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Critiques sur Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (174)
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latina
  04 mars 2016
« Si vous tenez à faire plaisir à un homme – préparez-lui une tarte. Mais assurez-vous que la tarte est parfaite. Plaignez l'homme qui n'a jamais trouvé en rentrant chez lui une tarte à la citrouille ou à la crème anglaise»
Je suis sûre que vous toutes, mesdames, bonnes ménagères, êtes tout à fait d'accord avec cette phrase issue du livre de cuisine-culte des années 50.
Non ? Me suis-je trompée sur vous ?

Sans rire, l'héroïne de ce roman, Marylin, mère au foyer, mère de 3 enfants - principalement de Lydia - , a été élevée dans le culte du « bon mariage ». Elle qui voulait devenir médecin, elle n'a été abreuvée que par les conseils pro-matrimoniaux de sa propre mère. Résultat : devenue mère au foyer comme il se doit, elle transfère son rêve sur sa fille, Lydia, qu'elle imagine exceptionnelle.
SA fille, la prunelle de ses yeux. Elle en a une autre, pourtant : Hannah. Et aussi un fils : Nathan. Mais curieusement, cette « bonne mère », traumatisée par ce rêve détruit dans l'oeuf, ne peut être qu'imparfaite, intransigeante, inflexible, impossible.

Son époux transfère lui aussi ses rêves sur Lydia...
Il est Chinois, et dans les années 50 et même au-delà, c'est traumatisant pour les Américains de croiser un être aux yeux bridés, qui plus est s'appariant avec une blonde bien américaine. C'est LA différence qui tue ! C'est l'horreur ! Il ne sortira jamais rien de bon de ce mariage si mal agencé ! Et pourtant il s'appelle James, et donne cours à l'université sur...le cow-boy américain.
Donc, il aimerait tant que sa fille se fonde dans la masse, fasse « comme les autres », malgré ses yeux bridés, quoique bleus.
Traumatisé par sa jeunesse brisée, il ne peut être qu'imparfait, intransigeant, inflexible, impossible.

Et pourtant, ces parents aiment Lydia.
Et pourtant, ces parents aiment moins leurs 2 autres enfants.
Et pourtant, Lydia meurt, « asservie par les rêves des autres ».

Roman glaçant, tourmenté, fouillant avec ferveur le tréfonds des désirs et des peurs : voilà le cadeau que m'a fait Babelio en partenariat avec les éditions Sonatine.
Il m'a confortée dans l'idée que la famille est un système, une structure dont les membres sont inextricablement liés. Microcosme ballotté dans la tourmente de la vie, incapable de rester stable, la famille peut être un cadeau mais aussi un fardeau.

Parents, interrogez-vous une minute : vos enfants sont-ils aimés à leur juste mesure ?
C'est l'occasion de vous dire tout ce que vous ne vous êtes jamais dit.
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nameless
  27 février 2016
Une grande romancière est née. Elle s'appelle Celeste Ng, est américaine. Son premier roman Tout ce qu'on ne s'est jamais dit est édité chez Sonatine, découvreur de talents depuis 2008. Dans ce roman d'une stupéfiante maturité, d'une justesse psychologique à couper le souffle, à la construction sophistiquée, porté par un superbe style richement imagé (sans doute sublimé par la traduction qui en restitue les moindres nuances) et des dialogues intelligents, Celeste Ng met en scène des personnages fragiles, complexes, émouvants à travers l'histoire de la famille Lee.

Comment est-ce que ça a commencé ? Comme toujours : avec les mères et les pères (p. 31).

1958 : Marilyn Walker épouse James Lee. En 4ème année universitaire pour devenir médecin, elle est confrontée au sexisme qui mène la vie dure aux femmes briguant un prestigieux métier d'homme.  Elle se heurte aussi à la désapprobation de sa mère, qui imagine plus volontiers Marilyn en Betty Crocker, fée du logis nourricière, cuisinière d'excellents gâteaux. James est son professeur, doctorant, à peine plus âgé qu'elle. Lui dont les origines chinoises stigmatisent son physique bien qu'il soit né en Californie, anime un cours sur « Le cow-boy dans la culture américaine ». Il a une revanche à prendre sur son passé de petit chinetoque aux yeux bridés, de coolie habitué à faire des courbettes, et sur tant d'autres insultes ou sobriquets reçus au cours de son enfance. Il ne vit que pour atteindre l'intégration parfaite dans le pays où tous les hommes sont égaux : “Son père est arrivé en Californie sous un faux nom […]. L'Amérique était un melting-pot, mais le Congrès, terrifié à l'idée que le mélange soit en train de devenir un peu trop jaune, avait banni tous les immigrants de Chine” (p. 44). C'est dans ce contexte historique documenté par l'auteur, que ces deux compagnons d'infortune unissent leurs destinées, alors qu'”en Virginie, dans la moitié du pays, leur mariage enfreindrait la loi” (p. 55). Un mariage mixte !

