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ISBN : 2330013043
Éditeur : Actes Sud (03/10/2012)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 172 notes)
Résumé :
Samuel Goldberg, un vieil homme respecté et influent, est assassiné dans sa riche demeure francfortoise.
Fait troublant : l’autopsie révèle que Goldberg, un rescapé de la Shoah, présentait sur le bras des traces du Blutgruppentätowierung, le tatouage que portaient les membres de la Waffen ss de leur propre groupe sanguin… Bientôt les meurtres se succèdent. Chargés de l’enquête, le très distingué commissaire Oliver von Bodenstein et la très prosaïque Pia Kirch... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
caro64
  05 mars 2013
David Goldberg, rescapé des camps nazis et figure éminente de la communauté juive de Francfort, est retrouvé assassiné un beau matin dans sa maison. le meurtre à tout l'air d'une exécution en règle, mais qui pouvait bien en vouloir à ce point à un vieil homme de 92 ans ? Pourtant, cette image de respectabilité semble dissimuler bien des secrets. Lorsque l'autopsie démontre, en retrouvant un tatouage sur son bras, que le vieil homme a fait partie des SS dans sa jeunesse, l'affaire prend un tour explosif pour les inspecteurs Oliver von Bodenstein et Pia Kirchhoff.
 D'autres meurtres suivent ayant le même mode opératoire, les victimes semblent partager un secret commun et sont tous plus ou moins liés aux Kaltensee, une riche famille industrielle…
Les amateurs retrouveront dans ce polar tous les ingrédients classiques qui ont fait le succès du genre: des apparences trompeuses, des intuitions fulgurantes, un scénario habilement mené, des personnages bien brossés et de nombreux cadavres, pas seulement dans les placards. Neuhaus joue habilement avec les fantômes qui continuent à hanter l'imaginaire allemand. En contraignant les inspecteurs à fouiller dans le passé, l'enquête prend un tour politique, entremêlant SS et Stasi, magouilles politiciennes et recherche de la vérité. L'auteure nous dépeint par la même occasion la haute société de Francfort et ses familles aristocratiques, encore nostalgiques de leur Prusse aux grands châteaux et aux vastes domaines. von Bodenstein évolue également dans ces sphères, ce qui le place à l'opposé des figures habituelles d'enquêteur alcoolo et dépressif . le duo avec Pia, attachant et sympathique, fonctionne à merveille et on n' a qu'une envie, le retrouver.
Premier roman traduit de cette auteur allemande et c'est une vraie réussite ! Une intrigue complexe et passionnante, des rebondissements inattendus et un suspens maintenu jusqu'à la fin. A découvrir si vous aimez vous plonger dans un bon polar !
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indira95
  31 mai 2014
Tuer un vieillard juif rescapé des camps de la mort qui a en suffisamment bavé par le passé, tout le monde en convient c'est ignoble. Mais quand notre vénérable victime, David Goldberg de son état, s'avère posséder sur l'avant bras gauche le signe distinctif des SS, le fameux groupe sanguin tatoué, alors là y'a comme qui dirait un couac. Voilà le point de départ de ce thriller allemand que j'ai eu l'occasion de lire et d'apprécier. Comme tout roman policier qui se respecte, nous voilà confrontés à un duo d'inspecteurs choc tout ce qu'il y a de plus dépareillé : Oliver von Bodenstein, de haute lignée allemande, impassible commissaire aussi propre sur lui que son acolyte, l'inspecteur Pia Kirchhoff (du genre prolo) est bordélique. Leur enquête les amène à remuer le passé énigmatique d'une riche famille de Francfort liée aux morts qui vont émailler cette histoire, et par la même à déterrer un pan peu reluisant de l'histoire allemande.
