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EAN : 9782080642912
392 pages
Flammarion (08/01/1992)
3.67/5   123 notes
Résumé :
" C'est l'histoire d'un homme jeune qui doit souffler ses quarante bougies. Il ne peut pas le faire. Il ne sait même plus souffler devant lui." Pour Bertrand Prouillan la vie s'est figée un certain 9 juillet, jour de ses vingt ans, au retour d'un séjour à Barcelone où son père a fait pratiquer sur lui une lobotomie. Ainsi Henri Prouillan a-t-il pu, sans crainte de scandale, accéder pendant dix-sept mois à la fonction de Ministre dans le gouvernement du moment. Vingt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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moravia
  29 avril 2014
Par chance j'avais lu précédemment "Biographie", son roman qui résume et englobe une partie de son oeuvre (avant 1981). Dans le cas contraire je n'aurais sans doute pas terminé la lecture de ce livre.
Yves Navarre se nourrit du ressassement d'une douleur née au sein de sa famille. Jamais fardeau n'a semblé aussi lourd, ne pouvant en aucun moment s'estomper, véritables chaines qui ont entamé sa chair et dont les plaies ne se sont jamais refermées.
Roman qui cherche son équilibre sans jamais le trouver, optant pour différents visages sans qu'aucuns ne possèdent des contours limpides.
Des fulgurances parfois qui laissent un peu d'espoir au lecteur - la scène où le père conduit son chien chez le vétérinaire pour une euthanasie - mais qui sont trop rares et ne peuvent que constituer un bon recueil de nouvelles.
Yves Navarre propose trop de chemins qui deviennent un labyrinthe dans lequel le lecteur s'égare inexorablement.
Une question s'impose quand même : comment, pourquoi cet ouvrage a-t-il été couronné en 1980 par le Prix Goncourt ?
L'année précédente Antonine Maillet avait reçu ce prix.
Le jury a-t-il voulu faire moins "terroir", plus "intellectuel" cette fois-ci ?
Mais d'ailleurs l'ont-ils lu en entier ? car il faut une certaine abnégation pour aller jusqu'au bout d'un tel livre débordant de "Blabla" interminable.
Comme bien trop souvent un Prix Goncourt à oublier et choisissez un autre livre si vous voulez découvrir Yves Navarre.
Auteur qui le mérite.
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HomoLibris
  21 avril 2022
Résumé.
Famille Prouillan, vieille souche de propriétaires terriens, originaire de Moncrabeau, Gascogne, installée dans les beaux quartiers haussmanniens de l'ouest parisien. Henri, le patriarche, grand bourgeois, haut fonctionnaire, ministre gaulliste de la cinquième république. Cécile, femme effacée. Suzy, soeur aimante, mariée à un dramaturge juif, espèce de Courteline au succès mitigé, brocardant le bourgeois pour faire rire … les bourgeois. Quatre enfants, Luc, Sébastien, Claire, et Bertrand… Bertrand, le vilain petit canard, celui qui n'entre pas dans le moule conventionnel de la famille bourgeoise. Bertrand qui fustige tout ce petit monde de son impertinence. Bertrand, garçon sensible. Bertrand, dix-sept ans, amoureux de Romain, de plus de dix ans son aîné. Romain poussé au suicide par le chantage au détournement de mineur par Henri Prouillan…
Trois ans plus tard, mille neuf cent soixante, Bertrand est reçu brillamment à l'École Normale. Neuf juillet de cette année, Bertrand a vingt ans, juste le jour où il rentre de Barcelone, après avoir subi une trépanation, officiellement pour "tumeur au cerveau". A cette époque, la Suisse et l'Espagne pratiquent la lobotomie censée "guérir" de l'homosexualité. Bertrand a accepté et cédé à l'ultimatum de son père. Les autres n'ont rien dit. Personne. Neuf juillet, père, mère, tante et oncle, frères et soeur, et pièces rapportées, attendent Bertrand pour célébrer cet anniversaire, mais … Bertrand n'est plus qu'un légume.
Vingt ans plus tard, neuf juillet mille neuf cent quatre-vingt. La famille Prouillan est éclatée, écartelée depuis vingt ans, depuis ce fameux jour. Des mariages se sont défaits. Cécile, la mère, est décédée. Claire est veuve. Et les petits-enfants ont grandi. Bertrand est à Moncrabeau, la maison ancestrale, sous la surveillance d'une famille de réfugiés républicains espagnols, gardiens de la propriété. Chacun de son côté, chaque membre de cette diaspora pense à ce 9 juillet de 1960, à ses conséquences, aux non-dits familiaux… Il aurait suffit de presque rien pour que tout le monde soit heureux. Mais ce presque rien, personne n'a jamais osé le dire, ni le faire … Henri Prouillan a réussi sa carrière, mais il a raté tout le reste. Et chacun de ses enfants, exception faite de Bertrand évidemment, analyse, vingt après, les conséquences désastreuses de leur silence couard sur leurs vies, leurs familles, leur fratrie....