Trois enfants naissent de leur union, l'arrivée non programmée du premier interrompant brutalement les ambitions médicales de Marilyn. Nath, l'aîné, développe au cours du récit une passion pour l'épopée spatiale des cosmonautes us, les étoiles, le ciel, c'est sa manière à lui de s'échapper, il s'envole. Hannah, la 3ème enfant, négligée, préfère quant à elle s'enterrer, se cacher sous des tables ou dans des placards, c'est sa manière à elle de s'échapper, elle disparaît sous terre. Mais c'est sur Lydia, la seconde de la fratrie, que Celeste Ng dirige son impitoyable scialytique. Elle a été avec amour, choisie par ses parents, surtout Marilyn, pour devenir l'héritière de leurs rêves perdus, cristallisant toutes leurs frustrations et douleurs. Dès son plus jeune âge, les cadeaux que reçoit Lydia, uniquement des livres vecteurs du savoir, sont en relation avec les espérances dont ils l'ont affectueusement, croient-ils, investie : “Expériences de chimie pour les enfants”, “Comment fonctionne votre corps”, “L'atlas en couleurs de l'anatomie humaine”. Cette petite fille étouffe sans un instant de repos, cours supplémentaires, devoirs d'été, “sautage” de classes, mais résiste courageusement, avide d'être aimée, de faire tout ce qui ferait plaisir à sa mère, de crainte de la perdre. Lorsque ses parents détectent qu'elle n'a pas d'amis, se recroqueville à l'intérieur d'elle-même, il est déjà trop tard, et la nouvelle thématique des livres offerts : “Comment se faire des amis et influencer les gens”, “Six manières de se faire aimer”, ne changera plus le cours du destin.

Lydia a disparu un soir avant d'être retrouvée au fond d'un lac quelques jours plus tard. Que s'est-il passé ? Où sont les responsabilités ? Y-a-t-il un coupable ? Il faut atteindre la fin du roman, surprenante, subtile, pour le comprendre au moment où toutes les pièces du puzzle s'imbriquent les unes dans les autres, sans aucun jeu. Je ne terminerai pas sans citer trois personnages, secondaires mais sans lesquels le roman n'aurait pas atteint l'excellence : Louisa, assistante de James, qui tend avec générosité au père détruit par son deuil, une passerelle qui relie Thanatos et Eros, Jack, voisin des Lee, gosse mal élevé par une mère seule et médecin, ainsi que le livre de recettes de Betty Crocker, essentiel dans la compréhension de cette bienveillante machine familiale à broyer les enfants. Tout ce qu'on ne s'est jamais dit aurait pu s'intituler “Le monde du silence”, mais le titre était déjà pris. Marilyn et James ont fait leur une forme d'éducation malheureusement courante, tout ce dont on ne parle pas, n'existe pas et s'oublie. Est-ce si simple ? Un amour maternel toxique peut-il devenir une maltraitance psychologique pour l'enfant qui le subit ?

Dans une courte postface, Celeste Ng indique que la gestation de ce roman a nécessité 6 années. On comprend pourquoi il est tellement abouti. Elle précise avoir pris quelques libertés avec de menus faits historiques, ce qui prouve que cette jeune femme a étudié l'histoire, de son pays, de l'immigration, de la condition des femmes et que c'est dans ses racines qu'elle a plongé sa plume. Certaines anecdotes (Marco Polo à la piscine, par exemple) ne peuvent avoir été inventées. Celeste Ng sait de quoi elle parle, et en parle si bien... Bien que je n'aime guère comparer des auteurs, chacun étant unique, j'ai pensé au cours de cette lecture à Megan E. Abbott, qui dans La fin de l'innocence, notamment, a décrit avec talent et sensibilité la vulnérabilité adolescente.

