AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Simone de Reyff (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080703552
564 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 72 notes)
Résumé :
L'Heptaméron est une oeuvre à la croisée des discours religieux et mondain, où diffèrent sans s'exclure amour sacré et amour profane, et qui transmet depuis des siècles le testament spirituel, vivace, émouvant et profondément humain d'une des grandes dames de l'Histoire de France. Soeur de François 1" et grand-mère de Henri IV, Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre, ajoué un rôle essentiel dans la vie culturelle de la Renaissance française. Avec l'Heptaméron, ell... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  28 janvier 2020
Cet ouvrage semble être le livre d'une vie. Inachevé à la mort de son autrice, soeur de François Ier et reine de Navarre, il rassemble, sur le schéma initié par le Décaméron de Boccace, pas moins de 72 nouvelles. J'ai tout de suite décidé d'attaquer ce mastodonte par la ruse, à savoir picorer quelques nouvelles au hasard pour « adoulcir l'ennuy » !

Vous l'aurez compris c'est en vieux français, Marguerite, figure de la Renaissance, n'a pas connu les joies de la méthode syllabiques en cours préparatoire, et il n'existe pas de version en français moderne, alors une petite aspirine après la lecture et tout ira bien…
L'écriture n'était pas unifiée à l'époque (nous sommes au XVIème siècle), on trouve beaucoup de racines communes avec l'anglais et l'espagnol. L'orthographe d'un même mot peut varier d'une page à l'autre. Rassurons-nous, les bonnets d'âne de la dictée, nous pouvons tout à fait écrire des histoires comme Marguerite dans un français pas châtié !

J'ai été très surpris par la liberté de ton des protagonistes narrateurs qui échangent sur la conduite des personnages des histoires qu'ils se racontent à tour de rôle. Notamment les relations hommes-femmes. Il me manque sans doute la compréhension d'ensemble (n'ayant pas lu l'intégralité du livre) mais je trouve la longue nouvelle d'Amadour et Floride très parlante. D'un côté l'attirance grandissante de l'homme et de l'autre la volonté de s'en tenir à la promesse initiale de chasteté de la femme.

Les choses dérapent et c'est par la ruse que la femme tentera d'échapper aux insistances de son amant devenu agresseur. On entre dans les eaux que certains et certaines voudraient troubles du désir, simplement déjà à l'époque, rappelons un principe simple : quand on dit non…bah c'est non.

Ce que le pauvre amant éconduit ne semble pas prêt à accepter ni respecter. du côté de la jouvencelle, persuadée par des siècles de judéo-christianisme, que céder soit synonyme de déshonneur, on en vient à s'interroger sur l'existence même de désirs charnels...

Mais assez d'anachronismes avec cette nouvelle qui fait doucement sourire et relativiser sur « l'évolution » des moeurs. Marguerite de Navarre, conteuse inépuisable (l'oeuvre aurait dû faire 100 nouvelles) se met en abîme elle-même comme personnage d'une de ses nouvelles en Mère Justice.

Les relations entre les sexes sont également contées sous l'angle de l'hypocrisie du clergé, omniprésent dans des histoires impayables et (déjà) scandaleuses qui poussent là encore à mettre en perspective la critique de la religion et du clergé qu'on pense historiquement plus récente qu'elle ne l'est.

Avec quelques siècles de recul on s'aperçoit, comme le dit bien Fanny Ardant, que l'humain, dans ce qu'il a de plus primaire, c'est-à-dire les sentiments, n'évolue pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          550
Folfaerie
  27 avril 2014
Voilà un pavé que j'ai lu dans le cadre de ma troisième année de licence en lettres. Ce n'est certes pas un livre qui m'attendait dans ma PAL et pour dire vrai, je n'aurai jamais songé à lire les écrits de cette princesse sans la fac. Et bien j'aurai raté une chouette oeuvre.