Mon avis.
Voilà j'ai fait de mon mieux. Mais il est difficile de résumer 391 pages d'une telle densité, d'un telle charge émotionnelle.
Navarre est un virtuose du mot, comme une partition mozartienne où chaque note est à sa parfaite place, ici chaque mot est judicieusement choisi et positionné avec une précision métronomique, quasi-diabolique. Changez une virgule et la symphonie sera bancale. le jardin d'acclimatation est une étonnante étude de moeurs, une dissection familiale, façon Chabrol, mais avec la verve de Navarre, un auteur écorché vif !
Le récit du Jardin d'acclimatation n'est pas linéaire. le présent et les diverses phases du passé s'entremêlent sans arrêt… Navarre va et vient dans la vie et les sentiments de ses personnages avec une maestria impressionnante.
Certes, le jardin d'acclimatation est une étude de moeurs d'une époque révolue... Mais pas si lointaine que cela, et, pour plagier le grand Churchill, j'ajouterai qu'il ne faut pas oublier les leçons de l'Histoire, car c'est se condamner à la voir se répéter !
"Composition française (par Bertrand Prouillan) : le Jardin d'Acclimatation. Thèse : forces et manières d'acclimater. Antithèse : dangers. Synthèse : nous sommes tous nés dans ce jardin […]. On arrive toujours dans le même ordre. Mais on finit par en perdre un. Je suis perdu […], et je me perds.
(à son frère Sébastien) Je ne peux aujourd'hui que t'offrir ce jardin dans lequel nous grandirons sans le savoir, sans le vouloir."
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charente
  01 septembre 2017
J'avais lu le jardin d'acclimatation à sa parution il y a près de 40 ans. J'avais toujours su qu'un jour viendrait où je le relirai. C'est chose faite.
Au delà du sujet qui peut paraître daté aujourd'hui il demeure deux éléments distincts. D'abord le titre qui est toujours d'actualité. Nous sommes tous dans un jardin où on s'évertue à nous acclimater. Aujourd'hui à la mondialisation, à la consommation etc... Bertrand tente et parvient à y échapper.
D'autre part le style du roman déroutant, labyrinthique, paraissant bavard, aphorique est fait pour nous perdre, installer en nous un vertige, une mise en abyme qui nous ramène à soi.
Jamais un livre est venu à ce point interroger mon intimité.
Enfin, Yves Navarre auteur de théâtre écrit ici une pièce de théâtre. le décor est planté. Les personnages sont prêts, les dialogues écrits. Il ne reste plus qu' à rassembler au fil des pages, les différents éléments qui feront les trois actes de cette pièce: "La Maiinmorte" - le titre en dit long sur le roman - et dont le manuscrit reste enfoui au 2, Place d'Antioche, Paris 17°.
Nous sommes tous un peu Bertrand Prouillan, le jeune homme lobotomisê pour avoir refusé de s'acclimater.
A lire de toute Urgence.
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nineentreleslignes
  07 novembre 2020
9 Juillet, c'est le jour qui a vu la famille Prouillan exploser, vingt ans plus tôt.
C'est aussi la date d'anniversaire de Bertrand le dernier fils de cette famille bourgeoise.
Henri le père rigide et froid, Cécile la mère en demi-teinte, qui prend si peu de place et leurs enfants, Luc, Sébastien, Claire et Bertrand le petit dernier qui s'est perdu, sorti des rails, celui qui ne s'est pas acclimaté. Ce fils homosexuel, embarrassant et entravant la carrière ministérielle de son père, auprès de De Gaulle.
20 ans plus tard, la famille revit ce dernier anniversaire, chacun de son côté. Henri se retrouve avec sa soeur Suzy qui ne le ménage pas. Pourquoi?
20 ans plus tôt, Bertrand a été contraint de se rendre à Barcelone, pour subir une lobotomie, c'est ce que son père a trouvé afin de guérir Bertrand de l'homosexualité car pour la société bien-pensante des années 60, l'homosexualité était une maladie et on se devait d'en guérir.
Bertrand est rentré mais plus rien n'a jamais été pareil, et chacun a porté le poids de la culpabilité à sa façon.
C'est le destin d'une famille qui s'est scellé ce jour-là, une vie d'errance sur les mers pour Sébastien, une fuite perpétuelle pour Luc et Claire a nourri son malheur qu'a été la perte de son époux.
