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ISBN : 207017820X
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Connaît-on jamais nos voisins ? Dans cet immeuble de Tel-Aviv, rien n’est moins sûr.
Pris entre désirs inassouvis et questions de principe, les personnages se débattent avec des luttes internes profondes qui semblent toujours les dépasser.
Arnon, ancien militaire, bascule dans l’obsession lorsqu’il échoue à comprendre ce qu’il s’est passé entre sa fille de sept ans et son voisin de palier à la retraite. Décidé à percer ce mystère qu’il semble être se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  09 février 2018
Un appartement aux environs de Tel-Aviv.
Tout est parfait et en ordre, de l'extérieur “un havre de paix” mais derrière les portes blindés........
Trois étages, trois familles de la bourgeoisie moyenne, décrits sur le tryptique freudien, le ça, le moi et le surmoi.
Au premier, Arnon et Ayelet, un jeune couple avec deux enfants de bas âge, dont l'aînée, Ofri, qu'ils laissent souvent aux bons soins de leur vieux voisins, Herman et Ruth. Un jour que Herman est seul à la maison, Arnon lui laisse Ofri,....Herman souffre de la maladie d'Alzheimer.....
Le narrateur, Arnon, se confiant à un ami écrivain, raconte l'histoire....et dés les premières phrases, on sent le roussi......Arnon vivant avec ses instincts et pulsions habite le ça : « “C'est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité.....il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir » ( Freud )
Au deuxième étage, un autre couple, Hani et Assaf, et leur deux enfants, Hani appelée la veuve par ceux du premier, son mari étant constamment en voyage.
Hani aussi a un secret “inavouable”, et se confie par une lettre, à sa meilleure amie Neta, qui vit aux États-Unis.....Hani dont l'existence oscille entre fantasmes et vérité,
est le parfait habitant du Moi, qui s'efforce de concilier ses désirs avec le principe de réalité. “Le moi détrône le principe de plaisir, qui, dans le ça, domine de la façon la plus absolue. Il l'a remplacé par le principe de réalité plus propre à assurer sécurité et réussite.”( Freud )
Au troisième étage, Dvora, une juge à la retraite,se confit à son mari défunt par le biais d'une vieille messagerie qu'ils utilisaient de son vivant. Dvora cherche à expier les péchés de son passé, cherchant une nouvelle issue à sa vie. Dans le sens du censeur appelant à l'ordre, Dvora est l'habitant de son “altesse le Surmoi.”
“Le surmoi représente l'agent critique, l'intériorisation des interdits et les exigences parentales, sociales et culturelles. Il est en partie inconscient, et se forme durant l'enfance et l'adolescence.Une puissance interdictrice dont le Moi est obligé de tenir compte.”
Trois vies, trois confessions, trois voix intimes.
Eshkol Nevo, dont je suis une inconditionnelle nous revient avec un roman , construit sur la brillante idée du tryptique freudien, combinant intime et social. Il nous connecte à nouveau aux sentiments les plus intimes de ses personnages, à leurs relations complexes au sein d'une famille, d'une communauté, dans l'atmosphère d'un pays plein de peur. Nevo reprend ici la parabole de son magnifique livre “Le cours du jeu est bouleversé “ sur les objectifs que l'on s'impose et les hasards de la vie qui changent les donnes du départ. Cette Vie qui ne souffre aucune règle, aucune discipline et ses personnages touchants dans leurs forces et leur faiblesses, qui luttent pour ne pas se laisser engloutir par leur Surmoi. Mais ce livre vous pouvez le déguster aussi sans tenir compte de papa Freud. La troisième partie surtout et la fin sont simplement magistrales . Nevo Eshkol est un grand écrivain.
C'est son dernier livre, non encore traduit en français mais disponible en anglais et en italien.Si vous ne le connaissez pas encore,en attendant la parution de ce magnifique livre, je vous invite à le découvrir avec son livre bouleversant “Le cours du jeu est bouleversé “, vous ne le regretterez pas.
“I tre piani dell'anima non esistono dentro di noi.
Esistono nello spazio tra noi e l'altro, nella distanza tra la nostra bocca e l'orecchio di chi ascolta la nostra storia.
E se non c'è nessuno ad ascoltare, allora non c'è nemmeno la storia"
( Les trois niveaux de l'âme n'existent pas en nous. Ils existent dans la distance avec l'autre, la distance entre notre bouche et l'oreille qui écoute notre histoire. Et s'il n'y a personne qui écoute , alors il n'y a pas d'histoire non plus ).
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michfred
  07 décembre 2019
Psy et rage à tous les étages!
SOS parents en consultation live!
Sigmund Freud en version play mobil: l'HLM ( habitat pour locataires maboules ) du Ça, du Moi et du Surmoi ,  comme si vous y étiez!
Je ne fais aucune interprétation abusive: à plusieurs reprises, l'auteur lui-même nous met obligeamment cette grille de lecture en mains!
Puisqu'on en est aux confessions, j'avoue que le  livre d'Eshkol Nevo,  lu d'une traite,  m'a bien fait rire,  beaucoup plu et  aussi donné du grain à moudre!
