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ISBN : 2246151341
Éditeur : Grasset (18/04/2002)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.73/5 (sur 371 notes)
Résumé :
Antoinette vient d'avoir quatorze ans ; elle rêve de participer au bal qu'organisent ses parents, les Kampf, pour faire étalage de leur fortune récemment acquise. Mais sa mère, plus pressée de jouir enfin de cette opulence tant attendue que de faire entrer sa fille dans le monde, refuse de convier Antoinette au bal. La vengeance d'Antoinette, aussi terrible qu'inattendue, tombera comme un couperet, révélant le vrai visage de chacun. Roman fulgurant et initiatique su... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
palamede
09 juin 2016
Les Kampf se sont enrichis en 1926, sur un génial coup de bourse de monsieur. Quittant la populaire rue Favart, derrière l'Opéra-Comique, ils ont emménagé dans un grand appartement blanc. Des nouveaux riches donc, qui ne maîtrisent pas toujours les bonnes manières mais veulent intégrer le milieu bourgeois. Pour ce faire, organiser un bal leur semble le moyen idéal. Une réjouissance à laquelle leur fille de quatorze ans souhaite naturellement assister, mais qui, dépitée par le refus et meurtrie par l'animosité incessante maternels, s'offre une vengeance à la hauteur de sa frustration.
L'adolescence et ses tourments sont au centre de ce court roman aux accents autobiographiques. On sait qu'Irène Némirovsky avait une mère distante et méprisante avec laquelle les relations étaient difficiles. Née en Ukraine dans une famille de banquiers juifs, à l'époque où les pogroms sont fréquents, Irène, partagée entre son origine juive et son appartenance à la société russe cultivée, a aussi connu une forme de déclassement. Une vie entre deux mondes comparables à ceux des bourgeois et des affairistes parvenus des « années folles », qu'elle décrit avec férocité et talent dans le Bal.
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rabanne
20 juin 2017
Une courte nouvelle qui se lit vite et bien grâce à la plume de l'auteure, fluide et efficace.
Dès le départ, on a juste envie d'étrangler ce couple de parvenus ! La mère est une matrone, vulgaire et acariâtre, méprisante envers les domestiques et terrorisant sa fille unique de quatorze ans, Antoinette (confondant dressage avec éducation). Les Kampf pensent qu'un bal serait l'occasion idéale d'affirmer leur flamboyante réussite au yeux de leur entourage. Or, tout ne va pas se dérouler comme prévu, loin de là...
Un récit sans complaisance sur la comédie des apparences, avec la rivalité mère-fille en filigrane (jalousie tacite de la mère, ressentiment amer de la fille). La fin forme un judicieux mélange de cruauté et de pathétisme.
C'est bien connu, la vengeance est un plat qui se mange froid !! :-I
(niveau collège : 4e-3e)
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latina
25 juin 2012
Comment être totalement d'accord avec la vengeance d'une jeune fille de 14 ans...
J'ai accroché tout de suite à l'histoire simple, vieille comme le monde, d'une jeune fille en conflit avec sa mère. Mais il faut dire que cette mère se comporte d'une façon odieuse ! C'est vrai qu'à l'époque (fin des années 20) les enfants n'avaient rien à dire jusque très tard, mais ici, on se rend compte que la mère ressent une sorte de dégoût et même de haine envers sa fille. Alors, quand celle-ci se venge, d'une façon non préméditée, donc, excusable, je ris ! Et je suis soulagée ! Qu'est-ce que ça fait du bien !
Bref, comme une gamine, je me suis glissée dans la peau de cette adolescente ... Peut-être, vaguement, ai-je ressenti par la suite, comme la jeune fille, un soupçon de pitié envers la mère, mais celui-ci m'a vite quittée.
J'espère que mes élèves vont en tirer un aussi grand plaisir, car l'année prochaine, je le leur fais lire !
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Gwen21
20 juillet 2017
Cette longue nouvelle aurait tout aussi bien pu être une pièce. Sa trame, divisée en courts chapitres, est d'ailleurs très théâtralisée, un peu à la manière d'un vaudeville mais sur un ton bien plus grave.
