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EAN : 9782369902386
164 pages
Éditeur : Coédition Cà et Là (08/05/2017)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Après "Une Métamorphose iranienne" et le "Petit Manuel du parfait réfugié politique", Mana Neyestani réalise un fascinant docu-fiction à propos d'un tueur en série qui a sévi dans l'est de l'Iran au début des années 2000. Basé sur des entretiens filmés par deux journalistes proches de Mana Neyestani, "L'Araignée de Mashhad" retranscrit le parcours de Said Hanaï, qui, au prétexte de se conformer à des prescriptions religieuses, assassina seize femmes prostituées ou d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  13 septembre 2018
Une BD qui nous vient d'Iran, un sujet assez révoltant.
Un brave maçon, courtois, qui selon sa femme, un homme qui ne ferait pas mal à une mouche et qui dit "Pardonnez-moi pour ce mensonge, oh mon Dieu ", quand il ment à sa femme pour une futilité,....eh bien ce même homme décide de nettoyer
la ville sainte de Mashad des prostituées, avec ses propres moyens , au nom de la charia dont il se sent l'exécuteur. Résultat, il étrangle 16 prostitués. Il aurait continué sa mission, s'il n'avait pas été coincé par la justice....
Librement inspiré d'un documentaire de Roya Karimi Majd et Maziar Bahari, une BD qui traite d'une histoire vraie. Les deux journalistes ont pu avoir accès à l'assassin en prison, et par la suite ont dû quitter le pays pour les raisons que vous pouvez imaginer.
Nana Neyestani, à côté du témoignage du tueur, met en scène aussi sa femme, son fils, le juge d'instruction, une prostituée et sa fille avec des passages étranges et terrifiants, comme celui du fils qui mime comment son père étranglait ses victimes.....dans leur propre maison.
Mon propre ressenti face à ces témoignages, est qu'il n'est nul question d'éthique ici. Un lavage de cerveau au nom de la religion, basé sur des principes recueillis dans le Livre, des principes interprétés et instaurés comme bon leur semble par des hommes avides de pouvoir, d'argent, et obsédés par leurs zizis.....
Quand à la débauche qu'ils condamnent, il s'arrange " en trompant Dieu" avec les mariages temporaires, l'autre nom de la prostitution, deux poids, deux mesures.
Heureusement l'Iran n'est pas peuplé uniquement de ces gens là, mais malheureusement ceux sont eux qui sont au pouvoir.
Je vous laisse découvrir cette BD , dont j'ai adoré le superbe travail graphique.
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blandine5674
  22 mai 2018
Début des années 2000, un homme a assassiné seize femmes. Et pourtant c'est un héros et pour certains, presque une icône. Difficile de comprendre le pourquoi de ce fait véridique ? J'ajoute que c'est en Iran, à Mashhad, ville sainte du chiisme et que ces 16 femmes étaient prostituées. Une journaliste va l'interviewer dans la prison. Les révélations de celui qui sera bientôt exécuté, fait froid dans le dos. Seul remord : ne pas avoir eu le temps de faire plus de nettoyage pour la jeunesse qui va se dépraver et s'inquiète pour sa femme et son fils qui n'ont rien vu, alors que les meurtres avaient lieu dans son salon. Nous vivons sur la même planète au 21ème siècle, comment peut-on penser si différemment ? Une description d'un fanatisme avec juste les mots et les dessins qu'il faut, une belle réussite que je ne suis pas près d'oublier…
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Apoapo
  10 septembre 2018
Cette bande dessinée se base sur un documentaire que le journaliste irano-canadien Maziar Bahari a réalisé à partir d'entretiens filmés de Saïd Hanaï, surnommé « le tueur araignée », emprisonné et condamné à la pendaison pour l'assassinat de dix-sept prostituées dans la ville sainte de Mashhad, en Iran, entre 2000 et 2001. Outre les personnages principaux – l'assassin et la journaliste Roya Karimi qui l'interviewe –, le récit convoque plusieurs personnages secondaires très intéressants : le juge (qui est un imam, calligraphe à ses heures), l'épouse et le fils de Hanaï, la première prostituée assassinée et son mari opiomane, et enfin, par ses dessins naïfs et colorés, une enfant de huit ans, la fille de la dernière victime de « l'araignée ». En retrait, mais non moins importante, se situe la vox populi, représentée par les passants, hommes et femmes, qui expriment leur opinion sur les crimes, le criminel et la justice.