Marguerite de Navarre (1492-1549), princesse de la maison de France, était la soeur de François 1er. Comme lui, elle était éprise de culture (son frère était fasciné par le raffinement des cours italiennes) et Marguerite a joué un rôle non négligeable dans le rayonnement culturel de la cour de France. Marguerite devient reine de Navarre grâce à un second mariage contracté à des fins politiques avec Henri d'Albret.
Son recueil de nouvelles inachevés s'inspire directement du Decameron de Boccace. Ce dernier est un peu le père de la nouvelle, bref récit en prose et langue vulgaire qui n'avait d'autre but que de divertir en relatant des faits insolites ou divertissants survenus dans le voisinage. On en déduit sans peine que les sujets en étaient souvent triviaux et l'Heptameron n'échappe pas à cette règle. Mais Marguerite de Navarre avait à coeur de traiter un sujet essentiel à ses yeux : la condition féminine à son époque.
Reprenant le canevas du Decameron, ce recueil met en scène un groupe de plusieurs personnes réunies par des mésaventures différentes dans une abbaye. Ces hommes et ces femmes d'âge différents qui doivent cohabiter ensemble durant quelques jours vont trouver un moyen de se divertir, entre deux offices religieux : raconter des histoires à tour de rôle.
Ainsi, par le truchement de ses personnages, Marguerite de Navarre va nous dévoiler ses opinions sur la société de son époque. le moins que l'on puisse dire, c'est le XVIème siècle n'était courtois qu'en apparence. L'écrivain dénonce l'hypocrisie et les faux-semblants qui régnaient non seulement à la Cour mais qui gangrénaient également le clergé et le peuple, dans une moindre mesure.
Un grand nombre de nouvelles traitent de ce que l'on appelle aupourd'hui le harcèlement sexuel. Quand les hommes de la noblesse ne font pas la guerre, ils s'ennuient et se rabattent donc sur la prouesse amoureuse. En cas d'échec c'est simple, on salit la réputation de la dame ou bien on la viole... Même si les femmes ne sont pas forcément épargnées, elles demeurent tout de même beaucoup plus attachées à l'honneur que les hommes.
Les hommes d'église en prennent également pour leur grade. Marguerite devait en détester certains (les Cordeliers notamment). La plupart des religieux sont d'une hypocrisie consternante et sont surtout occupés à assouvir leurs instincts sexuels en donnant mauvaise conscience à leurs malheureuses victimes.
C'est le grand écart entre les apparences et la réalité. Enfin, l'auteur jette un regard désabusé sur le mariage (elle qui avait fait l'objet de deux mariages arrangés...) et peu de nouvelles retracent l'histoire d'amants parfaits et heureux.
Entre tromperies et lâchetés, devoir et honneur, s'esquisse le portrait de la femme du 16ème siècle, prisonnière du rôle qui lui est assigné par les hommes, obligée de conserver une attitude exemplaire et de sacrifier sa liberté et sa sensualité, soumise aux règles strictes de son milieu (l'une des nouvelles les plus poignantes conte les malheurs d'une jeune fille de la noblesse qui doit renoncer à épouser celui qu'elle aime au motif que ce dernier n'a pas l'heur de plaire à la reine...). Une existence souvent pas très folichonne, en somme...
Une oeuvre classique qui demeure donc très plaisante à lire et qui constitue un éclairage fort intéressant sur la condition de la femme De La Renaissance.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Lucilou
  30 avril 2019
Je n'aurai sans doute jamais lu l'Heptaméron s'il n'avait pas figuré sur la liste des oeuvres du cours d'Histoire Littéraire lors de ma première année de licence, ni si je n'avais choisi en master entre autres options « Littérature du XVI° siècle » , et à cet égard, je rends hommage à Mesdames V. et L. pour nous avoir donné des clefs de lecture de l'oeuvre, mais aussi pour nous l'avoir fait aimer.