Et Bertrand quelle a été sa vie …reclus à Moncrabeau, dans la maison du domaine familial assisté par un couple de gardien?
D'une écriture fouillée et incisive, prenante et poignante, Yves Navarre nous offre un roman fleuve où la fiction se mêle à l'intime, on entre dans la vie des Prouillan et on en ressort pas indemne .
Yves Navarre obtint le prix Goncourt pour ce roman, il fut un homme de lettres, prolixe et reconnu notamment pour ses pièces de théâtres et ses romans. du succès, des déceptions et des failles, Yves Navarre se suicida, il a une cinquantaine d'années.
Un écrivain qui mérite de sortir de l'oubli et une réédition de son oeuvre de nouveau disponible.
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Mline1
  22 juillet 2019
C'est un livre que j'ai lu il y a 25 ans. J'en garde un souvenir troublant. Je me souviens bien de toutes les interrogations qu'il avait soulevé chez l'étudiante que j'étais. le thème m'avait bouleversé à l'époque : Comment dans une famille bourgeoise parisienne, le père qui ne supporte pas l'homosexualité de son dernier fils, règle le problème en lui faisant subir une lobotomie... En me remémorant cette lecture, je revis tout mon émoi de cette époque là. Je crois que je vais me replonger dans cette lecture.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   08 avril 2014
Elle parle comme elle peut, avec des mots auxquels elle tient, comme elle tenait son baluchon, au centre d'accueil d'Alscall, près d'Hendaye, en août 36, quand Monsieur était venu les choisir. Lucio et elle s'étaient mariés un mois auparavant, dans l'église de Palos de Moguer, au sud de l'Andalousie, près de Cuelga, si tôt le matin, à peine le temps de la bénédiction et de l'échange des alliances, puis, au sortir de l'église, le départ, non pour une noce mais pour une fuite vers le nord, par les plateaux d'Estrémadure, ceux de Castille, jusqu'en Navarre et la frontière, des centaines de kilomètres à pied ou accrochés à des camions, Lucio chantait en la tenant par les hanches "el viento galàn de torres prendiendola por la cintura", le vent galant des tours la prenant par la ceinture.
Lucio et elle ne s'étaient pas encore autrement touchés quand Monsieur s'était approché, en souriant, et leur avait demandé leurs noms. Monsieur n'a jamais compris ça, la fuite avant l'étreinte. Il choisissait un couple, c'est tout. Un jour plus tard, à Palos de Moguer, les guardias auraient passé Lucio par les armes. Les ouvriers de la corchotaponera S.A de Lepe venaient de se joindre à ceux de l'usine de pyrite et de se rebeller. Tous étaient recherchés.
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moraviamoravia   17 avril 2014
Les années passent. Je n'ai jamais pu me défaire de l'inquiétude du courrier. J'attends toujours d'elle une lettre de retour. Comme le parfum "Je reviens". Nous avons vu cette publicité, au cinéma, ensemble. Vous m'avez pris la main, à ce moment-là. Sur l'écran, on voyait des couples, très jeunes, très beaux, se réunir dans des restaurants, dans des gares, dans des aéroports, dans la rue. Et à chaque fois, le nom du parfum, "Je reviens". J'avais la main froide, n'est-ce pas ? Vous étiez la jeune femme de ces couples, mais je n'étais aucun des partenaires possibles.
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moraviamoravia   02 avril 2014
Il dira à Henri, le jour du mariage de Claire avec Gérard .
- "avant, on ne parlait pas de moi parce que ça ne marchait pas. Maintenant, on ne parle plus de moi parce que ça marche trop. Dans notre pays, le succès est suspect ".
Romain Leval venait de se suicider. Tout juste deux lignes dans les journaux du soir. Jean avait ajouté "pour Romain, ce fut pire encore. On lui prêtait des succès pour pouvoir les lui reprocher. Leur loi est meurtrière ".
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moraviamoravia   18 avril 2014
Reste tout ce qu'il y a sur le bureau, le petit cadre surtout, avec la citation de Flaubert que Suzy relit très vite, et à voix haute, en déclamant, comme pour se donner du courage " les bourgeois ne se doutent guère ! Que nous leur servons notre cœur ! La race des gladiateurs n'est pas morte ! Tout artiste en est un ! Il amuse le public avec ses agonies ! "
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moraviamoravia   01 avril 2014
Il venait d'entendre dire à son père, entre deux gorgées de café, " Mon cher Prouillan, l'ambition n'est que l'art de savoir dire et redire non. Toujours non.
Tout est très bien ainsi ".
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