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EAN : 9782916207650
200 pages
Éditeur : Editions Ca et Là (17/02/2012)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Le cauchemar de Mana Neyestani commence en 2006, le jour où il dessine une conversation entre un enfant et un cafard dans le supplément pour enfants d’un hebdomadaire iranien. Le problème est que le cafard dessiné par Mana utilise un mot azéri. Les azéris, un peuple d’origine turc vivant au nord de l’Iran, sont depuis longtemps opprimés par le régime central. Pour certains, le dessin de Mana est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et un excellent prétexte pour... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 septembre 2017
En tant que dessinateur de presse, Mana Neyestani a travaillé pour plusieurs journaux politiques réformistes et d'opposition sans rencontrer le moindre problème. Suite à l'interdiction de plusieurs journaux et se retrouvant ainsi sans travail, il se dirige vers la presse jeunesse. Tout se passe bien pendant 2 ans, il propose tous les samedis matins et les dimanches soirs, un sujet de science ou de satire. Mais, en 2006, il dessine une conversation entre un gamin de 10 ans et un cafard. Or, il prête à ce dernier un mot d'origine azéri : namana. Les Azéris sont un peuple ethnique d'origine turque du nord-ouest de l'Iran, opprimés par le régime central. Dès lors, ces derniers se sentant offensés et insultés, des manifestations estudiantines sont organisées. Des manifestations qui gagnent les rues et provoquent des émeutes. le responsable est de suite trouvé : Mana Nesyestani. Lettres d'excuse, convocations chez le procureur général puis détention provisoire... le cauchemar ne fait que commencer...
Mana Neyestani nous livre le récit de sa descente aux enfers. Partant d'un simple cafard utilisant un mot d'origine azéri, il va être plonger dans une machinerie judiciaire aussi incroyable qu'effroyable. Dans un pays autoritaire et façonné par la censure, Mana sera confronté à une bureaucratie froide, à des violences verbales et physiques, à des hommes corrompus et à une machination politico-judiciaire. de ce qui devait n'être qu'une simple détention va prendre des proportions inimaginables, tout ça à cause de son petit dessin. Il décrit, pas à pas, son parcours ponctué de vains espoirs, de craintes, de peurs et relate son désarroi et son impuissance face à un système aveugle. Un témoignage poignant et glacial qui nous plonge dans une ambiance oppressante et intense. le trait hachuré et le noir et blanc servent à merveille cet album qui donne à réfléchir sur la notion de la liberté d'expression...
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Crossroads
  26 février 2013
Une référence Kafkaienne à peine voilée , un récit qui fout vraiment le cafard !
Voici l'histoire vraie de Mana Neyestani , dessinateur Iranien engagé dans un journal pour enfants qui aura eu le malheur , par le biais d'un seul mot anodin prononcé par un inoffensif petit cafard , de se mettre à dos toute la communauté Azéri , laquelle se sentant alors offensée , décida de se soulever et de mettre une partie de l'Iran à feu et à sang .
Direction la prison ! Sans passer par la case départ – ni jugement d'ailleurs – , sans toucher 20000 rial ! Inutile de vous dire qu'il était pas prêt de rechanter «  Y a d'la joie , bonjour , bonjour... »
Magistral !
Récit authentique décrit sous forme journalistique , il retrace les tristes tribulations d'un Iranien prisonnier en Iran . Ni juge , ni vindicatif , l'auteur fait dans le factuel sans jamais dénoncer même si l'on devine aisément ses opinions à l'égard d'un régime totalitaire omnipotent .
Considéré comme élément subversif , Mana va devenir l'objet de toutes les attaques , toutes les diatribes à qui il ne pouvait opposer qu'une illusoire bonne foi face à un système judiciaire pourri jusqu'à l'os qui l'avait déjà condamné!
Il nous relate ses craintes , ses espoirs , ses terrifiants cauchemars mortifères , sa totale impuissance face à une autorité en place dont il est désormais devenu le jouet , le symbole affiché d'une prétendue opposition souterraine ballotée au gré des flots rageurs d'un pouvoir manipulateur à l'extrême .
Des terrifiantes conditions de prisonnier politique à la délivrance , un parcours humain exceptionnel d'intensité ! Porté par un sublime dessin en noir et blanc , souvent aussi absurde que sa situation et n'étant pas sans rappeler le coup de crayon et l'esprit de Serre , ce récit , malgré la noirceur du propos , souffle haut et fort comme un bienfaisant vent de lutte et de liberté !