On ne compte pas tant de princesses qui furent aussi écrivains en France, et à ma connaissance, elles sont deux à partager le titre ainsi que le prénom. La Marguerite de l'Heptaméron était une fille de la maison d'Angoulême, branche capétienne et surtout la sœur de François Ier auprès duquel elle joue un rôle capital. Son royal frère aura recours notamment à ses qualités de diplomate après sa défaite à Pavie. Fine et lettrée, elle protège les artistes de son temps avec lesquels elle entretient des correspondances, elle lit, elle s'intéresse également aux idées nouvelles qu'elle encourage. Proche de la réforme et de Clément Marot, elle s'interrogea sur la question de la foi et semble avoir été de ces évangélistes de la Renaissance, attachés à un retour plus rigoureux au texte biblique notamment. Une sacrée figure que cette « perle des Valois » comme disaient les poètes et que Rabelais surnommait (allez savoir pourquoi!) « La dame à la licorne »!
Les critiques ne sont pas tous d'accord quant à la date de composition de l'Heptaméron, entre les tenants d'une oeuvre commencée vers 1516 et ceux d'une écriture plus tardive, commencée en 1545. Cette dernière date semble bien plus cohérente néanmoins... Quoiqu'il en soit, c'est une oeuvre complexe, multiple et comme Rome ne s'est pas faite en un jour, l'Heptaméron ne s'est pas écrit en une semaine.
Mais de quoi parle t-il donc cet Heptaméron ? Et bien, c'est à la manière du Décaméron de Boccace, best seller de la première Renaissance, un recueil de contes au sens où on l'entendait au XVI° siècle, c'est-à-dire un recueil d'histoires, de nouvelles... aux tonalités -et c'est là le sel, l'originalité de l'oeuvre- extrêmement variées. On ira d'un fabliau grivois à un conte d'amour courtois en passant par une terrible histoire de meurtres ou d'incestes avant de revenir vers un récit où la foi éclatera... Boccace avait imaginé une « brigade » de dix jeunes florentins réfugiés hors de la ville pour échapper à la peste. Pour passer le temps, chaque jeune gens doit raconter une histoire par jour, sur un thème précis -l'amour et ses multiples variations- et ce pendant dix jours, ce qui donne cent nouvelles à la fin de l'ouvrage. Marguerite de Navarre reprend l'idée d'un groupe de personnes isolées qui racontent chacune une histoire par jour afin de se distraire et de distraire l'assemblée. L'oeuvre restera malheureusement inachevée et ne comptera que sept journée sur les dix prévues au départ.
La sœur du roi choisit dix « devisants » en guise de conteurs. Là où Boccace avait mis en scène sept jeunes filles et trois jeunes hommes, Marguerite de Navarre choisit la parité avec cinq devisantes (Parlamente, Oisille, Nomerfide, Longarine et Ennasuite) et cinq devisants (Hircan, Dagoussin, Gébureau, Simontault et Saffredent) dont retenir les prénoms et savoir les répéter le plus vite possible était un jeu à la fac! Tous les dix sont isolés non pas à cause de la peste mais à cause d'un orage qui empêche tout trajet à l'abbaye de Cauterets.
D'emblée, il est intéressant de noter que chaque devisant a sa personnalité propre. Si certains sont plus travaillés et présents que d'autres (Hircan, Parlamente, Oisille, Gébureau), tous ont leurs propres caractéristiques, leurs goûts aussi en matière d'histoire, ainsi Dagoussin semble aimer les histoires d'amour courtois, les récits douloureux et tragiques quand Longarine et Ennasuite ont plus de gout pour la légèreté.
