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ISBN : 207278607X
Éditeur : Gallimard (13/09/2018)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Dans une ville industrielle ravagée par la pauvreté et le crime, le nouveau préfet de police Duncan incarne l’espoir du changement. Aidé de Macbeth, le commandant de la Garde, l’unité d’élite d’intervention, il compte débarrasser la ville de ses fléaux, au premier rang desquels figure Hécate, puissant baron de la drogue. Mais c’est ne faire aucun cas des vieilles rancœurs ou des jalousies personnelles, et des ambitions individuelles… qu’attise Lady, patronne du casi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  09 juillet 2019
Le défi de revisiter un classique, un polar créé à partir du théâtre de Shakespeare.

Une histoire qui oscille entre deux niveaux, d'une part tout à fait réaliste, avec la petite ville en déclin, aux prises avec la corruption, mais qui donne dans le fantastique avec des malédictions et des êtres qui ne sont pas tout à fait humains.
C'est roman sur les dépendances qui priment sur la raison, la dépendance à l'amour, à la drogue et au pouvoir, ce pouvoir qui crée l'accoutumance et le besoin d'en avoir toujours plus.

Avec des aspects très réalistes, des descriptions sanglantes, que ce soit des victimes égorgées ou des familles mitraillées, et puis, des émotions puissantes, de l'amour et de la haine, des trahisons et des remords.

Un thriller qui démontre l'aspect intemporel des drames conçus par Shakespeare il y a plusieurs siècles.
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Trollibi
  13 novembre 2018
« Les jours glissent à petits pas vers la fin, et ne font rien d'autre que nous rapprocher de la mort. » (p.570)
Drogue, trahison, vengeance, soif de pouvoir, corruption... Une ville sombre, manipulée par des personnages tantôt avides de pouvoir, tantôt armés de bonnes intentions mais qui se laissent entrainer dans le tourbillon de la noirceur. Et de l'espoir, l'espoir de voir changer les choses et les hommes pour que la ville puisse connaitre un renouveau. Mais peut-on réellement changer ?
En entamant la lecture de Macbeth de Jo Nesbo, je ne connaissais ni l'auteur, ni la célèbre tragédie de Shakespeare que ce roman réactualise. Honte à moi... Et, comme j'aime bien comprendre ce que je lis, j'ai donc commencé par me documenter sur la tragédie originelle. le faire m'a permis de me rendre compte (sans attendre la note en bas de la page 569...) que Jo Nesbo avait inséré, avec beaucoup de finesse, des citations de la tragédie dont il s'inspire. Je me suis plu à retisser les liens entre les personnages, à voir comment ils allaient évoluer jusqu'au dénouement final.
Ce qui fait tout l'intérêt de ce roman, c'est que l'on peut le lire sans faire la démarche que j'ai faite... Pas besoin de connaître le Macbeth de Shakespeare pour apprécier le Macbeth de Nesbo. Il contient en lui-même tous les ingrédients qui en font un grand roman.
Le suspense d'une part, "Un page-turner délicieusement oppressant", selon le Guardian. Et en effet, c'est un pavé de 617 pages mais, dès les premières lignes, on se sent plongé au coeur de l'action et on avale les pages sans même sans rendre compte. Comment dénouer les fils tissés par les marionnettistes de l'histoire ? Qui manipule qui ? Et qui sont ces personnages, construits par petites touches, qui n'ont pas de prénoms et que l'ont nomme uniquement par leur nom de famille ? La tension est permanente, on reconstruit un puzzle, on voit les pions avancer, reculer, être éliminés ou revenir dans le jeu. le style de Jo Nesbo est fluide, rythmé et incisif. Un réel plaisir !
