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ISBN : 2253121312
Éditeur : Le Livre de Poche (31/10/2007)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qui peut attirer la belle et sage Thérèse vers Bernard, ce rebelle un peu voyou, qui s’engage à dix-huit ans dès que la guerre éclate ? A son retour, en 1918, avide de vivre cette jeunesse qui lui a échappé, il prend goût à l’argent facile. De cette passion ne peuvent naître que déceptions et souffrances.

Mais ils s’aiment et, lorsque Bernard, prisonnier pendant la Seconde Guerre, est libéré, Thérèse est là, qui l’attend.

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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
29 mars 2017
Quel roman, quelle émotion !
Irène Némirovsky met décidément dans chacune de ses phrases une telle puissance et en même temps une telle pudeur qu'elle crée une alchimie envoûtante. Après "Jézabel", premier coup de coeur, en voici un second.
De 1914 à 1941, "Les feux de l'automne" retrace la chronique de la famille Jacquemain. Dans un Paris tour à tour charmeur et misérable, aux évocations soignées et vivantes, les membres de cette famille pareille à tant d'autres connaissent successivement les deux guerres mondiales et surtout, la période trouble de l'entre-deux-guerres, ces années folles parfaitement retranscrites par l'auteur.
Avec sa sensibilité de femme toute en lucidité et en poésie et une compréhension fine des enjeux politiques et économiques de son temps, Irène Némirosvky nous offre ici un roman poignant qu'on ne peut plus lâcher une fois commencé. Ses personnages sont tous très approfondis, jamais caricaturaux, profondément humains et exigeants. Ils m'ont séduite et j'ai eu du chagrin à les quitter.
Quand on replace ce roman - publié à titre posthume - dans son contexte (il a été écrit en 1941 et 1942), quand on sait que l'auteur sera arrêtée et déportée à Auschwitz quelques mois seulement après l'avoir écrit, quand on se souvient que cette femme courageuse a intimement connu les événements qu'elle narre, ses descriptions, notamment celles du conflit qui lui coûtera la vie ainsi que celle de son mari, prennent un relief extraordinaire, quasi documentaire, et véhiculent une émotion troublante. Impossible en effet de ne pas tracer de parallèle entre les derniers chapitres qui relatent la fuite de Thérèse Jacquemain et de ses deux filles à la campagne, à deux cent kilomètres de la capitale, et la réalité autobiographique quand on sait qu'Irène, son mari et leurs deux fillettes s'étaient eux aussi réfugiés dans un village du Morvan avant leur arrestation en 1942. Et qu'Irène ait trouvé la force d'écrire dans ces circonstances, décrivant notamment les conditions de vie dans un camp de prisonnier sans se douter qu'elle-même les vivrait quelques semaines plus tard...
Je vous conseille vraiment chaleureusement la lecture des "Feux de l'automne", un roman superbe et marquant.

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MissG
24 juillet 2015
1914, Martial vient de finir ses études de médecine et de se fiancer avec la douce et sage Thérèse qu'il connait depuis l'enfance.
Pour lui, sa vie est désormais toute tracée, il vient de reprendre le cabinet d'un médecin parti à la retraite, il va se marier, fonder une famille, soigner les gens et ainsi ira la vie : "Sa vie est faite d'avance, tracée jusqu'à la réussite, jusqu'à la vieillesse, jusqu'à la mort. Car, naturellement, il y a la mort. Elle a sa place dans les calculs domestiques. Mais ce n'est pas une bête sauvage, tapie, à l'affût, prête à bondir. On est en 1914, que diable ! le siècle de la science, du progrès. La mort elle-même se fait petite devant ses lumières.".
Sauf que l'on est en 1914, que la guerre va éclater au beau milieu de l'été, qu'elle va prendre Martial le médecin, le chirurgien, le courageux, qu'il n'en reviendra pas et qu'il n'aura connu qu'une nuit d'amour avec sa toute jeune épousée avant de repartir au front.
Thérèse prend le noir, et la guerre prend aussi le jeune Bernard, un proche de la famille de Thérèse et de Martial, exalté, engagé volontaire, persuadé que la guerre ne durera pas.