La famille Kampf, Albert et Rosine, les parents, Antoinette, presque quinze ans, vit à Paris dans un très luxueux appartement. Nouveaux riches enrichis grâce à un coup de chance à la Bourse, ils se piquent d'aristocratie et décident, par vanité et pour faire étalage de leur train de vie, d'organiser un grand bal... auquel Antoinette, infantilisée par sa mère qui se soucie de ne pas avoir dans les pattes cette grande asperge tout en os, n'est pas autorisée à paraître. Antoinette, frondeuse, travaillée par la puberté, se venge en ne postant pas les invitations. Quand arrive le grand soir, la sonnette de l'appartement reste désespérément muette ; l'horloge sonne l'heure de vérité et les masques tombent.
J'aime à la folie l'écriture d'Irène Némirovsky et chaque nouvelle oeuvre lue me conforte dans ce sentiment. C'est frontal, précis, imagé, sans fioritures, "impactant" pour utiliser un mot à la mode. En soixante pages, l'auteur nous plonge dans un décor qu'on se représente parfaitement, en compagnie de personnages que Maupassant n'aurait pas reniés. D'ailleurs, ce récit de bal manqué est tout à fait dans la veine de notre grand nouvelliste national.
A lire confortablement installé dans un fauteuil d'orchestre.

Challenge 1914-1968 / 2017
Challenge PLUMES FÉMININES 2017
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Syl
21 mai 2012
Antoinette a quatorze ans et se retrouve toujours confinée à la nursery. Elle grandit, vite, elle a des envies, ceux d'une jeune adolescente qui s'éveille, elle a des espérances, des attentes... dont celle de participer au bal que vont donner ses parents.
A peine l'idée est émise par Mme Kampf, qu'un émerveillement s'épanouit dans le coeur d'Antoinette. Un bal... cela sous entend préparatifs, robe longue, coiffure, fleur au corsage, euphorie, peut-être un peu de rose sur les lèvres, une petite coupe de champagne, une danse, deux danses, un cavalier, son début dans le monde, devenir une personne...
Mais à la seconde où Antoinette envisage ce mirage, tout disparaît dans une terrible humiliation. Avec distance et froideur, Mme Kampf renvoie la jeune fille dans son rôle d'enfant. de plus, sa chambre sera réquisitionnée pour servir de vestiaire. Antoinette et Miss Betty, sa gouvernante, devront passer leur soirée dans la lingerie.
Mme Kampf a toujours vu ce bal comme un songe inaccessible. D'origine modeste, secrétaire, elle a épousé un gratte-papier, un petit banquier. Tout un cortège de fantasmes l'a alors accompagné durant sa vie, jusqu'au jour, deux ans plus tôt, où Mr. Kampf gagne une fortune en spéculant à la bourse.
Parée de fierté, dans l'expectative de sa nouvelle existence, Mme Kampf souhaite concrétiser ce conte et vivre pleinement cette seconde destinée, sans valise... famille, mari, fille.
Deux cents invitations sont à envoyées. Une liste qui s'étire et qui s'illustre de titres, baron, comte, marquis, acceptant pour la parade les petits gigolos aux toilettes sophistiquées. Indispensable... il faut aussi quelques membres de la famille qui attesteront auprès des autres de leur réussite... Ce bal sera leur introduction, leur première marche.
Antoinette bouillonne. Rabaissée, reléguée dans un autre monde, presque reniée, elle perçoit l'offense comme un abandon ou une exécution. La tragédie s'infiltre dans ses pores et cherche vengeance. Elle se sent adulte dans son chagrin, elle se sent mûre pour imaginer une sentence et enrayer l'ascension de sa mère. Si elle se tuait, il n'y aurait plus de bal !
Puis... une autre forme de justice, bien moins radicale, s'offre à elle...
J'ai trouvé cette nouvelle très plaisante à lire malgré l'histoire impitoyable et grinçante.
