant identique aux étapes antérieures de la vie. Ce qui est contradictoire.
Nous sommes donc encore loin d'avoir pensé efficacement le rêve aujourd'hui.
Merci à ceux qui m'ont lu jusqu'au bout :-)
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Commenter  J’apprécie          158
Bruno_Cm
  08 août 2019
Avant tout, j'aime beaucoup Tobie Nathan, ouvert, intelligent, sérieux, drôle, et souvent passionnant. Et ce livre est fort bon.
Mais...
C'est quoi pour un livre, ça encore ? « La Nouvelle interprétation des rêves »... C'est quoi ce titre ? Déjà dès qu'on emploie le mot « nouveau, nouvelle », c'est forcément le réduire à l'obsolescence, il ne sera évidemment plus « nouveau » dans peu de temps. Espérons-le. Dépassé par les nouvelles connaissances d'un secteur où l'on sait fort peu encore et qui foisonne de recherches en tous sens.
L'allusion à l'Interprétation des rêves de Freud est évidemment voulue. Mais est plus marketing que réelle. Car Nathan s'il s'appuie sur Freud le fait pour mieux s'en départir.
« « Une » interprétation des rêves », aurait peut-être été un meilleur titre. Bref, j'en sais rien. Je ne suis pas Odile Jacob, ni l'auteur lui-même.

Il y en a tellement des bouquins sur les rêves et sur ce qu'ils sont censés être et dire... du moins bon au pire du pire. Ou le hyper classique de Freud...
Ce livre est, en fait, un : « Qu'en est-il de tout cela ? » Quid de l'histoire, des spécificités culturelles, anciennes, moins anciennes, quid de la neurophysiologie et des connaissances scientifiques actuelles...
Tobie Nathan prend un maximum de toutes les infos et essaie de les assembler pour décrire et établir une sorte de méthode.
« ... ce livre se veut avant tout une méthode. Mais si, en suivant les indications que je propose, le lecteur pourra pénétrer assez loin dans l'exploration de son rêve,; annonçons-lui d'emblée qu'il ne pourra jamais remplacer l'interprète. 
Car, en derniers ressort, aucun rêve ne peut être interprété par le rêveur lui-même. »
Comme vous le lisez, Nathan ne prétend pas donner des clés claires et définitives. Pour lui, l'interprétation est essentielle et ne peut se faire que par un autre. Et cet autre, aura un rôle considérable, puisque l'interprétation est une prédiction (ou quasi).
La pragmatique du rêve : « Quant à moi, je me soucierai avant tout de l'usager, n'entrant pas plus que nécessaire dans le détail des doctrines, m'intéressant plutôt à la pragmatique du rêve. J'examinerai les propositions concrètes, tentant d'en tirer une pensée cohérente. »
Le cauchemar, une quintessence du rêve : «  Dans le chapitre 3, j'ai davantage parlé du cauchemar que du rêve ; c'est qu'il s'agissait de parcourir des considérations générales, et le cauchemar s'y prête mieux que le rêve. le cauchemar possède en effet de manière saillante deux caractéristiques qui définissent au mieux le rêve en général : la paralysie du corps et la turgescence des organes sexuels. En cela il est une quintessence du rêve. »
Freud et ses manques de connaissances... : « Il était indubitable que Freud ignorait l'existence du sommeil paradoxal. de ce fait, sa théorie du rêve admettait la prémisse, partagée par tous les chercheurs de son temps et même jusqu'à la moitié du XXe siècle, que le rêve survenait durant un sommeil "léger", plus proche du réveil que le sommeil profond. Ir la découverte du sommeil paradoxal est venu bouleverser ces conceptions qui semblaient raisonnables. le rêve est un éveil total du "cérébral" en état de sommeil profond. »
Le rêve est instinctif !
« Nous avons appris que, à condition d'admettre que rêve et sommeil paradoxal étaient superposables, le rêve était l'une des rares activités humaines presque exclusivement instinctives (avec quelques autres fonctions primaires telles que le sommeil ou la respiration). »
Freud se trompe ou est trompé encore, le rêve est lui-même pulsion :: « S'l est vrai, comme l'a établi la neurophysiologie, que le rêve est un fatalité physiologique, il ne peut en aucune manière être la réalisation (hallucinatoire) du désir (refoulé) d'un individu singulier. A la lumière des découvertes des neurophysiologistes, il faudrait inverser la proposition freudienne : le rêve ne peut pas être le feu d'expression des pulsions refoulées, puisque le rêve est lui-même pulsion. »
Concernant la forme, le style. Forme assez simple, chapitres, paragraphes, classique, style très clair, ne cherche pas d'effets, mais c'est bien écrit quand même et non dépourvu d'émotion. Pas sec.
Il y a peu d'illustrations des théories mais elles sont vivantes, et mise dans une suite assez dynamique. On ne s'ennuie pas, enfin je ne me suis pas ennuyé à lire ce qui est pourtant assez sérieux.
Nathan est rigoureux, c'est un scientifique. J'aime particulièrement la bibliographie, les sources commentées, pas une simple liste, rien que ça c'est intéressant. Ca en dit plus ou long.
Bref, un fort bon livre d'un type de grande-s qualité-s, comme je l'écrivais, avant tout.
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brigittelascombe
  18 juin 2011
L'interprétation d'un rêve est elle une prédiction?
Oui, répond Tobie Nathan, professeur de psychologie à l'université Paris VII et auteur (entre autres) de "Psychothérapies" et de "psychanalyse païenne". Voilà déjà un grand pas accompli. Il rajoute même "le fait de s'entendre prédire un évènement permet de s'approprier son rêve devenu compresseur de son devenir".
