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Olivier Philipponnat (Préfacier, etc.)
EAN : 9782207259559
176 pages
Éditeur : Denoël (30/04/2010)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Yves Harteloup est un rejeton déclassé de la grande bourgeoisie, meurtri par la guerre. En vacances sur la côte basque, il retrouve les matins radieux de son enfance et s'éprend de Denise, une femme mariée qui appartient à son milieu d'autrefois. Très vite, Denise l'aime et ne vit que pour lui. Mais à mesure que son amant se révèle mélancolique et fuyant, elle accepte, comme un passe-temps, la compagnie d'un autre homme et perd définitivement celui qu'elle aime. >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  16 juillet 2018
1926. Dans un éblouissant été de la côte basque où le soleil abolit toutes les zones d'ombre, Yves, vétéran de la première guerre mondiale, et Denise, jeune mère de famille bourgeoise, riche, gâtée, tombent amoureux. Aveuglés par la lumière radieuse et le sable dans leurs yeux, espièglement lancé par Francette, la petite fille de Denise, ils ne perçoivent aucunement les fossés qui les séparent. de retour à Paris en octobre, les choses se gâtent. Denise attend d'Yves ce qu'il ne peut lui donner, un Amour passionnel type Roméo et Juliette. Yves, souffrant des troubles post-traumatiques de la guerre, attend de Denise ce qu'elle ne peut lui donner : du silence, une main fraîche sur son front fiévreux, de la patience, du repos...Denise vit sa passion à fond, suspendue à la sonnerie du téléphone comme on peut l'être aujourd'hui à son portable, elle attend des signes, des rendez-vous...Et la fête, car nous sommes dans les années folles. Yves, grand bourgeois ruiné par la guerre, ne peut pas suivre. Il est fatigué, il doit travailler, il est dépressif, même. Denise pressent qu'elle ne lui suffit pas, elle qui rêve de façon enfantine à un amour total. Ils ne se comprennent pas.
Irène Némirovski, vingt-trois ans à l'écriture de ce texte très beau et très cruel, fait preuve d'une maturité exceptionnelle. Elle analyse la passion amoureuse comme une pensée profondément égoïste, très loin de l'amour, et la détresse de ses personnages qui en devinent l'existence mais n'ont aucune ressource pour y parvenir. Ce thème est rebattu, maintes fois traité, mais il nous étonne encore ici, avec cet art de la description de paysages qui s'insinue dans le caractère des personnages, créant un monde tangible devant nous, un monde que nous reconnaissons : les amours de vacances au soleil, la rentrée, la grisaille parisienne, la vie médiocre. Tout cela n'a pas pris une ride...Où sont maintenant les livres magnifiques qu'Irène aurait pu écrire dans sa maturité ? Ah l'impardonnable crime et tous ces vides laissés.
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sabine59
  31 juillet 2018
Yves et Denise sur la plage tombent amoureux
Le Pays Basque embrase leur rencontre de feu
Jeune et jolie mère, séduisant célibataire
Une variante de plus d'un banal adultère?
Pas du tout! Pour un premier roman, quel talent!
Belle écriture, fine analyse, oeil acéré,
L'auteure n'envisage pas une bluette d'été:
Denise s'angoisse dans son amour ardent,
Vivant dans une bulle de luxe, d'oisiveté
Mais Yves poilu blessé ne veut qu'apaisement
Ancien riche déclassé souffrant de travailler
Malentendu criant entre les deux amants
Chaque jour, à Paris, la fissure s'étend
...Elle se transformera en un grand trou béant.

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Annette55
  01 juin 2014
Je termine le premier livre de la grande Iréne Némirovsky , publié alors qu'elle était âgée de seulement 23 ans en 1926, "ce Malentendu", que je ne connaissais pas, découvert par hasard.....au vu de la première de couverture, on se dit: est ce une bluette désuète et fanée?
Non, un roman incroyablement lucide, juste et clairvoyant sur un amour impossible entre une femme et un homme....
Yves , un jeune homme déclassé de la grande bourgeoisie, appauvri après la guerre,doit travailler dans un bureau pour survivre....
Denise,belle et jeune, capricieuse et égoïste, mariée à un riche homme d'affaires,
mère d'une petite Francette...ils se rencontrent lors de vacances idylliques dans un hôtel de la côte basque.
Il s'éprend de sa fraîcheur , de sa douceur et de sa beauté ...il obtient tout ce qu'il veut.
L'idylle se termine à la fin des vacances, une amourette facile, légère.....
Au retour à Paris, l'amant a épuisé ses fragiles économies, il reprend sa vie ennuyeuse et tranquille faite de travail , auprès de son chien Pierrot....
Denise attend frustrée et chagrinée , elle le désire pour elle seule, elle n'obtient que des miettes, elle attend un signe,lettre, carte, coup de téléphone....
Je n'en dirai pas plus...
Ce roman, un bijou de littérature, ressemble à du Sagan?, à du Maupassant?
Le plus important c'est l'acuité avec laquelle l'auteur dresse le bilan psychologique et social de la grande guerre,sait manier avec talent la passion et ses tourments à l'aide d'une prose ciselée à la fois légère et incisive, décrit la passion avec réalisme , tout en subtilité,narre l'égoïsme monstrueux, la futilité, la vanité dérisoire, les caprices de la Haute Société.....
Ce texte recèle une maturité émotionnelle et littéraire étonnante!
Comment, à 23 ans, pouvait -elle imaginer, à la seule force d'une intuition rare à quoi pouvait ressembler cette histoire d'adultère?
Comment pouvait- elle analyser avec autant de finesse, d'intelligence et d'acuité les dangers qui guettent les amants?
Ce premier texte annonce , préfigure, l'immense talent de l'écrivain à décrypter les sentiments et la psychologie de ses personnages.
Mais ce n'est que mon avis..

