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ISBN : 207017820X
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Connaît-on jamais nos voisins ? Dans cet immeuble de Tel-Aviv, rien n’est moins sûr.
Pris entre désirs inassouvis et questions de principe, les personnages se débattent avec des luttes internes profondes qui semblent toujours les dépasser.
Arnon, ancien militaire, bascule dans l’obsession lorsqu’il échoue à comprendre ce qu’il s’est passé entre sa fille de sept ans et son voisin de palier à la retraite. Décidé à percer ce mystère qu’il semble être se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  09 février 2018
Un appartement aux environs de Tel-Aviv.
Tout est parfait et en ordre, de l'extérieur “un havre de paix” mais derrière les portes blindés........
Trois étages, trois familles de la bourgeoisie moyenne, décrits sur le tryptique freudien, le ça, le moi et le surmoi.
Au premier, Arnon et Ayelet, un jeune couple avec deux enfants de bas âge, dont l'aînée, Ofri, qu'ils laissent souvent aux bons soins de leur vieux voisins, Herman et Ruth. Un jour que Herman est seul à la maison, Arnon lui laisse Ofri,....Herman souffre de la maladie d'Alzheimer.....
Le narrateur, Arnon, se confiant à un ami écrivain, raconte l'histoire....et dés les premières phrases, on sent le roussi......Arnon vivant avec ses instincts et pulsions habite le ça : « “C'est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité.....il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir » ( Freud )
Au deuxième étage, un autre couple, Hani et Assaf, et leur deux enfants, Hani appelée la veuve par ceux du premier, son mari étant constamment en voyage.
Hani aussi a un secret “inavouable”, et se confie par une lettre, à sa meilleure amie Neta, qui vit aux États-Unis.....Hani dont l'existence oscille entre fantasmes et vérité,
est le parfait habitant du Moi, qui s'efforce de concilier ses désirs avec le principe de réalité. “Le moi détrône le principe de plaisir, qui, dans le ça, domine de la façon la plus absolue. Il l'a remplacé par le principe de réalité plus propre à assurer sécurité et réussite.”( Freud )
Au troisième étage, Dvora, une juge à la retraite,se confit à son mari défunt par le biais d'une vieille messagerie qu'ils utilisaient de son vivant. Dvora cherche à expier les péchés de son passé, cherchant une nouvelle issue à sa vie. Dans le sens du censeur appelant à l'ordre, Dvora est l'habitant de son “altesse le Surmoi.”
“Le surmoi représente l'agent critique, l'intériorisation des interdits et les exigences parentales, sociales et culturelles. Il est en partie inconscient, et se forme durant l'enfance et l'adolescence.Une puissance interdictrice dont le Moi est obligé de tenir compte.”
Trois vies, trois confessions, trois voix intimes.
Eshkol Nevo, dont je suis une inconditionnelle nous revient avec un roman , construit sur la brillante idée du tryptique freudien, combinant intime et social. Il nous connecte à nouveau aux sentiments les plus intimes de ses personnages, à leurs relations complexes au sein d'une famille, d'une communauté, dans l'atmosphère d'un pays plein de peur. Nevo reprend ici la parabole de son magnifique livre “Le cours du jeu est bouleversé “ sur les objectifs que l'on s'impose et les hasards de la vie qui changent les donnes du départ. Cette Vie qui ne souffre aucune règle, aucune discipline et ses personnages touchants dans leurs forces et leur faiblesses, qui luttent pour ne pas se laisser engloutir par leur Surmoi. Mais ce livre vous pouvez le déguster aussi sans tenir compte de papa Freud. La troisième partie surtout et la fin sont simplement magistrales . Nevo Eshkol est un grand écrivain.
C'est son dernier livre, non encore traduit en français mais disponible en anglais et en italien.Si vous ne le connaissez pas encore,en attendant la parution de ce magnifique livre, je vous invite à le découvrir avec son livre bouleversant “Le cours du jeu est bouleversé “, vous ne le regretterez pas.
“I tre piani dell'anima non esistono dentro di noi.
Esistono nello spazio tra noi e l'altro, nella distanza tra la nostra bocca e l'orecchio di chi ascolta la nostra storia.
E se non c'è nessuno ad ascoltare, allora non c'è nemmeno la storia"
( Les trois niveaux de l'âme n'existent pas en nous. Ils existent dans la distance avec l'autre, la distance entre notre bouche et l'oreille qui écoute notre histoire. Et s'il n'y a personne qui écoute , alors il n'y a pas d'histoire non plus ).
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rosalinda89
  22 février 2019
C'est le cinquième roman traduit en français et le quatrième que je lis. Tout cela pour dire que Eshkol Nevo fait partie des écrivains qui me sont chers. Ce roman qui raconte les tourments intérieurs de trois personnages habitant le même immeuble à Tel-Aviv, est une fois de plus une belle réussite.
