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ISBN : 2914388020
Éditeur : Max Milo (30/10/2000)

Note moyenne : 3.03/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Un homme est enfermé dans un asile d'aliénés. Est-il fou ? Ou bien sont-ce les aliénistes qu'il faudrait mettre à sa place ? Il se croit habité par un esprit d'une autre planète et tombe passionnément, follement, désespérément amoureux d'une femme, Irène, internée comme lui dans le même établissement. Il s'enfuit, elle sort de l'asile, disparaît... Il court jusqu'au bout du monde pour la retrouver... Au début du XXe siècle, quelques écrivains, et quels écrivains! ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Shabanou
  29 mars 2020
" Force ennemie " de John Antoine Nau (255p)
Ed. Decalou
Bonjour les fous de lectures ...
John Antoine Nau fut le premier lauréat du prix Goncourt (1903)
Philippe Veuly, rimailleur sans succès, se réveille interné en asile psychiatrique à la demande de son cousin qui veut l'éloigner de sa femme et de sa fortune ( mais cela nous le découvrons assez tard dans la lecture).
L'homme semble en pleine possession de ses moyens.
Sauf que par moment, notre gus, étant persuadé d'être habité par un extraterrestre ( envahisseur d'une autre planète selon les termes employés), a un comportement et des réflexions étranges.
Tombé amoureux d'une patiente, dès celle-ci sortie de l'asile, le bellâtre s'enfuit et essaye de la retrouver jusqu'à l'autre bout de la terre.
Tout pourrait être simple si Philippe Veuly ne devait partager son corps avec son pire ennemi Kmôhoûn, un habitant de la planète Tkoukra.
Voilà... voilà, voilà….
En fait, je ne sais pas si j'ai bien compris l'histoire.
Livre présenté comme un des premiers roman de SF, je n'y ai vu que le récit d'un pauvre hère atteint de schizophrénie ou de dédoublement de personnalité.
L'histoire aurait pu être plaisante si il n'y avait tout ces passages en patois picard qui rendent la lecture vraiment poussive…. très poussive!
On a présenté ce roman comme visionnaire et un Céline avant la lettre … il ne faut pas pousser le bouchon trop loin non plus !
Disons qu'il se présenterait plus comme un pamphlet contre la bourgeoisie de l'époque.
Mais peut-être était-il le meilleur roman parmi ceux présentés de cette année là … soyons indulgent !!
Et l'audace de son langage a peut-être du séduire les membres du jury!
En tout cas pour moi, ce roman est un véritable OVNI dont l'histoire est… assez folle .
Mais soyons indulgents c'est le premier Goncourt
Lu pour le défi … " je lis tous les Goncourt"
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Cekankonvaou
  18 décembre 2017
Je me suis lancé il y a peu un petit défi personnel qui devrait pouvoir courir sur quelques années : lire l'ensemble des prix Goncourt.
Tout comme m'sieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, j'avais déja lu quelques "Goncourt" sans le savoir et qui pour beaucoup m'avait énormément plus (Les filles du calvaire de Pierre Combescot, le rocher de tanios d'Amin Maalouf) et d'autres dont je connaissais la "Goncourisation" comme Au revoir la haut... Il ne m'en reste donc plus que 108 à lire :)
Mon défi a donc démarré par le tout premier Goncourt (1903) décèrné à John-Antoine Nau pour Force Ennemie, un roman qui nous conte (ou qui nous rapporte fidèlement, le doute plane...) la vie de Philippe Veuly interné dans un hopital psychiatrique de normandie. Habité d'une présence venue d'une autre planète qui lui parle et le mène sur un chemin qu'il ne souhaite pas toujours suivre, monsieur Veuly va nous faire découvrir la vie de cet hopital, ses docteurs, ses gardiens, ses patients et surtout Irène...
La forme est parfois rebutante par l'utilisation du parler et de l'accent local retranscris en phonétique. Mais lorsque l'auteur abandonne cette mauvaise manie, on découvre une langue très chantante et très plaisante à lire. Quelques passages sont un peu longuets et casse la dynamique du récit mais rien de suffisament pesant pour poser le livre.
Sur le fond, j'ai apprécié le burlesque de certains portraits et situations décrits dans le livre. Ce qui pourrait paraitre "gentillet" aujourd'hui a du passer pour terriblement insolent et irrévérencieux à l'époque. La médecine et la bien pensance bourgeoise sont égratinées à souhait avec beaucoup d'humour.
Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé le flou, créé au début et à la fin, sur l'origine de cette histoire : est elle pure invention, vient elle des entretiens de l'auteur avec le pensionnaire d'une maison psychiatrique???
Une lecture que je recommande (et l'autre, à l'intérieur de ma tête, il est d'accord aussi, c'est vous dire!!)
