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EAN : 9782364760189
160 pages
L'écailler du sud (20/09/2012)
3.71/5   96 notes
Résumé :
Un été torride dans le Cap Corse. Anna, adolescente maussade et rebelle, s'ennuie ferme dans le hameau en ruine où elle passe ses vacances en compagnie de ses parents.
Un quotidien trop banal, ponctué de repas, de bains de soleil et d’allers-retours entre cette bâtisse nichée dans les collines et la plage en contrebas.
Toute à ses rêves d'idéaux, de rock'n'roll et d'ailleurs, Anna voit d'un œil noir l'arrivée d'Hélène, sa sœur aînée qu'elle n'apprécie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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Un petit jouet mécanique a attiré mon regard, et il a bien fait.
Une histoire fort bien écrite, qui tangente le thriller en offrant au lecteur un récit de vacances passées pleines de malaise et d'angoisse.Angoisse plutôt ressentie par Anna dans cette chimère parentale d' Acquargento : Une maison isolée de tout où les 16 ans d'Anna n'ont plus rien à faire qu'à s'ennuyer ferme... jusqu'à l'arrivée d' Hélène et Léa.
Un petit jouet mécanique, joue un petit air de Bonjour tristesse à la sauce des années 90, en moins sophistiqué mais en plus moderne.
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--- 4e de couv' un peu trop bavarde...

Anna revient dans la résidence secondaire corse de ses parents, avec son mari et leur petit garçon de quatre ans. C'est là qu'elle a passé ses étés à partir de sa dixième année. Elle n'y a pas mis les pieds depuis deux décennies, elle avait seize ans. Elle se souvient douloureusement de ce tout dernier séjour : oui, le paysage était magnifique, la plage pas très loin, elle avait sa musique et ses bouquins, mais... adolescence, ennui mortel dans cette baraque perdue au milieu de rien, seule avec ses deux parents qui l'infantilisent et se disputent... Une visite est venue l'extraire de cette torpeur sclérosante, mais finalement, l'ennui était préférable, de très loin...

Tout comme 'Je tue les enfants français dans les jardins', ce roman est un livre choc, terrible. Une histoire d'enfant maltraité, de mère déficiente, malade. le lecteur est vite pris dans une ambiance étouffante : adolescence, désoeuvrement, mépris d'une jeune fille à l'égard de ses parents et de leur vie kitsch et étriquée, rivalités sororales, menace d'un drame... le malaise croît en même temps que les craintes d'Anna, malaise d'autant plus insoutenable qu'une vie est en jeu et que le début de l'ouvrage laisse présager une fin malheureuse - ou simplement une volonté de la narratrice de tourner la page sur un épisode traumatisant ?

L'emploi du 'vous' rend la lecture plus ardue, mais ajoute encore à l'effet asphyxiant, glaçant du récit, et manifeste peut-être aussi un sentiment de culpabilité tenace...
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Anna Jorand, adolescente de 16 ans, doit, comme chaque année, passer l'intégralité de ses vacances d'été, avec ses parents, dans la maison secondaire d'Acquargento, hameau désormais inhabité de Corse. Un véritable calvaire pour cette jeune fille qui rêve d'univers urbains et n'aspire qu'à échapper à cette solitude forcée. Et puis, surprise, sa soeur aînée qu'elle connaît si peu, débarque à l'improviste avec sa petite fille d'un an. Anna, qui a toujours nourri des sentiments ambigus à l'égard de cette soeur, lui trouve très vite un comportement plus qu'étrange.

Ce roman est une confirmation de tout le bien que l'on pensait de cet auteur après la publication de son terrible “Je tue les enfants français dans les jardins”. Marie Neuser nous plonge cette fois dans les tourments de l'adolescence avec une maestria étonnante, distillant dès les premières pages un sentiment diffus de doute, de très léger malaise qui ne fera que croître au fil des pages. Alors qu'a contrario, elle semble nous décrire un quotidien des plus banals. Mais l'auteur, très habilement, nous rapproche par cercles concentriques du coeur de son sujet qu'on ne devine finalement que très tard dans le livre (je vous déconseille de lire la quatrième de couverture qui en dit déjà beaucoup trop !). Très vite pris au piège, le lecteur comme l'héroïne, ne peut échapper à son destin.

Découvrir un jeune auteur avec son premier roman procure toujours un grand plaisir. On craint souvent, malheureusement à juste titre, que le deuxième livre infirme cette première impression. Avec Marie Neuser, le doute n'est plus permis : on se laissera entraîner à nouveau dans son univers fascinant pointant la noirceur dans notre environnement le plus familier. Car ses personnages et ses histoires ont cette particularité, rare, de vous hanter longtemps, très longtemps...
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Dès le début du livre, on sait qu'un drame va arriver. Je pensais à tort que c'était l'adolescente qui allait persécuter ce bébé, comme quoi il faut bien lire la quatrième de couverture… :-)

J'ai ressenti un malaise lors de ce récit, cela m'a rappelé les guerres répétées entre mes soeurs et moi, et ces vacances obligatoires ou l'on subissait plus que l'on appréciait… Mais cela, c'est une autre histoire ;-).

C'est un petit roman captivant, inattendu et incompréhensible pour moi… Comment une mère peut en arriver là ?

Enfin, je vous laisse découvrir.