Eshkol Nevo se glisse avec aisance dans la peau de chaque personnage (féminin ou masculin) et tisse trois histoires distinctes basées sur les topiques de Freud. On y découvre à travers les confidences des protagonistes, un aperçu de la crise identitaire de la société israélienne.
Comme d'habitude avec Eshkol Nevo, la psychologie des personnages est bien travaillée, les récits sont menés avec brio, sans oublier l'ironie qui fournit le piquant nécessaire à la lecture.
Une oeuvre intelligente et captivante que j'ai dévoré de la première à la dernière page.
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traversay
  12 octobre 2018
Sur la scène littéraire israélienne, particulièrement riche, Eshkol Nevo s'est imposé d'emblée, depuis 10 ans, comme l'un des ses représentants les plus doués avec notamment le cours du jeu est bouleversé et Jours de miel. Son dernier roman en date, Trois étages, ne va pas infirmer ce constat, bien au contraire. Roman n'est d'ailleurs pas le terme adéquat, il s'agit plutôt de trois novellas, dont les interconnexions sont plus que ténues, ce qui ne nuit pas à l'intérêt de l'ouvrage, chacun des récits se révélant passionnant et se complétant pour aboutir à une sorte d'état des lieux alarmant de la société israélienne en crise identitaire depuis plusieurs années. Mais là où Nevo s'avère le plus brillant, une fois de plus, c'est dans l'évocation intime et psychologique de personnages complexes dont les failles béantes laissent entrevoir une dépression latente. Qui sont-ils ? Au premier étage, un ancien officier de l'armée qui devient paranoïaque et soupçonne un vieux voisin d'on ne sait quoi vis-à-vis de sa fille ; au deuxième, une femme délaissée par son mari, solitaire et très perturbée ; au troisième, une ancienne juge d'instruction, veuve, qui participe à un mouvement social initié par la jeune génération. Ces trois récits prennent l'allure de monologues : le premier s'adresse à un ami, la deuxième écrit une longue lettre, la troisième laisse des messages successifs sur l'ancien répondeur téléphonique de son époux décédé. Plus que des appels au secours, ces histoires sont des tentatives de sortir de l'isolement, de communiquer et de raconter des vies qui empruntent des chemins douloureux. La plume alerte et très ironique d'Eshkol Nevo fait des merveilles. Son livre est drôle, palpitant et très souvent touchant, notamment dans son dernier segment, qui touche au sublime. Ah oui, au fait, il y a aussi une autre lecture possible de Trois étages à travers la topique de Freud avec le ça, le moi et le surmoi. Mais là encore, il faut déguster la façon dont l'auteur israélien interprète et assaisonne ses théories psychanalytiques !



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alexb27
  03 novembre 2018
Il ne s'agit pas là d'un roman mais de 3 longues nouvelles. Les différents personnages habitent le même immeuble (c'est le liant de l'histoire) mais vont peu interagir et se croiser dans le récit. Chaque histoire est une confession menée brillamment (j'ai un faible pour le récit de Mme la juge) avec à chaque fois un crescendo qui donne envie de découvrir la suite. La Première partie met en scène un militaire, la seconde une mère de famille au conjoint très absent et la dernière une juge à la retraite qui vient de perdre son mari. Chaque récit apporte son lot de révélations, on ne s'ennuie jamais et la psychologie des personnages est finement dessinée. C'est aussi un portrait de la société israélienne. Une belle découverte !
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JeanPierreV
  05 mars 2019
Trois nouvelles, trois récits indépendants, (mais reliés par des clins d'oeil)... trois personnages principaux, trois étages d'un immeuble de Tel-Aviv...
Chacun des récits met en scène un personnage principal plus ou moins tourmenté, plus ou moins seul.
Un père laisse sa fille en garde à un couple de personnes âgées, des voisins de palier. La petite fille disparaît et est retrouvée à côté du vieux monsieur inconscient dans un verger. Une tache suspecte macule le pantalon du vieillard...Les pires pensées tournent dans la tête du père, bien que la petite fille ne paraisse pas traumatisée.
A l'étage supérieur, Hani s'ennuie ! Son mari est toujours en déplacements à l'étranger pour son travail. Un mari qui hait son frère...Un frère escroc recherché par la police. le frère débarque dans l'appartement du couple. Il souhaite se cacher quelques jours avant de trouver le moyen de quitter le pays...Hani, dite la veuve..est face au charme de son beau-frère.
Au dernier étage une veuve, vraie celle-là, ancienne avocate autrefois mariée à un juge... enregistre une cassette pour parler à son mari décédé. Elle souhaite vendre l'appartement..Elle sympathise avec un acheteur potentiel...on découvre le tourment familial de cette veuve..