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nathalie_MarketMarcel
  19 septembre 2013
J'ai été d'abord impressionnée par la variété des sources d'inspiration : difficile de ne pas songer au Horla de Maupassant quand le narrateur dialogue avec sa créature. de la science fiction également mais la fin baigne dans un climat rousseauiste (le Douanier Rousseau, pas Jean-Jacques) remarquable de poésie.
Par ailleurs, le travail sur la langue est remarquable puisque chaque personne a son langage à soi. le narrateur a un vocabulaire un peu précieux, se revendique de Baudelaire, mais Huysmans n'est pas très loin. Les affectations de langage des gens « comme il faut » sont très bien rendues (passages à lire à haute voix). Mais le personnage le plus réussi est sans conteste Léonard, un des gardiens de l'asile, qui déforme tous les mots un peu compliqués pour les adapter à son sabir.
Ce roman est une réussite. C'est aussi un objet curieux dont on se demande d'où il sort.
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Le_chien_critique
  07 février 2019
Et le premier Goncourt de l'histoire est attribué à .... Un roman de l'imaginaire.
De là à voir une corrélation entre le désamour des lecteurs et la SFFF, il n'y a qu'un pas.
C'est l'histoire d'un homme qui se fait posséder par un extraterrestre. Écrit en 1903, j'étais très impatient de découvrir ce roman, et comment le sujet allait être traité. J'ai vite déchanté et après une semaine laborieuse de lecture, j'ai fermé le livre en poussant un ouf de soulagement, en ayant à peine lu plus de la moitié !
La première parti se résume à la présentation de l'asile et de la galerie d'internés, en compagnie du gardien de l'hôpital psychiatrique. Problème, ce dernier parle avec le patois du coin. Cela donne :
"Quand alle est guérie a' se souvient d'un peu de ce qu'alle a vu l'promier jour ; mais ça lui semble « loin de loin ». Y a rien comme l'egzitation pour faire paraître le temps long… après ; parce que « durant » c'est pas ça qui gêne."
Très pénible à lire lorsque le personnage a un place prépondérante dans le récit...
Nous découvrons quelques pensionnaires, l'occasion de longues digressions sans intérêts sinon celui de retarder l'arrivée de notre alien. Et lorsqu'il fait son apparition, il est aussi pénible que le gardien.
Arrivé à ce stade, on se doute que l'enjeu se fera entre possession extraterrestre ou maladie mentale. Pour ma part, je ne connaitrai pas le fin mot de l'histoire, et c'est très bien ainsi.
Il s'agissait sûrement à l'époque de dénoncer la bourgeoisie et la condition asilaire, ne reste désormais qu'un intérêt historique, entre autre autour du langage, pour ce pamphlet vaudevillesque.
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NMTB
  09 décembre 2017
Ce n'est pas parce que c'est un Goncourt, le premier de l'histoire, qu'il ne faut pas le lire. On n'en fait plus des Goncourt comme ça : fin-de-siècle, décadent, un brin anar et politiquement incorrect. Huysmans était le président du jury qui l'a récompensé, et ce n'est guère étonnant, tout à fait son genre cette histoire de possession démoniaque. Quant à moi, il m'a beaucoup fait rire et un peu réfléchir, parce que c'est bien aussi de réfléchir un peu sur le mal et la morale.
D'un point de vue psychiatrique, on pourrait dire que le cas du narrateur, Philippe Veuly, vague écrivain de 34 ans, est assez sévère, celui d'un psychotique. D'un point de vue judiciaire celui d'un violeur. D'un point de vue religieux, c'est un possédé. C'est lors d'un séjour dans un asile d'aliénés que Philippe Veuly fait la rencontre de son visiteur, un alien d'Aldébaran, un esprit désincarné mais lubrique qui prend de force une colocation dans son crâne. Voilà pour l'intrigue.