Bonne lecture !
Lien : https://angelscath.blogspot...
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L'écriture. On ne peut pas ne pas l'évoquer en ce qui concerne Un petit jouet mécanique de Marie Neuser. C'est en tout cas un des aspects du livre qui retient immédiatement l'attention. Elle est là, comme cette petite musique à laquelle fait référence l'auteur dans le livre : « Quoi que tu aies envie d'écrire, tu dois trouver ta petite musique. Trouve-la et suis-la. Et elle te fera aller au plus près de la vérité. ». Elle est là, donc, et emporte irrémédiablement le lecteur dans les filets de son histoire, dont, désolé pour le cliché, on ne ressort pas indemne (mince, je viens de me rendre compte que ce sont les termes exacts de la quatrième de couverture... mais comme c'est exactement ça, on ne va rien changer aux mots !

Après bien des années, Anna revient en Corse, à Acquargento, demeure où ses parents passaient leurs vacances avec elle. Elle se rappelle son dernier été passé là-bas, lorsqu'elle avait seize ans. L'été où sa soeur, Hélène, est tout à coup réapparue sur leur lieu de villégiature, bébé au bras. Étrangères de coeur, étrangères en tous points, les deux filles ne s'apprécient guère. Les douze années qui les séparent n'ont sans doute rien arrangé. Et si l'arrivée de la jeune femme et de son enfant chamboulent au début le quotidien des uns et des autres, les jours filent pourtant, semblables, chacun vaquant à ses occupations. Anna écoute de la musique, peint, écrit, se rend à la plage, se nourrit de son ras-le bol d'être ici et pas ailleurs, se nourrit aussi de sa solitude quand elle ne joue pas avec le bébé. Pourtant à mesure que les jours passent, Anna en vient à s'interroger sur le comportement de sa soeur à l'égard du bébé.

L'été, le quotidien transfiguré petit à petit, le malaise prégnant sans qu'on puisse clairement en identifier la nature, ou même l'apaiser. C'est en cela, dans sa faculté à générer cette impression que l'écriture de Marie Neuser est redoutable. Les mots, leur sens et ce qu'ils génèrent deviennent purement indissociables. La « petite distillation progressive », évoquée dans le roman, est en marche. Que ce soit le glissement d'Anna dans son approche de l'âge adulte ou dans les événements qui se nouent. Les phrases effleurent, s'inscrivent dans le cerveau comme un sillon qui passe et repasse, gravent sournoisement mais implacablement la monstruosité d'un instant, d'une période de la vie où la normalité n'a plus sa place. A moins bien sûr qu'elle ne soit constitutive d'un tout, drame compris.

Et ces mots là - on en revient à eux - vous touchent d'autant plus, vous lecteur, lorsqu'Anna raconte son histoire à la deuxième personne du pluriel. Une manière de prendre de la distance face aux événements, dont le temps n'a en rien altéré la douleur.

Tout est à sa place dans ce roman. Il n'y a rien à enlever, rien à rajouter. Juste à se laisser prendre, se laisser aller au doute, à l'amertume et à l'espoir aussi.
Lien : http://www.bibliomanu.blogsp..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
(...) le seul bébé mort dont il ait jamais entendu parler avait été dévoré par un cochon sauvage, sa mère ayant oublié de l'attacher au mur avant de partir aux champs. Vous, vous aviez hurlé d'épouvante, et puis qu'est-ce que c'est que ces histoires de bébés accrochés aux murs ? On vous avait expliqué alors cette tradition paysanne que vous ignoriez totalement, pendre les nourrissons à un crochet dans le mur par les bandelettes de l'emmaillotage pour ne pas, précisément, que les cochons les mangent. (p. 49)
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"Dans votre chambre cocotte-minute, vous dessinez, la sueur au front. De grands portraits de Léa que vous n'avez plus besoin d'avoir sous les yeux pour croquer (...) Pour dessiner Léa, il faut que la main soit ronde, fluide, comme celle d'un violoniste, et trace des courbes légères à estomper au pastel rosé. Vous n'oubliez pas les bouclettes blondes, les yeux sans nuage, la bouche en bouton de rose (...) Vous n'oubliez jamais de mettre près de la fillette, ou serré dans son poing, ce petit canard mécanique qu'elle traîne partout."
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Chaque été depuis sept ans, l'auto ainsi chargée traverse son petit espace de Méditerranée pour aller vomir ses occupants et son barda au milieu de nulle part. Les Jorand, après la dispute qui ne manquait jamais d'entacher ces heures de chargement méticuleux et presque mathématique, juraient que c'était la dernière année qu'on les y prenait. Et l'été suivant, on embarquait de nouveau avec une auto qui touchait terre. (p. 12-13)
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(...) du temps de l'enfance, (...) la plage était un univers excitant et terriblement drôle dont bientôt, à l'heure de la rentrée des classes, vous auriez une douloureuse nostalgie. Mais aujourd'hui, à seize ans, vous vous dites que ce n'est qu'un mauvais moment à passer avant de rentrer à la maison et retrouver enfin votre petit monde de l'intérieur. (p. 21-22)
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Mes seize ans sont venus me gifler à toute volée. Comment voulez-vous que vos seize ans s'éclipsent comme ça, juste parce que vous ne les voulez plus. Ils sont pourtant bien installés là, vos seize ans, ils n'ont pas pris une ride, fraternisant avec les spectres, ils ont été abandonnés comme une valise oubliée, alors ils se sont fait une raison, ils se sont consolés près de ce petit jouet mécanique.
Alors voilà, vous regardez le jouet de Léa, et vos seize ans s'envolent hors de leur cachette comme, la nuit, un oiseau surpris en plein sommeil.
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Je tue les enfants français dans les jardins - Marie Neuser - LTL # 181
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