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ISBN : 237880024X
Éditeur : L' Iconoclaste (29/08/2018)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Le fiancé de Danielle est mort en Algérie. Hantée par ses lettres, elle sombre dans la folie. Son fils, reporter de guerre, se débat avec cet héritage. Un roman brutal écrit dans l'urgence.

Grand reporter de guerre, Jean-Baptiste Naudet va affronter la mort en Afghanistan, en Bosnie et au Kosovo. Il plonge dans ces conflits contemporains, les yeux écarquillés par l’horreur, avec le sentiment d’y être poussé par une main implac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  14 septembre 2018
1960 Danielle et Robert s'aiment quand survient la guerre d'Algérie et la mobilisation du sergent Robert S.....Avant le départ , défiant les conventions mais laissant parler le coeur, ils "le font", une fois,une merveilleuse fois...Et c'est la séparation. ..
S'instaure alors entre eux une belle et émouvante
correspondance, touchante, belle, pudique, enjouée ou de plus en plus mélancolique au fur et à mesure que le temps passe, que les événements se succèdent, que les horreurs minent le moral.
Et puis, il y a la description de cette guerre qui ne voulait pas dire son nom, cette guerre qui allait faucher des jeunes dont la seule aspiration était de vivre. Attention, âmes sensibles, l'atrocité fait "dégueuler","chier" dans leur froc ces jeunes bleus qui ont si peur de mourir dans des décors de rêve .
L'histoire de Danielle et Robert survivra-t-elle à ces atrocités ?
Jean -Baptiste, lui, vivra plus tard, dans l'ombre De Robert. Reporter de guerre, il sillonne le monde en quête d'informations mais ne pourra jamais échapper aux démons qui l'assaillent,l l'alcool, la drogue et la folie...
C'est l'âme humaine qui est "décortiquée " dans ce roman. Incapable de "voir plus loin que leur bout de leur nez", c'est "la fleur au fusil" que les jeunes se précipitent, au nom de "la défense de la patrie"aux mains des politiques.....
Au delà du conflit en Algérie, ce sont tous les conflits du monde qui sont " montrés du doigt".
Quand donc l'homme civilisé ne se contentera-til plus du tant prononcé ,"quelle connerie,la guerre" ?
C'est un beau roman qui se lit vite tant sont belles les lettres d'amour échangées entre ces deux extraordinaires personnages.Les mots y traduisent une foi touchante en la vie à deux....
Certes, les descriptions des combats, des embuscades, des exactions sont cruelles, dures.Mais si, à force de ne pas vouloir les lire, on les occultait de nos mémoires?
J'aurais aimé pour ce livre une couverture plus émouvante, plus forte, plus belle, comme l'histoire, plus incitative pour le message. Je ne l'aime pas, elle condamne ce livre remarquable.
A défaut de jeter votre dévolu sur ce livre, feuilletez- le chez votre libraire. Ce pourrait bien être plus qu'une simple découverte.
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santorin
  15 octobre 2018
La guerre d'Algérie ?
Un tabou pour tous les appelés qui en reviennent ; c'est ce que ressent leur entourage proche.
Des jeunes gens de 20 ans qui n'ont pas demandé à y aller "pour défendre les intérêts du gouvernement Français" et qui reviennent le visage fermé et incapables de raconter ce qu'ils ont vécus ou faits.
Des familles des deux côtés de la méditerranée qui ont soufferts ou ont été dévastées.
Jean-Baptiste Naudet décrit bien dans son livre, avec des passages très durs et crus, les ravages de cette guerre ; on pourrait dire de toutes les guerres d'ailleurs car il sait de quoi il parle ayant été reporter dans plusieurs pays en guerre.
Dans ce roman il raconte un drame intime, la mort de Robert le premier amour de sa mère, à la guerre d'Algérie.
Celle-ci, quand ses souvenirs reviennent, s'enfonce de plus en plus dans la douleur devant un fils qui assiste impuissant à la déchéance de sa mère ne comprenant pas ce qui lui arrive.
Jean-Baptiste à son tour perd bien et se retrouve en Hôpital Psychiatrique quand son père, pour essayer de le sauver, lui confie la correspondance entre Robert et sa mère.
Après la lecture de leurs lettres il recherche et trouve le demi-frère De Robert à qui il se confie "Je lui raconte mon histoire, la quête de son frère, ma mère, sa folie, ma folie, l'amour, la mort et la guerre. C'était un peu confus parce que je ne comprend pas vraiment tout moi-même, encore aujourd'hui".
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AudreyT
  03 janvier 2019
***
Alors qu'ils sont fiancés depuis peu, prêts à se marier, Robert et Danielle sont séparés par la guerre d'Algérie. Âge d'à peine vingt ans, malgré l'optimisme et la naïveté de la jeunesse, Robert a peu d'espoir de revenir... Les deux amoureux s'échangent des lettres passionnées, des missives remplies de tendresse et de douceur... Et elles dont l'oxygène De Robert, au milieu de la violence des montagnes de Kabylie. Plusieurs années après, Danielle souffre toujours de la mort De Robert et son fils Jean Baptiste vit dans l'ombre de cet amour perdu... Pour leur plus grande folie !
