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EAN : 9782246223023
149 pages
Éditeur : Grasset (31/03/2006)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses maîtres, les Karine, qu'elle a vus naître et grandir. Lorsque la révolution russe les chasse de leur domaine, elle les suit jusqu'à Odessa d'abord, puis jusqu'à Paris, dans ce petit appartement du quartier des Ternes, où les exilés tournent en rond comme les mouches d'automne... Avec un art consommé de la touche infime, de la progression insensible, qui évoque l'influence de Tchekhov, Irène Némirovsky peint les désarr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  29 septembre 2016
Les mouches d'automne évoquent les membres de la famille Karine, nobles Russes exilés après la Révolution bolchevique de 1917. Les barines (les fils de la famille) sont partis à la guerre, les plus jeunes enfants ont suivi leurs parents dans leur fuite vers Odessa, Marseille et enfin Paris. Comme des milliers d'autres en cette époque troublée et violente, les privilégiés d'hier sont devenus les mendiants de demain, incertains à assurer leurs ressources, hésitant encore à basculer dans un monde qui n'est pas le leur, celui de l'après-guerre, des "années Folles", un monde sans tsar, sans domaine familial et sans large domesticité.
A travers les yeux de Tatiana Ivanovna, la vieille servante, la plus fidèle des nounous qui a vu naître trois générations de Karine, le lecteur découvre de façon poignante le bouleversement de cette poignée d'existences.
Comme pour "Jézabel", j'ai adoré le style de l'auteur qui se lit très facilement, coule de source et témoigne d'une très belle sensibilité. J'ai seulement regretté la fin trop abrupte et le format du roman, pareil à une longue nouvelle. Avec une telle trame, comment ne pas désirer davantage de développements et une connaissance plus intime des personnages ?

Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge ABC 2016 - 2017
Challenge PETITS PLAISIRS 2016
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Biblioroz
  01 janvier 2021
Le temps passe tellement vite, si bien que tout semble être arrivé hier. Et pourtant, quelques signes de lassitude ne trompent pas Tatiana Ivanovna. Cinquante et un ans qu'elle élève, de génération en génération, les enfants de la famille Karine. Une riche famille de propriétaires russes qui occupent une grande et belle demeure blottie dans un vaste parc.
Le temps file, emporté par les enfants qui ont grandi trop vite et, en ce soir de Noël, c'est le traîneau qui attend les deux garçons pour les mener vers la guerre, cette guerre civile de la révolution russe.
Tatiana Ivanovna, née au Nord de la Russie, aime la neige épaisse, les nuits glacées et le sifflement du vent. La tête recouverte de son châle, elle trace le signe de la croix sur le départ des enfants et pour elle « Tout est dans les mains de Dieu. »
Ce très court roman est celui de l'exil de ces Russes face à la violence des Rouges, de l'incompréhension et de la stupidité des évènements de cette période, de la richesse disparue et du « chez nous » qui ne reviendra plus. La fuite se fera jusqu'à Paris où les Karine et Tatiana Ivanovna, « traînant leurs ailes mortes » comme les mouches d'automne, porteront avec nostalgie et tristesse les souvenirs de leurs belles années.
En quelques chapitres, d'une concision surprenante, Irène Némirovsky réussit à retracer les grandes lignes de cette famille russe en s'attachant à quelques faits qui résument parfaitement leur triste devenir d'exilés. Mais c'est en suivant la lassitude grandissante chez Tatiana, son repli dans l'attente désespérée de la première neige que l'émotion nous étreint. Une émotion qui s'accentue avec la sensibilité et la beauté de la plume de l'auteure.
Cette petite oeuvre est dramatique. D'une grande part d'Histoire de la Russie, elle nous offre une toute petite page bouleversante, attachée à cette nourrice dévouée.
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Zazaboum
  09 janvier 2021
Ce court roman peut être considéré comme une biographie des Russes Blancs exilés lors de la révolution de 1917.
Il débute avec la Première Guerre mondiale quand les fils de la famille endossent l'uniforme et partent se battre. L'histoire est racontée autour de Tatiana Ivanovna, la vieille nounou qui a vu grandir des générations d'enfants de la famille Karine en plus de cinquante ans de présence dans la maison.
Nous les suivons dans leur exil en France. Ils souffrent de la pauvreté mais surtout de la violence que fut cet abandon de leur vie qui durait depuis des générations. La vieille Nianiouchka continue son train-train mais ne comprend pas, ne veut pas voir et ne s'adapte pas !
Une chape de plomb est posée sur cette famille et son histoire depuis le début, comme si tout était inéluctable, voulu par Dieu, sans qu'ils puissent intervenir. La prose d'Irène Némirovski est claire et pure comme un ruisseau de montagne malgré l'atavisme qui ressort dans toutes pages. Il n'y a pas de critiques ni de condamnation juste une constatation décrite sans enluminure.