Flétrissure est un roman de bonne facture, une agréable découverte en ce qui me concerne, moi qui n'ai jamais eu l'occasion de lire de policier allemand (et puis l'expérience Derrick et le Renard sur France 2 avait fini de me traumatiser). Ici pas d'intrigue lentement mortelle, de musique ringarde et d'inspecteur en imperméable beige. Au contraire, une galerie de personnages tous torturés, des secrets inavoués à la pelle, un rythme enlevé, de l'action, un duo policier attachant et loin d'être parfait, une intrigue qui tient en haleine jusqu'à la fin et ne déçoit pas (petit bémol concernant la multitude des personnages qui peut faire perdre le fil).
J'avoue que la trame historique du roman (en tant que passionnée de la Seconde guerre mondiale c'était inévitable) a été l'argument phare dans le choix de cette lecture. J'ai d'autant plus apprécié que c'est du point de vue allemand que l'histoire se déroule et qu'il n'est à mon avis pas aisé de traiter de cette question de l'Allemagne nazie et encore moins de l'insérer dans un contexte de roman policier quand on est écrivain allemand. Nele Neuhaus a eu du cran et a tenu la barre jusqu'au bout. Rien que pour ça je recommande Flétrissure et vais suivre de près notre duo Bodenstein/Kirchhoff qui à mon avis recèle bien des mystères.
Lien : http://livreetcompagnie.over..
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LePamplemousse
  18 juillet 2016
Il faut vraiment une bonne raison pour tuer un vieil homme de 92 ans.
L'autopsie révèle rapidement que ce vieux juif, survivant des camps de concentration, portait un étrange tatouage sur le bras, le même que ceux des SS nazis.
Qui était-il vraiment et était-ce là la raison de son meurtre ?
Mais dans ce cas qui peut bien le savoir ?
Le meurtrier est-il lui aussi un vieillard de plus de 90 ans ?
Cette enquête est passionnante car elle nous entraîne entre autre dans le passé de l'Allemagne, et dans de vieux et sales secrets datant de la seconde guerre mondiale. Tout tourne autour d'une femme riche et puissante et de l'empire qu'elle dirige avec sa famille.
Les inspecteurs sont attachants, on peut les retrouver dans plusieurs autres enquêtes mais cette histoire peut se lire seule, sans que cela ne gêne la compréhension.
J'ai trouvé l'intrigue haletante bien qu'un peu longue, les divers éléments s'étant mis en place dans mon cerveau bien avant que les policiers aient fait le lien entre toutes les infos, mais j'ai pris grand plaisir à naviguer en eaux troubles avec eux.
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inclassable1
  07 octobre 2014
Ce roman s'ouvre sur la dernière soirée de David Goldberg, très vieil homme qui sera retrouvé le lendemain matin par sa gouvernante, tué d'une balle dans la tête. le 1er indice livré aux enquêteurs sera le nombre 16145 écrit en lettres de sang sur un miroir.
L'autopsie révélera la présence dans le derme de David Goldberg, censé avoir échappé aux camps d'extermination nazis, du tatouage ancien de son groupe sanguin, ce qui démontrerait son appartenance à ce qui fut classé après la 2ème guerre Mondiale comme une organisation criminelle, la sinistre Schutzstaffel (S.S.).
L'enquête est confiée à la Kripo de Francfort, et plus précisément à un couple d'enquêteurs assez dépareillé et attachant : l'inspecteur Pia Kirchhoff, jeune femme plutôt simple dont nous suivons le parcours amoureux, et le commissaire Oliver von Bodenstein, rejeton de la noblesse allemande.
Après d'autres meurtres, la police sera amenée à enquêter sur une riche et nébuleuse famille,les Kaltensee.
Si l'intrigue de ce roman est assez touffue, et les personnages qui apparaissent au début du roman sont assez nombreux, Nele Neuhaus, avec une écriture serrée et fluide, ne perd jamais le lecteur.