C'est dans le cadre de la sélection des 68 premières fois que j'ai lu ce premier roman. Jean Baptiste Naudet nous livre ici une autobiographie crue et violente sur ce qu'il a vécu au sein de sa famille.
Ce n'est pas une mais trois vies qui ont été brisées ce 9 juin 1960 en Algérie. Avec le sergent Robert Sipière, c'est sa fiancée qui est atteinte en plein coeur... Puis Jean Baptiste Naudet lui-même... Prisonnier de ce passé, il va revivre les folies des guerres... Et se perdre dans la violence des combats, ceux des pays dans lesquels il couvre les batailles en tant que grand reporter mais aussi dans celui qui lui demande le plus de courage : la folie de sa mère...
Un roman qui mêle des lettres, des récits de combats, dès questionnements personnels... Un roman qui évoque les atrocités de la guerre d'Algérie et de la culpabilité de certains face à leur place au sein du conflit... Un roman fort et nécessaire..
Lien : https://lire-et-vous.fr/2019..
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nilebeh
  20 septembre 2018
Ils sont partis nombreux pour un service militaire qui allait se transformer en horreur, vers 1960, tandis que la France commençait à danser sur les rythmes des yéyés. Eux, on leur faisait danser une autre danse, celle de la mort, de la peur, de la torture infligée ou subie, des ventres qui se vident de terreur, des gamins de vingt ans envoyés défendre les intérêts coloniaux de la France.
Parmi eux, un jeune chrétien, instruit, devenu sergent : Robert Sipière. Il est parti après une seule nuit d'amour avec Danielle, la fiancée qu'il chérit et respecte, celle que, dans cinq mois, il va épouser. En attendant, ils s'écrivent des lettres tendres, intelligentes, sensibles. Il est nourri de Baudelaire, Rimbaud, Hugo. Danielle lui répond, l'encourage, l'aime par correspondance.
Et ce premier « roman » réunit la correspondance de ces deux amants fous d'amour, de jeunesse et d'espoir. Une autre voix vient s'intercaler : celle de Jean-Baptiste, fils de Danielle mais pas fils De Robert, tué le 9 juin 1960 dans le Djebel Djurjura, d'une seule balle. Son père, à lui, c'est Gilles, l'ami De Robert, qui épousera Danielle, l'inconsolée, et la verra s'enfoncer dans la dépression puis la folie . Gilles, admirable d'ouverture et de compréhension, qui donne toutes les lettres à son fils, pour qu'il raconte cette bouleversante histoire.
Jean-Baptiste est devenu reporter de guerre. Par quelle obscure filiation ? A son tour, il connaît la peur et les rapports humains épurés par l'urgence. A son tour, il sombre dans un grave trouble psychiatrique et se retrouve en HP.
Il est difficile de restituer l'intensité de ce livre. On peut dire qu'il y a une sorte d'incandescence qui en émane, force des sentiments et des actes, rien n'est doux et apaisé. sauf peut-être la fin, le retour en Kabylie, la tentative de réconciliation avec cette terre et ces gens qui ont, comme les soldats français, vécu l'horreur.
Un très beau premier roman, vrai à défaut d'être absolument véridique.
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ATOS
  12 août 2018
Coup de coeur !
09 juin 1960. Algérie. Je meurs de la blessure d'être sans toi. Tu crèves d'une brûlure qui est en moi.
Un livre à fragmentations d'étoiles. Des éclats d'amour, des échardes létales. L'onde d'un choc. Un terrible piège mental.
Quelle connerie la guerre. Quels effroyables crimes.
Quelle force l'amour ! Et quels incroyables possibles!
Vient le temps de refermer les plaies, de remonter le fil d'une histoire saccagée.
Des lettres retrouvées qi forment un recueil d'une juste et très profonde humanité.
Un livre touchant et bouleversant, Jean- Baptiste Naudet nous permet de comprendre un peu mieux ce que " reporter de guerre" signifie.
Opération Furet du Nord. Club des lecteurs - Rentrée littéraire 2018.
Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (3)
LeMonde   09 novembre 2018
Jean-Baptiste Naudet sonde la folie de sa mère, rattrapée par le deuil d’un amour tué pendant la guerre d’Algérie. Déchirant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   23 octobre 2018
La Blessure est un remède pour lui, une catharsis, un pansement sur une jambe de bois, on ne sait pas. C'est en tout cas un récit en plusieurs voix qui tente de peindre des mondes en perdition d'où l'amour parviendrait tout de même à se faire entendre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   03 septembre 2018
De ce reportage au bout de sa nuit, il a rapporté la bouleversante correspondance amoureuse de sa mère, un récit accablant sur la criminalité en uniforme, et cette confession saisissante, fiévreuse, animée d'une lucidité terrible, qu'on ne peut lire sans frémir. Respect et amitié, Jean-Baptiste.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   08 octobre 2018
La nuit, je sens souvent deux grands yeux noirs, écarquillés de terreur, qui me fixent. Un grand malaise me saisit et me réveille. Je suis dans un taxi dans le sud de la Serbie, à la frontière du Kosovo. Je veux rejoindre Pristina, la capitale du Kosovo, mais la route est coupée par des combats. Je pourrais faire un grand détour pour éviter de traverser la ligne de front. Mais c'est long et coûteux. Comme un vague cessez-le-feu est déclaré, je tente ma chance par la route directe. Pour éviter des infiltrations de combattants du Kosovo, les soldats de l'Otan obligent les chauffeurs de taxi à voyager avec un de leurs enfants. Notre chauffeur a dû prendre "en garantie" sa fille. Elle a sept ans et de grands yeux noirs. Nous roulons doucement dans des collines boisées. Dans la voiture, le silence s'épaissit. Rafale. Au détour d'un virage, on se fait soudain allumer à l'arme automatique. La bagnole prend quelques bastos. Le chauffeur fait demi-tour, le plus vite possible. Sa petite fille ne crie pas. Elle me fixe en silence de ses grands yeux noirs terrorisés. Je dois faire le très long et coûteux détour. Quand je rentre à Paris, le journal se plaint de ma note élevée de taxi. La nuit, les grands yeux noirs me poursuivent. Pardon.
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santorinsantorin   13 octobre 2018
Fontainebleau

Ces temps ont connu et connaissent encore de si horribles, de si gigantesques massacres qu'il est presque inconvenant de vouloir sauver de l'oubli la jeune vie perdue d'un ami allé en Algérie dans une injuste guerre. Et pourtant, des lignes que sa fiancée et lui s'écrivirent surgit une tentative pour devenir homme dans un monde inhumain.
Que ces efforts donnent à penser à ceux qui, jeune comme eux, voudraient s'interroger, avant qu'il ne soit trop tard, sur la politique.
L'histoire de celle qui les as tués n'est pas encore écrite : elle est celle de la cupidité et de la lâcheté.
Cupidité qui s'habille toujours des oripeaux de la Civilisation. Lâcheté de nous tous qui évitons au jour le jour d'essayer de savoir et de comprendre, pour à temps protester et, si besoin est, résister.
Car, à se fermer les yeux, il arrive que soi-même ou, pis, ceux que l'on aime doivent le payer de larmes de sang.

Gilles Naudet

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santorinsantorin   05 octobre 2018
Ils vont tenter de laminer, et pour de bon, le FLN et son bras armé, L'ALN, dans son refuge kabyle. Mais la violence aveugle fait des succès militaires français des victoires à la Pyrrhus. Ratissages et bouclages, ordres et contrordres sont les deux mamelles de l'armée française en Algérie. Les vexations, les exactions qui les accompagnent sont devenues le carburant de la rébellion. Ceux qui commettent des atrocités sont une minorité, qui ne se distingue pas par son courage au combat, mais qui a carte blanche. Dans cette sale guerre, seuls les plus cruels, les plus féroces, les plus impitoyables semblent triompher dans les deux camps. La guerre comme degré zéro de la politique, la guerre comme une maladie contagieuse, comme triomphe de l'ensauvagement.
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santorinsantorin   29 septembre 2018
Jugé "bon pour le service", il a reçu sa convocation il y a plus de cinq mois maintenant. Il s'est retrouvé sous les drapeaux, départ pour l'AFN, l'Afrique française du Nord. Même si, officiellement, il effectue un service ordinaire, un détail macabre dit que c'est bien la guerre. On lui a donné une plaque d'identité militaire en métal, avec son nom, son groupe sanguin, qu'il porte sur une chaîne autour du cou. Une "plaque à vache" à découper selon le pointillé en cas de décès. Une moitié finira clouée sur le cercueil drapé de tricolore.". C'est ce qu'on appelle aussi la "plaque à viande".
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santorinsantorin   08 octobre 2018
La guerre, ce n'est pas seulement la "drogue du combat", cette addiction aux sensations fortes, cette soif d'action qui l'emporte sur la peur, ce concours idiot de machisme. C'est surtout une irremplaçable intensité des rapports humains, portés à leur incandescence. Dans la vie ordinaire, vous pouvez passez votre existence entière avec quelqu'un sans savoir ce qu'il vaut vraiment. Dans la guerre, quand vous rencontrez quelqu'un, vous le savez très vite. Vous comprenez immédiatement s'il peut vous tuer, se sauver en cas de danger ou bien sacrifier sa vie pour vous. La guerre, c'est la vérité de l'homme mise à nu, dans toute son horreur, sa bassesse, toute sa grandeur, sa beauté.
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Video de Jean-Baptiste Naudet (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Baptiste Naudet
La réalisatrice Coline Serreau lit un extrait du livre La Blessure, du Grand reporter de guerre Jean-Baptiste Naudet. Sortie : 29 septembre 2018.
Plus d'info www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-blessure/
Musique : Erik Satie / Musopen
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