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Jean Guillaume (Éditeur scientifique)Claude Pichois (Éditeur scientifique)André Miquel (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070403875
948 pages
Éditeur : Gallimard (13/03/1998)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 61 notes)
Résumé :
« L'Orient, le voyage... Mais pourquoi ? Pour découvrir, seulement ? Ou pour trouver, là, sur place, une ou des vérités déjà pressenties ? Un rêve d'humanité première que l'Orient demeurerait seul à porter ? Nerval a vu, noté, dans une attention, souvent une sympathie que tous alors ne partagent pas forcément. Mais davantage encore : il est arrivé sur l'autre rive de la mer en mêlant à l'Orient qui l'accueillait le sien propre, recomposé à partir de l'antiquité ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
book-en-stock
  07 avril 2016
Sans l'avoir jamais lu, ce nom d'auteur m'a toujours plu. Il sonne bien, et je devais trouver un auteur du XIXe siècle pour le challenge multi-défis. Voilà pourquoi ce choix.
Quant au titre, il m'annonçait de l'exotisme, du mouvement.
J'ai été d'abord très surprise de commencer ce voyage en Suisse puis en Autriche ! Pour moi ce n'est pas l'Orient, pas encore ! Mais pour l'auteur oui, déjà !
Dans cet ouvrage le narrateur s'adresse à un ami comme dans un courrier mais on ne sait pas qui est cet ami.
Nous avons tout d'abord droit aux aléas du voyage jusqu'en Suisse avec le refus de l'auteur de prendre le train, sa préférence pour la diligence malgré certains choix à faire.
Déjà de très nombreuses références littéraires et picturales apparaissent dans les descriptions des régions ou villes visitées (ville De Lamartine, valet d'Alceste, comme dans un vaudeville, Jean-Jacques Rousseau,…) et finalement ce voyage en Orient de Nerval, même si ce dernier marche énormément et arpente les villes visitées, devient surtout un voyage littéraire. Il tente de retrouver ce qu'il sait, ce que sa culture lui a appris, mais il est souvent déçu en arrivant dans les villes Suisses car elles ne correspondent pas à ce qu'il en avait imaginé !
«  Aussi bien, c'est une impression douloureuse, à mesure qu'on va plus loin, de perdre, ville à ville et pays à pays, tout ce bel univers qu'on s'est créé jeune, par les lectures, par les tableaux et par les rêves. » p.63
A Munich et à Vienne, il fera de nombreux rappels à l'Italie et aux peintures.
Dans l'adriatique, nombreuses références à la mythologie évidemment, et toujours la culture théâtrale très présente.
En Egypte (enfin l'Orient pour moi!!), ce sont les femmes du Caire qui le fascine et attire son attention. Une large part est faite à leur description bien qu'elles soient cachées sous des voiles. Il va s'installer pour 6 mois dans la ville du Caire, voulant « se fondre » à la population non sans quelques difficultés. Nombreux aléas là aussi jusqu'à l'obligation de se marier… mais je ne veux pas tout dévoiler !
C'est là en tous cas que le récit sur l'Orient démarre enfin, même si on reste sur de très nombreuses descriptions des lieux, des différentes nationalités regroupées dans la même ville, de coutumes ou fêtes observées… On y évoque la différence entre l'esclavage en Orient et en Amérique.
Puis une longue excursion sur le Nil le mène jusqu'en Syrie.
Tout au long de son voyage, Nerval ne parle pas la langue et apprend peu à peu quelques expressions ou trouve un moyen de communiquer. Il est bien sûr dépendant de ses serviteurs et des personnes voulant l'aider. Un long apprentissage mêlé de découvertes parfois surprenantes sur un autre mode de vie. C'est tout l'attrait du voyage par excellence !
Le style est très littéraire tout en restant fluide et la lecture en est agréable même si ce n'est pas vraiment « ma tasse de thé ».
Challenge Multi-défis 2016 (item: un classique du 19ème)
Challenge XIXe siècle 2016
Challenge 1 mot- 1 livre
Challenge en Choeur
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JPB
  13 novembre 2010
Ce livre est une merveille, une ode à la langue française que Nerval manie avec une compétence inégalée, sauf peut-être par quelques écrivains renommés qui garnissent nos bibliothèques. Les phrases se lisent avec délectation, les descriptions sont des photographies et il décrit avec une verve sans pareille la vie dans une civilisation qui n'est pas la sienne. S'il y avait une critique à formuler - mais en avons nous le loisir ? - ce serait qu'il inclut dans son récit une longue partie (120 pages tout de même) qui, sous l'alibi d'expliquer ce que peut représenter la profession des conteurs chez les turcs, relate l'histoire de Salomon et de la reine de Saba. Ce paragraphe ne manque certes pas d'intéret, notamment lorsqu'il aborde les liens avec la franc-maçonnerie, mais il n'est nul besoin de voyager pour narrer cette histoire, et c'est d'autant plus dommageable que les autres chapitres sont un régal lorsqu'ils se rapportent à ce que l'auteur a pu ressentir tout au long de ses pérégrinations. On apprend quantité de choses de cet érudit, sur les religions, les coutumes, les régions, les femmes, sur les sultans, les califes et autres pachas. C'est un magnifique ouvrage, certes de près de 800 pages, mais qui se dévore comme un roman. Les difficultés qu'il rencontre, lorsqu'il choisit de prendre femme pour mieux se fondre dans un milieu qui pourrait lui être hostile, se parcourent avec délectation, de même que l'histoire de la genèse de la religion druse ou les rapports imposibbles avec ses serviteurs occasionnels. de la grande littérature, à n'en pas douter
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miriam
  01 août 2013
Voyage poétique et pittoresque.
