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EAN : 9782246151456
191 pages
Éditeur : Grasset (09/03/2005)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 149 notes)
Résumé :
Tout le monde abandonne David Golder, malade et ruiné. Mais le vieil homme se reprend, part à la reconquête de sa fortune dans une dernière aventure. Traversé par des financiers véreux, des femmes cupides, des gigolos, David Golder (1929) est un roman cruel sur la richesse et le dénuement.
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  12 janvier 2021
« Et les autres … Sa femme … Sa fille… Oui, elle aussi, il savait bien. Une machine à faire de l'argent … Il n'était bon qu'à ça … Paie, paie et puis, va, crève. »
Ce sont ces pensées qui assaillent David Golder lorsqu'il prend conscience du peu de considération dont il est l'objet de la part de son épouse et de sa fille. Cet homme, au caractère bien trempé, impitoyable en affaires, s'est échiné pendant toutes ces années, à gagner beaucoup d'argent afin d'assouvir leur soif inextinguible de biens matériels. Chez lui, l'attrait n'est pas l'argent, non, chez David Golder, c'est le jeu des affaires qui le motive. Mais certains jeux peuvent vous faire perdre votre intégrité, votre humanité, l'estime de soi.
David Golder, juif russe, pauvre, originaire d'Ukraine, a immigré aux Etats-Unis où il rencontre celle qui deviendra son épouse Gloria et qui lui donnera une fille, Joyce.
Installés ensuite à Paris où nous le retrouvons richissime, fatigué, rompu et endurci au milieu « des affaires financières », il vit entouré de sa fille, très jolie, qu'il chérit et de son épouse, Gloria.
Joyce, grande séductrice, manipule son père. Oisive, superficielle, elle utilise la tendresse afin d'obtenir de lui, l'argent qui lui file entre les doigts tandis que ce dernier se laisse totalement aveuglé par l'amour qu'il lui porte sans se rendre compte des manigances de Joyce. Quant à Gloria, elle est devenue une épouse haïssant son mari, trompant ce dernier avec « des gigolos » sans aucun scrupule et dont le goût pour l'argent n'a pas de limite. Mais, mais, mais …. Jusqu'au jour où !

Je suis assez stupéfaite par la puissance de l'écriture de cette jeune écrivaine de vingt six ans, c'est un livre qui me rappelle ces grands portraits de la littérature française du XIXème siècle comme Madame Bovary ou le Père Goriot : des portraits sans concession et qui marquent la littérature.
La plume est incisive, elle tranche dans le vif du sujet, ne laisse passer aucune lumière même si je trouve les relations assez caricaturales, on ne peut s'empêcher de ressentir comme une sensation diffuse d'angoisse, d'étouffement. L'appât du gain est ici poussé à l'outrance.
C'est un portrait au vitriol d'une classe sociale dans laquelle, l'auteure a vu le jour et qu'elle déteste. Irène est née d'un père yiddishophone pauvre d'Odessa qui deviendra l'un des banquiers les plus riches de Russie et d'une mère, très éduquée, née dans la bourgeoisie juive de Kiev. Son père étant parvenu à éviter le ghetto, il a toujours été méprisé par la famille de son épouse. Et lorsque je lis David Golder, je sens la souffrance d'Irène, déchirée, abandonnée entre une mère défaillante, coquette, cupide, et un père qui tente de faire oublier sa naissance. Je découvre petit à petit l'oeuvre d'Irène Némirovsky et les portraits de ses mères ne sont jamais glorieux.
A la lecture de David Golder, on comprend très bien que certains lecteurs aient été indignés en découvrant les stéréotypes antisémites que véhicule « David Golder ». le livre de Susan Rubin Suleiman permet une meilleure compréhension de l'oeuvre d'Irène Némirovsky. Il y a un avant la Shoah et un après. Nous sommes en 1929, l'auteure dépeint un milieu qu'elle honnit, une façon d'exorciser son enfance. Aveuglée par le rejet de ce milieu de « parvenus » sans scrupule, elle dresse un portrait excessivement à charge d'un microcosme juif qu'elle juge sévèrement sans vraiment se rendre compte qu'elle donne une communauté en pâture aux idéologies nauséabondes qui gangrènent l'Europe. Elle le regrettera amèrement quelques années plus tard.