Ce qui est frappant, ce sont justement ces opinions. Si Saïd Hanaï, non repenti, exprime le point de vue de l'homme pieux qui n'a fait qu'accomplir son devoir religieux, et la journaliste Karimi, la femme émancipée de Téhéran, sans doute une dissidente, exprime celui dans lequel le lecteur occidental peut se reconnaître, toutes les autres opinions, même de condamnation du tueur en série, sont littéralement incommensurables avec nos propres (para)mètres.
L'on peut donc sortir de la lecture avec une saine réflexion sur le relativisme éthique, dans sa forme la plus radicale, c-à-d. celle où justement les paramètres du jugement du bien et du mal ne sont pas comparables avec les nôtres. (Ce qui ne correspond pas, naturellement, au relativisme épistémologique...)
Du point de vue graphique, hormis le chapitre qui se compose des dessins de la petite fille, les planches sont toutes tracées à l'encre noir, d'un trait fin, dont les lignes parallèles et croisées donnent le relief, la courbure et les ombres. Elles reproduisent les plans cinématographiques, avec quelques subtilités très remarquables comme les flash-back et les scènes oniriques (de l'assassin et du fils), sans pour autant avoir une ambition de réalisme. Les trois dernières pages de l'album, avec une grande intelligence, offrent une chute ouverte sur le pessimisme ou l'optimisme... au gré de la sensibilité du lecteur.
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alouett
  24 mai 2017
Saïd Hanaï était un maçon, père de famille et mari attentionné. Il vivait à Mashhad (la ville est considérée comme une ville sainte, elle se situe dans l'Est de l'Iran). Saïd Hanaï était musulman, croyant et fervent pratiquant. Musulman, croyant, Saïd Hanaï s'était donné pour mission de nettoyer Mashhad de la débauche. Entre août 2000 et août 2001, il a tué 16 prostituées. En août 2001, il s'en prend à une dix-septième prostituée mais c'est l'acte de trop. Il est arrêté et emprisonné. Surnommé « le tueur araignée », il croupira en prison jusqu'à son exécution en avril 2002.
Durant son incarcération, deux journalistes, Mazia Bahari et Roya Karimi, sont allés l'interviewer. Ils ont filmé cette rencontre. C'est en regardant ce documentaire que Mana Neyestani a eu envie d'adapter ce parcours atypique en bande dessinée et d'y mêler faits réels et fiction. En introduction, l'auteur précise d'ailleurs : « Ce livre résulte de la combinaison entre le documentaire de Mazia Bahari et mon propre imaginaire. Je n'ai pas tenu à être fidèle point par point à la réalité des faits, mais plutôt à m'inspirer de l'esprit des événements décrits ».
Ce qui marque en premier lieu, c'est la vie très ordinaire du tueur en série. Une enfance banale jusqu'à ce qu'il parte à la guerre dans les années 1980 (guerre Iran-Irak). On saisit vite que le conflit l'a traumatisé. Puis, il retourne à la vie civile, trouve du travail et se marie. le Coran lui montre la voie à suivre, les règles à respecter ; la religion rythme sa vie. En fidèle croyant, il connaît les textes sacrés par coeur mais applique sa propre vision de la charia.
Mana Neyestani s'était fait connaître en France avec son excellent témoignage autobiographique « Une métamorphose iranienne ». On retrouve ici son style. le propos va à l'essentiel et montre sans jugement toutes les contradictions d'une société prise à son propre piège et ballotée entre les traditions, la religion et la démocratisation.
Le journaliste iranien nous permet d'avoir plusieurs points de vue sur cet événement. Les entretiens avec le meurtrier sont le coeur du récit mais l'auteur l'enrichit du point de vue d'une victime, du juge en charge de l'affaire, de l'opinion publique. Des extraits de la rencontre avec la femme et le fils sont également de la partie.
Graphiquement, c'est tout aussi pertinent. Les dessins n'agressent à aucun moment et les jeux de hachures construisent une narration visuelle très fluide. L'ambiance graphique est sereine, presque posée. Elle donne un côté intimiste au reportage. Pas de tensions, pas de suspense mais une observation à la fois objective et empathique.
La personnalité du tueur est à la fois fascinante et terrifiante. Jamais il ne s'excusera pour les meurtres commis, convaincu d'être dans son bon droit et d'appliquer la justice divine.
