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ISBN : 2266238418
Éditeur : Pocket (14/05/2015)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Un été torride dans le Cap Corse. Anna, adolescente maussade et rebelle, s'ennuie ferme dans le hameau en ruine où elle passe ses vacances en compagnie de ses parents.

Un quotidien trop banal, ponctué de repas, de bains de soleil et d’allers-retours entre cette bâtisse nichée dans les collines et la plage en contrebas.

Toute à ses rêves d'idéaux, de rock'n'roll et d'ailleurs, Anna voit d'un œil noir l'arrivée d'Hélène, sa sœur aînée q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
canel
  18 octobre 2012
--- 4e de couv' un peu trop bavarde...
Anna revient dans la résidence secondaire corse de ses parents, avec son mari et leur petit garçon de quatre ans. C'est là qu'elle a passé ses étés à partir de sa dixième année. Elle n'y a pas mis les pieds depuis deux décennies, elle avait seize ans. Elle se souvient douloureusement de ce tout dernier séjour : oui, le paysage était magnifique, la plage pas très loin, elle avait sa musique et ses bouquins, mais... adolescence, ennui mortel dans cette baraque perdue au milieu de rien, seule avec ses deux parents qui l'infantilisent et se disputent... Une visite est venue l'extraire de cette torpeur sclérosante, mais finalement, l'ennui était préférable, de très loin...
Tout comme 'Je tue les enfants français dans les jardins', ce roman est un livre choc, terrible. Une histoire d'enfant maltraité, de mère déficiente, malade. le lecteur est vite pris dans une ambiance étouffante : adolescence, désoeuvrement, mépris d'une jeune fille à l'égard de ses parents et de leur vie kitsch et étriquée, rivalités sororales, menace d'un drame... le malaise croît en même temps que les craintes d'Anna, malaise d'autant plus insoutenable qu'une vie est en jeu et que le début de l'ouvrage laisse présager une fin malheureuse - ou simplement une volonté de la narratrice de tourner la page sur un épisode traumatisant ?
L'emploi du 'vous' rend la lecture plus ardue, mais ajoute encore à l'effet asphyxiant, glaçant du récit, et manifeste peut-être aussi un sentiment de culpabilité tenace...
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stefjoe
  19 janvier 2013
Anna Jorand, adolescente de 16 ans, doit, comme chaque année, passer l'intégralité de ses vacances d'été, avec ses parents, dans la maison secondaire d'Acquargento, hameau désormais inhabité de Corse. Un véritable calvaire pour cette jeune fille qui rêve d'univers urbains et n'aspire qu'à échapper à cette solitude forcée. Et puis, surprise, sa soeur aînée qu'elle connaît si peu, débarque à l'improviste avec sa petite fille d'un an. Anna, qui a toujours nourri des sentiments ambigus à l'égard de cette soeur, lui trouve très vite un comportement plus qu'étrange.
Ce roman est une confirmation de tout le bien que l'on pensait de cet auteur après la publication de son terrible “Je tue les enfants français dans les jardins”. Marie Neuser nous plonge cette fois dans les tourments de l'adolescence avec une maestria étonnante, distillant dès les premières pages un sentiment diffus de doute, de très léger malaise qui ne fera que croître au fil des pages. Alors qu'a contrario, elle semble nous décrire un quotidien des plus banals. Mais l'auteur, très habilement, nous rapproche par cercles concentriques du coeur de son sujet qu'on ne devine finalement que très tard dans le livre (je vous déconseille de lire la quatrième de couverture qui en dit déjà beaucoup trop !). Très vite pris au piège, le lecteur comme l'héroïne, ne peut échapper à son destin.
Découvrir un jeune auteur avec son premier roman procure toujours un grand plaisir. On craint souvent, malheureusement à juste titre, que le deuxième livre infirme cette première impression. Avec Marie Neuser, le doute n'est plus permis : on se laissera entraîner à nouveau dans son univers fascinant pointant la noirceur dans notre environnement le plus familier. Car ses personnages et ses histoires ont cette particularité, rare, de vous hanter longtemps, très longtemps...
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lizly
  30 octobre 2013
Si vous vous lancez dans cette lecture, ne lisez pas la 4e de couverture ! Pour un roman qui tourne autour des 150 pages, elle en dit bien trop.