Les incursions hors l'enquête sont relativement rares, il s'agit avant tout d'un roman de procédure classique, alors même que certains sujets, qui ne sont abordés qu'à travers l'histoire des protagonistes,auraient pu être développés, par exemple les mécanismes de création de fortunes pendant la 2ème Guerre Mondiale, ou bien le sort des habitants de Prusse-Orientale,
L'ensemble est dense, le dénouement surprenant, mais ce roman respecte un peu trop les 10 commandements d'un certain polar actuel, lisse comme la peau d'un bébé :
1 : Ton histoire pourra trouver sa source dans un fait historique ancien mais pas trop sinon personne ne s'en souvient, ou bien un problème de société actuel. Tu choisiras tant qu'à faire quelque chose qui fait consensus (nazisme, fortunes acquises malhonnêtement, trafiquants internationaux de drogues dures, trafiquants d'êtres humains, réseaux de prostitution)
2 : Ton histoire devra être raisonnablement compliquée mais pas trop ; tu utiliseras à bon escient le ressort de plusieurs intrigues qui finissent par se rejoindre.
Le lecteur devra toujours croire avoir de l'avance sur les enquêteurs : à toi de le surprendre, cela sera la mesure de ton talent.
3 Tu ne choisiras pas des enquêteurs complètement déjantés, en marge, violents, avec des vies personnelles complètement à la ramasse et qui ne supportent pas l'autorité, mais des êtres désintéressés, respectueux de leur hiérarchie, avec des vies personnelles banales (ce qui inclut donc qu'ils aient des problèmes avec leurs conjoints, avec leurs enfants, comme tout le monde).
4 Dans l'équipe d'enquêteurs, il y aura obligatoirement des bons et un mauvais, un type qui ne veut pas bosser, qui met de la mauvaise volonté, qui n'est pas sympa ; à un moment donné, cet enquêteur fera soit une boulette énorme soit permettra à l'enquête de faire une avancée essentielle, soit ne fera rien du tout.
Ce type sera en fait la proie de difficultés personnelles (femme alcoolique, ou bien qui est partie avec les enfants, enfant qui se drogue et/ou se prostitue) qui expliqueront son état.
5 Les enquêteurs ont obligatoirement des problèmes avec leur hiérarchie : procureur obnubilé par son avancement, chef de la police incompétent, autorités politiques qui souhaitent trouver un coupable rapidement car les élections approchent, tu as le choix.
6 Les médias seront représentés par des journalistes sans scrupules qui ne pensent qu'à vendre du papier et avoir des augmentations, éventuellement boire de l'alcool fort et coucher avec des femmes de mauvaise vie.
7 Tu veilleras à parsemer ton roman de scènes violentes mais jamais écrites directement : tu pourras par exemple donner des détails sordides (yeux crevés, intestins qui ne sont pas à leur endroit habituel) par le biais d'un rapport d'autopsie.
8 le commandement 7 est valable aussi pour les scènes de sexe : tu pourras raconter des choses relativement abominables mais jamais en direct.
Tes enquêteurs auront toujours une vie sexuelle normale, à la papa-maman.
9 Si tu es animé de bas instincts, tu pourras tuer un de tes gentils personnages, mais uniquement au début, pour que le lecteur ne s'attache pas.
10 La couleur locale : un peu mais pas trop, sinon les traducteurs sont obligés de faire plein de notes de bas de page et en profitent pour réclamer des augmentations aux éditeurs.
11 Attention à ne pas te tromper parce que si tout va bien, tu es parti pour au moins 5 ou 6 épisodes.
Si tu ne respectes pas ces 10 commandements, tu risques d'écrire des romans vraiment passionnants mais qui se vendront sûrement moins bien.
Lien : http://occasionlivres.canalb..
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Woland
  15 avril 2013
Tiefe Wunden
Traduction : Jacqueline Chambon
ISBN : 9782330013042

