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ISBN : 2501081013
Éditeur : Marabout (30/10/2013)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 24 notes)
Résumé :
A travers cette chronique familiale empreinte des événements passés de l'histoire contemporaine, Fred Neidhardt étudie, avec finesse et un zeste d'humour, l'exil des pieds-noirs d'Algérie, les rouages du racisme, ses contradictions, ses paradoxes, les poussant à l'extrême souvent jusqu'à l'absurde. La nostalgie et les rancoeurs émaillées de bons sentiments des uns, les clichés emmagasinés depuis plusieurs générations des autres donnent lieu à une réflexion en résona... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  22 avril 2015
A cette heure avancée, Daniel a préféré passer la nuit dans la voiture garée dans le jardin afin de ne pas réveiller ses grands-parents. Il s'est disputé avec ses parents parce qu'il a échoué au bac et qu'il ne veut plus faire d'études scientifiques mais plutôt du dessin. C'est donc ici qu'il est venu se réfugier sans les prévenir. Besançon-Marseille en stop, ça fait une trotte! Sa mamie pense qu'il a fait une fugue mais le jeune homme se défend d'avoir 19 ans et estime être libre. Pour autant, elle ne peut s'empêcher de prévenir la maman de Daniel de sa venue. C'est à Marseille qu'il va faire plus ample connaissance avec sa famille. L'histoire de ses grands-parents d'abord, leur exil en France après avoir été jeté de l'Algérie et leur sentiment vis-à-vis des arabes, puis sa cousine qui ne trouve pas de boulot ou son cousin dans la débrouille et dans le porno...
Les grands-parents de Daniel sont pieds-noirs. Rejetés de l'Algérie au sortir de l'indépendance, ils sont plus que jamais amers envers ce peuple et jurent qu'ils n'y remettront plus jamais les pieds. En 1985, le Pen s'affirme, l'affaire du petit Grégory fait la une des journaux, "Touche pas à mon pote" fait écho. La famille de Daniel se déclare haut et fort raciste, surtout envers les Arabes. Aussi, lorsqu'un des cousins affirme qu'il épousera une Kabyle, le noyau familial éclate. Fred Neidhardt dépeint une famille raciste, certes, mais aussi entêtée et contradictoire, notamment ce mariage du grand-père antisémite avec une juive. Cet album bestiaire qui prend ses quartiers dans Marseille se veut avant tout dénonciateur et offre une belle leçon d'histoire. Dommage que le dessin manque parfois de raffinement. le racisme dans toute sa splendeur et son imbécillité!
Les Pieds-Noirs à la mer ou une étonnante histoire familiale...
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tynn
  24 juillet 2014
Le temps d'une fâcherie d'adolescent avec ses parents, Daniel vient passer quelques jours à Marseille chez ses grands parents, Pieds-noirs ayant fui l'Algérie après l'indépendance. Au fil des rencontres et des souvenirs, c'est pour le jeune français de la 3ème génération l'occasion de comprendre ce qui fut et reste une profonde blessure familiale.
Après un temps d'adaptation face aux étonnantes caricatures en bestiaire des personnages, j'ai déroulé avec plaisir cette bande dessinée qui passe en revue tous les poncifs véhiculés par les conséquences du rapatriement des Français d'Algérie: rancoeur des anciens qui ont vécu les événements, ambivalence des sentiments, conflits et incompréhension entre générations avec la distance fatalement acquise chez les plus jeunes, racisme ordinaire et sectarisme.
La réconciliation entre parties que tente Daniel apparait vaine et illusoire. Il semble bien difficile d'écrire une histoire dépassionnée, d'oublier aigreurs, désir de revanche, de faire le deuil d'une émigration forcée.
Avec un sens du récit dynamique, des dialogues d'une franche banalité dans le politiquement incorrect, Fred Neidhardt nous propose avec talent et de façon indirecte un roman graphique en autobiographie. Il nous décrypte sans manichéisme une page d'histoire et en fait un devoir de mémoire entre humour, cruauté et ironie grinçante.
Le tout fonctionne très bien. A lire!
