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Eshkol Del Vecchio (Traducteur)
ISBN : 2070777103
Éditeur : Gallimard (31/01/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 16 notes)
Résumé :

La cloison est mince entre le petit appartement d'Amir et de Noa et celui des propriétaires, Moshé et Sima. Amir et Noa sont étudiants, l'un à Tel-Aviv, l'autre à Jérusalem ; ce petit deux-pièces dans une maison mitoyenne à Maoz Sion, localité située à mi-chemin des deux villes, leur paraissait donc être la solution idéale. Mais la cohabitation n'est pas simple, ni entre eux ni avec les vois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Pecosa
  09 décembre 2019
Deux jeunes Israéliens, Noa et Amir, tout à leurs amours naissantes, emménagent dans un deux-pièces attenant à la maison des propriétaires, Moshé et Sima. L'un étudie à Jérusalem, l'autre à Tel-Aviv, et la petite ville de Maoz Sion a l'avantage de se trouver à mi-chemin de leurs universités respectives.
Noa et Amir découvrent la vie à deux dans un logement exigüe. Les propriétaires mènent une vie centrée sur leurs enfants et sur les parents de Moshé qui vivent au dernier étage de la maison. Les voisins d'en face quant à eux viennent de perdre leur fils Guidi au Liban. Le petit frère Yotam est frappé de plein fouet par ce décès et par l'effondrement de ses parents. Il erre avec son chagrin dans un terrain vague jusqu'à ce qu'il finisse par nouer des liens amicaux avec Amir.
Non loin de là, sur un chantier, Sadek, un ouvrier palestinien reconnaît dans la maison de Moshé la demeure qui fut celle de sa famille avant 1948, avant la Naqba, «la Catastrophe», et leur exil.
Il observe les habitants, s'approche de la maison, et ne suscite que peur et rejet.
Pendant ce temps, loin d'Israël, le meilleur ami d'Amir crapahute en Amérique du Sud, voyage de pays en pays, de femme en femme et raconte son périple dans de longues lettres.
Exilés volontaires ou forcés, nombreux sont les personnages qui ont quitté le pays, avec une douleur lancinante accrochée à leurs semelles.
Quatre maisons et un exil est un récit polyphonique sur la nostalgie d'une demeure, d'un foyer. En évoquant cette maison perdue dans une petit localité, Eskhol Nevo dépeint une société où le fossé se creuse, entre Israéliens et Palestiniens, avec l'histoire de Sadek, et entre religieux et laïques, avec l'histoire de Sima qui vit mal l'influence de la famille très pratiquante de son mari sur leur couple et l'éducation de leurs enfants.
Nevo parvient de manière très habile à monter l'impact de ces maux sociétaux sur l' intimité des habitants, car al hogar, como a la nave, le conviene el mar suave. A l'extérieur, le monde s'agite, avec l'assassinat d'Yitzhak Rabin et la deuxième Intifada. La vie des personnages va elle aussi connaître bien des remous.
Quatre maisons et un exil est un roman empreint de beaucoup de finesse, d'une grande délicatesse, surtout lorsqu' Eskhol Nevo évoque le petit Yotam et les chagrins de l'enfance.
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Adriatik
  20 juillet 2018
Lorsque j'ai choisi de lire ce roman, je ne savais pas encore qu'il avait eu beaucoup de succès en Israël.
J'ai juste laissé le titre me guider et j'ai fait confiance à mon premier souvenir de lecture d'Eshkol Nevo : ‘Le cours du jeu est bouleversé'.
L'histoire se déroule dans un village situé entre Jérusalem et Tel-Aviv, dans le climat politique d'Israël des années 90. C'est un récit à plusieurs voix où l'auteur met en scène plusieurs personnages.
Même si l'histoire est concentrée sur la relation compliquée entre Noa et Amir, il n'y a pas vraiment de personnage principal dans ce roman.Tout le monde est attachant et profondément humain. Ce sont des personnes qui vivent avec des regrets, que ce soit suite à la perte d'un fils ou d'un frère, de la paix familiale, à cause de la maison expropriée ou de la patrie lointaine...
Elle m'a beaucoup touchée l'histoire de l'ouvrier palestinien, Sadek qui tente d'entrer dans la maison familiale abandonnée en catastrophe en 1948. Il veut récupérer ce que sa grand- mère a caché quelque part dans cette demeure qui appartient désormais à des israéliens. L'intervention d'Avraham, qui a perdu la mémoire temporairement, donne lieu à une situation drôle et amusante.( une dizaine de pages de rires aux larmes.) L'auteur a choisi d'utiliser l'ironie pour aborder la question des palestiniens.
Et bien sûr, le personnage que j'ai préféré le plus c'est Yotam qui avec ses monologues qui ont leur propre ‘charme', tente d'exprimer son mal-être face au deuil qui a frappé sa famille. Se sentant négligé par ses parents, il sèche les cours et trouve petit à petit un confident dans la personne d'Amir.
Eshkol Nevo signe un grand roman où l'intime et le social sont alternés avec habilité et où le mot ‘foyer' prend tout son sens.
Même si le livre a été l'objet de vifs débats en Israël, il est maintenant étudié dans les écoles et à l'Université.