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Ziliz
  12 juin 2012
1926, de la Côte Basque à Paris... Yves Harteloup est un "rejeton déclassé de la grande bourgeoisie". Depuis son retour du front, il travaille comme modeste employé pour gagner sa vie, sa famille ayant tout perdu. Lors de vacances oisives et langoureuses à Hendaye, il tombe amoureux sur la plage d'une jolie maman, Denise. Elle s'avère être l'épouse d'un homme fortuné qu'Yves a côtoyé pendant la guerre. La jeune femme succombe malgré tout à ce nouveau joujou...

Désir + tendresse = amour ? Voilà l'équation autour de laquelle tourne la jeune femme en souffrant mille tourments de s'estimer mal aimée, ou pas assez, par son amant. L'auteur excelle à disséquer le hiatus entre les contingences d'un homme et les exigences de sa maîtresse. Irène Némirovsky restitue parfaitement les sentiments masculins et féminins à l'oeuvre dans cette relation adultère, entre un employé dont les ressources financières sont limitées et une femme riche, désoeuvrée, capricieuse et égoïste.

On rencontre souvent chez cette auteur un brin d'antisémitisme - que je me garderai bien de juger eu égard à sa vie - et une certaine condescendance pour les 'petites gens', ce roman ne fait pas exception. de même, on croise à nouveau une mère presque quinquagénaire aussi séduisante que sa fille, voire plus ; mais cette fois, loin de se poser en rivale, elle est douce, aimante et compréhensive.

Il s'agit du troisième livre que je lis de cette auteur. Mon émerveillement ne s'émousse pas en redécouvrant à chaque fois cette sensibilité, cette acuité, cette plume délicieuse, qui me rappellent à la fois certains ouvrages de Françoise Sagan (le côté people parisien en moins, ici) et surtout l'oeuvre De Maupassant.

Un régal de lecture.
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Murasaki
  23 juin 2020
Au début j'ai été un peu agacée par l'histoire banale d'une jeune bourgeoise parisienne qui trompe son mari avec un jeune homme rencontré au Pays Basque sur la plage. (Harlequin sort de ce bouquin). J'ai trouvé l'écriture un peu chargée en adjectifs et énumérations, un peu trop lyrique et fiévreuse. Vieille France en somme. Mais c'est quand même une belle écriture que celle de cette demoiselle de vingt-trois ans ; son regard sur la société bourgeoise de l'époque est tout autre que celui d'un Harlequin, et plus mature que son âge ne le laisserait supposer. Je lui reprocherai tout de même quelques phrases un peu trop longues et parfaites dans la bouche d'une fillette de deux ans et demi. En revanche, elle a bien observé les jeunes adultes de son age : elle décrit à merveille l'agitation des coeurs transis d'amour, les situations gênantes quand on fréquente des gens d'un milieu plus aisé que soi, et d'autres tourments encore plus terre à terre. le roman est bien ancré dans son époque, on se croirait dans un film en noir et blanc des années trente, avec des acteurs prononçant parfaitement les accents circonflexes dans des dialogues remplis de verbes conjugués sans faute à l'interrogatif : "viens-tu ?" "m'aimes-tu ?" etc... pas un seul "est-ce que ?" ou pire : "tu viens ?" qui traînes dans les lignes de ce roman d'amour bourgeois. Un petit côté suranné qui a du charme. Ce qui a moins de charme c'est la mentalité raciste de l'époque qui se manifeste dans des termes dégradants comme "moricaud" ou "nègre" . Les années folles n'étaient pas si sympa que ça, du moins pas pour tout le monde. J'ai remarqué aussi la présence de personnages stéréotypés qui semblent faire partie de tous les romans français "à l'ancienne" : les anglais moches et ridicules. Pauvres anglais, ils trouvent rarement grâce aux yeux des écrivains français qui les dépeignent toujours de la même façon moqueuse, et parfaitement injuste. Il y a des anglais très mignons et charmants, mais on les trouve rarement dans les romans français. Pour conclure, je dirai que j'ai fait un petit voyage dans le temps assez intéressant qui m'a fait parfois grincer des dents, mais ça valait le déplacement.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
marcelpoismarcelpois   06 janvier 2015
Elle se pencha vers lui, le prit par les épaules.
- Yves, est-ce que vous m’aimez ? demanda-t-elle, et sa voix ne ressemblait pas à celle d’une amoureuse qui murmure : « Tu m’aimes ? », comme une affirmation, divinement sûre d’avance de la réponse ; elle était pleine d’anxiété et de souffrance, au contraire. Tout de même, elle espérait. Il ne répondait rien. Il dit enfin :
- A quoi bon les mots, Denise ? les mots ne signifient rien.
- Dites-le moi quand même, je vous en prie… Je veux le savoir.
- C’est que, justement, je me demande si je peux aimer, aimer comme je voudrais, soupira-t-il. Et, cependant, Denise, je sens que vous m’êtes infiniment chère. Le désir que j’ai de vous est mêlé à une immense tendresse…
- Mais, c’est cela, l’amour, balbutia-t-elle, comme une imploration, le cœur serré, les yeux attachés sur lui.
Il répondit simplement :
- Si vous jugez que c’est l’amour, je vous aime, Denise.
Elle sentit, pour la première fois, une sorte de barrière entre leurs deux cœurs, comme une petite frontière mal définie, mais infranchissable. Mais elle ne dit rien ; elle préféra fermer les yeux, s’oublier, ne pas voir, ne pas être sûre, mais ne pas le perdre, surtout ne pas le perdre. Et, furtivement, tandis qu’il l’embrassait, elle essuya de la main deux grosses larmes qui débordaient de son cœur trop lourd.
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sabine59sabine59   31 juillet 2018