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Ziliz
  15 mars 2014
Les grands-parents de Daniel sont Pieds-Noirs, ils ont dû fuir l'Algérie devenue indépendante en 1962, se sont installés à Marseille. Vingt-trois ans après, ils l'ont encore amer. Ils jurent leurs grands dieux que jamais, au grand jamais, ils n'ont méprisé ou exploité les Algériens là-bas, eux : "On était des « petits blancs » ! On était pas des gros colons ! (…) Quand on est descendus du bateau, les communistes de la CGT, ils nous ont accueillis avec des banderoles « Les pieds noirs à la mer » ! Les dockers, ils trempaient nos containers dans l'eau de mer avant de les décharger."
Bref, ils n'ont pas mérité cet opprobre, ces gens. Mais pépé lit désormais Minute, trouve - et mémé est d'accord - qu'il y a beaucoup trop d'arabes à Marseille. Et la cousine, à bonne école, écrit à JM le Pen (qui lui répond et l'assure de toute sa sympathie - elle est fière !), que si elle ne trouve pas de boulot, c'est la faute aux arabes qui "prennent les places de stage".
On est en 1985, Aziz Madak vient d'être assassiné, les petites mains jaunes "Touche pas à mon pote" fleurissent sur les poitrines, Harlem Désir connaît ses heures de gloire. Alors évidemment, Daniel tombe de haut en découvrant qu'ils "sont un peu craignos, dans la famille". Finalement, ses parents à lui ne sont pas aussi abrutis qu'il le pensait, même s'ils refusent qu'il devienne dessinateur : "Si tu passais pas ton temps à dessiner tes gugusses débiles pis à lire tes bédés, tu l'aurais pas raté, ton bac".
Album très intéressant sur les ambitions des parents pour leur progéniture, inhibitrices et castratrices, sur les conflits de générations, la famille, le racisme ("On ne naît pas raciste, on le devient" dit le pépé)...
Le graphisme m'a pourtant vraiment déplu, les personnages ont des têtes d'animaux. Je trouve ce choix intéressant, en général, notamment chez Art Spiegelman dans 'Maus'. Je ne l'ai pas compris ici.
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MarianneDesroziers
  11 novembre 2013
Comment parler du drame vécu par les pieds-noirs d'Algérie sans verser dans le pathos ? Comment dire le racisme sans tomber dans la leçon de morale ?
Comment évoquer la cohabitation parfois difficile entre Marseillais d'origine différentes ?
Comment expliquer la haine et l'incompréhension qui grandissent entre des populations aux cultures et habitudes pourtant si proches ?
Ce roman graphique de Fred Neihardt, dont la préface est signée Joann Sfar et publié par les éditions Marabout dans leur collection Marabulle, réussit ce tour de force. Il parvient à trouver le ton juste et à éviter tout manichéisme pour explorer ce sujet difficile.
Nous sommes dans les années 1980, Daniel vient de rater son bac au grand dam de ses parents qui s'opposent à ce qu'il passe le concours des Beaux Arts, lui qui est passionné de B.D. Il quitte Besançon pour Marseille où vivent ses grands-parents et une grande partie de sa famille. Bien qu'il adore ses grands-parents, il est choqué par leur racisme... le cas de Stéphane, son cousin, renié par sa famille parce qu'il vit avec une jeune femme d'origine algérienne le perturbe et le révolte et il fait tout pour arrondir les angles.
J'ai aimé ce roman graphique dont j'ai trouvé la fin à la fois audacieuse et bouleversante. Un bémol toutefois : tout en gardant certains traits humains, les personnages sont dessinés sous forme d'animaux... cela fait beaucoup trop penser à Art Spiegelman et à son splendide "Maus".
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pascalthiriet
  21 janvier 2014
Ceux-là ils vont répétant inlassables qu'ils ont tout perdus. Qu'ils n'ont rien rapporté de ces vies là-bas aux milieux des collines. Ceux-là qui devraient être si légers de ne plus rien avoir à porter de leur part de l'injustice coloniale. Ceux-là qui n'avaient rien gagné qu'un peu de soleil et trois épices au fond de leur mémoire. C'est de ceux-là qu'il s'agit dans cette bande dessinée, de leur retour à Marseille, aux quais du port noirs de gens qui, de loin, pouvaient semblait les accueillir, de la clameur qu'ils croyaient un salut. Las, la clameur disait « Les pieds noirs à la mer », la foule conspuait les colonisateurs. Ceux-là sont restés figés au bord de cette mer qu'on leur offrait en échange de ces terres qui jamais ne leur appartinrent. Ils ne le savaient pas mais ils avaient ramené pour tout tribu de leurs efforts, une lourde haine, compacte, une haine sans faille, méticuleuse. Ils sont là appuyés à leur racisme maniaque. Ne connaissant des autres que des noms que leurs préjugés habillent. Ils sont là, aussi, leurs enfants et leurs petits-enfants, à balayer dans les coins de l'histoire, de leur histoire aussi, de notre histoire. Cet album est un album de famille aussi.