Les tourments qu'endurent mère et fille sont très différents mais soulignent leur profonde solitude et l'ivresse d'être reconnue. Une satyre, une fable, l'épilogue conduit à un ricanement sinistre, sans morale, avec une conscience affûtée et pernicieuse. J'en suis ressortie troublée. Si au début j'ai pu avoir de la compassion pour Antoinette, si j'ai souri à ses transports passionnés et dramatiques, je l'ai trouvé par la suite trop calculatrice et sans bonté. Et la mère ? Mérite-t-elle ce dénouement ?... D'une certaine manière je dirai oui, si elle en tire les conséquences et si elle retrouve ses dignes priorités. Mais je doute ! Cette femme, très antipathique, n'est ni mère ni épouse.
En une centaine de pages, l'auteur a su créer une atmosphère, des personnages, une intrigue et une conclusion, dans une cadence fluide, très active et sans répit pour le lecteur.
Un livre que je recommanderai.
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Citations & extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel15 février 2012
Attendre... et ces mauvais désirs... pourquoi cette envie honteuse, désespérée, qui ronge le coeur en voyant passer deux amoureux au crépuscule, qui s'embrassent en marchant et titubent doucement, comme ivres... Une haine de vieille fille à quatorze ans ? Elle sait bien pourtant qu'elle aura sa part ; mais c'est si long, ça ne viendra jamais, et, en attendant, la vie étroite, humiliée, les leçons, la dure discipline, la mère qui crie... (p. 36-37)
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rabannerabanne20 juin 2017
Elle posa sa tête sur l'oreiller trempé de larmes et ferma les yeux ; une espèce de molle et lâche volupté détendait doucement ses membres las. Elle toucha son corps à travers la chemise, avec des doigts légers, tendrement, respectueusement... Beau corps préparé pour l'amour... Elle murmura :
- Quinze ans, ô Roméo, l'âge de Juliette...
Quand elle aura quinze ans, la saveur du monde sera changée...
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SylSyl21 mai 2012
"Je voudrais mourir, mon Dieu faites que je meure... mon Dieu, ma bonne Sainte Vierge, pourquoi m'avez-vous fait naître parmi eux ? Punissez-les, je vous en supplie... Punissez-les une fois, et puis, je veux bien mourir...
Elle s'arrêta et dit tout à coup, à voix haute :
- Et sans doute, c'est tout des blagues, le bon Dieu, la Vierge, des blagues comme les bons parents des livres et l'âge heureux..."
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SpilettSpilett20 octobre 2010
C'était une longue et plate fillette de quatorze ans, avec la figure pâle de cet âge, si réduite de chair qu'elle apparaît, aux yeux des grandes personnes, comme une tache ronde et claire, sans traits, des paupières baissées, cernées, une petite bouche close... Quatorze ans, les seins qui poussent sous la robe étroite d'écolière, et qui blessent et gênent le corps faible, enfantin... les grands pieds et ces longues flûtes avec des mains rouges au bout, des doigts tachés d'encre, et qui deviendront un jour les plus beaux bras du monde, qui sait ?... une nuque fragile, des cheveux courts, sans couleur, secs et légers...
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LybertaireLybertaire03 mars 2012
Et un jour… pour la première fois, ce jour-là elle avait désiré mourir… au coin d’une rue, pendant une scène, cette phrase emportée, criée si fort que des passants s’étaient retournés : "Tu veux une gifle ? Oui ? " et la brûlure d’un soufflet… En pleine rue… Elle avait onze ans, elle était grande pour son âge… Les passants, les grandes personnes, cela, ce n’était rien… Mais, au même instant, des garçons sortaient de l’école et ils avaient ri en la regardant : "Eh bien, ma vieille…" Oh ! ce ricanement qui la poursuivait tandis qu’elle marchait, la tête baissée, dans la rue noire d’automne… les lumières dansaient à travers ses larmes. "Tu n’as pas fini de pleurnicher ? Oh, quel caractère !... Quand je te corrige, c’est pour ton bien, n’est-ce pas ? Ah ! et puis, ne recommence pas à m’énerver, je te conseille…" Sales gens…
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Videos de Irène Némirovsky (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Irène Némirovsky
Suite française, un film franco-britannico-belge coécrit et réalisé par Saul Dibb, sorti en 2015. Il s'agit de l'adaptation du roman homonyme écrit par Irène Némirovsky en 1942.
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