En ce qui concerne le style, il est très attentif au langage, à tous les langages, et plus précisément aux dictions. de la plus alambiquée à la plus rustre, de l'accent cauchois au créole, en passant par l'affectation bourgeoise, tout y passe. Dans cette comédie sociale, parfois vaudevillesque, John Antoine Nau mélange des élans imaginatifs et poétiques à un humour cruel. Les descriptions physiques et morales sont acerbes, mais tout cela est fait avec humour et une forme de tendresse.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   09 décembre 2017
― Et puis tout est de la… mécanique, de l’effort, sur ce fumier de planète ! Il faut s’habiller, se déshabiller. On ne peut jamais rester dans un état. Il faut toujours changer d’état ! Imbéciles, cochons que nous sommes ! On est bien couché, n’est-ce-pas ? Eh bien, crac ! il faut se lever ! On est bien debout ? Eh bien ! boum, blim, bloum ! il faut se coucher ! S’habiller, se déshabiller ! Cochonnerie ! Mécanique ! Avons perdu notre fourrure, nos poils, en les frottant, en les raclant avec des cochons de costumes ! Regardez les macaques ! Bien plus jolis que nous, mieux parés et pas de mécanique pour se vêtir. La Mécanique, savez, c’est tout ce qui est le contraire de pensée et de bonne inertie : mouvement, remuement bête des bras, laborieuse imbécillité d’être humain bon élève, pas révolté contre stupidités acceptées par la masse lâche, contente de se tyranniser elle-même quand elle est déjà assez embêtée par les « padischahs ». Oui, regardez macaques, les jolis macaques ! Pas de mécanique pour se vêtir, veinards de macaques, bons macaques ! Rien à faire qu’à se foutt à l’eau… (quand ça leur chante !…)— et ils sont prêts ! Ah ! Monde actuel ! saloperie où il faut travailler, ne fût-ce que pour boutonner des saletés de bottines ! Ah ! quand serons-nous dans un monde supérieur où l’on n’aura plus de ces infects « battoirs » ? Rien que des petites choses pour voler dans le bleu chaud, — chaud ! savez-bien ? Des petites… mécaniques… ah ! bloum ! pas mécaniques, — infamie ! — des petites affaires en plumes comme en ont les petits… choses qui font des saletés sur nos têtes du haut des arbres et après ça poussent des : couic ! couic ! dans l’air, les… machins, les… oiseaux, parfaitement, oui !…
Et ce Mongol qui professe des opinions de Polynésien ou de Gabonais est originaire de Saint-Etienne, ville où l’activité va jusqu’à l’épilepsie industrielle ! Mais, au fait, c’est bien simple ! Il est « fatigué de naissance », comme le disait un de mes amis qui était dans le même cas, sans avoir rien de commun avec Saint-Etienne. Enfin Nigeot est franc, plus franc que moi qui n’oserais pas avouer aussi carrément mon amour, ma vénération, pourtant sincères, pour la bonne Paresse !
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NMTBNMTB   03 décembre 2017
Vous n'êtes pas d'âge, mon petit Monsieur, à savoir ce que c'est qu'une femme. J'entends une femme légitime, une épouse, comme disent les législateurs et les égoûtiers. Eh bien ! Mon petit Monsieur, c'est une cuillerée de vert-de-gris dans le plus fade des entremets sucrés. Que dis-je ? J'en fais quelque chose de bien trop tragique. A m'entendre, ce serait un efficace, un souverain et prompt remède contre l'Amour et contre la Vie, ces deux épouvantables calamités qui procèdent l'une de l'autre et l' "autre de l'une". N'exagérons rien. C'est plus vulgaire et surtout plus exaspérant, parce que ça dure généralement longtemps, une femme légitime ! Cela vaut une éternelle poignée de poil à gratter dans des draps de grosse toile parfumés à la lavande, un breuvage à l'ipécacuanha qui vous démolirait un peu plus tous les jours sans vous achever, une série de morsures de fortes punaises et de fourmis rouges, une grosse poignée de clous faiblement empoisonnés, continuellement posés la pointe en l'air sous Monsieur votre derrière ! Ah ! Jolie invention que le mariage !
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
L’homme au bec de perroquet n’est pas aussi absolument idiot qu’on pourrait le croire en le regardant tout
d’abord... et en entendant certaines de ses phrases. Il
vient, je le vois, de me raconter à sa manière, tantôt
fort stupidement et maladroitement, tantôt avec des pré-
cautions assez heureuses, l’histoire de mon entrée dans
l’établissement du Dr
Froin. Çà et là, au cours de son bref
récit et surtout en son explication finale, il s’est peut-être
même montré capable de sécréter une certaine dose de
psychologie rudimentaire.
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CekankonvaouCekankonvaou   15 décembre 2017
Raoula Roffieux, née Fromage, — oui, Raoula ! — (Certains parents ne mériteraient-ils pas la cangue, des supplices follement chinois, quand ils affublent des enfants déjà pourvus des plus fâcheux patronymes de prénoms aussi exaspérants qu’inédits !) — Raoula !!…
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
Quel étrange réveil ! Certes, je connais cette chambre,
mais il me semble bien qu’il y a des mois, peut-être des
années que je ne l’ai vue !
Ces parois de planches jaunes, cirées, m’ont été jadis
assez familières ; mais pourquoi les avoir capitonnées depuis le parquet jusqu’à hauteur d’homme avec d’épais,
d’énormes matelas recouverts de drap gris, — de « drap de
wagon » ?
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Videos de John-Antoine Nau (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John-Antoine Nau
"Sénile" de John-Antoine Nau, lu par Yvon Jean.
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