Une métamorphose Iranienne : les dessinateurs de Charlie Hebdo ont bien de la chance...
http://www.youtube.com/watch?v=_kJ29CO3Vnw
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cuisineetlectures
  07 janvier 2013
Nous sommes en 2006 en Iran et Mana Neyestani ne fait plus de vagues avec des dessins politiques jugés dangereux.
Ce jour-là, il croque d'un coup de crayon, un enfant qui engage la conversation avec un cafard, c'est plutôt rigolo dans un journal destiné à un jeune public, non ? le problème, c'est que le petit insecte emploie un mot azéri. Et en Iran, les azéris, peuple d'origine turque opprimée par le régime iranien, voient dans ce dessin, une provocation humiliante et bientôt c'est tout une communauté qui s'enflamme. Réaction opportuniste ou pas, pour le régime iranien, il faut un coupable.
Dès lors, le pauvre Mana ne sera plus en paix.
Son récit autobiographique est kafkaïen. Les thèmes abordés sont malheureusement universels, la dictature qui broie les êtres et les idées, la vie en prison, les interrogatoires, un enfermement à vous rendre fou avec une question lancinante, « quand vais-je sortir ? »
Pas de couleur, juste des dessins en noir et blanc, une petit bonhomme avec ses lunettes, des plans cinématographiques comme autant de scènes suffocantes d'angoisse partagée avec le personnage.
La puissance d'évocation du dessin est tout à fait réussie dans cette BD remarquable, on entend crier dans la prison, la sueur coule sur les fronts, il y a la drogue, les viols, Mana sort enfin de prison mais ses jours de liberté sont comptés et dès lors, il veut regagner Paris. Les nerfs craquent parfois, il faut demander de l'aide, contacter les ambassades, réunir de l'argent, mais Mana et sa compagne tiennent bon et tentent jusqu'à la dernière page d'échapper à leur épouvantable destin.
Mana Neyestani a du courage et du talent. C'est précieux.
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trust_me
  25 janvier 2012
Un petit dessin, rien d'autre. Un petit dessin qui a valu en 2006 à l'iranien Mana Neyestani les pires tourments. Tout ça parce qu'il a représenté un cafard prononçant un mot azéri dans un journal pour enfants. Pour la communauté Azérie d'Iran et pour l'Azerbaïdjan, ce dessin est une insulte. Offensés parce qu'ils pensent qu'on les assimile à des insectes, les azéris manifestent violemment. Les émeutes sont réprimées dans le sang et le gouvernement iranien décide d'arrêter le dessinateur pour calmer la vindicte populaire. Totalement dépassé par les événements, Neyestani se retrouve plongé dans un engrenage inarrêtable. « Je n'en revenais pas que des gens manifestent contre un journal iranien et qu'ils le fassent sur le simple prétexte d'un mot dans un de mes dessins. »
Incarcéré, il découvre la prison d'Evin, au nord de Téhéran. Il y passe plusieurs mois et subit des interrogatoires musclés. Au bout de 51 jours à l'isolement, il se retrouve dans la section des prisonniers détenus pour crimes financiers. Mana y côtoie dans la plus grande promiscuité des junkies en manque, un vieillard sénile et des escrocs sadiques. Quand sa famille parvient à payer la caution lui permettant de retrouver temporairement la liberté en attendant la tenue du procès, le dessinateur décide de quitter l'Iran avec sa femme. En quête de visa pour l'Europe, il part dans un premier temps à Dubaï avant de se retrouver en Turquie puis en Chine. Échappant de peu à l'extradition vers son pays d'origine, c'est en Malaisie qu'il trouvera durablement refuge. Depuis février 2011, il vit à Paris en résidence d'artiste à la Cité Internationale des Arts dans le cadre du programme ICORN de soutien à la liberté d'expression.
Mana Neyestani pose un regard à la fois réaliste et distancié sur le tourbillon qui a bouleversé sa vie sans crier gare. Pas d'apitoiement, pas non plus de colère, juste une analyse lucide et chronologique des événements tels qu'ils se sont enchaînés. Effrayé à l'idée que l'un de ses dessins ait entraîné des répressions mortelles contre les manifestants, il ne comprend pas comment tout cela a pu prendre de telles proportions.