Elle dure cette guerre, mais elle se finit, et contrairement à Martial, Bernanrd en revient, changé à jamais : "Moralement, il avait été atteint d'une blessure que rien désormais ne pourrait guérir, qui irait s'élargissant chaque jour de sa vie : c'était une sorte de lassitude, de brisure, un manque de foi, la fatigue et un furieux appétit de vivre.".
Bernard flambe la vie, Thérèse n'a d'yeux que pour lui, ils se marient mais Thérèse est condamnée à souffrir avec un homme tel que Bernard, un profiteur de la vie attiré par l'argent et qui tel un papillon va trop s'approcher de la lumière et s'y brûler les ailes.
Et puis une nouvelle guerre arrive.
La quatrième de couverture ne rend pas justice à ce roman en alléchant le lecteur sur une partie uniquement de l'intrigue.
Donc il faut se contenter d'admirer la très belle couverture et ne surtout pas le retourner, et commencer la lecture.
Outre l'auteur, c'est le titre qui m'a attirée vers ce roman.
J'étais intriguée, je me demandais bien quels pouvaient bien être ces feux de l'automne, et j'ai eu envie de découvrir ce qui poussait la sage Thérèse vers Bernard le rebelle.
Le résumer ne serait pas évident, il faut lire ce roman pour bien le comprendre.
Lire cette oeuvre qui commence par la Première Guerre Mondiale et se finit par le début de la Seconde et qui entre-temps ellipse quelques années en n'en retenant que les plus marquantes de l'entre-deux-guerres : les années Folles au sortir de la guerre et la liesse des années 30 avec le Front Populaire.
Et c'est avec sa justesse coutumière et sans langue de bois qu'Irène Némirovsky croque le portrait de ces deux personnes aussi différentes l'une de l'autre qui ont pourtant uni leur destin, pour le meilleur et pour le pire.
Thérèse, c'est la bourgeoise conventionnelle, celle qui respecte les valeurs de la famille, les traditions, la religion, cette bourgeoisie qui demeure fidèle à elle-même et qui n'évolue pas, alors que le monde extérieur lui bouge et est en pleine mutation.
Bernard, c'est celui qui a été détruit par la guerre, qui y a sacrifié sa jeunesse et perdu ses illusions, ses plus belles années, et qui ne cherche plus qu'à profiter de la vie, comme s'il cherchait à rattraper ses quatre années passées dans la crasse et le sang des tranchées, comme s'il avait une revanche à prendre sur la vie, sur le monde, sur ces personnes restées à l'arrière et qui n'ont rien connu d'autres de la guerre que les suppositions qu'elles en faisaient.
Alors il flambe, il découche, il prend une maîtresse, il envoie valser les bonnes manières et les conventions de la bourgeoisie, il s'illusionne, il se perd, cruelle vie que la sienne.
Thérèse et Bernard, se sont deux épis de blé dans un même champ qui auront besoin de connaître les feux de l'automne, ces feux déclenchés volontairement pour purifier la terre aux prochaines récoltes, pour pouvoir se redécouvrir l'un et l'autre et enfin profiter de la vie en regardant ensemble dans la même direction.
Et il fallait tout le talent d'Irène Némirovsky pour parvenir à saisir au vol le juste, dans ce roman publié six ans après sa disparition et écrit durant sa vie en Bourgogne.
"Les feux de l'automne" est un magnifique roman incisif sur l'entre-deux-guerres signé de la plume parfaite d'Irène Némirovsky, une auteur qui décidément ne me déçoit jamais et me séduit assurément.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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andreepierrette
09 avril 2015
Je viens de terminer la lecture de ce beau roman qui m'a beaucoup plu. D'une écriture,simple, élégante très visuelle, j'ai pris de d'intérêt à suivre la vie de Thérèse, jeune fille de la petite bourgeoisie parisienne, juste avant la déclaration de la guerre 14-18.
A peine mariée, la voilà veuve d'un mari affectueux et regretté.
Cependant la vie doit continuer; entourée de parents âgés qui lui conseillent de reprendre goût à la vie, elle tombe amoureuse d'un camarade d'enfance, le beau Bernard.