Si la règle du jeu est claire, à savoir que chacun doit écouter les histoires des autres sans souci de hiérarchie et en débattre ensuite de manière courtoise, Oisille semble avoir une place particulière : tous les matins, les journées commencent avec une leçon spirituelle qu'elle dispense, leçon dans laquelle l'évangélisme tient une grande place. On peut s'amuser à chercher qui pourrait se cacher derrière les devisants... Mais à moins de maîtriser parfaitement l'entourage de Marguerite de Navarre, c'est chose peu aisée et je ne m'y risque pas. Toutefois, il semblerait bien que derrière Parlamente, la plus bavarde, la « meneuse » du jeu se cache l'auteure elle-même (leurs préoccupations sont les mêmes) ; Hircan, l'époux de Parlamente, serait alors Henri d'Albret le mari de Marguerite avec lequel il semble partager le goût pour la bonne chère et les plaisirs de la vie. Quant à la sage Oisille, ce pourrait être la non moins sage mère de l'auteur, Louise de Savoie.
On en arrive au cœur du livre : les contes, les nouvelles ! Comme indiqué plus haut, c'est extraordinaire de voir à quel point elles sont différentes les unes des autres, comme elles forment un ensemble polyphonique (mais pas dissonant!). L'amour est le thème principal et il offre assez de variations pour tout un chacun, néanmoins, parfois, un devisant s'éloigne de ce thème pour aller vagabonder ailleurs. On trouve pèle-mêle des historiettes qui empruntent à la tradition des fabliaux : maris cocus, prêtres lubriques, femmes malicieuses prêtes à tout pour passer la nuit avec un amant jeune et vigoureux, farces (et dindons) en tout genre. Ces histoire, un peu grasses, font rire (j'ai un faible pour les nouvelles 1 et 36 et 8!) et pourraient se passer des débats qu'elles suscitent ensuite et qui sont parfois un peu verbeux. Mais on trouve aussi des récits mettant en scène de « parfaits amants », thématique chère à l'auteur où la courtoisie et la pureté des sentiments sont de mise (Amadour) ou encore des textes plus féroces, de par leurs propos où ce qu'ils dénoncent : viols, agressions dont se rendent souvent coupables des moines aussi violents que libidineux, des cordeliers, le plus souvent. Cette peinture-dénonciations des moines franciscains témoignent autant d'une tradition littéraire et d'un anticléricalisme médiévaux que du climat évangélique dans lequel baignait Marguerite de Navarre. On peut penser aux nouvelles 22 ou 5 pour ce thème là. Outre les abus du clergé, et toujours dans le lot des histoire propres à choquer ou effrayer les lecteurs, on peut ajouter les récits où la jalousie et le viol mènent à la mort ou à la blessure physique (ainsi trépasse la muletière d'Amboise qui préféra la mort plutôt que de se soumettre au désir de son valet) , ceux qui mettent en scène l'inceste (la nouvelle 30 est assez tortueuse à cet égard!), ceux qui s'inspirent de l'Histoire (la nouvelle du duc de Florence, qui s'abreuve à la même source que le fera Musset des siècles plus tard avec Lorenzaccio), ceux qui sont un peu inclassables (le « retrait » de Madame de Roncex... qui ne put se retenir et qui souilla ses jupons!).
On ne peut pas aimer chacune des nouvelles de l'ouvrage mais on ne peut pas non plus en aimer aucune. Par ailleurs, elles sont si variées, qu'on ne peut se lasser et qu'on y trouve forcement coupe à sa soif. Et puis, pourquoi bouder son plaisir : celui de rire franchement, même si c'est un peu gros, celui de frémir de peur ou de colère ? La lecture c'est aussi cela et je dois avouer que les récits les plus horribles du recueil sont souvent mes favoris : on s'attache aux personnages (plus qu'aux devisants), on suit leurs aventures et on se surprend à avoir hâte d'entendre l'avis des devisants sur ce qui vient d'être raconté... On aurait envie de participer aux débats même. C'est fort tout de même !