Difficile de dire avec exactitude pourquoi ce roman m'a tellement plu que j'ai été incapable de le lâcher de trois jours. D'autant que, à la dernière page, je me suis franchement posé la question : "L'intrigue n'est-elle pas un tantinet invraisemblable ?" Mais c'est la loi du roman quand celui-ci vous emporte dans l'imaginaire : vous l'acceptez dans son intégralité, avec ses petits et parfois ses gros défauts, et vous refermez votre bibliothèque par dessus.
Avant d'être une intrigue, crédible à cent pour cent ou pas, "Flétrissure", c'est une atmosphère et une manière de conduire le récit qui ne cesse de tenir le lecteur en haleine. Pour décor, une ville proche de Francfort-sur-le-Main, avec une équipe de policiers dominée par un aristocrate plutôt bon enfant - Oliver von Bodenstein - et son adjointe, Pia Kirchhoff, ex-épouse du médecin-légiste local. Bien qu'aux antipodes l'un de l'autre par l'éducation reçue et le parcours existentiel, Bodenstein et Kirchhoff forment un tandem redoutable et, partant, efficace. (Mais attention : rien à voir, pour ceux qui le craindraient ou, au contraire, l'espéreraient, avec Linley et Havers, les héros d'Elizabeth George.) Aussi, quand l'affaire Goldberg, du nom de ce riche nonagénaire d'origine juive retrouvé exécuté chez lui d'une balle dans la tête, leur est retirée de manière pour le moins arbitraire, vont-ils tout faire pour la tirer au clair, que leurs supérieurs hiérarchiques en soient enchantés ou non.
Disons-le tout de suite : question meurtres, le lecteur est ici gâté. Goldberg, au demeurant, de l'avis de tous, un vieillard fort peu sympathique, ne sera pas le dernier cadavre à rejoindre la morgue. Il ne sera pas non plus le seul à présenter, sur un bras, un tatouage mal effacé évoquant, sans que le doute soit possible, ceux réservés aux SS dans les camps de concentration et qui donnaient tout simplement leur groupe sanguin.
Les personnages sont multiples et les fils de l'intrigue semblent au départ se balancer dans le vide, un peu à l'aveuglette. Mais le lecteur ne s'impatiente pas : même si c'est la première fois qu'il lit un roman de Nele Neuhaus, il sait que la toile va prendre forme. Point n'est besoin de se presser, tout est prévu au millimètre près, avec cette rigueur propre à nos cousins d'Outre-Rhin. Ce qui ne signifie pas que "Flétrissure" ignore l'humour - noir - loin s'en faut.
Le livre se veut aussi, à sa façon discrète et modeste, une réflexion sur les deux grandes ombres qui ont endeuillé l'Allemagne du XXème siècle : le national-socialisme, on l'aura compris, mais aussi la création de la RDA, fruit d'un autre totalitarisme tout aussi dangereux et qui ne se priva pas pour "récupérer" certains bourreaux nazis et les employer à son tour. Il suffisait de changer l'étiquette : le mode d'emploi demeurait le même.
Bref, "Flétrissure" est une découverte, l'une de ces vraies trouvailles que l'on a parfois le bonheur de faire chez Babel Noir, et un auteur, Nele Neuhaus, à suivre attentivement en espérant que la traduction fera de même. ;o)
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Didier_TrDidier_Tr   14 octobre 2017
J'ai déjà eu cette sorte de tatouage sur la table, une fois en Amérique du Sud et plusieurs fois ici. Pour moi, il n'y a aucun doute.
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Didier_TrDidier_Tr   09 octobre 2017
Une joie anticipée l'envahit. Il le ferait de nouveau. La mauvaise conscience et la culpabilité, qui l'avaient torturé, n'étaient plus à présent qu'un écho de plus en plus faible enfoui à l'intérieur de lui.
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WolandWoland   15 avril 2013
[...] ... - Je n'ai pas d'explication. Mais c'est indubitable. Tout à fait indubitable, disait le Dr Henning Kirchhoff [= le médecin-légiste] en secouant la tête lorsque Bodenstein entra.