Nerval sort des itinéraires faciles du Grand Tour, il évite les hôtels des anglais, les réceptions des ambassadeurs et préfère s'habiller comme les autochtones, goûter leur cuisine, partager les fêtes populaires. Loue des maisons, se déguise, embauche des domestiques....
Son Orient commence à Vienne, il passe par la Grèce et s'installe au Caire, puis au Liban et enfin à Istanbul.
Loin de la posture du pèlerin, il ne cherche pas les lieux saints ou les Croisés comme Chateaubriand ou Lamartine. Il cherche plutôt à percer les croyances orientales, musulmans ou druzes. Il transcrit des contes...et cherche les aventures féminines amoureuses ou non,
Invitation au voyage mais aussi à la tolérance et à une étonnante liberté d'esprit
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Henri-l-oiseleur
  17 octobre 2015
Le voyage en Orient de Nerval n'est pas seulement le déplacement physique d'un homme en des lieux plus ou moins exotiques. Nerval voyage aussi dans les légendes, dans le monde littéraire et magique des esprits, et va parfois en des lieux qu'il n'a jamais visités autrement qu'en rêve ou dans des livres. Voyage total, du corps comme de l'âme.
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Cielvariable
  10 octobre 2014
Parfait pour comprendre le courant de l'exotisme et du récit de voyage au 19e siècle, mais peu enthousiasmant autrement.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Acerola13Acerola13   20 août 2014
J'ignore si tu prendras grand intérêt aux pérégrinations d'un touriste parti de Paris en plein novembre. C'est une assez triste litanie de mésaventures, c'est une bien pauvre description à faire, un tableau sans horizon, sans paysage, où il devient impossible d'utiliser les trois ou quatre vues de Suisse ou d'Italie qu'on a faites avant de partir, les rêveries, mélancoliques sur la mer, la vague poésie des lacs, les études alpestres, et toute cette flore poétique des climats aimés du soleil qui donnent à la bourgeoisie de Paris tant de regrets amers de ne pouvoir aller plus loin que Montreuil ou Montmorency.
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book-en-stockbook-en-stock   02 avril 2016
Je vais au-devant du printemps, je vais au-devant du soleil... Il flamboie à mes yeux dans les brumes colorées de l'Orient. - L'idée m'en est venue en me promenant sur les hautes terrasses de la ville* qui encadrent une sorte de jardin suspendu. Les soleils couchants y sont magnifiques.

p. 54
* Il s'agit de Genève.
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Acerola13Acerola13   20 août 2014
La cuisine est assez bonne à Genève, et la société fort agréable. Tout le monde parle parfaitement français, mais avec une espèce d'accent qui rappelle un peu la prononciation de Marseille. Les femmes sont fort jolies, et ont presque toutes un type de physionomie qui permettrait de les distinguer parmi d'autres. Elles ont, en général, les cheveux noirs ou châtains ; mais leur carnation est d'une blancheur et d'une finesse éclatantes ; leurs traits sont réguliers, leurs joues sont colorées, leurs yeux beaux et calmes. Il m'a semblé voir que les plus belles étaient d'un certain âge, ou plutôt d'un âge certain.
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stekasteka   27 février 2014
Sur l'autre rive, on aperçoit Gizeh, et le soir lorsque le soleil vient de disparaître, les pyramides déchirent de leurs triangles gigantesques la bande de brume violette du couchant. Les têtes des palmiers-doms, des sycomores et des figuiers de Pharaon se détachent en noir sur ce fond clair.
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stekasteka   27 février 2014
En pénétrant dans les rues sombres que forment les hautes maisons de Beyrouth, bâties toutes comme de forteresses, et que relient çà et là des passages voûtés, je retrouvai le mouvement, suspendu pendant les heures de la sieste.
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Videos de Gérard de Nerval (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard de Nerval
Pourquoi tant d'écrivains mélancoliques se sont-ils suicidés, alors qu'ils étaient déjà célèbres et en train d'écrire leurs oeuvres les plus prometteuses ? Franz Kaltenbeck montre comment l'écriture est devenue mortelle en elle-même pour des auteurs comme Kleist, Stifter, Nerval, Celan, Foster Wallace.
Alors que l'écriture d'une oeuvre peut soutenir son auteur jusqu'à lui éviter la folie, comme on le voit chez Joyce et d'autres artistes, certains, au contraire, en meurent. C'est à résoudre cette contradiction, qui a dans chaque cas des coordonnées singulières, que s'attache Franz Kaltenbeck en lisant des écrivains mélancoliques célèbres du xixe au xxie siècle. Il les considère comme des puits de savoir sur leur mélancolie, longuement décrite à travers leurs fictions. Il s'appuie sur sa solide connaissance de Freud, dont il tire des arguments nouveaux grâce à Kafka. On comprend, à le suivre, que ce qui a d'abord résisté à la mélancolie chez ces auteurs a subi par la suite une défaite mortelle. L'écrivain américain David Foster Wallace met particulièrement ce phénomène en évidence : il dit qu'une catastrophe, qu'il identifie de loin sans pouvoir la maîtriser – la transformer – par l'écriture, l'attend au tournant comme un cyclone. À l'instar de Kleist, Stifter, Celan, Nerval avant lui, il s'est suicidé au sommet de son art.
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