Je vais continuer à découvrir l'oeuvre d'Irène Némirovsky mais je reconnais préférer la plume de sa fille, Elisabeth Gille dont l'oeuvre littéraire me reste aussi à parcourir n'ayant lu d'elle que « le Mirador ».
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diablotin0
  23 février 2019
Si ce livre n'avait pas été écrit par Irène Némirovsky, il aurait sans doute engendré des réticences car à plusieurs reprises l'image du juif est peu reluisante. Des stéréotypes sur le physique et sur des aspects de la personnalité comme l'avarice, le goût très développé de l'argent. Je ne connais pas assez cet auteur pour commenter sur cet aspect.
Quoi qu'il en soit, ce livre est cruel et aborde le côté vil de l'être humain face à la recherche sans borne de l'argent.
Tout comme dans « le bal », j'ai eu très souvent envie de vengeance. Irène Némirovsky dépeint ses personnages avec froideur ce qui renforce ce sentiment de dégoût pour cette catégorie de personnes avides de posséder et dénués de sentiments. Tout comme dans « le bal » encore une fois, j'ai pourtant eu par moment un peu de compassion et de la pitié. L'auteur arrive à nous retourner et à nous faire ressentir ces sentiments pour des personnages qui dégagent pourtant aucune sympathie. C'est un véritable "don" d'écriture que cet auteur possède.
J'ai envie de poursuivre ma connaissance d'Irène Némirovsky qui a sans aucun doute, un immense talent.
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Allantvers
  21 janvier 2018
Je m'étonne souvent de découvrir d'une lecture à l'autre et sans l'avoir aucunement provoqué un trait, détail qui relient le livre précédent au livre en cours, ici deux personnages qui portent le même nom, là un lieu commun, là encore un caractère ou une figure de style.
Cette fois-ci, c'est Balzac dont je viens de refermer « Albert Savarius » que je relie à « David Golder », pas tant parce que les deux titres sont des noms de personnages que par le caractère balzacien de cet homme d'affaires richissime d'une vie vouée à l'argent, mais au bord de la ruine, agonisant, seul, aimé de personne et même haï de sa femme couverte de bijoux et qui continue de réclamer son argent.
Ce court roman est d'une noirceur terrible, et l'on sent toute la détestation de l'auteur de ce monde qu'elle a côtoyé, ce monde intemporel des grandes fortunes bâties dans les affaires, fait de frivolité bling bling, de calcul et de sécheresse de coeur.
C'est un tour de force de la part d'Irène Nemirovsky que de parvenir à nous amener sinon à l'apitoiement, du moins à une certaine compassion pour ce David Golder, homme pas aimable mais dont l'entourage est bien pire, entre la froide cupidité de sa femme, sa Paris Hilton de fille, horrible petite grue qui ne câline ce père aimant que pour lui soutirer une liasse de billets, financiers véreux et parasites de tout poil, et de nous entraîner dans la profondeur du questionnement glaçant d'une homme face à la mort qui se retournant sur sa vie, n'y trouve rien.
J'avais été éblouie par « Une suite française », et ce roman me confirme le talent d'un écrivain disparu trop tôt et tragiquement dans les camps de la mort.

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PiertyM
  17 janvier 2017
Une fille qui, après avoir disparu pendant deux jours, demande à son père comment il trouve sa robe alors que celui-ci est cloué au lit par la maladie sans lui demander avant tout sa santé. Où l'argent brule les doigts, il brule aussi l'âme. Dans David Golder, Irène Némirovsky nous entraine dans le monde de la finance où l'avidité s'attèle à une maladie incurable, l'argent on en veut, encore et encore mais quand surgit la débâcle dans ce monde, l'homme n'est plus qu'une bête humaine prête à bondir sur n'importe quelle proie. L'auteure nous fascine, à l'instar d'une plume distinguée, avec quelques réflexions philosophiques autour de certains thèmes, la mort, l'homme tout jeune s'en fiche pas mal de la mort, qu'elle arrive ou pas, cela n'inquiète pas mais quand l'homme atteint l'âge de David Golder, il s'en rend compte que la mort est juste à deux pas, à ce moment on n'arrête pas à penser à elle, à ce vide inconnu vers lequel tout le monde doit aboutir...
