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Jean-Luc Allouche (Traducteur)
EAN : 9782072882166
352 pages
Éditeur : Gallimard (03/09/2020)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Connaît-on jamais nos voisins ? Dans cet immeuble de Tel-Aviv, rien n’est moins sûr.
Pris entre désirs inassouvis et questions de principe, les personnages se débattent avec des luttes internes profondes qui semblent toujours les dépasser.
Arnon, ancien militaire, bascule dans l’obsession lorsqu’il échoue à comprendre ce qu’il s’est passé entre sa fille de sept ans et son voisin de palier à la retraite. Décidé à percer ce mystère qu’il semble être se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  09 février 2018
Un appartement aux environs de Tel-Aviv.
Tout est parfait et en ordre, de l'extérieur “un havre de paix” mais derrière les portes blindés........
Trois étages, trois familles de la bourgeoisie moyenne, décrits sur le tryptique freudien, le ça, le moi et le surmoi.
Au premier, Arnon et Ayelet, un jeune couple avec deux enfants de bas âge, dont l'aînée, Ofri, qu'ils laissent souvent aux bons soins de leur vieux voisins, Herman et Ruth. Un jour que Herman est seul à la maison, Arnon lui laisse Ofri,....Herman souffre de la maladie d'Alzheimer.....
Le narrateur, Arnon, se confiant à un ami écrivain, raconte l'histoire....et dés les premières phrases, on sent le roussi......Arnon vivant avec ses instincts et pulsions habite le ça : « “C'est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité.....il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir » ( Freud )
Au deuxième étage, un autre couple, Hani et Assaf, et leur deux enfants, Hani appelée la veuve par ceux du premier, son mari étant constamment en voyage.
Hani aussi a un secret “inavouable”, et se confie par une lettre, à sa meilleure amie Neta, qui vit aux États-Unis.....Hani dont l'existence oscille entre fantasmes et vérité,
est le parfait habitant du Moi, qui s'efforce de concilier ses désirs avec le principe de réalité. “Le moi détrône le principe de plaisir, qui, dans le ça, domine de la façon la plus absolue. Il l'a remplacé par le principe de réalité plus propre à assurer sécurité et réussite.”( Freud )
Au troisième étage, Dvora, une juge à la retraite,se confit à son mari défunt par le biais d'une vieille messagerie qu'ils utilisaient de son vivant. Dvora cherche à expier les péchés de son passé, cherchant une nouvelle issue à sa vie. Dans le sens du censeur appelant à l'ordre, Dvora est l'habitant de son “altesse le Surmoi.”
“Le surmoi représente l'agent critique, l'intériorisation des interdits et les exigences parentales, sociales et culturelles. Il est en partie inconscient, et se forme durant l'enfance et l'adolescence.Une puissance interdictrice dont le Moi est obligé de tenir compte.”
Trois vies, trois confessions, trois voix intimes.
Eshkol Nevo, dont je suis une inconditionnelle nous revient avec un roman , construit sur la brillante idée du tryptique freudien, combinant intime et social. Il nous connecte à nouveau aux sentiments les plus intimes de ses personnages, à leurs relations complexes au sein d'une famille, d'une communauté, dans l'atmosphère d'un pays plein de peur. Nevo reprend ici la parabole de son magnifique livre “Le cours du jeu est bouleversé “ sur les objectifs que l'on s'impose et les hasards de la vie qui changent les donnes du départ. Cette Vie qui ne souffre aucune règle, aucune discipline et ses personnages touchants dans leurs forces et leur faiblesses, qui luttent pour ne pas se laisser engloutir par leur Surmoi. Mais ce livre vous pouvez le déguster aussi sans tenir compte de papa Freud. La troisième partie surtout et la fin sont simplement magistrales . Nevo Eshkol est un grand écrivain.
C'est son dernier livre, non encore traduit en français mais disponible en anglais et en italien.Si vous ne le connaissez pas encore,en attendant la parution de ce magnifique livre, je vous invite à le découvrir avec son livre bouleversant “Le cours du jeu est bouleversé “, vous ne le regretterez pas.
“I tre piani dell'anima non esistono dentro di noi.
Esistono nello spazio tra noi e l'altro, nella distanza tra la nostra bocca e l'orecchio di chi ascolta la nostra storia.
E se non c'è nessuno ad ascoltare, allora non c'è nemmeno la storia"
( Les trois niveaux de l'âme n'existent pas en nous. Ils existent dans la distance avec l'autre, la distance entre notre bouche et l'oreille qui écoute notre histoire. Et s'il n'y a personne qui écoute , alors il n'y a pas d'histoire non plus ).
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michfred
  07 décembre 2019
Psy et rage à tous les étages!
SOS parents en consultation live!
Sigmund Freud en version play mobil: l'HLM ( habitat pour locataires maboules ) du Ça, du Moi et du Surmoi ,  comme si vous y étiez!
