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Julio Cortázar (Préfacier, etc.)Guy Suarès (Traducteur)
EAN : 9782070318834
222 pages
Gallimard (18/04/1972)
3.9/5   49 notes
Résumé :
Recueil de poèmes écrits pendant les différentes charges consulaires de Neruda, dont celle de Madrid à la veille de la guerre civile espagnole (1935), cet ouvrage au ton ésotériques et aux métaphores surréalistes marque un tournant dans son écriture.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Cette oeuvre de Pablo Neruda a été écrite dans un environnement particulier de crise mondiale, de post révolutions (Mexique, Russie…) et d'après première guerre mondiale, mais aussi dans un contexte de développement formidable au Chili de l'avant-garde intellectuelle et de volonté de rénovation de la poésie chilienne.
Avec Résidence sur la terre, la poésie de Pablo Neruda change, en rupture avec ses écrits précédents, devenant difficile et hermétique et d'inspiration surréaliste. Plus objective aussi, sa poésie développe sa propre vision du monde mais sans autobiographie.
Une série chaotique d'objets et de lieux hétérogènes acquiert une étrange valeur symbolique et se décompose sous l'oeil de Pablo Neruda, semblant incarner l'univers tout entier. L'auteur se déplace poème après poème en traversant la confusion du monde comme il parcourt l'intérieur de lui-même, avec une énergie singulière, son intimité s'emplissant des forces de la nature.
Lyrisme diffracté accompagne une complexité et une diversité des formes textuelles pour célébrer, dans une retrouvaille finale, les hommes et la vie.
Cherchant ce que signifie d'être au monde, de résider sur terre, de créer, Pablo Neruda élève l'expérience ordinaire humaine en lui donnant un élan métaphysique d'une valeur éblouissante.
Lien : https://tandisquemoiquatrenu..
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De ce recueil, Neruda préférait la fin. Nous lui préférons le début, le temps lyrique, presque innocent, où le regard se portait sur les jambes nues, sur le monde réel, sur le poète lui-même, sur l'érotisme d'une femme aimée. Ensuite, il y a l'Espagne, l'épopée tragique des brigades internationales, le chant de guerre qui se transforme en éloge du communisme et de l'Armée Rouge dont Neruda ne voit pas qu'elle ne libère pas l'Europe mais qu'elle repeint juste les murs de la prison en rouge. L'épopée se trompe de héros. le poète perd sa lucidité, parce que "la lumière qui arrive" à la toute fin n'est qu'illusion et ténèbres. La poésie, quand elle devient politique ou quand elle devient arme, crée le malaise. le temps de la poésie épique est mort à tout jamais.
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C'est une poésie très sombre, où la rage transparaît dans la troisième partie qui semble à mon avis la plus engagée.
J'ai relevé tout au long de l'oeuvre les mots "sel" et "abeille", métaphore de Dieu.
En effet, dans la Bible, le sel est un moyen symbolique d'établir l'alliance entre Dieu et son peuple. Quant à l'abeille, elle symbolisait le Christ et la clémence divine.
Dans ses poèmes, la nature est omniprésente et est opposée à l'homme destructeur.
Je pense approfondir mon expérience chilienne.
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Un des recueils poétiques les plus profonds que j'aie lu. Scarifiant.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Si vous me demandez où j'étais
je dois dire : « Il arrive que ».
Je dois parler du sol que les pierres obscurcissent,
du fleuve qui en se prolongeant se détruit :
je ne connais que les choses perdues par les oiseaux,
la mer laissée en arrière, ou ma soeur qui pleure.
Pourquoi tant de régions. pourquoi un jour
se joint-il à un jour ? Pourquoi une nuit noire
s'accumule-t-elle dans la bouche ? Pourquoi des morts ?
Si vous me demandez d'où je viens, je dois parler
avec les choses brisées,
avec des ustensiles trop amers,
avec de grandes bêtes souvent pourries
et avec mon coeur tourmenté.

Ce ne sont pas les souvenirs qui se sont croisés
ni la colombe jaunâtre qui dort dans l'oubli,
mais des visages avec des larmes,
des doigts dans la gorge,
et ce qui s'effondre des feuilles :
l'obscurité d'un jour écoulé,
d'un jour nourri de notre triste sang.

Voici des violettes, des hirondelles,
tout ce que nous aimons et qui figure
sur de douces cartes à longue traîne
où se promènent le temps et la douceur.
Mais ne pénétrons pas au-delà de ces dents,
ne mordons pas aux écorces que le silence accumule,
car je ne sais que répondre :
il y a tant de morts,
et tant de jetées que le soleil rouge transperçait,
et tant de têtes qui frappent les bateaux
et tant de mains qui ont enfermé des baisers,
et tant de choses que je veux oublier.

- IL N'Y A PAS D'OUBLI.
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Livre, quand je te ferme
j'ouvre la vie
J'écoute
des cris entrecoupés
dans les ports.
Les lingots de cuivre
traversent les sables,
descendent vers Tocopilla.
C'est la nuit.
Entre les îles
notre océan
palpite avec ses poissons.
Il touche les pieds, les cuisses,
les côtes calcaires
de ma patrie.
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Dans la nuit du coeur
la lente goutte de ton nom
glisse et tombe et brise et déploie
en silence son eau.