Tous les personnages sont plus ou moins mal dans leur peau, s'imaginent le pire ou tentent d'échapper à leur mal-être.
Trois nouvelles réunies sous le même titre, sous le même toit de cet immeuble calme de Tel-Aviv. Chacun vit de son côté une vie calme sans soucis. Sans relief ! Mais tous seront perturbés par ce petit grain de sable, ou par cette petite visite imprévue qui poussera leur porte. Mais étaient-ils vraiment tout à fait heureux avant l'imprévu qui fait l'histoire, la nouvelle. Pas certain ! Pourquoi ce petit imprévu, pourquoi cette visite, pourquoi cette rencontre les perturbe autant ?
La quatrième de couverture mentionnait : "L'auteur y esquisse le portrait d'une société meurtrie par les affaires politiques et traversée par une profonde crise identitaire" ...ce qui m'a poussé à emprunter ce livre. Mais tout compte fait, on découvre très peu ces affaires politiques et cette crise identitaire, mis à part le coût du logement, les malversations d'escrocs...mais est-ce propre à Tel-Aviv ?...Juste quelques mots sur les kibboutz dans la dernière nouvelle, au troisième étage.
Faut-il y voir une approche plus psychologique des personnages ? Au vu de la formation de l'auteur on peut le supposer! Mais, mes connaissances en cette matière, ne m'ont pas permis de creuser leur personnalité, de la comprendre et apprécier totalement un autre message de l'auteur. S'il y en a un !
Bref, "le portrait d'une société meurtrie par les affaires politiques et traversée par une profonde crise identitaire" m'a beaucoup manqué.
Je suis peut-être passé à côté de ce livre, bien écrit par ailleurs.
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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critiques presse (2)
LeMonde   19 novembre 2018
A ­Arnon, Hani et Deborah, Nevo a offert des voix propres, et, avec elles, une belle épaisseur romanesque. C’est à partir de celle-ci qu’il explore ce que sont la famille, la parentalité, la culpabilité, le couple, la loyauté… Et qu’il dit superbement, avec humour et gravité, le besoin, universel, de se raconter.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   12 novembre 2018
Trois histoires, remuantes, perturbantes, dont on n’a pas forcément le mot de la fin, reflets de la société israélienne. Nevo est né en 1971, c’est son cinquième roman traduit en français.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   08 février 2018
É un po imbarrazante di avere di nuovo bisogno di te, nello identico modo, dopo piu di vent’anni, perché vorrei credere che il tempo passato da allora abbia un senso. Un marito, due figli.Una stanza tutta per me. Che tutto mi avesse dato di una certa stabilità. Ma evidentemente nostra anima non procede in avanti, solo in cerchi. E ci condanna a cadere e ricadere nelle stesse buche.
( Ça m’est un peu embarrassant d’avoir de nouveau besoin de toi, de la même façon, après plus de vingt ans, car j’aurais aimé croire que le temps qui a passé depuis, ait eu un sens.Un mari, deux enfants. Une chambre tout à moi. Que tout ça m’eût portée une certaine stabilité. Mais manifestement notre âme ne progresse pas, mais tourne en rond. Et nous condamne à tomber et retomber dans les mêmes trous.)
p.153
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BookycookyBookycooky   09 février 2018
............una volta visto tutto questi, capisci che l’etica é una questione completamente relativa. E diventi un po piu indulgente . Con gli altri. E con te stesso.
.......une fois que tu as vu tout ça, tu comprends que la question d’éthique est totalement relative. Alors tu deviens plus indulgent. Avec les autres. Et avec toi-même. p.189
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BookycookyBookycooky   06 février 2018
In ognuno di noi c’é un piccolo criminale che in qualunque momento puo alzare la testa senza preavviso, capito ?
En chacun de nous sommeille un petit criminel qui peut se réveiller à n’importe quel moment sans préavis, t’as compris ?
p.37
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rosalinda89rosalinda89   11 février 2019
Mon père a éteint le poste au beau milieu de l’épisode et nous a dit, avec une voix que nous ne lui connaissions pas, d’aller immédiatement dans notre chambre. Ça partait d’une bonne intention : il ne voulait pas que nous assistions à ce qui allait arriver, il craignait que le spectacle auquel nous serions exposés ne se grave en nous pour le restant de nos jours. Mais le résultat fut que nous avons pu imaginer tout ce qui se produisait, à cause des bruits qui nous parvenait de l’autre côté du mur. Et l’imagination aussi se grave en nous, pour toute la vie.
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rosalinda89rosalinda89   11 février 2019
Combien de gens désespérés avons-nous l’occasion de rencontrer…. ? Les gens cachent si bien leur détresse que nous ne nous en apercevons même pas.
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Videos de Eshkol Nevo (2) Voir plusAjouter une vidéo
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