D'autre part, la plus grande qualité de ce roman, à mon sens, est qu'il est transposable. Un cadre temporel évoqué par quelques allusions : après la guerre, après Roosevelt, 25 ans après que les Américains aient lancés la bombe atomique... Les années 70 donc... Crise économique, chômage, pauvreté, crime, drogue, jeux de pouvoir et jeux d'argent... une époque bien sombre mais est-elle si différente de notre époque contemporaine ? Un cadre spatial volontairement vague : une ville, comme tant d'autres, peu éloignée de Capitol, la capitale. Une ville que l'on ne peut situer sur aucune carte mais qui n'est pas loin de la mer, dans un monde connu entre l'Amérique et la Russie, dans un pays où il peut faire froid. Une ville que l'on pourrait situer n'importe où... J'apprécie beaucoup ce genre de roman, transposable en tout lieu, en tout temps et dont les thèmes sont intemporels. Même si ce sont des sujets bien sombres qui y sont traités...
Je remercie vraiment Babelio et les éditions Gallimard de m'avoir offert l'opportunité de découvrir Macbeth de Jo Nesbo, j'ai dévoré cette tragédie réactualisée et intemporelle, où se mêle noirceur et espoir et qui nous rappelle que la lutte pour une société juste et démocratique face à la corruption et à la dictature est une lutte perpétuelle... Malheureusement...
"Nous autres humains, nous avons la capacité de changer et de devenir meilleurs (...) de petits pas, de petits pas. (...) On devient meilleurs, mais on ne devient pas des saints du jour au lendemain, tu sais." (p.615)
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Stewartjef
  25 novembre 2018
Je n'avais jamais lu Macbeth (l'original j'entends).
Je comprends par contre que l'original ne se passe pas en 1970,
que l'ambition politique de Macbeth n'a rien à voir avec le poste de Préfet de police,
que Lady n'est pas tenancière de casino,
qu'il n'y a aucun motard,
que la drogue n'est pas un marché illicite et contrôlé par un Parrain, ...
Mais je peux très bien imaginer l'ambiance que Shakespeare avait créé en 1600.
C'est donc un Macbeth dénaturé, par Nesbo, qui a aussi dénaturé son style.
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pleasantf
  31 octobre 2018
J'ai découvert Jo Nesbo avec ce livre, polar noir inspiré de la célèbre tragédie du même nom écrite par Shakespeare. Nesbo réussit à suivre assez fidèlement la trame de la pièce. Il raconte l'ascension du flic Macbeth qui, poussé par le génie maléfique de Lady son épouse, va éliminer le préfet de police et des collègues pour devenir le maître de la ville, comme le chevalier Macbeth avait tué le roi Duncan et son ami le général Banquo pour monter sur le trône. Les sorcières de Shakespeare, symboles du mal, sont devenues chez Nesbo des trafiquants de drogue qui maintiennent la ville sous leur coupe.
Comme chez Shakespeare, le roman est assez complexe, foisonnant de personnages et riche en actions et en rebondissements. Nesbo gomme les aspects les plus fantastiques de la pièce historique, proches de la sorcellerie ou de la magie, mais son roman garde néanmoins un peu des aspects shakespeariens en poussant le récit aux limites du réalisme. C'est là pour moi le seul reproche que je fais au roman : c'est parfois exagérément gore et peu crédible.
Ceci dit, le récit est très prenant et Nesbo excelle dans la capacité à créer une tension dramatique et à distiller les informations progressivement. Même si on connaît la pièce de Shakespeare et le dénouement, on est néanmoins pris dans l'engrenage du roman.