Challenge MULTI-DEFIS 2021
Challenge PLUME FEMININE 2021
Challenge RIQUIQUI 2021
Challenge SOLIDAIRE 2021
Challenge ATOUT PRIX 2021
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Neneve
  16 mars 2018
Dans Les mouches d'automne, nous suivons la destinée de la famille Karine, à travers les yeux de Tatiana, la vieille servante qui a vu grandir 3 générations, comme un témoin de leur mémoire. le récit se campe dans les années qui suivent l'exil obligé de nombreuses familles, après la Révolution bolchevique de 1917. Mais c'est surtout le déclin de ses riches bourgeois, venus en France pour fuir, qui transcende le roman. L'argent s'envole, en même temps que tous leurs biens qu'ils sont obligés de vendre pour se nourrir, les menant à vivre dans des conditions plus que précaires.
Dans ce très court roman, presque une nouvelle, le style Némirovsky demeure. Une plume intelligente, posée, émouvante, presque poétique. Les lignes se lisent très facilement, malgré la dureté du propos. C'est aérée, mais sombre... le personnage de Tatiana est émouvant. Cette vieille dame qui refuse le changement, ce nouveau décor et qui rêve de retrouver ses plaines gelées, préférant quitter que de vivre tous ces bouleversements, malgré et contre elle. Une oeuvre à lire pour qui a envie d'en savoir un peu plus sur cette période...
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PiertyM
  29 juin 2020
A travers le regard de Tatiana Inavnovna, une vieille servante, l'auteure nous relate la vie de la famille Kabine, une famille que Tatiana sert depuis 51 ans, elle parle de leur chute au moment de la révolution avec un calme inouï qui marque l'ère nouvelle, un changement des temps où des domestiques, des paysans deviennent des maîtres alors que les bourgeois sont obligés de s'exiler...O revolution! ! Deux amis d'enfance passent sous les armes leur amitié parce qu'ils n'appartiennent pas à la même souche sociale...
Irène Némirovsky aborde cette vaste question de la révolution russe en se servant d'un personnage non bourgeois afin de faire vivre la peine de cette classe déchue. L'étau se resserre autour de Tatiana Ivanovna. Elle suivra ses maîtres dans leur fuite à Odessa, ensuite à Paris. A chaque pas, c'est en elle que la révolution semble faire plus d'effets. Elle reporte tous ses souvenirs d'autan surtout de sa loyauté envers la nature. Les autres eux ils veulent s'en éloigner.... mais Tatiana attend la neige... en vain elle ne tombe toujours pas... elle attend... c'est avec la neige qu'elle pourra situer ses souvenirs... puis elle semble l'apercevoir la neige...
Un court roman très touchant! La plume de Irène Némirovsky, très concise, est d'une délicatesse exquise!!!

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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   31 décembre 2020
Quelque temps encore, Tatiana Ivanovna écouta le bruit de grelots qui s'éloignait. "Ils vont vite", songeait-elle. Elle demeurait debout au milieu de l'allée, serrant des deux mains son châle sur son visage. La neige, sèche et légère, entrait dans les yeux comme une poudre ; la lune s'était levée, et les traces du traîneau, profondément creusées dans le sol gelé, étincelaient d'un feu bleu. Le vent tourna, et, aussitôt, la neige commença à tomber avec force. Le faible tintement des clochettes avait cessé ; les sapins chargés de glace craquaient dans le silence avec le sourd gémissement d'un effort humain.
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Gwen21Gwen21   04 octobre 2016
Quand elle revint il paraissait calmé ; il tournait machinalement la poignée du poêle, d’où le plâtre coulait avec un bruit léger de sable. "Regarde, Tatiana, combien de fois t’ai-je dit de faire coller ces trous… Regarde, regarde, fit-il en montrant une blatte qui courait sur le plancher : elles sortent de là. Est-ce que tu crois que c’est sain pour une chambre d’enfants ? – Vous savez bien que c’est signe de prospérité dans une maison, dit Tatiana Ivanovna en haussant les épaules : Dieu merci, il y en a toujours eu ici, et vous y avez été élevé et d’autres avant vous."
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Gwen21Gwen21   30 septembre 2016
Dès le matin on fermait les volets et les croisées, et dans ces quatre petites chambres obscures, les Karine vivaient jusqu’au soir, sans sortir, étonnés par les bruits de Paris, respirant avec malaise les relents des éviers, des cuisines qui montaient de la cour. Ils allaient, venaient, d’un mur à un autre, silencieusement, comme les mouches d’automne, quand la chaleur, la lumière et l’été ont passé, volent péniblement, lasses et irritées, aux vitres, traînant leurs ailes mortes.
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Gwen21Gwen21   29 septembre 2016
Loulou valsait aux bras de son petit cousin, Tchernichef, un lycéen de quinze ans. Elle-même avait eu seize ans la veille. Elle était ravissante, avec ses joues rouges, enflammées par la danse, et ses tresses noires, épaisses, roulées autour de sa petite tête, comme une sombre couronne.
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Gwen21Gwen21   30 septembre 2016
La mort. Il ne la craignait pas. Mais s’en aller dans ce tumulte de révolution, oublié de tous, abandonné… Stupide, tout cela… Enfin, il n’était pas mort encore… qui sait ? Il échapperait peut-être.
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