Merci à Babelio et à Sonatine pour cette exceptionnelle et marquante découverte.
 
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nannou71
  27 janvier 2017
Un coup de coeur !!!! Un vrai !!!
Une jeune fille de 16 ans meurt, noyée dans un lac.
Nous rentrons alors dans l'intimité de cette famille de 5 personnes : le père, la mère, le fils aîné et les 2 filles. Une famille comme il y en a partout en Amérique. Une famille qui se construit, sur le passé de chacun.
Les parents amènent leur propre vécu, les sentiments et les ressentiments, les rêves et les regrets, de générations en générations... Les enfants se construisent peu à peu, avec leurs propres envies, mais surtout " en traînant des casseroles", celles de leurs parents et grands-parents.
Une famille construite sur des non-dits.
Celeste Ng apporte ici une ambiance pesante. On a mal pour la petite Hannah, on a mal pour Nath, on comprend que Lydia a mal également. Quant aux parents, eux aussi souffrent, en silence !! On aimerait les aider, leur dire de communiquer. Facile à dire !
Ce roman n'est pas un polar, un thriller. C'est un roman qui raconte l'histoire d'une famille ordinaire.
Les pages se tournent les unes après les autres. On est pris dans cette histoire qui pourrait être la nôtre. Construire une famille, élever ses enfants, se réaliser soi-même... Comment ne pas faire d'erreurs, comment voir les personnes de notre entourage telles qu'elles sont réellement, sans transposer nos rêves et nos espoirs ??...
Bravo à Celeste Ng pour ce 1er roman.
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jeunejane
  27 juin 2017
Les faits se déroulent dans l'Ohio, en 1977.
Le matin, la famille constate la disparition de Lydia, 16 ans.
On la retrouvera noyée dans le lac de la ville.
Lydia était la fille aînée de James, d'origine chinoise, professeur d'histoire américaine à l'université locale. Sans avoir jamais vu la Chine, il rêve d'une intégration totale dans le peuple américain mais il ressent sa différence.
Miriam est mère au foyer et déçue de s'être lancée dans la vie familiale sans avoir effectué ses études de médecine.
Lydia était leur fille aînée, ils avaient fondé tous leurs espoirs de voir réaliser leurs rêves personnels à travers leur fille.
Lydia avait un frère, Nathan et une jeune soeur Hannah conscients de la préférence de leurs parents pour leur soeur.
Tout cela, nous le découvrons petit à petit et ce n'est pas un thriller, ni un policier mais une introspection fine des rouages de cette famille qui pourrait être la nôtre.
Je pense que le succès du roman doit beaucoup à cette identification que nous pouvons opérer à certains moments du récit car qui est parfait en tant que parents même quand on pense être dans la bonne voie.
Heureusement, nos histoires ne se terminent pas toujours aussi tragiquement.
Très belle lecture enrichissante avec un petit bémol pour la présentation du livre par une chroniqueuse "Femina" qui présente l'ambiance comme celle que développe Laura Kasischke. J'apprécie beaucoup cette auteure mais l'atmosphère de ses romans est mille fois plus mystérieuse et le suspense est saupoudré par petites touches. Rien à voir.
















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indira95
  29 février 2016
Comment être déconcertée dans le bon sens du terme ? Et bien lisez ce premier roman de la très prometteuse Célecte Ng et vous verrez. Merci aux éditions Sonatine et à Babelio de m'avoir permis de découvrir cet auteur car nous ne sommes pas loin du coup de coeur.

Quand on m'a contactée pour le chroniquer j'ai rapidement fait le calcul : éditions Sonatine = roman noir/polar/policier = romans de qualité = choix éditoriaux approuvés la majeure partie du temps par bibi. Donc revenons-nous en à nos moutons. le roman s'intéresse à la question suivante : comment la jeune et prometteuse Lydia Lee, 16 ans, métisse sino-américaine a-t-elle trouvé la mort ? Suicide ? Assassinat ? Accident ? Comment expliquer la découverte de son corps noyé dragué dans le lac à 5 min de là où elle habitait ?

