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Gérard Macé (Préfacier, etc.)Bertrand Marchal (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070314782
Éditeur : Gallimard (02/06/2005)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Singulier paradoxe que cesChimères, une centaine de versà peine, qui ont alimenté depuis des milliers de pages d'exégèses et de commentaires. Tour à tour symbolistes, rimbaldiennes, mallarméennes ou surréalistes, voire fertile terreau pour la psychanalyse, elles n'ont pourtant pas fini d'interroger le lecteur. Joyaux ciselés, enflammés de lueurset de couleurs, avec leurs parfums secrets, leurs scintillements d'étoiles et leur musique envoûtante, ces poèmes exercent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
vincentf
  14 juin 2011
Recueil foutoir où l'on rencontre les soupirs de saintes et des cris de fées, le récit d'un jadis dilettante, une étude sur Ronsard et la poésie médiévale, une piécette à l'italienne, des odelettes bucoliques et des sonnets mystiques. Comme un papillon, on picore, on savoure, on laisse de côté ce qui échappe, les allusions obscures à la mythologie, les symboles mystérieux, les relents de folie. D'ailleurs, la sent-on, cette folie qui tuera Nerval? Pas assez. Tout cela reste, à l'exception de ces bizarres Chimères, très romantique sauce Victor Hugo sans le souffle. Retenons donc le soleil noir de la mélancolie, le Christ déçu aux oliviers et le charme d'un mélange détonnant d'ancien et de nouveau.
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Cielvariable
  16 mars 2016
Je ne suis pas une inconditionnelle de Gérard de Nerval, mais certains de ses poèmes réussissent à m'émouvoir ou à m'inspirer (entre autres, le poème "Le point noir"). le recueil est selon moi bien inégal, je comprend difficilement l'unité ou le fil conducteur de ce dernier.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
NuitDeChineNuitDeChine   20 avril 2014
Le Christ aux Oliviers.

I

Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras,
Sous les arbres sacrés, comme font les poètes,
Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,
Et se jugea trahi par des amis ingrats ;

Il se tourna vers ceux qui l'attendaient en bas
Rêvant d'être des rois, des sages, des prophètes...
Mais engourdis, perdus dans le sommeil des bêtes,
Et se prit à crier : " Non, Dieu n'existe pas ! "

Ils dormaient. " Mes amis, savez-vous la nouvelle ?
J'ai touché de mon front à la voûte éternelle ;
Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours !

Frères, je vous trompais : Abîme ! abîme ! abîme !
Le dieu manque à l'autel où je suis la victime...
Dieu n'est pas ! Dieu n'est plus ! " Mais ils dormaient toujours !


II

Il reprit : " Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;
Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,
Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,
Répand des sables d'or et des flots argentés :

Partout le sol désert côtoyé par des ondes,
Des tourbillons confus d'océans agités...
Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,
Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

En cherchant l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
Spirale engloutissant les Mondes et les Jours. "


III

" Immobile Destin, muette sentinelle,
Froide Nécessité !... Hasard qui, t'avançant
Parmi les mondes morts sous la neige éternelle,
Refroidis, par degrés, l'univers pâlissant,

Sais-tu ce que tu fais, puissance originelle,
De tes soleils éteints, l'un l'autre se froissant...
Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle,
Entre un monde qui meurt et l'autre renaissant ?

O mon père ! est-ce toi que je sens en moi-même ?
As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ?
Aurais-tu succombé sous un dernier effort

De cet ange des nuits qui frappa l'anathème ?...
Car je me sens tout seul à pleurer et souffrir,
Hélas ! et, si je meurs, c'est que tout va mourir ! "


IV

Nul n'entendait gémir l'éternelle victime,
Livrant au monde en vain tout son coeur épanché ;
Mais prêt à défaillir et sans force penché,
Il appela le seul - éveillé dans Solyme :

" Judas lui cria-t-il, tu sais ce qu'on m'estime,
Hâte-toi de me vendre, et finis ce marché :
Je suis souffrant, ami ! sur la terre couché...
Viens ! ô toi qui, du moins, as la force du crime ! "

Mais Judas s'en allait, mécontent et pensif,
Se trouvant mal payé, plein d'un remords si vif
Qu'il lisait ses noirceurs sur tous les murs écrites...

Enfin Pilate seul, qui veillait pour César,
Sentant quelque pitié, se tourna par hasard :
" Allez chercher ce fou ! " dit-il aux satellites.


V

C'était bien lui, ce fou, cet insensé sublime...
Cet Icare oublié qui remontait les cieux,
Ce Phaéton perdu sous la foudre des dieux,
Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime !

L'augure interrogeait le flanc de la victime,
La terre s'enivrait de ce sang précieux...
L'univers étourdi penchait sur ses essieux,
Et l'Olympe un instant chancela vers l'abîme.

" Réponds ! criait César à Jupiter Ammon,
Quel est ce nouveau dieu qu'on impose à la terre ?
Et si ce n'est un dieu, c'est au moins un démon... "

Mais l'oracle invoqué pour jamais dut se taire ;
Un seul pouvait au monde expliquer ce mystère :
- Celui qui donna l'âme aux enfants du limon.
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CielvariableCielvariable   18 juillet 2011
Le point noir

Quiconque a regardé le soleil fixement
Croit voir devant ses yeux voler obstinément
Autour de lui, dans l'air, une tache livide.

Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,
Sur la gloire un instant j'osai fixer les yeux:
Un point noir est resté dans mon regard avide.

Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,
Partout, sur quelque endroit que s'arrête mon oeil,
Je la vois se poser aussi, la tache noire! -

Quoi, toujours? Entre moi sans cesse et le bonheur!
Oh! c'est que l'aigle seul - malheur à nous, malheur! -
Contemple impunément le Soleil et la Gloire.
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Lily13Lily13   07 janvier 2016
« Artémis »

La treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la seule, — ou c’est le seul moment :
Car es-tu reine, ô toi ! la première ou dernière ?
Es-tu roi, toi le seul ou le dernier amant ?...

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j’aimai seul m’aime encore tendrement ;
C’est la mort — ou la morte… Ô délice ! ô tourments !
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule :
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux ?

Roses blanches, tombez ! vous insultez nos dieux :
Tombez, fantômes blancs de votre ciel qui brûle :
— La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux !
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   20 avril 2014
Vers dorés.

Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose ;
" Tout est sensible ! " Et tout sur ton être est puissant.

Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie :
A la matière même un verbe est attaché...
Ne le fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   20 avril 2014
Delfica.

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants,
Cette chanson d'amour qui toujours recommence ?...

Reconnais-tu le Temple au péristyle immense,
Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents,
Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,
Où du dragon vaincu dort l'antique semence ?...

Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d'un souffle prophétique...

Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l'arc de Constantin
- Et rien n'a dérangé le sévère portique.
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Vidéo de Gérard de Nerval
Gerard de Nerval – Aurélia lu par René Depasse
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