Celui-ci engagé volontaire en 1914 a donné 4 ans de sa vie à la France. Après les souffrances que l'on sait, dans cette période effroyable des tranchées, il est bien décidé à vivre et à rattraper le temps perdu de sa jeunesse par tous les moyens,. Il entre en relations avec un ancien camarade de jeunesse, dans un cercle d'hommes d'affaires trafiquants en tous genres. Engagé dans une vie tourbillonnante : luxe, voyages, femmes légères,argent vite gagné, vite perdu mais avec remords parfois..
Thérèse qu'il revoit de temps à autres espère de lui un amour qu'il semble mettre en réserve,. Sa nouvelle vie de luxe lui semble parfois indigne et superficielle.
La seconde guerre s'annonce, Thérèse est toujours là mais Bernard est de nouveau appelé sous les drapeaux.
Cette seconde partie du roman donne un portrait historique de cette époque et de la drôle de guerre.
Ce roman, très finement écrit, pose des sujets de réflexion, offre le portrait de personnages très vivants; un vrai plaisir de lecture qui réserve des surprises d'intrigues jusqu'à la dernière page.
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ChezLo
17 mai 2011
Thérèse est une jeune fille sage, qui, dans le Paris de la petite bourgeoisie des années 1910, se marie à son cousin Martial, jeune homme amoureux, sensible, et futur médecin. Mais dès le lendemain, l'heure de la guerre a sonné, les jeunes mariés n'ont pas le temps de s'installer que Martial est appelé dans les tranchées, d'où il ne reviendra jamais... Veuve inconsolable, Thérèse poursuit sa vie de femme seule, avant de prendre conscience du gâchis que la guerre a fait de sa vie. N'a-t-elle pas droit au bonheur elle aussi ? Alors que l'entre-deux-guerres voit les hommes faire avidement fortune et les femmes s'amuser follement, Thérèse est attirée par Bernard, ce jeune engagé, homme cynique et volage, qui a pris goût à l'argent facile. Et si un second mariage devait suivre, Bernard l'aimera-t-il ? Comment croire que ses déceptions ne seront pas immenses ?

Irène Némirovsky nous plonge rapidement dans son époque, romançant ainsi l'histoire de Thérèse et de son entourage familial depuis la guerre de 14 à celle de 39-45. Autant dans les faits, qui nous font revivre nos cours d'histoire, que dans la forme, par ce style classique d'avant, dont on peut être nostalgique parfois, tout contribue à créer cette ambiance du passé. Ensuite, il ressort de cettre fresque romanesque une critique acerbe de la bourgeoisie de l'époque : des gens hypocrites, protocolaires, égoïstes, matérialistes. Leurs choix de vie doivent se faire en considérant les intérêts potentiels. Et la condition des femmes comme Thérèse, elle n'est pas bien glorieuse. Contrairement à celles qui ont peu de scrupules, Thérèse subit, elle subit l'absence puis la perte de Martial son premier mari, elle subit le veuvage qui inquiète les autres, elle subit les frasques de Bernard, ses adultères répétés, elle élève leurs enfants, bien seule, elle subit la mort de son fils, elle attend des années sa libération alors qu'il est fait prisonnier pendant la Seconde Guerre Mondiale, prête à tout lui pardonner. Plus elle s'évertue à être irréprochable, plus le mauvais sort semble s'abattre sur elle. Irène Némirovsky en ferait presque un contre-exemple à ne pas suivre, une vie maladroitement gâchée.
[la suite sur le blog]
Lien : http://chezlorraine.blogspot..
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maryjane
15 novembre 2016
Une petite histoire poignante qui fait comprendre la grande histoire : les deux guerres mondiales, l'entre-deux guerres. Impression de plonger dans le monde de mes grands-parents contemporains de la 1ère guerre dont les récits ont bercé mon enfance à tel point qu'ils m'ont laissé une impression de "déjà vécu" ravivés par Irène Nemirovsky dont l'écriture est incomparable.