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critiques presse (6)
BulledEncre   10 janvier 2014
L’auteur, rompu aux supercheries et récits comiques, trouve ici la formule d’un album grave et très drôle. Il manie avec finesse les ressors d’une narration vive mais sans se départir de sa trame: les Pieds-noirs, leur retour en France et ce que certains sont devenus 20 ans après.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BoDoi   30 décembre 2013
L’album se tient de bout en bout, par son authenticité justement, et sa belle sincérité.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   17 décembre 2013
Les Pieds-noirs à la mer est un album exemplaire, qui grâce à un ton féroce d'absurdité, expose les plus sombres méandres de l'âme humaine, quelque soit la couleur de sa peau. À lire absolument.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   16 décembre 2013
"Les Pieds-Noirs à la mer" nous interroge sur la matière de notre mémoire collective, sur cette communauté de pieds-noirs mal intégrée qui a du co-exister entre ces deux cultures qui les ont rejeté. Il n'y a pas de jugement à porter, juste un constat amer...
Lire la critique sur le site : Sceneario
ActuaBD   03 décembre 2013
La trame complexe de cette fable révèle véritablement le travail de Fred Neidhardt que l’on avait vite catalogué comme un aimable plaisantin. Il se révèle un narrateur doué et un dessinateur très juste.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Telerama   20 novembre 2013
Au fil d'une chronique truffée de pépites de réel d'épo­que, excellemment dialoguée à l'oreille, Neidhardt dégage, au-delà des préjugés, indéfendables, la vérité crue et tou­chan­te de « petits Blancs » en porte-à-faux avec l'Histoire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado   13 février 2015
- Tu vas pas t'y mettre toi aussi ! Mais qu'est-ce que t'as contre les arabes ?
- Ben, déjà, y nous ont chassés d'Algérie...
- Putain, Véro, on est nés APRÈS l'indépendance ! T'es née à Marseille !
- Marseille... Eh bé à Marseille y en a tellement qu'on se croirait là-bas ! Tiens , regarde... Regarde-les...
- Et alors ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? On les met tous dans un bateau, et au milieu de la Méditerranée, on coule le bateau ?!
- Ah ben non, quand même...
- Eh ben si ! Sinon , après ils reviennent ! Non ? T'es pas d'accord ?
- Non mais on va pas les tuer...
- Ben tu sais, Véro... Le racisme, ça finit toujours par tuer des gens...
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marina53marina53   22 avril 2015
Le racisme se construit sur un ferment d'imbécilité, d'ignorance, mais en plus il est dangereux et il tue.
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ZilizZiliz   16 mars 2014
- J’ai vu pépé, mamie… ton père, tout le monde… Ouah, ils sont un peu craignos, dans la famille !
- C’est des GROS FACHOS, tu veux dire. Mon père, il est tellement con, il m’a dit que je me marie avec une Arabe rien que pour le faire chier. Il a dit que j’étais plus son fils.
(p. 82)
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miladomilado   12 février 2015
En 62, quand on s'est retrouvés en métropole, il fallait raser les murs...
...
Quand on est descendus du bateau... les communistes de la CGT, ils nous ont accueillis avec des banderoles "les pieds-noirs à la mer" !
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ZilizZiliz   15 mars 2014
- Ton cousin Stéphane, il fait plus partie de la famille.
- Ah bon ? Eeeuh... Qu'est-ce qu'y s'est passé ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Qu'est-ce qu'il a fait ? Ce qu'il a fait, c'est dégueulasse. (...) Le Stéphane, il a rien trouvé de mieux à faire que de se fiancer avec une arabe. Une Algérienne, en plus ! Soued Sardé ! Que le cul y lui tombe dans un panier d'oursins !
(p. 49)
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Video de Fred Neidhardt (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fred Neidhardt
Les pieds noirs à la mer : Rencontre avec Fred Neidhardt
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