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EAN : 9782874490231
201 pages
Éditeur : Les Impressions nouvelles (01/12/2006)
3.4/5   10 notes
Résumé :

Jean est Rwandais. Depuis de nombreuses années, il vit en Belgique où il suit un chemin sinueux d'étudiant-travailleur étranger. Il s'y est marié et est devenu père de deux enfants. Il a toujours rêvé de rentrer un jour au pays et d'être accueilli en enfant prodigue par toute sa famille. Il ne réalisera pas son rêve, hélas, d'abord faute d'argent, puis à cause du génocide qui s'est d&#x... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  27 mai 2021
Joseph Ndwaniye n'a pas vécu le génocide. En 1994, il est en Belgique où il poursuit des études d'assistant édical, trouve un travail dans un CHU de Bruxelles et épouse une Belge dont il a un enfant.
Après un bref retour au pays en 1997, il y fait un second voyage en 2003, durant lequel il consigne dans des carnets de notes émotions et échanges avec sa famille qui deviendront le matériau de son livre Promesse faite à ma soeur.
Par le biais de la fiction, il appréhende la réalité vécue sous la forme d'un récit où se mêlent romanesque et éléments autobiographiques.
Le personnage ressemble à l'auteur qui a quitté son pays natal depuis plusieurs années et qui a suivi le génocide depuis son exil et place donc sa narration avant et après les événements.
Il revient sur son enfance heureuse au Pays des mille collines, terre de pasteurs et de cueilleurs.
Il raconte les traditions d'une communauté aux coutumes ancestrales, détaille les éléments de la structure familiale au sein du village, les cicatrices encore visibles de la colonisation, l'apport de la religion catholique par les missionnaires européens. C'est d'ailleurs le médecin-chef de l'hôpital dirigé par ces derniers qui poussera Joseph vers une carrière médicale.
Sa jeunesse, c'est aussi les études, les travaux dans les champs, les parties de pêche, les premiers émois avec les filles, les premières sorties avec les copains.
Bien plus tard, établi en Europe, c'est pour Joseph un devoir de mémoire de revenir au Rwanda, car le
drame n'a pas épargné sa famille dont certains membres ont été massacrés. Son frère, accusé de complicité dans le génocide est emprisonné en attendant son jugement.
La tragédie a détruit les proches de Joseph et les stigmates du drame sont toujours visibles dans les villages et les collines de ce pays naguère souriant et paisible.
Le narrateur ne rencontre que le vide, le désespoir. Il ne lui reste que sa mère, sa nièce. Les copains, les petites amies avec qui il flirtait, la société avec ses règles d'éducation et de bienséance,les traditions orales, les croyances ancestrales ; tout a disparu. Joseph se sent coupable de ne pas avoir été auprès des siens durant le drame, d'avoir échappé au massacre. Même les morts semblent lui reprocher cette absence.
Alors, il entreprend une sorte de pèlerinage à travers le pays ; un voyage en forme de rédemption, un besoin d'échange avec d'autres Rwandais. Joseph cherche à recueillir des témoignages, à apaiser la douleur de l'Autre en faisant preuve de sérénité, lui l'étranger en son pays.
Corps et âmes resteront pourtant marqués à jamais de manière indélébile par la tragédie du génocide.
L'écriture de Joseph Ndwanije est pleine de retenue, de lucidité, de sensibilité, parfois teintée d'une pointe d'humour. le style est sobre, dépouillé, limpide. le lecteur que je suis n'a pas ressenti beaucoup d'empathie envers ce témoignage qui aurait pu être plus poignant, plus réaliste. L'auteur décrit pourtant avec talent les paysages, les traditions, la vie quotidienne au Pays des mille collines, mais son retour dans la famille, après un tel drame, laisse peu de place aux confidences, à l'émotion. C'est du moins mon avis là ou d'autres lecteurs, d'autres lectrices y verront peut-être une oeuvre remarquable.
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bidule62
  09 février 2019
Entre le témoignage, le roman, l'autobiographie, l'auteur raconte "son" génocide du Rwanda.
Le narrateur n'est pas l'auteur, et pourtant.... Tous deux ont vécu le génocide éloigné de leur famille (bourse permettant des études en Belgique), qui, elle, est restée au pays.
Dans "Petit pays" de Gael Faye, ce génocide est décrit à hauteur d'enfant. Les livres de Jean Hatzfeld sont des témoignages, directs, sans filtre presque. Ici on est dans le complexe du survivant. L'auteur a eu la chance de se trouver en Belgique au moment du génocide, qui a vu sa soeur massacrée. Comment se remettre de ça ? On sent ce questionnement, cette difficulté... Difficiles ces moments où l'auteur essaie de retrouver des voisins, des relations "d'avant" et ne trouve plus personne.... Tous ont disparu en 1994.
Un beau texte qui aurait pu être plus long, plus fouillé, sur les sentiments, sensations du narrateur qui reste très/trop réservé face à cette tragédie.
Et merci à Masse Critique qui m'a permis de découvrir ce texte !
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argali
  28 avril 2019
Infirmier aux Cliniques St Luc à Bruxelles, Joseph Ndwaniye vit en Belgique depuis 30 ans. Son roman, réédité chez Espace Nord à l'occasion du 25e anniversaire du génocide au Rwanda, est paru en 2007.
La première partie du récit se fonde sur les souvenirs d'enfance de l'auteur, dans un village quitté en 1986 pour suivre ses études en Belgique. Jean, le narrateur, vit paisiblement dans une famille heureuse et unie sur la colline de Kibingo. Avec l'arrivée de missionnaires protestants allemands, le village s'est doté d'un temple, d'une école primaire et d'un service de soin de santé. Avec son jumeau Thomas et les enfants du médecin allemand, il vit une enfance joyeuse et insouciante, va à l'école et travaille chez sa grand'mère, une femme de tête, paysanne intraitable sur la valeur du travail.