La lecture du livre donne un impression de patchwork tant les histoires sont -on l'a dit- différentes les unes des autres- , de polyphonie et pourtant,il ressort du tout une impression d'unité, due sans doute à l'évangélisme qui relie le tout au cœur des débats qui suivent les contes, à l'atmosphère d'écoute qui règne entre les devisants. C'est une sensation bien ambiguë, qui saisit donc à la fin du livre, la sensation d'une auteur qui a su ménager ses effets, préparer son texte et manipuler ses lecteurs en virtuose. Le signe d'une grande intelligence narrative.
Elle est à ressortir des bibliothèques, Marguerite de Navarre, et gagne à être re-connue, pour le rire, pour le frisson, pour la portée philosophique sinon spirituelle de son ouvrage, pour -enfin- sa portée féministe, car c'est bien de féminisme qu'il s'agit quand elle dénonce les outrages répétés faits aux femmes, bien avant l'affaire Weinstein. C'est aussi féministe de mettre les femmes à égalité avec les hommes dans la ruse et les méfaits comme dans le bien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Marti94
  24 février 2019
C'est bien la première fois que je vais faire un commentaire plutôt positif sur un livre que je n'ai pas réussi à lire. Il faut dire qu'il est difficile car écrit en vieux français. J'ai donc décroché très vite, ce qui ne m'a pas empêchée de picorer quelques extraits des nouvelles écrites par une grande femme de lettres. Et si je m'y suis intéressée c'est parce que je suis allée voir un spectacle qui m'a permis de découvrir certaines histoires racontées dans "L'Heptaméron" de Marguerite de Navarre, soeur de François Premier, roi de France. Rabelais, qui éprouvait à son égard un mélange de fascination et d'effroi, la surnommait la Dame à la Licorne.
Ce livre est donc une plongée dans le 16eme siècle avec des sortes de fabliaux moyenâgeux, histoires d'amour et d'infidélité. On y retrouve des gentilshommes amoureux de belles dames, des ducs et duchesses, des rois et reines mais aussi des curés, des muletières et des valets. Il y a de la vengeance et de la violence mais surtout de la ruse et de la passion, sans oublier la morale.
L'ouvrage tire son titre du fait que le récit se déroule sur sept jours, le huitième étant incomplet. Chaque journée est une occasion de raconter une dizaine de nouvelles.
Même s'il est resté inachevé et qu'il aurait besoin d'être traduit, "L'Heptaméron" donne envie d'écouter au coin d'un feu, surtout quand on y trouve des phrases plaisantes comme "Toutes pour tous, et tous pour toutes."
Lu en février 2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Heleniah
  24 mars 2013
Un de mes plus grands regrets avec ce livre, c'est qu'il n'a jamais été traduit en français moderne. Si on s'habitue au français du XVe siècle, il reste néanmoins aride pour la plupart des lecteurs.
Le contenu, en revanche, est beaucoup plus accessible ! Les personnages se retrouvent dans une abbaye en attendant que la crue regagne son lit et leur permette de reprendre leur route. Comme dans le Décaméron de Boccace, ces hommes et ces femmes vont faire connaissance et se raconter des histoires pour passer le temps. Chaque personnage racontera une histoire par jour, parfois drôle, scabreuse ou plus religieuse, toujours sur le thème de l'amour. La plupart des nouvelles sont courtes et plaisantes. Elles ont aussi l'avantage de nous plonger au Xvème siècle, car Marguerite de Navarre a plaisamment rapporté des anecdotes qu'elle avait entendu ou qui se sont produites à la cour !