Je ne fais aucune interprétation abusive: à plusieurs reprises, l'auteur lui-même nous met obligeamment cette grille de lecture en mains!
Puisqu'on en est aux confessions, j'avoue que le  livre d'Eshkol Nevo,  lu d'une traite,  m'a bien fait rire,  beaucoup plu et  aussi donné du grain à moudre!
Du grain:  ils en ont tous un,  dans cet immeuble de Tel Aviv!
Soit, au premier étage,  celui des forces instinctives,   le Ça, incarné , c'est le mot , par Arnon,  père de famille expansif, mari explosif , militaire offensif,  qui s'est choisi comme psy de fortune un copain de régiment un peu plus intellectuel que lui et vaguement écrivain-   serait-ce Eshkol Nevo soi-même, muet et ironiquement attentif?- à qui, entre deux bières et trois falafels, il déballe son histoire "hénaurme" sur un coin de table, au bistrot. 
Espérant le happy end romanesque que l'écrivain à l'ecoute ne saurait manquer de lui inventer...
Au second, celui du Moi , partagé , comme chacun sait, entre folie qui guette et conscience qui retient: Hani, une mère de famille , asservie à ses enfants, épouse volontairement  recluse et conséquemment  frustrée, écrit à Néta, son amie lointaine,   et lui  confie ses délires et ses raisons, comme on jette une bouteille à la mer.
Histoire d'empêcher les chouettes de repeupler son balcon.
Au troisième, tout en contrôle de soi et en domination de  l'instinct par un intellect éclairé, le Surmoi, assuré par Déborah , mère critique,  si peu mère qu'elle en a oublié les affres, elle-même juge à la retraite  et veuve inconsolée, semble-t-il, de son juge de mari, et qui préfère confier ses doutes et ses crises de conscience à  un médiateur sans délire interprétatif, puisqu'il s'agit...du répondeur de son défunt époux.
À qui on peut impunément claquer le beignet en appuyant sur la touche delete quand le surmoi enfin lâche prise et que s'ouvrent des portes nouvelles.
Voilà pour la maquette,  bien trouvée, cocasse, variée. Intelligente aussi.
Un régal de lecture pour les parents plus qu' imparfaits que nous sommes ...et une mise en garde plus que parfaite et  très. ..pédagogique pour ceux qui le sont pas encore, ou qui - mais quelle folie !- , voudraient l'être encore, après cela!
Un Nevo en très grande forme, en tous cas!
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rosalinda89
  22 février 2019
C'est le cinquième roman traduit en français et le quatrième que je lis. Tout cela pour dire que Eshkol Nevo fait partie des écrivains qui me sont chers. Ce roman qui raconte les tourments intérieurs de trois personnages habitant le même immeuble à Tel-Aviv, est une fois de plus une belle réussite.
Eshkol Nevo se glisse avec aisance dans la peau de chaque personnage (féminin ou masculin) et tisse trois histoires distinctes basées sur les topiques de Freud. On y découvre à travers les confidences des protagonistes, un aperçu de la crise identitaire de la société israélienne.
Comme d'habitude avec Eshkol Nevo, la psychologie des personnages est bien travaillée, les récits sont menés avec brio, sans oublier l'ironie qui fournit le piquant nécessaire à la lecture.
Une oeuvre intelligente et captivante que j'ai dévoré de la première à la dernière page.
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gonewiththegreen
  30 décembre 2019
En Israël de nos jours dans un immeuble de la "middle class" non loin de Tel Aviv, l'auteur à travers trois longues nouvelles liées va se pencher sur le quotidien de trois familles, leur vie, leurs failles .
Au premier étage, un jeune couple avec deux enfants en bas âge. En face d'eux, un couple de personnes âgées qui fait office de baby sitter. Dès la première ligne, le doute plane et l'incident sous-jacent. le père se confie à un ami écrivain .
Au deuxième étage, là aussi un couple avec deux enfants , mais la mère est femme au foyer, son mari amené à très souvent s'absenter. Elle aussi, elle s'absente , mais dans sa tête et décide d'écrire à son amie partie aux USA pour lui narrer ses aventures.
Enfin au troisième , une juge veuve a une histoire à raconter à son mari décédé .Elle décide de le faire via le répondeur téléphonique. la aussi l'enfant va jouer un rôle primordial.
Il y a bien sûr le lieu comme point commun aux trois histoires, les protagonistes étant amenés à se croiser. Il y a aussi le parallèle avec la théorie freudienne des trois étages , le ça , le surmoi et le moi , qui ne m'est connu que de nom, je n 'avais qu'à écouter à l'école :)!. cependant, pour les niais dans mon style, l'auteur fait un petit couplet "Freud pour les nuls", apportant un éclairage qui m'a semblé suffisant.
De toutes les façons, même si l'on ne pipe rien à la psychologie, on ,'est nullement gêné.
Car il y a bien plus.