La seconde partie est fictionnelle : Jean, lui aussi établi en Belgique, retourne au pays 17 ans après son départ, pour retrouver sa mère. le conflit entre Tutsis et Hutus a eu lieu dix ans plus tôt. Son frère a disparu, sa soeur et sa famille ont été massacrés, son père est décédé quelques années après le génocide ; seule reste sa maman.
Dès l'arrivée de Jean au Rwanda, un fort sentiment de culpabilité l'habite. le regard des autres, leurs questions parfois, le mettent face à ses remords : pourquoi ai-je survécu ? Pourquoi n'étais-je pas là pour les sauver ? Jean se sent responsable et aura la vision de ses défunts auprès desquels il cherchera des réponses et des apaisements. Il est aussi bouleversé de ne pas reconnaitre son pays qui s'est modernisé et a abandonné nombre de coutumes ancestrales.
Ce roman ne raconte pas le génocide en tant que tel car Jean n'en a pas été un témoin direct. Il l'évoque bien sûr et l'ombre des massacres est omniprésente. Ils sont là sur les visages croisés, sur les corps meurtris, sur les mots pesés avant d'être prononcés. Ce roman donne plutôt du génocide une vision post-traumatique. Il parle aussi de l'exil et du retour sur la terre natale qui confronte les souvenirs et les rêves à la réalité.
J'ai bien aimé cette autofiction même si je m'attendais à un récit plus précis sur les événements. Cependant, il révèle d'intéressantes facettes de la situation d'après génocide qui démontrent toute la complexité du drame. C'est un roman touchant à lire et à faire lire aux adolescents.
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Livresque78
  06 mars 2019
Un roman reçu lors d'une masse critique, une erreur de choix de ma part certainement car je ne suis pas du tout passionnée par ce genre de récit. Je ne suis pas parvenue à me laisser emporter par ce récit, qui pourtant est bien écrit mais au final un peu trop survolé.
C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison que je n'ai pas été touché, ce n'est surement pas un sujet, le génocide Rwandais, qui peut-être traité en quelques pages. C'est un sujet qui doit être fouillé, mais qui suis-je pour en juger. je ne garderais donc pas un souvenir impérissable de cette lecture.
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tiftif
  03 février 2019
Tout d'abord merci à Babelio et aux Editions Espace Nord pour l'envoi et la découverte de ce livre.
Jean, né au Rwanda, était en Belgique lors du génocide de 1994. de cette tragédie il ne reste que sa mère et son frère est toujours porté disparu lorsqu'il revient dans son pays natal 17ans après en être parti.
On y découvre son enfance heureuse et traditionnelle entouré de sa famille. Puis son retour, les retrouvailles avec sa mère, la recherche de son frère, ses difficultés à trouver ses repères dans ce pays qui a changé, rempli de tout ces absents, de ses blessures et cette culpabilité de n'avoir pas été présents pendants ces longs mois de 1994.
Le narrateur est parfois arrogant et un peu trop porté sur les femmes, ce qui m'a parfois dérangé n'en voyant pas l'utilité dans cette histoire.
Un peu décue toutefois que le récit soit fictif, j'avais lu Dans le nu de la vie et Une saison de machette de Jean Hatzfeld et je voulais vraiment lire un autre point de vue sur cette partie de l'histoire rwandaise.
Il se lit vite, voir meme trop vite!, j'aurai aimé que certains passage soient un peu plus développés.
Cela n'enlève toutefois rien à la beauté de ce livre qui est pleins d'émotions et de justesse.. Il est difficile de s'arreter une fois commencé!
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
andreas50andreas50   05 mai 2021
« Il me semble aujourd'hui qu'en plus de l'enchaînement fatal des circonstances ( la préparation matérielle, la guerre, le rôle de la communauté internationale ), ce crime absolu a été une sorte de paroxysme des manipulations de l'histoire, le prix maximal que le peuple rwandais a été obligé de payer pour sortir des chaînes de la domination coloniale et postcoloniale. [...] Une table rase sur laquelle s'édifie désormais autre chose. Bien ou mal, mais autre chose. [...] Dans le secret et le silence de leur âme.»

Colette Braeckman
Rwanda : mille collines, mille douleurs
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andreas50andreas50   02 mai 2021
Le génocide s'est déroulé sous les yeux du monde entier qui ne s'était que timidement indigné et malheureusement un peu tard.
Les forces des pays du monde, celles des Nations Unies présentes sur place et armées, étaient parvenues à convaincre leurs commandements que les armes lourdes dont ils disposaient ne pouvaient pas faire le poids faces aux machettes bien aiguisées. Ils avaient alors décidé de s'en aller au lieu de combattre l'innommable.
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paulotletpaulotlet   10 février 2019
Ma famille m'avait laissé malgré elle comme seul témoin de son malheur. Pendant les mois qui ont suivi, je me suis demandé avec culpabilité pourquoi j'étais resté. Je n'étais pas le seul à me poser cette question. Pour certain, si je n'avais pas fait partie du convoi, c'était pour des raisons non louables. Par leur souffrance, ils s'accordaient le droit de me désigner comme l'un des responsables du drame des leurs, donc des miens, puisque j'étais là!
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Video de Joseph Ndwaniye (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Ndwaniye
Joseph Ndwaniye raconte la genèse de son roman "En quête de nos ancêtres". Parution en février 2021 aux Impressions Nouvelles.
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