Son parcours vers le statut de réfugié politique sera une autre terrible épreuve à franchir tant les désillusions vont être nombreuses. Lorsqu'il décide de quitter l'Iran, son premier réflexe est de s'adresser à l'ambassade de France. Au pays des droits de l'homme, on ne pourra qu'accéder à sa requête, pense-t-il. Qu'elle n'est pas sa surprise en découvrant que l'homme auquel il demande de l'aide n'est pas un descendant de Jean-Jacques Rousseau mais un fonctionnaire obtus qui l'écoute sans réellement lui prêter une quelconque attention. Ironie de l'histoire, c'est grâce à la Chine, loin d'être à priori une référence en matière de droits de l'homme, que la situation pourra se débloquer.
Graphiquement, ce témoignage ne donne pas dans le réalisme à la Joe Sacco. Les références sont plutôt à chercher du coté de Robert Crumb, avec les nombreuses hachures qui envahissent chaque case. Saupoudrant son récit de petites touches d'humour, Neyestani sait aussi faire preuve d'une belle inventivité grâce à quelques trouvailles visuelles qui ne sont pas sans rappeler le dessin de presse (cf. second extrait ci-dessous lorsqu'on lui annonce sa remise en liberté provisoire).
Une métamorphose iranienne est un album d'une grande puissance qui décortique méticuleusement le basculement d'un dessinateur pour la jeunesse dans l'univers kafkaien mis en place par le système totalitaire iranien (la référence à La Métamorphose dans le titre n'est évidemment pas anodine). Pour le lecteur, c'est aussi une réflexion sur la liberté d'expression et sur le fait que cette dernière, selon l'endroit où l'on vit, ne tient parfois qu'à un fil, ou plus précisément à un petit trait de crayon.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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colimasson
  26 novembre 2012
« Cette métamorphose commence aussi avec un cafard. Mais mon histoire est légèrement différente. »

Tout de même ! Depuis le Procès de Kafka, les systèmes politique et législatif semblent n'avoir pas perdu de ce caractère labyrinthique qui leur permet de se situer au-delà de la logique humaine… Mana Neyestani en témoigne, lui aussi victime d'un abus judiciaire qui a commencé avec la publication d'un dessin de cafard pour un périodique destiné aux enfants –on mire cette fois vers la Métamorphose du même Kafka

Comme Mana Neyestani, difficile de croire au début qu'un dessin aussi innocent puisse provoquer des émois parmi la minorité turque azéri. Parce qu'elle est obsédée par ses conflits avec le régime central de l'Iran, tout devient prétexte à la victimisation qui permet l'accusation. Pas besoin de preuves plus élaborées : il suffit de jouer sur l'émotion et de brandir son statut de martyr pour contrecarrer toute velléité de protestation. Cependant, Mana Neyestani est bien obligé d'accepter la réalité de la situation lorsque lui et son éditeur sont arrêtés et emmenés en prison. Première incursion dans un monde ambivalent où, malgré la violence de la pression exercée sur les prisonniers, les moyens employés sont toujours ceux très courtois d'un système administratif perfectionné dans le harcèlement et la torture morales.

Après deux mois de détention, la liberté provisoire est accordée à Mana Neyestani. Retrouvant son foyer, il décide alors de s'enfuir d'Iran avec sa femme. Alors que le plus dur semble avoir été franchi, le dessinateur prend malheureusement conscience que le système est tout aussi alambiqué à l'internationale qu'en Iran et que ce qui semblait aussi simple que quitter son pays s'avère être, en réalité, un processus qui ferait presque regretter la détention à la prison d'Evin.

Finalement, Mana Neyestani parviendra à s'enfuir d'Iran et, comme il nous l'explique dans l'épilogue, il s'installera en Malaisie avant de recevoir une invitation de la ville de Paris pour une résidence artistique. C'est ici qu'il s'attèle à la tâche de rapporter son histoire dans laquelle trottine, se faufilant entre les pages, le mirage de ce cafard qui lui a fait prendre conscience de l'enchevêtrement des systèmes politiques dans son pays ainsi qu'à l'internationale. Nous découvrons cette réalité en même temps que l'auteur, souvent dépassés, comme lui, par les absurdités de processus qui semblent parfois ne jamais devoir prendre fin. Encore une fois, après Kafka et tant d'autres, preuve nous est faite que la réalité dépasse souvent le fantastique…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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critiques presse (5)
Telerama   29 février 2012
L'aventure, kafkaïenne jusqu'au bout, est un imparable plaidoyer pour la liberté (d'expression, mais pas seulement). En Iran et ailleurs.