Nesbo fait explicitement référence à certains passages de la pièce et au-delà du coté polar et suspense, son roman traite du Mal à travers la folie progressive de Macbeth. Ce qui m'a en outre intéressé, c'est d'y trouver des éléments de réflexion sur la nature du pouvoir et sur les conditions de son exercice. Au travers des figures des chefs (le préfet Duncan, Macbeth ou le maire), on voit que le leader est celui qui maîtrise la parole et que celle-ci reflète à la fois la raison et le coeur. On voit la lâcheté de ceux qui se soumettent au chef et le mécanisme qui permet à un moment donné de donner plus de prix au courage et à une mort possible qu'à la soumission et à la survie. On voit l'importance que peut avoir la classe sociale mais aussi celle que peut avoir l'équation personnelle dans l'ascension vers le pouvoir. Par équation personnelle, je pense à l'intelligence rationnelle (celle de Duff par exemple), l'intelligence intuitive (comme peut l'avoir Lady), la capacité à attirer la sympathie (Macbeth). On voit l'importance de l'image, de la communication dans l'expression du pouvoir. On voit l'importance à accorder au temps dans l'exercice du pouvoir car le changement et la transformations ne sont jamais immédiats, que ce soit au niveau individuel ou au niveau collectif. Ce roman est d'une certaine façon un traité sur le leadership. Pour finir, le constat d'un Macbeth dont la popularité augmente au fur et à mesure de son entrée dans la folie n'est pas sans laisser penser à certains dirigeants de notre monde actuel…
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Bazart
  28 janvier 2020
on est totalement fascinés par l'irrésistible ascension de MacBeth qui s'accompagnait par une vertigineuse descente aux enfers. Les stratagèmes et les plans machiavéliques fomentés par Lady, afin que celle-ci vienne prendre fin sont passionnants à suivre .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (5)
LaPresse   21 décembre 2018
Ce thriller d'une noirceur extrême est une transposition géniale d'une des pièces les plus sanglantes de Shakespeare.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   22 octobre 2018
L’écrivain norvégien propose une version très personnelle, mais tout aussi funeste, du « Macbeth » du classique dramaturge anglais.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   22 octobre 2018
Les cadavres s'accumulent... Nesbo a parfaitement transposé une des pièces les plus sanglantes du Barde pour en faire un extraordinaire thriller noir plein de bruit et de fureur avec des personnages possédés, plus grands que nature!
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   22 octobre 2018
Les tensions entre les personnages, la montée de l’appétit de Macbeth pour le pouvoir et sa volonté de tout sacrifier pour y arriver, tout cela se fait sentir par petites touches successives devenant bientôt inéluctables. On sera ainsi frappé par la pertinence des transpositions auxquelles procède Nesbø, surtout par le fait que la folie des principaux personnages shakespeariens s’explique ici par la drogue.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Lexpress   21 septembre 2018
Complots, trahisons et bains de sang, Jo Nesbo ne se contente pas de transposer la pièce de Shakespeare et d'en gommer le surnaturel, il la sublime en requiem lyrique et crépusculaire, aux intonations maléfiques. Chaque parole énonçant les obscurités passées et à venir.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   01 octobre 2018
Tombée du ciel, la goutte de pluie brillante traversait les ténèbres vers les lumières chevrotantes de la ville portuaire. Les rafales froides du nord-est la chassèrent vers les lignes de partage de cette ville – dans le sens de la longueur, le fleuve asséché, et, en largeur, le chemin de fer désaffecté. Les quatre quadrants numérotés dans le sens des aiguilles d'une montre ne portaient par ailleurs pas de nom. Pas de nom dont leurs habitants se souviennent en tout cas. Et quand vous rencontriez ces mêmes habitants loin de chez eux et que vous leur demandiez d'où ils venaient, il leur arrivait de prétendre ne pas se souvenir non plus du nom de la ville.
La goutte de pluie brillante se ternit et devint de plus en plus grise alors qu'elle perforait la suie et le poison qui reposaient au-dessus des rues comme un couvercle permanent. Malgré la fermeture des usines les unes après les autres au cours des dernières années. Malgré les poêles que les chômeurs n'avaient plus les moyens de chauffer. Malgré ce vent terrible et capricieux et cette pluie incessante dont certains affirmaient qu'elle s'était mise à tomber un quart de siècle auparavant, quand deux bombes atomiques avaient mis un terme à la dernière guerre mondiale. Autrement dit, à l'époque où Kenneth avait été nommé préfet de police. Vingt-cinq années durant, depuis son bureau du dernier étage du Quartier général, le préfet Kenneth avait exercé d'une main de fer sa tyrannie sur la ville. Qui que soit l'occupant du fauteuil de maire. Quoi que les grands seigneurs de Capitol, la capitale, disent et ne fassent pas pour cette deuxième ville du pays, qui avait naguère été sa principale cité industrielle et qui s'enfonçait désormais dans les sables mouvants de la corruption, des faillites, de la criminalité et du chaos. Et puis, il y avait six mois de cela, le préfet Kenneth était tombé de sa chaise dans sa maison de vacances, et trois semaines plus tard, il était mort. Après des funérailles dignes d'un dictateur, le conseil de la ville et le maire Tourtell étaient allés chercher Duncan, un fils d'évêque au front large, directeur de la brigade dédiée au crime organisé à Capitol, pour faire de lui le nouveau préfet de police. Et ainsi s'étaient allumés les feux de l'espoir au sein d'une population surprise.