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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bina
  01 octobre 2018
Voici un roman graphique qui m'a beaucoup plu aussi bien pour l'histoire que pour la forme, le dessin, la manière dont c'est mis en scène. Je ne connais pas grand-chose à ce type d'oeuvre, je pense qu'il y a un vocabulaire spécifique pour ce que je vais décrire, mais je ne le connais pas.
D'abord, l'intrigue. C'est une mise en image d'un documentaire réalisé par Mazar Bahari, journaliste irano-canadien travaillant pour Newsweek, arrêté et torturé en 2009. Son documentaire s'intitule And along came a spider, l'histoire d'un tueur en série s'en prenant aux prostituées de la ville chiite de Mashhad. Il n'a jamais pu être projeté en Iran. Mashhad, ville sous la coupe d'un imam fondamentaliste. Seize prostituées ont été retrouvées, étranglées, revêtues d'un tchador noir. Les crimes auraient pu se poursuivre encore longtemps. Qui est Saïd Hanai, le tueur en série ?
Ce roman graphique tente de répondre à la question. La journaliste Roya Karimi a été autorisée à interviewer le tueur araignée dans la prison, avant sa condamnation. Elle le rencontre avec un cameraman et cherche à comprendre ce qui l'a conduit à ces gestes extrêmes. Puis nous voyons l'interview de la femme du tueur.
C'est un arrêt sur image de la condition de vie en Iran dans un état autoritaire, dans une ville où le fondamentalisme religieux régit la vie quotidienne.
J'ai beaucoup apprécié la force de cette BD. L'attitude, le maintien des personnes, les gros plans, les zooms avant ou arrière nous donnent des vues d'ensemble ou nous plonge au coeur de l'histoire. Et on voit peu à peu l'étau se resserrer au fur et à mesure que l'araignée étend sa toile.
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critiques presse (6)
Bibliobs   05 juillet 2017
Le tout est raconté et dessiné avec une intelligence éblouissante par Mana Neyestani, dont on avait déjà remarqué « Une métamorphose iranienne », où il relatait ses déboires de dessinateur sous Ahmadinejad.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
BoDoi   05 juillet 2017
Jamais ennuyeux, malgré de longues séquences de questions-réponses, son récit restitue la puissance des mots de Hanaï, la façon dont ils atteignent une société excluante, intolérante. Jusqu’à justifier le meurtre.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   22 juin 2017
A la fois récit d'une enquête journalistique et portrait d'une sombre personnalité, "L'Araignée de Mashhad" révèle également les contradictions de la société iranienne, tout en confirmant les qualités du dessinateur.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   20 juin 2017
Partant d’un fait divers judiciaire, le bédéiste parvient, avec une économie de paroles et d’images, à décrire une société. Un joli tour de force.
Lire la critique sur le site : BDGest
Telerama   14 juin 2017
Au fil des entretiens menés par les deux journalistes, comme dans de petites scènes saisies sur le vif, Neyestani dépeint avec talent une société schizophrène dont les contradictions et les zones d'ombre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   26 mai 2017
Avec cet album, et ce fait moins divers qu’il n’y paraît, Mana Neyestani arrive ainsi parfaitement à montrer les hypocrisies d’une société rigoriste où les premières victimes sont les femmes.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   31 mai 2017
- Monsieur Hanaï, vous avez dit que quand elles poussaient leur dernier soupir, vous étiez rassuré. Rassuré par quoi ?
- J'étais rassuré de voir qu'elles ne réagissaient plus et ne reviendraient plus à la vie.
- Qu'est-ce qui se serait passé si elles étaient revenus à la vie ?
- Je me serais remis sur leur cou alors qu'elles étaient à plat ventre.
- À vous entendre, on a l'impression que vous tuiez des poules ou des moutons. Vous ne faites pas de différences entre ces femmes et des bêtes ?
- Je n'ai jamais tué de poules ou de moutons. J'ai trop de pitié pour les animaux. Pour moi, ces femmes valent moins que des bêtes.
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ApoapoApoapo   10 septembre 2018
« Le pire crime de cet horrible tueur qui rôde encore n'est pas d'avoir assassiné ces femmes sans vertu. C'est de semer le doute quant à la justice divine et au règne de la loi islamique. C'est de faire croire que l'on peut impunément tracer des points formant une écriture obscène. » (p. 83)
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Erik_Erik_   01 octobre 2020
L'enseignement de l'araignée n'est pas pour la mouche.
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Videos de Mana Neyestani (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mana Neyestani
Présentation de la bande dessinée "Trois Heures" de Mana Neyestani (c) 2020 Arte Editions / Editions çà et là
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