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oiseaulire
  06 novembre 2020
Plus noir encore que "Le bal", ce roman est une splendeur qui dépasse encore "Le père Goriot" De Balzac. Il n'est qu'un cri, un halètement, une course vers la nuit et les ténèbres.
Il est hallucinant de penser que c'est une femme de seulement vingt-six ans qui a conçu ce prodige. Dans l'enfer des passions humaines, elle a su dépeindre l'effet sur les êtres de la plus funeste des idolâtries : l'inextinguible soif d'argent qui écrase tout sur son passage jusqu'au moindre sentiment humain : amour filial, conjugal, simple miséricorde, rien ne survit que la haine et le désespoir.
Un beau portrait de père, cependant, qui continue à aimer sa fille, la sachant pourtant vénale, sans coeur, sans cervelle, sans compassion ni sensibilité. Fidèle à cette lueur qu'il a lui-même allumée dans son coeur et sans laquelle il n'y aurait rien d'autre que le néant et un diable ricanant à côté de sa tombe. de notre tombe. Car aucun autre sens n'est donné à la vie de l'homme que celui que lui-même lui donne.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline   23 novembre 2010
Soifer, un vieux Juif allemand qu'il avait connu autrefois en Silésie, puis perdu de vue et retrouvé quelques mois auparavant, venait jouer avec lui aux cartes. [...]Il possédait dans un coffre fort à Londres des diamants, des perles admirables, des émeraudes si belles qu'autrefois Gloria elle-même n'en possédait pas de pareilles. Avec cela il était d'une avarice qui confinait à la folie. Il habitait un meublé sordide, dans une rue sombre de Passy. Jamais il n'était monté dans un taxi, même lorsqu'un ami s'offrait à le payer : "Je ne désire pas, disait-il, prendre des habitudes de luxe que je ne puis me permettre". Il attendait l'autobus sous la pluie, l'hiver, des heures entières ; il les laissait passer les uns après les autres, quand la deuxième classe était au complet. Toute sa vie il avait marché sur la pointe des pieds pour faire durer ses chaussures davantage. Depuis quelques années, comme il avait perdu toutes ses dents, il ne mangeait plus que des bouillies, des légumes écrasés afin d'éviter la dépense d'un râtelier.
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MaliceMalice   05 octobre 2010
" Mais rappelle-toi Nicolas Lévy, Porjès, tant d'autres qui remuaient des fortunes immenses, et quand ils étaient morts, qu'est-ce qui restait à leurs veuves ? Un découvert en banques. Et bien, moi, je ne veux pas que ça m'arrive, tu entends bien ? Arrange-toi. Pour commencer, mets cette maison à mon nom.".... " Brute ! ...Brute! Chien ! ... Tu n'as pas changé !... Va !...Tu es bien resté le même !... Le petit Juif,qui vendait des chiffons et de la ferraille, à New York, avec ton sac sur le dos. Tu te rappelles ? Tu te rappelles ? - Et, toi, tu te rappelles Kichinief, et la boutique de ton père, l'usurier, dans la rue Juive ? ... Tu ne t'appelais pas Gloria dans ce temps là ? Hein ... Havké ! ...Havké ! ..."..." Ça, ma ville, ça vaut un million ! ... Et émeraudes ? Tes colliers. Tes bracelets ? Tes bagues ? ...Tout ce que tu as, tout ce que je ne t'ai pas assuré une fortune ! ... Regarde-toi donc, couverte de bijoux, crevant d'argent que tu m'as extorqué, volé ! ... Toi, Havké ! ... Mais quand je t'ai prise, tu étais une pauvre, une misérable fille rappelle-toi, rappelle-toi !"