Du grain:  ils en ont tous un,  dans cet immeuble de Tel Aviv!
Soit, au premier étage,  celui des forces instinctives,   le Ça, incarné , c'est le mot , par Arnon,  père de famille expansif, mari explosif , militaire offensif,  qui s'est choisi comme psy de fortune un copain de régiment un peu plus intellectuel que lui et vaguement écrivain-   serait-ce Eshkol Nevo soi-même, muet et ironiquement attentif?- à qui, entre deux bières et trois falafels, il déballe son histoire "hénaurme" sur un coin de table, au bistrot. 
Espérant le happy end romanesque que l'écrivain à l'ecoute ne saurait manquer de lui inventer...
Au second, celui du Moi , partagé , comme chacun sait, entre folie qui guette et conscience qui retient: Hani, une mère de famille , asservie à ses enfants, épouse volontairement  recluse et conséquemment  frustrée, écrit à Néta, son amie lointaine,   et lui  confie ses délires et ses raisons, comme on jette une bouteille à la mer.
Histoire d'empêcher les chouettes de repeupler son balcon.
Au troisième, tout en contrôle de soi et en domination de  l'instinct par un intellect éclairé, le Surmoi, assuré par Déborah , mère critique,  si peu mère qu'elle en a oublié les affres, elle-même juge à la retraite  et veuve inconsolée, semble-t-il, de son juge de mari, et qui préfère confier ses doutes et ses crises de conscience à  un médiateur sans délire interprétatif, puisqu'il s'agit...du répondeur de son défunt époux.
À qui on peut impunément claquer le beignet en appuyant sur la touche delete quand le surmoi enfin lâche prise et que s'ouvrent des portes nouvelles.
Voilà pour la maquette,  bien trouvée, cocasse, variée. Intelligente aussi.
Un régal de lecture pour les parents plus qu' imparfaits que nous sommes ...et une mise en garde plus que parfaite et  très. ..pédagogique pour ceux qui le sont pas encore, ou qui - mais quelle folie !- , voudraient l'être encore, après cela!
Un Nevo en très grande forme, en tous cas!
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rosalinda89
  22 février 2019
C'est le cinquième roman traduit en français et le quatrième que je lis. Tout cela pour dire que Eshkol Nevo fait partie des écrivains qui me sont chers. Ce roman qui raconte les tourments intérieurs de trois personnages habitant le même immeuble à Tel-Aviv, est une fois de plus une belle réussite.
Eshkol Nevo se glisse avec aisance dans la peau de chaque personnage (féminin ou masculin) et tisse trois histoires distinctes basées sur les topiques de Freud. On y découvre à travers les confidences des protagonistes, un aperçu de la crise identitaire de la société israélienne.
Comme d'habitude avec Eshkol Nevo, la psychologie des personnages est bien travaillée, les récits sont menés avec brio, sans oublier l'ironie qui fournit le piquant nécessaire à la lecture.
Une oeuvre intelligente et captivante que j'ai dévoré de la première à la dernière page.
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traversay
  12 octobre 2018
Sur la scène littéraire israélienne, particulièrement riche, Eshkol Nevo s'est imposé d'emblée, depuis 10 ans, comme l'un des ses représentants les plus doués avec notamment le cours du jeu est bouleversé et Jours de miel. Son dernier roman en date, Trois étages, ne va pas infirmer ce constat, bien au contraire. Roman n'est d'ailleurs pas le terme adéquat, il s'agit plutôt de trois novellas, dont les interconnexions sont plus que ténues, ce qui ne nuit pas à l'intérêt de l'ouvrage, chacun des récits se révélant passionnant et se complétant pour aboutir à une sorte d'état des lieux alarmant de la société israélienne en crise identitaire depuis plusieurs années. Mais là où Nevo s'avère le plus brillant, une fois de plus, c'est dans l'évocation intime et psychologique de personnages complexes dont les failles béantes laissent entrevoir une dépression latente. Qui sont-ils ? Au premier étage, un ancien officier de l'armée qui devient paranoïaque et soupçonne un vieux voisin d'on ne sait quoi vis-à-vis de sa fille ; au deuxième, une femme délaissée par son mari, solitaire et très perturbée ; au troisième, une ancienne juge d'instruction, veuve, qui participe à un mouvement social initié par la jeune génération. Ces trois récits prennent l'allure de monologues : le premier s'adresse à un ami, la deuxième écrit une longue lettre, la troisième laisse des messages successifs sur l'ancien répondeur téléphonique de son époux décédé. Plus que des appels au secours, ces histoires sont des tentatives de sortir de l'isolement, de communiquer et de raconter des vies qui empruntent des chemins douloureux. La plume alerte et très ironique d'Eshkol Nevo fait des merveilles. Son livre est drôle, palpitant et très souvent touchant, notamment dans son dernier segment, qui touche au sublime. Ah oui, au fait, il y a aussi une autre lecture possible de Trois étages à travers la topique de Freud avec le ça, le moi et le surmoi. Mais là encore, il faut déguster la façon dont l'auteur israélien interprète et assaisonne ses théories psychanalytiques !



Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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alexb27
  03 novembre 2018
Il ne s'agit pas là d'un roman mais de 3 longues nouvelles. Les différents personnages habitent le même immeuble (c'est le liant de l'histoire) mais vont peu interagir et se croiser dans le récit. Chaque histoire est une confession menée brillamment (j'ai un faible pour le récit de Mme la juge) avec à chaque fois un crescendo qui donne envie de découvrir la suite. La Première partie met en scène un militaire, la seconde une mère de famille au conjoint très absent et la dernière une juge à la retraite qui vient de perdre son mari. Chaque récit apporte son lot de révélations, on ne s'ennuie jamais et la psychologie des personnages est finement dessinée. C'est aussi un portrait de la société israélienne. Une belle découverte !
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critiques presse (2)
LeMonde   19 novembre 2018
A ­Arnon, Hani et Deborah, Nevo a offert des voix propres, et, avec elles, une belle épaisseur romanesque. C’est à partir de celle-ci qu’il explore ce que sont la famille, la parentalité, la culpabilité, le couple, la loyauté… Et qu’il dit superbement, avec humour et gravité, le besoin, universel, de se raconter.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   12 novembre 2018
Trois histoires, remuantes, perturbantes, dont on n’a pas forcément le mot de la fin, reflets de la société israélienne. Nevo est né en 1971, c’est son cinquième roman traduit en français.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   07 décembre 2019
Tu sais quoi? Fais comme si tu écrivais un roman. Pense que tout ce que je t'ai raconté jusqu'à maintenant représente le début, le milieu et les trois quarts de ton roman, et que, maintenant, tu dois rédiger la fin. Et cette fin doit être un happy end. Parce que , le personnage principal a déjà assez suffisamment morflé et causé assez de dégâts autour de lui. Prends ton temps, mec. Je vais finir mon steak frites et toi, de ton côté, pense à un bon happy end pour conclure cette histoire, d'accord?
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michfredmichfred   07 décembre 2019
Tu comprends, Sigmund Freud était un homme très intelligent mais, au cours de la nuit d'hiver, après que j'ai achevé le dernier ouvrage de ses oeuvres et que je l'ai déposé sur la table de chevet, je me suis dit qu'il avait commis une erreur grossière : les trois étages de notre âme n' existent pas du tout! Pas du tout! Ils existent dans l'espace entre nous et quelqu'un d'autre, dans l'intervalle entre notre bouche et l'oreille de celui auquel nous racontons notre histoire. Et si un tel individu n'existe pas, eh bien, il n'y a pas non plus d'histoire. Si on n'a pas cette personne p6iur révéler nos secrets , aiguiser nos souvenirs et nous consoler en elle, dans ce cas, on parle à un répondeur, Michaël. L'essentiel, c'est de parler à quelqu'un. Sinon, sans lui, l'individu n'a aucune idée de l'étage où il se situe, et il est condamné à tâtonner désespérément dans le noir, dans la cage d'escalier, pour trouver l'interrupteur.
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michfredmichfred   07 décembre 2019
Ça te dérange si on change de table, frangin? Non? Parce que ce couple qui vient de s'asseoir à côté est un peu trop près pour ce que j'ai à te raconter maintenant. T'es OK? Sache que j'apprécie beaucoup que tu sois là à écouter mes élucubrations depuis deux heures. Commande quelque chose, s'il te plaît . C'est moi qui régale. Ici, ils me font une ristourne permanente: c'est moi qui ai fait le design du rade.
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michfredmichfred   07 décembre 2019
"(...) Ces dernières semaines, je..j'ai un peu.. perdu pied, Déborah, j'ai un peu perdu confiance en moi, et même la certitude qu'il existe même un moi, vous comprenez? Et le fait que vous aussi l'ayez vu..vous comprenez? Qu'il ait eu un sac vert, cela signifie que la troisième chouette ne viendra pas, vous comprenez? "
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BookycookyBookycooky   08 février 2018
É un po imbarrazante di avere di nuovo bisogno di te, nello identico modo, dopo piu di vent’anni, perché vorrei credere che il tempo passato da allora abbia un senso. Un marito, due figli.Una stanza tutta per me. Che tutto mi avesse dato di una certa stabilità. Ma evidentemente nostra anima non procede in avanti, solo in cerchi. E ci condanna a cadere e ricadere nelle stesse buche.
( Ça m’est un peu embarrassant d’avoir de nouveau besoin de toi, de la même façon, après plus de vingt ans, car j’aurais aimé croire que le temps qui a passé depuis, ait eu un sens.Un mari, deux enfants. Une chambre tout à moi. Que tout ça m’eût portée une certaine stabilité. Mais manifestement notre âme ne progresse pas, mais tourne en rond. Et nous condamne à tomber et retomber dans les mêmes trous.)
p.153
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Videos de Eshkol Nevo (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eshkol Nevo
Vous aimez la littérature israélienne ? Tant mieux, vous adorerez "Jour de Miel", le dernier roman d'Eshkol Nevo traduit en français. Les présentations avec Danielle en vidéo. On attend vos réactions !
A réserver en ligne : https://www.viceversalib.com/jours-de-miel/
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