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen2127 mars 2017
Obtention des diplômes ! Moment béni où le Français peut se dire : "J’ai bien semé. Je récolterai maintenant." Et, en esprit, il ordonne l’avenir. Il assigne à chaque événement sa date précise dans la suite des années : "Je m’installerai en octobre. Je me marierai. J’aurai un fils. La seconde année, je pourrai aller à la mer…" Sa vie est faite d’avance, tracée jusqu’à la réussite, jusqu’à la vieillesse, jusqu’à la mort. Car, naturellement, il y a la mort. Elle a sa place dans les calculs domestiques. Mais ce n’est pas une bête sauvage, tapie, à l’affût, prête à bondir. On est en 1914, que diable ! Le siècle de la science, du progrès. La mort elle-même se fait petite devant ces lumières. Elle attendra sur le paillasson le moment convenable, le moment où, ayant accompli sa destinée, vécu une longue existence bien remplie, fait des enfants et acheté une petite maison à la campagne, le docteur Brun, à cheveux blancs, s’endormira dans la paix.
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Gwen21Gwen2103 avril 2017
Le petit groupe formé par Bernard et ses dix hommes suivait également la route de Paris. Certains disaient qu’on allait livrer bataille sur la Seine.
"Quelle bataille ? songeait Bernard : elle a été livrée et perdue. Et ça ne date pas d’hier, ni, comme les gens le croient, de l’entrée des Allemands en Belgique. La bataille de France est perdue depuis vingt ans. Quand on est rentré de la guerre en 1919 et qu’on a voulu se donner du bon temps pour oublier quatre années perdues dans les tranchées, quand on a été corrompu par l’argent facile, quand toute une classe a pensé et dit : "Moi, après tout, je m’en fous, pourvu que je fasse mon beurre…" Je l’ai pensé. Je l’ai dit, je l’ai cru, comme les autres. Moi, moi, moi… Ah, les pauvres innocents qui se demandent pourquoi nous en sommes là… Mais c’est parce que l’un s’est dit : "Ah, tant pis, moi d’abord…" et l’autre : "Tout ça, c’est très gentil, mais moi…" et le troisième : "Il s’agit de sauver sa peau." Tous, nous avons voulu sauver notre peau, notre vie. Tous ! Et nous l’avons perdue…"
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Gwen21Gwen2123 mars 2017
Il y avait un énorme pain d’or, du vin et le plat de résistance – une blanquette de veau admirable, chaque tendre morceau blotti pudiquement sous la sauce crémeuse, les jeunes champignons parfumés et les pommes de terre blondes. Pas de hors-d’oeuvre, rien pour amuser la gueule : la nourriture est une chose sérieuse. Chez les Brun, on attaquait dès le début du repas la pièce principale ; on ne dédaignait pas les rôtis dont l’exécution, par ses règles simples et sévères, s’apparente à l’art classique, mais la ménagère donnait tous ses soins et tout son amour à la confection de quelque savant mijotage [...].
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Gwen21Gwen2128 mars 2017
- Les hommes, pardi ! s’exclamait Mme Humbert : il suffit qu’ils soient loin de nous pour qu’ils se sentent heureux ! Ne dites pas le contraire, messieurs, j’en connais pour qui la guerre, ce sont des vacances.
- Si on laissait faire les femmes, dit Mme Jacquelain, il n’y aurait plus de guerres…
- Mais celle-ci est la dernière. Vous savez bien que ce n’est pas une guerre comme les autres. C’est une guerre pour la paix. C’est admirable, ça ne s’est jamais vu.
- D’abord, nous sommes sûrs d’être vainqueurs.
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Gwen21Gwen2128 mars 2017
"J’étais un bon petit gars, se dit-il : je gobais tout. Maintenant… La guerre m’a pris trop jeune. C’est une drôle de chose, la guerre. Ceux qui la commencent et ceux qui la finissent, ça fait deux. On envoie d’abord des hommes faits, qui savent ce qu’ils veulent, dont le caractère ne changera pas ; on les tue et, alors, on prend des enfants, et ceux-là, on est tout étonné qu’ils ne reviennent pas tels qu’ils ont été. En tous les cas, je sais que moi, je ne marcherai plus pour rien, ni pour personne. Cette Renée… J’aurais pu l’aimer. Mais toutes ces femmes se fichent bien de l’amour. Ce qu’il leur faut…"
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