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit déroule le fil de cette macabre découverte qui a chamboulé en quelques minutes le quotidien de sa famille : sa mère Marylin, femme au foyer, pure whasp américaine qui n'a jamais caché sa préférence pour sa puinée, modèle de réussite et porteuse de tous ses rêves brisés, à savoir être médecin ; son père James, prof de fac d'origine chinoise, qui toute sa vie a souhaité s'intégrer parfaitement dans le moule américain ; son frère Nath qui ne rêve que de quitter l'étouffant cocon familial et est sur le point de le faire en intégrant Harvard ; sa petite soeur que tout le monde semble ignorer et qui assiste impuissante à l'éclatement d'une bulle familiale sous pression. Car nous le comprenons assez vite, rien n'est rose chez les Lee. Rancoeurs, non-dits, souffrances et frustrations sont le lot quotidien de tous ces membres. On découvre la dure réalité d'un mariage mixte aux USA (l'intrigue se déroule dans les années 70) et ce que cela implique : regard de l'autre, rejet, racisme ordinaire. On y parle également de rêves brisés, celui d'une femme, Marylin qui a tant souhaité être médecin mais a dû abandonner pour fonder une famille, celui d'une relation fraternelle fusionnelle, celle de Lydia et Nath qui font corps pour affronter le monde extérieur. On apprend à connaître chaque membre de cette fratrie, à les découvrir dans leur complexité. En filigrane, c'est la figure de Lydia qui apparaît et dont personne pas même ses proches ne savent rien finalement, jeune fille discrète et élève modèle sur qui reposent beaucoup d'espoirs : réussite et revanche sur le passé.

Je pourrais dérouler encore 2 pages pour vous parler de ce roman qui m'a beaucoup touchée. Moi qui pensais avoir affaire à une classique (et divertissante) intrigue policière (avec une enquête, des inspecteurs et tout le tintouin) je me retrouve avec un roman aux qualités littéraires indéniables qui est loin de rentrer dans la case du roman noir. Au final, nous nous intéressons moins à comment Lydia est morte qu'aux raisons qui ont fait d'elle la jeune femme mystérieuse et insaisissable qu'elle fut. Céleste Ng a su conquérir mon p'tit coeur de lectrice avec ce tableau de famille brisée porté par une écriture sensible et profonde (chapeau à la traduction d'ailleurs). Tout est juste et d'une maîtrise impressionnante pour un 1e roman. Chapeau madame, j'en redemande !
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sandrine57
  07 mai 2017
Lydia Lee est morte. Un beau jour du mois de mai 1977, son corps a été retrouvé, noyé dans le lac , juste derrière la maison familiale. Elle n'avait que 16 ans. Meurtre, accident, suicide ? Pour ses parents, cela ne fait aucun doute : quelqu'un a fait du mal à Lydia, leur fille tendrement aimée, la plus jolie, la plus douée, la meilleure de leurs trois enfants. Pourtant, derrière la lycéenne brillante, appelée à être docteur, la fille populaire entourée d'amies que décrivent ses parents, se cache la vraie Lydia, timide, solitaire, écrasée par la pression parentale. Alors que Nath, l'aîné, et Hannah, la petite dernière, sont totalement délaissés par Marylin et James, Lydia est la somme de toutes leurs espérances. Elle sera médecin, comme sa mère rêvait de l'être, elle sera une parfaite américaine, comme son père, d'origine chinoise, rêvait de l'être. Oui mais, malgré ses yeux bleus et ses cheveux clairs, pour la société américaine frileuse des années 70, Lydia est une chinoise. Sa différence se voit dans ses yeux bridés et dans ce père qui, même s'il enseigne la littérature américaine à l'université, ne sera jamais un grand blanc, bleu, blond made in US. Pour cette famille dévastée, la vie ne sera plus jamais la même sans Lydia mais pourront-ils surmonter les petits secrets, les non-dits, les trahisons, le manque de communication ? Sauront-ils se rendre compte de leurs erreurs ?