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loudarsan
  26 janvier 2015
ne réalité plus qu'inscrite dans le présent, un combat quotidien pour la vie, l'expression, les rêves. Une réalité douce-amère au goût de paprika. Pour tous ceux de l'Ailleurs, un roman sur la difficulté de vivre dans l'Ici… Quatre maisons reliées par les fils de la vie, quatre histoires qui se croisent et se nouent. Un seul exil, dont les multiples visages reflètent une seule réalité : partir. Regards… Ce roman est d'abord l'histoire Amir et Noa, un jeune couple qui tente la vie à deux dans une petite ville à mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem, villes où ils suivent respectivement leurs études. Dans la maison mitoyenne à la leur vivent Sima et Moshé : une jeune femme qui s'ennuie, un homme qui se laisse influencer par les pressions très religieuses de son frère rabbin. En face, les voisins sont paralysés par la peur et le deuil depuis que leur fils soldat est mort au Liban - sacrifice à Tsahal la terrible. Et puis il y a Sadek, cet ouvrier palestinien qui en voyant la maison de Sima et Moshé reconnaît la maison à laquelle la guerre de 1948 a arraché sa famille et dont il a toujours la clé sur lui… Entre ces maisons, un fil rouge, celui de l'exil… Exil du meilleur ami parti faire le tour de l'Amérique du Sud. Exil d'Amir qui a passé sa vie a déménager, et qui n'arrive pas à se fixer. Exil de ceux qui ont trop souffert et qui quittent Israël, cette terre précieuse de l'Orient, magique et envoûtante, écorchée à vif et dont les plaies béantes sont une injure à la Paix. Et enfin, exil des Palestiniens chassés de leurs foyers et dont l'espoir s'amenuise chaque jour. Destins croisés, pays déchiré… le quotidien d'Israël dit avec des mots simples : les histoires d'amour des étudiants fans de Nirvana, les pitas et les falafels pris dans les snacks, les projets d'avenir. Les religieux, les laïques, les attentats, la peur. Mais surtout les rêves de paix, ancrés dans le présent, tournés vers l'avenir, dans ce pays où tout reste à faire. Eshkol Nevo nous offre un très grand livre, plein de sensibilité et de clairvoyance sur les sentiments et les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, mais aussi entre les peuples. Une belle réflexion sur ce que peur vouloir dire « avoir un foyer » et qui permet de comprendre un peu mieux la société israélienne. Quatre maisons et un exil a reçu le Gold Book Prize en 2005, ainsi que le jeune prix franco-israëlien Raymond Wallier.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   08 décembre 2019
Le livre des livres dans l'appartement de Noa et Amir: Cent ans de solitude. Amir en a commencé la lecture le premier, mais Noa s'en est emparé comme d'habitude. Et depuis, ils se disputent le droit de le lire, moitié sérieusement, moitié pour rire. Repose ce roman, José Arcadio Buendia, dit Noa en jetant un coussin sur Amir. Je regrette, Remedios la belle, répond Amir, c'était plus tôt qu'il fallait le dire.
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PecosaPecosa   07 décembre 2019
Le disque du mois, chez elle: Caramel, bonbon et chocolat, une compilation de chansons d'amour françaises des éditions Hed Artzi. (...)
Quand Sima entend Nino Ferrer, elle rêve des hommes français altiers, la moustache bien taillée, et elle se souvient de sa mère qui lessivait le sol de leur H.L.M. d'Ashkelon, dansant un balai à la main, et seules les pointes de sa longue chevelure noire suivaient le mouvement.
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AdriatikAdriatik   21 juillet 2018
Rinat m’ a rappelé qu’il y avait un cours de rattrapage d’ anglais. Je lui ai répondu que je savais, et ça m’était bien égal. Ces derniers temps je sèche beaucoup, mais personne ne me dit rien, car mon frère est mort. La directrice m’a même convié à une discussion dans le bosquet derrière le terrain, elle a appuyé son coude contre un arbre et s’est salie avec la résine, et m’a raconté comme Guidi était bon élève , comme si je ne le savais pas, et elle m’a dit que la porte était toujours ouverte- ce qui n’est pas vrai, elle est toujours fermée- et de ne pas hésiter à m’adresser à elle pour quoi que ce soit.
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AdriatikAdriatik   31 juillet 2018
Il vaut mieux que j’attende la partie de trictrac avec Amir, lui, il est patient avec moi, même si j’ai des idées bizarres. Et il a toujours quelque chose d’intéressante à dire. Avant- hier, par exemple, je lui ai dit que j’avais l’impression que les gens qui meurent ne mouraient pas vraiment, mais qu’ils vivaient quelque part au dessus du ciel et qu’ils nous observaient. Et il a dit que, la première fois qu’il avait pris l’avion pour les Etats-Unis et qu’il a survolé les nuages, il a cherché les âmes des personnes mortes, ou Dieu. Et il n’a pas trouvé. Mais peut- être qu’il n’avait pas bien cherché.
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AdriatikAdriatik   30 août 2018
T’as le droit de te gourer
De tout laisser en plan
Te foutre de tes erreurs
Verser des pleurs
Regretter du fond du cœur
Et des couvertures s’envolent
Telles de belles paroles
Avec l’aube

T’as le droit de te gourer
De ne pas dire
Le mot qu’il faut
T’as le droit de foncer
D’ignorer
Les consignes de sécurité
Sans craindre d’aller jusqu’ au bout.


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Videos de Eshkol Nevo (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eshkol Nevo
Vous aimez la littérature israélienne ? Tant mieux, vous adorerez "Jour de Miel", le dernier roman d'Eshkol Nevo traduit en français. Les présentations avec Danielle en vidéo. On attend vos réactions !
A réserver en ligne : https://www.viceversalib.com/jours-de-miel/
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