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TrollibiTrollibi   08 novembre 2018
Y avait-il un chemin pour revenir en arrière ou avaient-ils oublié de prévoir une éventuelle retraite ? Avaient-ils uniquement planifié la victoire ? Oui, et la victoire, ils l’avaient eue. Mais que se passe-t-il quand la victoire avait un goût acide, quand elle coûtait trop cher, et qu’on aurait préféré la troquer contre une défaite bon marché ? Que faisait-on alors ? Abdiquait-on, en rendant couronne et trône et en demandant humblement pardon avant de retourner à ses tâches quotidiennes ? Quand on franchissait le rebord du toit et que les pavés de la rue des putes avançaient à grande vitesse vers soi, demandait-on à la force de gravité le droit de revenir sur son pas imprudent ? Non. On prenait les choses comme elles venaient. On en tirait le meilleur parti possible. On faisait en sorte d'atterrir sur ses pieds, en se cassant peut-être un ou deux os des jambes. Mais on survivait. En devenant une homme meilleur qui apprenait à regarder où il marchait. (p.368-369)
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eniellecrivainromanpoliciereniellecrivainromanpolicier   25 mars 2019
Dans une situation pareille, pour qu'un homme perde connaissance avant d'avoir le temps de tirer, il faut soit tirer, soit sectionner la carotide. Comme vous l'avez vu, quand la carotide a été coupée, il n'y a eu qu'un jet puissant mais bref, puis le reste du sang s'est écoulé en filet. Eh bien, l'oxygène dont le cerveau avait besoin était dans le premier jet, ce qui veut dire qu'il était inconscient avant même que le sang retombe sur la table.
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TrollibiTrollibi   28 octobre 2018
Ce n’était pas toujours évident de tout comprendre du premier coup. L’acquisition de connaissances était un processus lent. Qui demandait du temps et la volonté de changer, de se changer soi-même, de changer ses schémas de pensée et ses comportements habituels. Tout comme il fallait du temps et de la volonté pour renoncer à l’extase de la drogue, à cette fuite dont on était devenu si dépendant. Tout comme il fallait du temps et de la volonté pour changer une ville, réparer l’injustice sociale, faire le ménage parmi les saboteurs, les politiciens corrompus et les acteurs du crime organisé, donner aux habitants un air qu’ils puissent à nouveau respirer. (p.116)
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somsom   21 janvier 2019
p. 493 Macbeht respira profondément et calmement. Et quelle importance si la mort intervenait maintenant ? Ce serait bien sûr une fin absurde, mais ne le sont-elles pas toutes ? Le récit sur notre personne s’interrompt au milieu d’une phrase et cette phrase reste en suspens, dépourvue de sens, sans conclusion, sans dernier acte explicatif. Un bref écho du dernier mot à demi prononcé et on est oublié. Oublie, oublié, oublié, la plus grande des statues elle-même ne rien y changer. Celui qu’on était, celui qu’on était réellement disparaît plus vite que les ronds sur l’eau d’un étang. Et quel était le sens de cette brève performance interrompue ? Jouer aussi bien que possible, saisir les réjouissance et plaisirs de la vie tant qu’elle dure ? Ou laisser une trace, changer la direction, faire du monde un endroit meilleur avant de devoir le quitter soi-même ? A moins que le sens de la vie ne soit de se reproduire, de mettre au monde de petits êtres plus aptes, dans l’espoir que les humaines eux-mêmes deviennent les demi-dieux qu’ils se soient inventés ? Ou n’y avait-il tout simplement pas de sens ? Peut-être n’étions que des phrases détachées dans le chaos d’un sempiternel babillage où tous parlaient et personne n’écoutait, et où notre pire pressentiment finissait par s’avérer : on était seul. Tout seul.
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