Malgré leurs manquements ou leur trop plein d'investissement selon les cas, le couple Lee est attachant et émouvant. Elle, pur produit de l'Amérique des années 50, élevée par une mère professeure d'arts ménagers, éduquée pour être la plus parfaite des épouses, et qui choisit, envers et contre tous, d'être médecin. le destin en décidera autrement. Elle tombe amoureuse d'un jeune professeur, James Lee. le mariage, les grossesses et son rêve s'effondre au profit de la famille. Lui est d'origine chinoise. Il est né en Californie, n'a jamais mis les pieds en Chine mais pour tout le monde, il est chinois. Après une enfance solitaire, rejeté, humilié, insulté, il garde la trace de cette intégration rendue impossible par les préjugés et le racisme ordinaire. Leur rencontre est un miracle, un bol d'air pur dans un monde qui a du mal à les accepter. Ils ont jeté le voile de l'amour sur leurs blessures, leurs fêlures, leurs déceptions, leurs rêves avortés. Chacun à sa façon a une revanche à prendre sur la vie, le poids des espoirs déçus que devra porter Lydia, la gentille, la docile, la belle Lydia. Négligés, les deux autres enfants du couple sont livrés à eux-mêmes, privés d'amour et d'attention. Quelle énorme pression pour cette enfant fragile qui doit briller dans ses études, s'entourer d'amis et ne pas se faire détester par son frère et sa soeur.
L'histoire de cette famille fait bien sûr froid dans le dos mais elle donne aussi à réfléchir sur le rôle de parents, le passif que l'on transmet malgré soi à ses enfants, les erreurs que l'on commet là où l'on croit bien faire. Céleste Ng, dont c'est le premier roman, fait preuve d'une parfaite maîtrise de l'intrigue et de l'écriture et d'une belle sensibilité qu'on sent à fleur de peau. Elle a su nous plonger dans cette famille dysfonctionnelle sans nous faire détester ses membres les plus faillibles. Au contraire, elle a su nous les rendre proches, nous faire ressentir la même tendresse qu'elle a pour eux. Et puis, elle fait là une fine analyse critique de la famille, ce microcosme complexe où s'agitent différentes personnalités liées par des drames, des joies, des expériences vécus en commun mais ressentis différemment. Ce livre est une claque, un bijou, une pépite ! Un coup de coeur absolu !
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AudreyT
  20 juin 2017
****
La famille Lee vit un terrible drame : Lydia, leur deuxième enfant, vient de disparaître. Âgée de 16 ans, elle concentre à elle seule tous les espoirs, les rêves et les attentes de ses parents. Sa disparition fait éclater cette famille en milliers de morceaux, plus à vifs les uns que les autres. Enlèvement, meurtre, suicide... Qu'est-il arrivé à cette jeune fille que tout le monde croit connaître ? Que vont découvrir ses parents ? Son frère ? Sa soeur ? Et comment continuer à avancer...
Si vous pensez ouvrir un thriller, vous serez déçus. le roman de Céleste Ng est une véritable plongée étouffante et sombre dans un huis clos familial. Les secrets et les non dits attireront chacun des membres toujours plus bas, plus loin dans les souffrances et les angoisses. Même si les relations entre ses 3 enfants et leurs parents semblent poussées à l'extrême, on sent très vite ce qu'elles ont de toxiques. On n'élève pas ses enfants dans l'espoir qu'ils réussiront là où nous avons échoués, mais bien en les portant vers leur propre sommet, même si ce n'est pas ce qu'on avait imaginé... Sous peine d'un drame... Leur laisser le choix, commettre leurs propres erreurs, expérimenter leurs aventures, en les protégeant, en les assurant d'un foyer aimant et à l'écoute... C'est certainement ce qui aurait sauvé Lydia... Un très beau et bon roman !!!
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Kittiwake
  09 août 2016
Noir, c'est noir. Loin du feel-good (on serait plutôt dans le feel-bad, si le genre existait), à petites touches, l'auteur dresse un état des lieux désespérant sur le thème de l'exclusion.

Au départ, le drame : Lydia ne rejoint pas sa famille pour le petit déjeuner : le lecteur sait déjà qu'elle est morte. Les espoirs vains de la famille seront vite perdus.

C'est à partir des points de vue alternés de ses parents, de son frère et de sa soeur, que peu à peu, la logique inéluctable de cette fin macabre se met en place. C'est toute l'histoire de cette famille qui est en cause : la mère qui a renoncé à ses ambitions professionnelles, le père, d'origine asiatique, qui même né sur le continent américain, porte ses racines comme un fardeau humiliant, et les enfants stigmatisés par leur physique de métis.
Chacun combat l'exclusion et la rancoeur à sa façon, mais la charge est lourde et la lutte vaine, et l'enfer est pavé de bonnes intentions.