Légère sa blessure exige quelque chose
et sa déférence courte et infinie,
comme le pas d'un être qui s'égare
soudain entendu.
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Aujourd'hui je me suis étendu pres d'une jeune fille pure
Comme sur le bord d'un océan blanc,
Comme au centre d'une ardente étoile
D'espace lent.

De son regard longuement vert
La lumière tombait comme une eau sèche,
En de transparents et de profonds cercles
De force fraîche.

Ses seins dressés comme un feu à deux flammes
Flambaient au-dessus de deux régions,
Et en un double fleuve arrivaient à ses pieds
Grands et clairs.

Un climat d'or commençait à mûrir
Les longitudes diurnes de son corps
L'emplissant de fruits débordants,
D'un feu occulte.
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Un jour endeuillé tombe des cloches
comme un voile tremblant de veuve errante,
c'est une couleur, un rêve
de cerises noyées sous la terre,
c'est une traînée de fumée qui arrive sans repos
pour changer la couleurs de l'eau et des baisers.

Je ne sais pas si l'on me comprend: lorsque des hauteurs
s'approche la nuit, lorsque le poète solitaire
à la fenêtre entend le coursier de l'automne
et que les feuilles de la peur piétinée crissent dans ses artères,
il y a quelque chose sur le ciel, semblable à une langue de
boeuf épais, quelque chose dans le doute du ciel et de l'atmosphère.

( l'automne revient )
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Videos de Pablo Neruda (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pablo Neruda
« […] « La poésie est parole dans le temps », Machado (1875-1939) n'a pas cessé de l'affirmer. Encore fallait-il que le temps ne se résumât pas à la pression immobile du passé sur la circonstance, ni la parole au simple ressassement de l'irrémédiable. Certes Machado […] a éprouvé une manière d'attirance étrange devant la négativité et la noirceur du destin de l'Espagne. Il ne s'y est point abandonné. Ou plutôt, avec une véhémence souvent proche du désespoir, une tendresse mêlée de répulsion et de haine, il a tenté, longuement, d'en sonder les abîmes. […] La poésie - Machado, seul de sa génération, s'en persuade - n'a plus pour tâche de répertorier pieusement les ruines ; elle se doit d'inventer le futur, cette dimension héroïque de la durée que les Espagnols ont désappris dans leur coeur, dans leur chair, dans leur langue depuis les siècles révolus de la Reconquête. […] […] Nostalgique de l'Inaltérable, à la poursuite du mouvant… Par son inachèvement même, dans son échec à s'identifier à l'Autre, la poésie d'Antonio Machado atteste, et plus fortement que certaines oeuvres mieux accomplies, la permanence et la précarité d'un chemin. Hantée par le néant, elle se refuse au constat de l'accord impossible. Prisonnière du doute et de la dispersion, elle prononce les mots d'une reconnaissance. Elle déclare la tâche indéfinie de l'homme, la même soif à partager. » (Claude Esteban.)
« […] “À combien estimez-vous ce que vous offrez en échange de notre sympathie et de nos éloges ? » Je répondrai brièvement. En valeur absolue, mon oeuvre doit en avoir bien peu, en admettant qu'elle en ait ; mais je crois - et c'est en cela que consiste sa valeur relative - avoir contribué avec elle, et en même temps que d'autres poètes de ma génération, à l'émondage de branches superflues dans l'arbre de la lyrique espagnole, et avoir travaillé avec un amour sincère pour de futurs et plus robustes printemps. » (Antonio Machado, Pour « Pages choisies », Baeza, 20 avril 1917.)
« Mystérieux, silencieux, sans cesse il allait et venait. Son regard était si profond qu'on le pouvait à peine voir. Quand il parlait, il avait un accent timide et hautain. Et l'on voyait presque toujours brûler le feu de ses pensées. Il était lumineux, profond, car il était de bonne foi. Il aurait pu être berger de mille lions et d'agneaux à la fois. Il eût gouverné les tempêtes ou porté un rayon de miel. Il chantait en des vers profonds, dont il possédait le secret, les merveilles de la vie ou de l'amour ou du plaisir. Monté sur un Pégase étrange il partit un jour en quête d'impossible. Je prie mes dieux pour Antonio, qu'ils le gardent toujours. Amen. » (Rubén Darío, Oraison pour Antonio Machado)
0:00 - Titre 0:06 - Solitudes, VI 3:52 - du chemin, XXII 4:38 - Chanson, XLI 5:39 - Humour, fantaisies, notes, LIX 7:06 - Galeries, LXXVIII 7:54 - Varia, XCV, Couplets mondains 9:38 - Champs de Castille, CXXXVI, Proverbes et chansons, XXIX 10:14 - Champs de Castille, idem, XLIII 10:29 - Prologues. Art poétique. Pour « Champs de Castille » 12:17 - Générique
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