A mon avis, c'est un peu le principe de la préparation sophronique pour athlètes de haut niveau . Il faut toujours se visualiser gagnant avant l'épreuve. Après... il faut que le rêve devienne réalité.
Quelles nouveautés contient ce livre?
Des références: Fa au sud Bénin, la psychnalyse de Freud,Oedipe en mythologie,le chamanisme,la clef des songes d'Artedimore. Interessant mais bon tout ça le français moyen qui se réveille...
Des conseils du genre ce n'est pas parce qu'on rêve de relations sexuelles avec un inconnu ou un membre de la famille que notre rêve va se réaliser. Ca on s'en doutait.
Des vérités assénées: "le cauchemar permet de percevoir les yeux fermés un aspect du monde à l'expérience vitale pour le sujet" . Ne serait ce pas se brancher sur notre inconscient?
Des affirmations:"aucun rêve ne peut être interprèté par le r^veur lui même". Là je doute, d'abord à cause des projections du thérapeute lui même, ensuite, s'il nous fallait aller chez un psychologue pour interpréter chaque jour nos rêves...
Bon, tout ça pour dire que (toujours à mon avis) "La nouvelle interprétation des rêves" est un bon ouvrage de référence mais n'a rien de nouveau, je n'ai pas été vraiment convaincue et n'ai pas émergé de ce livre en me disant "Ca y est, je sais tout !"
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GaelM
  24 août 2014
Un livre qui semble vraiment complet sur la question de l'interprétation des rêves, avec un tour d'horizon magistralement large et synthétisé, qui donne de vraies clefs de compréhension et d'action surtout ! Un rêve commence la nuit et se termine par une action dans la journée, voici le leitmotiv. Ça donne vraiment envie de valoriser nos rêves, mais c'en est presque frustrant car il est évident que l'on ressort avec encore d'avantage de questions de cette lecture !
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Olivius
  01 octobre 2016
Un livre qui aurait pu me passionner si l'auteur ne s'était pas trop engager sur la voie de l'ésotérisme. Or, ce n'est pas ma conception du processus onirique. En outre, j'ai trouvé ce livre plutôt succin et finalement assez peu intéressant dans l'ensemble.
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Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   10 décembre 2017
Les esprits sont idées, éclats de lumière, à la fois insaisissables et infiniment reproduits.
J'étais parti sur le chemin que m'avaient tracé les maîtres, cueillant où je les trouvais ces fragments de lumière, imaginant éviter par le silence les pièges qui le parsemaient. Les embûches étaient à chaque embranchement, aux carrefours, là où les hommes parlent entre eux contre l'un d'entre eux. Les idées sont souvent maudites par les nuées.
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mcd30mcd30   10 décembre 2017
Les esprits existent. Ils sont bruissements, ils sont parfums, ils sont étincelles. Ils constituent la seule force qui s'oppose à la nuit.
Les pensées obligées sont nuit ; les pensées automatiques qui ne tirent leur validité que de la crainte du ridicule sont nuit ; les pensées fabriquées pour n'importe qui, prêtes à l'emploi, sont nuit. Elles justifient la violence, elles sèment des disparitions.
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mcd30mcd30   10 décembre 2017
Chacun d'entre nous rêve, et probablement de quatre à cinq fois par nuit. Mais un rêve qui s'évanouit est comme un fruit qu'on n'a pas cueilli. Un rêve qui n'est pas interprété est comme une lettre qui n'a pas été lue.
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Bruno_CmBruno_Cm   23 août 2019
Car, si l'on réfléchit, il n'existe aucune raison de regrouper les malades qui relèvent de la psychiatrie dans un même lieu. On pourrait au contraire penser qu'ils se socialiseraient davantage en vivant dans une petite communauté villageoise, qu'ils trouveraient certainement le moyen de rendre service aux autres membres de cette communauté, malgré le handicap de leur maladie. En place de quoi, l'institution leur adressait un message dont ils ne pourraient ignorer le contenu : "Vous êtes tous pareils et nous vous regroupons selon votre ressemblance."'
Comme toute religion, le "culte du quiconque" irrigue et fabrique la vie sociale.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 août 2019
Le choix est donc posé de longue date. Il y aurait deux grandes catégories, que nous pouvons distinguer et dès lors englober dans une définition plus générale. Les premiers s'ils ne sont que surgissement d'affects retenus, nous devrons les considérer comme le déversement d'un trop-plein, un éternuement ou une régurgitation, une effervescence transitoire. C'est pourquoi je les nomme effervescences. Quand aux seconds, "donnés", adressés,n déposés par des invisibles non humains, semblables aux "visions des songes" d'Artémidore, je les appellerai vecteurs, puisqu'ils véhiculent des informations et des messages. De tels songes, connus de tout lecteur de textes de l'Antiquité, du Moyen-Âge ou de témoignages anthropologiques, laissent entendre que le rêve serait une place publique d'un certain type, un espace collectif au coeur de la personne, susceptible d'être investi par des "autres". Et là, je parle de véritables "autres" - non pas des semblables, des "autres moi-même", mais des êtres à l'altérité radicale, des dieux, des esprits, des saints, des messagers ou même des diables. Ce type de rêve serait même l'espace privilégié où un humain peut croiser les divinités et échanger avec elles.
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Videos de Tobie Nathan (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tobie Nathan
Tobie Nathan vous présente son ouvrage "La société des belles personnes" aux éditions Stock. Entretien avec Arnaud de Gail
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