L' écriture est juste et empreinte d'une certaine douceur. Pas de ton revendicatif , de pointage d'un doigt vengeur, juste une analyse psychologique plutôt bienveillante, avec cependant en filigrane un réquisitoire contre les carcans d'une classe sociale conservatrice. D'anecdotes en confidences, à petites touches, l'ambiance se met en place et les faits sont décortiqués dans leur logique implacable.
C'est aussi le portait d'un peuple qui, malgré ses origines multiples, a du mal à faire avec la diversité et ne se reconnaît que dans des normes créées de toutes pièces.

Ce premier roman puise ses sources dans la biographie de l'auteur puisque les parents de Céleste NG sont des immigrés originaires de Hong-Kong, que sa mère était chimiste et son père physicien à la NASA. C'est donc à partir d'un vécu personnel ou proche de racisme qu'elle a pu construire ce tableau social.

Six ans ont été nécessaires pour aboutir à ce récit? Faudra-t-il six autres années pour pouvoir parcourir à nouveau quelque chose de cet auteur à la plume prometteuse?






Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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canel
  20 juin 2016
Lydia a disparu le 3 mai 1977, elle venait de fêter ses seize ans.
Lorsqu'on retrouve son corps sans vie dans le lac voisin, la question se pose : accident, meurtre, ou suicide ?
Les enquêteurs et les proches s'interrogent sur le passé récent de la jeune fille, mais aussi sur l'histoire familiale et celle du couple parental en particulier.
Lydia était-elle l'adolescente sans histoire, sans problèmes, sérieuse et bosseuse, que voyaient papa et maman ?
Son frère aîné et sa jeune soeur semblent plus clairvoyants sur sa personnalité et les difficultés qu'elle a pu rencontrer ces derniers temps.

Cet ouvrage est-il un thriller, un roman à suspense ? Qu'importe. Ce premier roman d'une jeune auteur américaine est de nouveau un très bon choix des éditions Sonatine.
J'ai lu rapidement ce terrible récit, la gorge de plus en plus serrée.
On découvre peu à peu ce qui se passait entre les murs de ce foyer. Rien d'inavouable, de glauque, ces parents sont aimants, persuadés d'agir au mieux, n'empêche que...
Encore une histoire de différence(s), de souffrances induites par le rejet - souffrances qu'une vie ne suffira pas à effacer, ni même plusieurs.

L'écriture de l'auteur est parfaite, j'aime beaucoup ses allégories (l'eau, l'astronomie...).
Deux légers bémols : les prénoms sont trop ressemblants (tous comportent des 'a', ce qui fonctionne mal avec ma façon de mémoriser), et je trouve le titre - traduction littérale de la version originale - niais et trompeur. J'aurais plutôt vu une idée d'écrasement, comme l'exprime si bien cette phrase : « Un livre ou une robe n'étaient pas simplement quelque chose à lire ou à porter ; [...] l'attention était accompagnée d'attentes qui - comme la neige - s'abattaient et s'accumulaient et vous broyaient sous leur poids. »
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tynn
  30 août 2016
Le décès de Lydia fracasse sa famille. A 16 ans, il est incompréhensible de mourir. La jeune fille était si talentueuse et son avenir si brillant...
Sauf que la réalité peut être toute autre et le décryptage familial que nous en fait Celeste Ng est minutieusement glaçant.

Par des personnages très étudiés, une trame narrative équilibrée entre passé et présent, cet excellent roman parle d'éducation, de pression familiale pour obtenir le meilleur, de la pernicieuse attitude de parents transposant leurs espoirs personnels déçus sur leur progéniture, et de la capacité que les enfants trouvent (ou pas) en eux pour se réaliser.

Se dessinent en contrechamp les années 70 d'une société américaine ordinairement raciste, stigmatisant les couples multiethniques et la difficile intégration chinoise aux états Unis.

Avec une maîtrise de suspense et une finesse psychologie remarquable, Celeste Ng produit un livre coup de poing que je n'ai pas lâché. Un talent évident, qui éclate dans ce premier roman et qui promet au lecteur des futurs bonheurs de lecture.
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