Lire la critique sur le site : Telerama
BulledEncre   23 février 2012
Une biographie puissante et terrible sur laquelle l’auteur porte un regard lucide et très profond.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
LeMonde   20 février 2012
Des séquences poétiques et oniriques reflètent ses émotions : son amour pour sa femme, son sentiment d'être pris au piège, son rêve de liberté.
Lire la critique sur le site : LeMonde
BDGest   08 février 2012
Le trait, qui rappelle plus celui de Robert Crumb que celui de Joe Sacco, est très marqué par le passé de dessinateur de presse de l'auteur. Les personnages, en particulier, sont dépeints d'une manière frôlant la caricature, soulignant ainsi tel ou tel trait de caractère. La mise en scène sobre, mais imaginative, rend la lecture des plus agréables malgré la gravité des propos.
Lire la critique sur le site : BDGest
BDGest   01 février 2012
Bouleversant, Une Métamorphose iranienne est une plongée en apnée dans le système totalitaire kafkaïen mis en place par le régime iranien.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   18 février 2012
Salaam, M. Neyestani. Je dois vous répéter combien je suis désolé de ce qui arrive. Nous pensons qu’il y a eu un malentendu, mais l’Azerbaïdjan ne l’entend pas de cette oreille. Mettez tout par écrit sans omettre aucun détail. Vous écrirez pourquoi vous avez dessiné ce cafard et utilisé un terme turc. Vous avez tout votre temps et un large stock de papier. Plus vous serez exhaustif, plus vous serez convaincant, plus vous vous rendrez service. (…) Nous poursuivrons notre conversation demain. Essayez de réfléchir à des motifs plus valides. (…) Pour nous, c’est le moment ou jamais de compléter nos registres avec ce que vous savez. Parlez-nous des dessinateurs iraniens que vous connaissez. Écrivez donc tout ce que vous savez sur eux
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10clap10clap   06 janvier 2014
La liberté, c’est votre frère qui vous attend les bras grands ouverts à la sortie de la prison. La liberté, c’est contempler tous les immeubles de votre ville à travers la vitre du taxi. Comme si vous les voyiez pour la première fois. La liberté, c’est rentrer à la maison et retrouver ceux qu’on aime
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colimassoncolimasson   26 novembre 2012
Le temps que nous passons en cellule de semi-isolement atteint quarante jours, puis cinquante… Nous sommes privés de vue… nos yeux n’ont rien à voir, si ce n’est quatre murs vides et une minuscule fenêtre. Il n’y a aucune odeur si ce n’est celle de notre sueur. Il n’y a rien à entendre. Il règne un silence de mort. Nous n’entendons que l’appel à la prière. A intervalles réguliers. Au bout d’un mois, je souffre d’hallucinations auditives. Même quand ce n’est pas l’heure de l’azan, nous l’entendons résonner dans nos têtes.
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colimassoncolimasson   28 novembre 2012
Quand les bandes atteignent le centre de la cellule, il est environ 10h du matin. Quand elles atteignent le mur d’en face, il est midi. Quand la lumière commence à grimper au mur, on s’approche de l’après-midi. Et quand la lumière finit par disparaître en haut du mur, il est 18h passées. Et c’en est fini d’une nouvelle journée atroce.
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Lilou789Lilou789   07 décembre 2014
La prison, ça marque à vie. Mes conditions de détention n’étaient pas les pires, comparées à celles d’autres détenus. Malgré tout, pour moi, il y a eu un avant et un après. J’en fais encore des cauchemars. Pas tout le temps... toutes les quatre nuits environ.

Je me vois enfermé dans une pièce et je ne sais pas quand je vais en sortir. Depuis que je suis à Paris, souvent, en pleine journée, je pense aux prisonniers qui sont encore là-bas. Ça me bouleverse. Ça me fait mal.
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Vidéo de Mana Neyestani
Présentation de la bande dessinée "Trois Heures" de Mana Neyestani (c) 2020 Arte Editions / Editions çà et là
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