Trois histoires fortes qui par la plume de l'auteur monte en puissance au fil des pages , interdisant au lecteur de lâcher le livre avant le dénouement.
trois histoires construites sous forme de dialogue entre un personnage de l'histoire et un intervenant extérieur .
Trois histoires magnifiquement construites .
Même si le chemin tracé par l'auteur est semé d'indices indéniables , sa façon de nous amener où il veut est remarquable .La mise en place minutieuse de la "scène finale " de chaque histoire est autant diabolique que remarquable.
A travers ces histoires, on plonge dans la société israélienne, ses doutes , ses failles , ses peurs.
On notera également le poids des progénitures dans la construction de chaque couple , le destin d'un couple tributaire de ses enfants et de la gestion des soucis engendrés.
Enfin comment ne pas noter l'impressionnante adaptation de l'écrivain au sexe de ses personnages , tout en finesse et maitrise !
J'ai un faible pour la première histoire , sans doute parce qu'elle constitue mon premier contact avec cet écrivain, mais aussi parce qu'elle concerne un homme qui va tomber tomber dans un piège tellement gros que le pathétique qui l'entoure est détonnant. Et pourtant, en fouillant bien , on va tous en trouver un gras comme ça.
Une très belle découverte, dûe à Bookycooky que je remercie ici !
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blandine5674
  11 janvier 2020
Trois étages pour trois histoires israéliennes, mais qui pourraient avoir lieu n'importe où puisque les sujets sont universels. le couple, la maternité, la culpabilité, la tromperie. Une bonne introspection dans le cerveau féminin. Plus les marches montent, plus c'est fort. Apothéose au dernier étage. Des questions viennent en refermant ce roman. Si nous avions eu d'autres voisins, d'autres parents, autre fratrie, des enfants différents des nôtres ? J'invite les lectrices à découvrir cet auteur comme l'a fait pour moi Bookycooky.
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critiques presse (2)
LeMonde   19 novembre 2018
A ­Arnon, Hani et Deborah, Nevo a offert des voix propres, et, avec elles, une belle épaisseur romanesque. C’est à partir de celle-ci qu’il explore ce que sont la famille, la parentalité, la culpabilité, le couple, la loyauté… Et qu’il dit superbement, avec humour et gravité, le besoin, universel, de se raconter.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   12 novembre 2018
Trois histoires, remuantes, perturbantes, dont on n’a pas forcément le mot de la fin, reflets de la société israélienne. Nevo est né en 1971, c’est son cinquième roman traduit en français.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   17 janvier 2021
Elle est comme ça, Ayelet. "Quand je ne te réponds pas, elle m'a dit un jour, c'est parce que je sais qu'en discutant avec toi je serais capable de te dire des choses que je risque de regretter par la suite..."
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BookycookyBookycooky   08 février 2018
É un po imbarrazante di avere di nuovo bisogno di te, nello identico modo, dopo piu di vent’anni, perché vorrei credere che il tempo passato da allora abbia un senso. Un marito, due figli.Una stanza tutta per me. Che tutto mi avesse dato di una certa stabilità. Ma evidentemente nostra anima non procede in avanti, solo in cerchi. E ci condanna a cadere e ricadere nelle stesse buche.
( Ça m’est un peu embarrassant d’avoir de nouveau besoin de toi, de la même façon, après plus de vingt ans, car j’aurais aimé croire que le temps qui a passé depuis, ait eu un sens.Un mari, deux enfants. Une chambre tout à moi. Que tout ça m’eût portée une certaine stabilité. Mais manifestement notre âme ne progresse pas, mais tourne en rond. Et nous condamne à tomber et retomber dans les mêmes trous.)
p.153
+ Lire la suite
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BookycookyBookycooky   09 février 2018
............una volta visto tutto questi, capisci che l’etica é una questione completamente relativa. E diventi un po piu indulgente . Con gli altri. E con te stesso.
.......une fois que tu as vu tout ça, tu comprends que la question d’éthique est totalement relative. Alors tu deviens plus indulgent. Avec les autres. Et avec toi-même. p.189
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BookycookyBookycooky   06 février 2018
In ognuno di noi c’é un piccolo criminale che in qualunque momento puo alzare la testa senza preavviso, capito ?
En chacun de nous sommeille un petit criminel qui peut se réveiller à n’importe quel moment sans préavis, t’as compris ?
p.37
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michfredmichfred   07 décembre 2019
Tu sais quoi? Fais comme si tu écrivais un roman. Pense que tout ce que je t'ai raconté jusqu'à maintenant représente le début, le milieu et les trois quarts de ton roman, et que, maintenant, tu dois rédiger la fin. Et cette fin doit être un happy end. Parce que , le personnage principal a déjà assez suffisamment morflé et causé assez de dégâts autour de lui. Prends ton temps, mec. Je vais finir mon steak frites et toi, de ton côté, pense à un bon happy end pour conclure cette histoire, d'accord?
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