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oiseaulireoiseaulire   06 novembre 2020
Elle commença à marcher, de long en large, silencieusement, dans la galerie déserte. Elle savait bien... Elle avait toujours su... Jamais il n'avait mis un sou de côté pour elle... Tout coulait, tout disparaissait d'une affaire à l'autre... Et maintenant ? "Des milliards sur le papier, oui, mais dans les mains, rien, pas ça..." siffla-t-elle avec rage les dents serrées. Il disait : "De quoi t'inquiètes-tu ? Je suis encore là..." Imbécile ! Est-ce que à soixante-huit il ne fallait pas attendre tous les jours la mort ? Est-ce que le premier devoir n'était pas d'assurer à sa femme une fortune convenable, suffisante ? Ils n'avaient rien. Quand il abandonnerait ses affaires, il ne resterait rien. Les affaires... Quand ce fleuve d'argent vivant ne coulerait plus... "Il restera peut-être un million, songea-t-elle, peut-être deux, en raclant bien..." Elle haussa furieusement les épaules. Un million durait six mois au train où ils vivaient. Six mois...et cet homme, par-dessus le marché, ce mourant inutile sur le dos... "J'ai bien besoin qu'il vive encore quinze ans, vraiment, cria-t-elle tout-à-coup d'une voix haineuse, pour tout le bonheur qu'il m'a donné... Non, non..." Elle le haïssait, brutal, vieux, laid, n'aimant rien d'autre au monde que cet argent, ce sale argent qu'il n'était pas même capable de garder ! Il ne l'avait jamais aimée... S'il la couvrait de bijoux, c'était comme une enseigne vivante, un étalage, et depuis que Joyce grandissait, même cela commençait à aller vers elle... Joyce ? Il l'aimait, elle... Et encore... Parce qu'elle était belle, jeune, brillante. De l'orgueil ! Il n'avait que de l'orgueil et de la vanité au fond du coeur ! Elle-même, pour un diamant, pour une bague nouvelle, toujours des scènes, des cris. "Laisse-moi ! Je n'ai plus rien, tu veux que je crève ?" Et les autres ? Comment faisaient-ils ? Tous ils travaillaient, comme lui ! Ils ne se croyaient pas plus intelligents ni plus forts que le monde entier, mais du moins, quand ils étaient vieux, quand ils mouraient, ils laissaient leur femme à l'abri du besoin !..."Il y a des femmes qui sont heureuses..." Tandis qu'elle... La vérité, c'est qu'il ne s'était jamais soucié d'elle... Jamais il ne l'avait aimée... Autrement il n'aurait pas pu vivre une heure tranquille en sachant qu'elle n'avait rien... que le malheureux argent qu'elle avait mis de côté, elle-même, au prix de combien de patience et d'efforts... "Mais c'est mon argent à moi, à moi, à moi, s'il compte que c'est avec ça que je le ferai vivre !...
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litolfflitolff   19 mai 2010
Il imagina, avec une espère de sombre humour, Gloria, telle qu'il l'avait vue venir tant de fois, vers lui, dans l'allée, se hâtant, le corps balancé sur des talons trop hauts, la main levée e, écran devant son vieux visage peint qui fondait dans la lumière étincelante... Elle dirait 'Hello ! David, comment vont les affaires ?' et 'Comment vas-tu ?' mais seule la première question appellerait une réponse... Plus tard la cohue brillante de de Biarritz envahirait la maison. Ces têtes... Elles lui soulevaient le coeur quand il y pensait... Tous les escrocs, les souteneurs, les vieilles grues de la terre... Et cela boirait, mangerait, se soûlerait toute la nuit à ses frais. Une cour de chiens avides...
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NMTBNMTB   17 février 2019
Il dit brusquement :
– Pourquoi a-t-il fait ça ?
– Je ne sais pas, dit Mme Marcus.
Il pensait tout haut.
– L’argent ? seulement l’argent ? seulement ? ce n’est pas possible. Est-ce qu’il n’a rien dit avant de mourir ?
– Non. Quand on l’a ramené ici, il était déjà sans connaissance. La balle s’était logée dans le poumon.
– Je sais, je sais, interrompit Golder avec un frisson.
– Plus tard, il a voulu parler, mais l’écume et le sang lui emplissaient la bouche comme une bouillie. Seulement, un peu avant la fin... il était presque calme, je lui disais : « Pourquoi, comment as-tu pu me faire une chose pareille ? il a dit quelques paroles. J’ai mal entendu... Seulement, un mot qu’il répétait : « Fatigué... j’étais... fatigué... » Et puis il est mort.
– Fatigué, pensa Golder, qui sentit tout à coup sa vieillesse comme une dure lassitude. Oui.
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Le bal d'Irène Némirovsky. Interview.
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