Il redécouvrait, avec une émotion profondément douce, des lignes, des nuances, le contour des montagnes, la surface miroitante du golfe,la chevelure vivante et légère des tamaris. Et quand il eut perçu de nouveau, dans l'air , ce parfum de cannelle et d'orangers en fleur qu'y apporte le vent d'Andalousie, il fut tout à fait réconcilié avec l'oeuvre du temps, et l'ancienne allégresse lui dilata le coeur.
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ZilizZiliz   11 juin 2012
Sa présence seule lui était indispensable pour le moment ; sa longue chasteté, au lieu de lui peser, lui était précieuse comme une enfance retrouvée ; son désir d'elle lui causait une de ces souffrances exquises que l'on se plaît à faire durer, comme, au coeur de l'été, quand on a soif, on s'amuse à tenir longtemps sous ses lèvres, sans le boire, le verre d'eau glacé, embué de petites perles fraîches. Il avait assez vécu et senti pour reconnaître la valeur de son émoi ; il le cultivait égoïstement, jalousement, comme une fleur rare. (p.60)
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ZilizZiliz   11 juin 2012
(...) c'était une torture quotidienne que cette attente près du téléphone, un lent supplice raffiné qu'elle ne pouvait pas expliquer, qu'il aurait dû, pourtant, comprendre. Et cette incompréhension, c'était justement une des preuves les plus terribles qu'elle manquait entre eux, l'étrange fibre sensible qui relie deux êtres, les noue en un seul, les fait mystérieusement jouir des mêmes joies et saigner des mêmes souffrances ; oui, il manquait quelque chose entre eux d'insaisissable, d'inexprimable, tout simplement, peut-être, ce qu'on nomme l'amour réciproque. (p95)
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lauravanelcoyttelauravanelcoytte   27 juin 2010
Extrait
"L'amour qui naît de la peur de la solitude est triste et fort comme la mort. Son désir d'Yves, de sa présence, de ses paroles, devenait pareil à une morne folie. Quand elle était loin de lui, elle se torturait l'esprit à imaginer ce qu'il faisait, où il était, avec qui ? Quand elle reposait dans ses bras, l'angoisse du lendemain était si forte qu'elle pénétrait peu à peu sa joie comme un lent poison. Sur son coeur, sous la chaleur de ses caresses, elle avait toujours présente à la mémoire l'heure qui s'écoulait (la dernière peut-être ?) si vite, si vite... Il lui arrivait, quand sept heures sonnaient, de se cramponner à lui, comme si elle se noyait, si pâle et si tremblante qu'il prenait peur. Et quand elle s'expliquait tant bien que mal, il lui caressait le front, comme à une enfant malade, et soupirait : "Petite, petite..." Mais il ne comprenait pas ce besoin féminin de sécurité, ce frénétique désir de sa présence et cette espèce d'épouvante de le perdre, comme si, sauf lui, plus rien au monde n'eût existé. Mais même ces minutes de souffrance âpre et savoureuse étaient rares. Le plus souvent, leur liaison, comme celle des trois quarts des couples illégitimes à Paris, se bornait à de brèves rencontres entre six et sept heures, à la sortie du bureau d'Yves, à des propos insignifiants, à quelques caresses inachevées... Le samedi, une après-midi de gestes amoureux, de silences, le masque absorbé, méchant de l'homme qui prend sa maîtresse, comme on boit du vin, pour soi... Si peu de chose, si peu..."


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Le Malentendu, p. 115
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