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   14 février 2013
"Regardez, mes dames, quelz sont les effectz de la malice quant elle est joincte à la puissance! - J'avois bien ouy dire, ce dist Longarine, que les Italiens estoient subgects à trois vices par excellence; mais je n'eusse pas pensé que la vengeance et cruaulté fut allée si avant, que, pour une si petite occasion, elle eut donné si cruelle mort." Saffredent, en riant, luy dist: "Longarine, vous nous avez bien dict l'un des trois vices; mais il faut sçavoir qui sont les deux autres? - Si vous ne les sçaviez, ce dist-elle, je les vous apprendrois, mais je suys seure que vous les sçavez tous. - Par ces parolles, dist Saffredent, vous m'estimez bien vitieux? - Non faiz, dist Longarine, mais si bien congnoissez la laydeur du vice, que vous le povez mieulx que ung aultre eviter. - Ne vous esbahissez, dist Simontault, de cest cruaulté; car ceulx qui ont passé par Italie en ont vu de si très incroyables, que ceste-cy n'est au pris qu'un petit pecadille. - Vrayment, dist Geburon, quant Rivolte fut prins des François, il y avoit ung cappitaine Italien, que l'on estimoit gentil compaignon, lequel, voiant mort ung qui ne luy estoit ennemy que de tenir sa part contraire de Guelfe à Gibein, luy arracha le cueur du ventre, et, le rotissant sur les charbons à grand haste, le mangea, et, respondant à quelques ungs qui luy demandoient quel goust il y trouvoit, dist que jamais n'avoit mengé si savoureux ne si plaisant morceau que de cestuy-là; et, non content de ce bel acte, tua la femme du mort, et, en arrachant de son ventre le fruict dont elle estoit grosse, le froissa contre les murailles; et emplist d'avoyne les deux corps du mary et de la femme, dedans lesquelz il feit manger ses chevaulx. Pensez si cestuy-là n'eut bien faict mourir une fille qu'il eut soupçonnée luy faire quelque desplaisir? - Il faut bien dire, dist Ennasuite, que ce duc Urbin avoit plus de paour que son filz fut marié pauvrement, qu'il ne desiroit luy bailler femme à son gré. - Je croy que vous ne debvez poinct, respondit Simontault, doubter que la nature de l'Italien est d'aymer plus que nature ce qui est créé seulement pour le service d'icelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
CanelaCanela   18 janvier 2016
Il me semble que c'est beaucoup mieux fait d'aimer une femme comme femme que d'en idolâtrer plusieurs comme on fait d'une image. Et qu'en à moi je tiens cette opinion ferme qu'il vaut mieux en user que d'en abuser.
Commenter  J’apprécie          60
Marti94Marti94   24 février 2019
A l'heure, toute la compaignye se tourna vers elle, la priant vouloir commencer; ce qu'elle accepta et, en riant, commencea à dire : «Il me semble, mes dames, que celluy qui m'a donné sa voix, a tant dict de mal des femmes par une histoire veritable d'une malheureuse, que je doibtz rememorer tous mes vielz ans pour en trouver une dont la vertu puisse desmentir sa mauvaise opinion; et, pour ce qu'il m'en est venu une au devant digne de n'estre mise en obly, je la vous vois compter.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Marti94Marti94   24 février 2019
Un vieil borgne, valet de chambre du duc d'Alençon, averty que sa femme s'estoit amourachée d'un jeune homme, desirant en sçavoir la verité, findit s'en aller pour quelques jours aux champs, dont il retourna si soudain que sa femme, sur laquelle il faisoit le guet, s'en apperceut, qui, la cuydant tromper, le trompa luy mesme.
Commenter  J’apprécie          00
Marti94Marti94   24 février 2019
Une muletiere d'Amboyse aima mieus cruelement mourir de la main de son valet que de consentir à sa mechante volonté.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Marguerite de Navarre (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marguerite de Navarre
Marguerite de NAVARRE – Le souvenir du Platonisme enfoui dans son œuvre (France Culture, 1965) Une intervention de Jean-Jacques Kihm tirée de l’émission « Heure de Culture française » qui fut diffusée le 5 mars 1965 sur France Culture.
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les Chefs-d'oeuvre de la littérature

Quel écrivain est l'auteur de Madame Bovary ?

Honoré de Balzac
Stendhal
Gustave Flaubert
Guy de Maupassant

8 questions
8338 lecteurs ont répondu
Thèmes : chef d'oeuvre intemporels , classiqueCréer un quiz sur ce livre