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Critique de MarjorieD


MarjorieD
  27 juillet 2016
« Au pied de l'escalier de la maison plongée dans le noir, elle scruta la pénombre qui engloutissait le haut des marches » (p. 11)

Dès le prologue, nous sommes pris au piège de cette histoire de revenants. Et moi aussi, je me suis surprise à fixer les ténèbres au-delà de la porte de ma chambre à coucher. Je sais, c'est puéril, mais tellement délicieux. Une bonne vieille et irrationnelle frousse de gosse !

Kyle Freeman est un jeune réalisateur de documentaires indépendant. Son truc, les sujets qui sortent de l'ordinaire. Son credo, sa liberté artistique. Mais voilà, l'art ne paie pas son homme, il l'endette même. Aussi, quand Max Salomon, un riche et énigmatique excentrique (directeur de « Révélation Productions », une boîte qui fait dans le développement personnel !) lui propose de réaliser un film dont il prendra en charge toute la production, il n'hésite pas longtemps. le film a pour sujet soeur Katherine, gourou de la secte des Derniers jours qui vit une fin sanglante en 1975 (meurtres et suicide collectif). C'est du pain béni pour Kyle, car ce qui intéresse avant tout Max, ce sont les aspects paranormaux de la secte qu'il semble par ailleurs bien connaître. Voici donc Kyle et son acolyte Dan embarqués, de Londres en Arizona en passant par la Normandie, sur les traces des derniers survivants de la secte, pour un tournage qui, très vite, va virer au cauchemar. Un cauchemar, seulement ?

Je ne reviendrai pas sur l'aspect formel de ce roman : oui, les amateurs du genre seront comblés. J'ai moi-même bien flippé et en particulier pendant la première partie du tournage, dans cette maison de Clarendon Road où la secte avait élu domicile à sa formation. Nevill maîtrise les ficelles du genre.
Au-delà du roman d'horreur, ce qui m'a plu, c'est la réflexion de l'auteur sur le Mal, sur la fascination qu'il exerce sur tout à chacun (vous ne liriez pas ce genre de livres si ce n'était pas le cas :), sur les personnalités narcissiques et leur magnétisme (trouvez le point commun entre un dirigeant d'entreprise, une star, un gourou de secte sanguinaire et un Hitler-Staline-Pol Pot-… choisissez le vôtre), sur nos sociétés et leur culte du « Je » (le personnage de Kyle illustre en soi ce concept puisqu'il ira jusqu'à risquer sa vie pour enfin être reconnu professionnellement). Et tout ça en quelques pages, quand Max daigne enfin donner quelques explications à Kyle (qui se bouche les oreilles et s'endort).

J'ai bien aimé aussi l'allusion aux tableaux de Bruegel ou de Bosch, la description d'Anvers (qui m'a plutôt fait penser à Gand ; ce serait le moment de refaire un petit tour de ce côté de la frontière linguistique) et bien sûr le final !

Bon, c'est le deuxième roman d'affilée que je lis où plane l'ombre de Charles Manson. Il est temps pour moi de changer de crèmerie…
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