Son flegme professionnel et son cynisme avaient entièrement disparu. Son assistant et Pia paraissaient, eux aussi, médusés, le procureur mordait sa lèvre inférieure d'excitation.

- Qu'avez-vous trouvé ? demanda Bodenstein.

- Quelque chose d'incroyable, dit Kirchhoff en lui faisant signe d'approcher de la table et en lui tendant une loupe. J'ai remarqué quelque chose à l'intérieur de son bras gauche, un tatouage. Je ne l'avais pas vu à cause des meurtrissures que le cadavre présentait au bras. Il était tombé sur le sol du côté gauche.

- A Auschwitz, tout le monde était tatoué, objecta Bodenstein.

- Mais pas comme ça."

Kirchhoff montra le bras du mort. Bodenstein plissa les yeux et observa l'endroit désigné à travers la loupe.

- On dirait ... hum ... deux lettres. En gothique. Un A et un B, si je ne me trompe pas.

- Vous ne vous trompez pas, dit Kirchhoff en lui reprenant la loupe.

- Qu'est-ce que ça signifie ?

- Je renonce à mon métier si je me trompe, répondit Kirchhoff. C'est incroyable, car enfin Goldberg était juif.

Bodenstein ne comprenait pas l'émotion du légiste.

- Vous mettez ma curiosité à rude épreuve, dit-il. Qu'est-ce qu'un tatouage a de si extraordinaire ?

Kirchhoff regarda Bodenstein par-dessus le bord de ses lunettes. Il baissa la voix comme un conspirateur.

- C'est un tatouage indiquant le groupe sanguin. Il est identique à celui qu'avaient les membres de la Waffen-SS. A vingt centimètres au-dessus du coude, à l'intérieur du bras gauche. Après la guerre, comme ce tatouage était un signe de reconnaissance, beaucoup d'anciens S. S. ont essayé de le faire disparaître. Cet homme aussi. ... [...]
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WolandWoland   15 avril 2013
[...] ... Personne, dans sa famille, n'avait compris sa décision de venir finir sa vie en Allemagne, pas même lui. Brusquement, il avait senti qu'il ne voulait pas mourir dans le pays qui, pendant soixante ans, s'était montré si généreux avec lui. Il était pris de nostalgie à l'idée de lire des journaux allemands, d'entendre le son de la langue allemande. David Goldberg n'avait pas quitté l'Allemagne de son plein gré, en 1945, c'était une question de vie ou de mort, et il avait tiré le meilleur avantage de la perte de sa patrie. Mais à présent, plus rien ne le retenait en Amérique. Il avait acheté la maison près de Francfort voilà presque vingt ans, peu après la mort de Sarah, pour ne pas avoir à passer la nuit dans des hôtels anonymes quand ses nombreuses affaires ou les devoirs de l'amitié l'appelaient en Allemagne.

Goldberg poussa un profond soupir en contemplant les contreforts de Taunus. Le soleil du soir les teintait d'une lumière dorée. Il se souvenait à peine du visage de Sarah. Les soixante années qu'il avait passées aux Etats-Unis s'étaient comme effacées de sa mémoire, et il avait parfois du mal à se rappeler le nom de ses petits enfants. En revanche, les événements de l'époque d'avant l'Amérique, auxquels il n'avait plus pensé depuis longtemps, revenaient avec force. Parfois, en se réveillant après un petit somme, il avait besoin de quelques minutes pour savoir où il était. Alors il observait avec mépris ses mains osseuses et tremblantes à la peau tavelée de taches de vieillesse. Vieillir n'était pas un cadeau, c'était même une absurdité. Au moins le destin lui avait-il épargné de devenir un invalide dépendant comme beaucoup de ses amis et compagnons de route qui n'avaient pas eu la chance d'être emportés par un infarctus. Il avait une constitution solide qui étonnait toujours ses médecins et qui l'avait immunisé pendant de longues années contre les atteintes de l'âge. Il devait cela à une discipline de fer qui lui avait permis de relever tous les défis de la vie. Il ne s'était jamais laissé aller. Encore aujourd'hui il veillait à être correctement vêtu et soignait son apparence. Goldberg frissonna en pensant à sa dernière visite dans une maison de retraite. La vue des vieux, traînant les pieds dans les couloirs ou assis, sans but, en robes de chambre et pantoufles, hirsutes et le regard vide, l'avait dégoûté. La plupart étaient plus jeunes que lui et pourtant, il n'aurait pas supporté de vivre avec eux. ... [...]
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caro64caro64   05 mars 2013
On le murmure déjà en interne depuis un moment. Bodenstein éteignit la lampe de son bureau. Nierhoff craint des problèmes diplomatiques. Dans une enquête comme celle-ci il n'y a aucune couronne de laurier à récolter, c'est clair.
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