Anna revient après des années d'absence dans la maison d'été de ses parents en Corse, une baraque perdue dans la nature de l'île de beauté, isolée et pleines de souvenirs. Très vite, la narration à la première personne change et revient sur l'enfance et surtout l'adolescence d'Anna dans cette maison en utilisant le vouvoiement. Derrière ce "vous", le lecteur est appelé à devenir Anna, 16 ans, adolescente rebelle, gothique, dessinatrice, auteur de poèmes, du rock plein les oreilles, les soeurs Brontë sur la table de chevet, les artistes décadents au répertoire de ses références. Anna qui déteste l'isolement de la maison d'Acquargento. Anna silencieuse au milieu d'un couple parental, d'une famille dans laquelle personne n'écoute véritablement les autres.
Quand, après avoir disparu pendant plus d'un an, Hélène, soeur de 12 ans l'ainée d'Anna, débarque en Corse avec sa fille de un an, Anna adore immédiatement la fillette. Entre Hélène et elle, par contre, aucun lien sororale ne s'est jamais créé et ce n'est pas parti pour changer.
J'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans le texte. Ce "vous" qui devrait interpeller le lecteur m'a, à l'inverse, laissée à côté du texte, me donnant plutôt l'impression de m'introduire dans une conversation qui ne m'était pas adressée. J'ai trouvé très longue la mise en place du "décor" pour un roman si court, d'autant que ce n'est pas faute de revenir et par la suite sur ce qui a déjà était dit.
Pour autant, l'atmosphère lourde et oppressante se ressert petit à petit sur le lecteur et dès l'arrivée d'Hélène, on a envie d'en savoir ce qui va se passer, quelle histoire contient véritablement le canard mécanique retrouvée par Anna adulte dans les premières pages.
Pour moi, ça reste une lecture en demi teinte. J'ai fini par aimer le style après avoir été déroutée par ce "vous", j'ai trouvé que la tension oppressante était bien menée, les relations entre les personnages bien dessinées. Par contre, je me suis un peu ennuyée, notamment dans l'étalement des références artistiques, musicales, littéraires, qui ont un petit côté "ça fait bien".
J'aurais tout de même la curiosité de lire autre chose de cet auteur.
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bibliomanu
  07 novembre 2012
L'écriture. On ne peut pas ne pas l'évoquer en ce qui concerne Un petit jouet mécanique de Marie Neuser. C'est en tout cas un des aspects du livre qui retient immédiatement l'attention. Elle est là, comme cette petite musique à laquelle fait référence l'auteur dans le livre : « Quoi que tu aies envie d'écrire, tu dois trouver ta petite musique. Trouve-la et suis-la. Et elle te fera aller au plus près de la vérité. ». Elle est là, donc, et emporte irrémédiablement le lecteur dans les filets de son histoire, dont, désolé pour le cliché, on ne ressort pas indemne (mince, je viens de me rendre compte que ce sont les termes exacts de la quatrième de couverture... mais comme c'est exactement ça, on ne va rien changer aux mots !
Après bien des années, Anna revient en Corse, à Acquargento, demeure où ses parents passaient leurs vacances avec elle. Elle se rappelle son dernier été passé là-bas, lorsqu'elle avait seize ans. L'été où sa soeur, Hélène, est tout à coup réapparue sur leur lieu de villégiature, bébé au bras. Étrangères de coeur, étrangères en tous points, les deux filles ne s'apprécient guère. Les douze années qui les séparent n'ont sans doute rien arrangé. Et si l'arrivée de la jeune femme et de son enfant chamboulent au début le quotidien des uns et des autres, les jours filent pourtant, semblables, chacun vaquant à ses occupations. Anna écoute de la musique, peint, écrit, se rend à la plage, se nourrit de son ras-le bol d'être ici et pas ailleurs, se nourrit aussi de sa solitude quand elle ne joue pas avec le bébé. Pourtant à mesure que les jours passent, Anna en vient à s'interroger sur le comportement de sa soeur à l'égard du bébé.
L'été, le quotidien transfiguré petit à petit, le malaise prégnant sans qu'on puisse clairement en identifier la nature, ou même l'apaiser. C'est en cela, dans sa faculté à générer cette impression que l'écriture de Marie Neuser est redoutable. Les mots, leur sens et ce qu'ils génèrent deviennent purement indissociables. La « petite distillation progressive », évoquée dans le roman, est en marche. Que ce soit le glissement d'Anna dans son approche de l'âge adulte ou dans les événements qui se nouent. Les phrases effleurent, s'inscrivent dans le cerveau comme un sillon qui passe et repasse, gravent sournoisement mais implacablement la monstruosité d'un instant, d'une période de la vie où la normalité n'a plus sa place. A moins bien sûr qu'elle ne soit constitutive d'un tout, drame compris.
Et ces mots là - on en revient à eux - vous touchent d'autant plus, vous lecteur, lorsqu'Anna raconte son histoire à la deuxième personne du pluriel. Une manière de prendre de la distance face aux événements, dont le temps n'a en rien altéré la douleur.
Tout est à sa place dans ce roman. Il n'y a rien à enlever, rien à rajouter. Juste à se laisser prendre, se laisser aller au doute, à l'amertume et à l'espoir aussi.
Lien : http://www.bibliomanu.blogsp..
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Boulibooks
  15 août 2017
« Un petit jouet mécanique » est un roman court, intensément noir, magnifiquement écrit.
Le récit s'ouvre sur Anna, adulte et jeune maman, qui revient dans la maison de vacances familiale d'Acquargento, en Corse. Anna est tendue, angoissée… on sent que ce lieu est chargé d'émotions et a été le théâtre de faits importants. L'auteure rembobine le film et nous transporte en arrière : l'été des 16 ans d'Anna. Comme chaque année, la jeune fille est contrainte d'accompagner ses parents à Acquargento, pour les vacances d'été. Adolescente de 16 ans, elle ne supporte plus ce petit chalet, loin de tout, écrasé de chaleur et de solitude. Anna rêve de poésie, d'écriture, de musique rock-punk-gothique, de nouvelles rencontres… En guise de nouvelle rencontre, sa soeur aînée Hélène débarque avec sa petite fille d'un an prénommée Léa. Si entre Anna et Léa, le courant passe instantanément, en revanche entre les deux soeurs, c'est la guerre froide. Victime de son imagination trop fertile ou bien d'une clairvoyance naturelle Anna finira par soupçonner Hélène de vouloir mettre la vie de sa fille en danger afin d'exister et de briller aux yeux des autres.
« Un petit jouet mécanique » possède un rythme lent, une narration surprenante parfois dérangeante avec l'emploi du « vous », un vocabulaire riche et toujours juste. L'atmosphère est lourde voire étouffante. La psychologie des personnages est fine, profonde. La chute de l'histoire est abrupte et triste.
J'ai passé un moment de lecture bouleversant.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   17 octobre 2012
(...) le seul bébé mort dont il ait jamais entendu parler avait été dévoré par un cochon sauvage, sa mère ayant oublié de l'attacher au mur avant de partir aux champs. Vous, vous aviez hurlé d'épouvante, et puis qu'est-ce que c'est que ces histoires de bébés accrochés aux murs ? On vous avait expliqué alors cette tradition paysanne que vous ignoriez totalement, pendre les nourrissons à un crochet dans le mur par les bandelettes de l'emmaillotage pour ne pas, précisément, que les cochons les mangent. (p. 49)
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canelcanel   17 octobre 2012
Chaque été depuis sept ans, l'auto ainsi chargée traverse son petit espace de Méditerranée pour aller vomir ses occupants et son barda au milieu de nulle part. Les Jorand, après la dispute qui ne manquait jamais d'entacher ces heures de chargement méticuleux et presque mathématique, juraient que c'était la dernière année qu'on les y prenait. Et l'été suivant, on embarquait de nouveau avec une auto qui touchait terre. (p. 12-13)
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BoulibooksBoulibooks   15 août 2017
"Dans votre chambre cocotte-minute, vous dessinez, la sueur au front. De grands portraits de Léa que vous n'avez plus besoin d'avoir sous les yeux pour croquer (...) Pour dessiner Léa, il faut que la main soit ronde, fluide, comme celle d'un violoniste, et trace des courbes légères à estomper au pastel rosé. Vous n'oubliez pas les bouclettes blondes, les yeux sans nuage, la bouche en bouton de rose (...) Vous n'oubliez jamais de mettre près de la fillette, ou serré dans son poing, ce petit canard mécanique qu'elle traîne partout."
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canelcanel   17 octobre 2012
(...) du temps de l'enfance, (...) la plage était un univers excitant et terriblement drôle dont bientôt, à l'heure de la rentrée des classes, vous auriez une douloureuse nostalgie. Mais aujourd'hui, à seize ans, vous vous dites que ce n'est qu'un mauvais moment à passer avant de rentrer à la maison et retrouver enfin votre petit monde de l'intérieur. (p. 21-22)
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canelcanel   17 octobre 2012
Vous vous dites : rien n'est moins rock'n roll qu'une plage corse. Vous peinez à imaginer Patti Smith, Blondie ou Siouxsie Sioux, en maillot turquoise, en train de cuire sur des serviettes bigarrées. (p. 24)
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