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ISBN : 2709662493
Éditeur : J.-C. Lattès (22/08/2018)

Note moyenne : 2.92/5 (sur 12 notes)
Résumé :
C’est la première fois que Nithap, alias Vieux-Père, rend visite à son fils installé aux États-Unis. Il a accepté de quitter Bangwa, à l’ouest du Cameroun, cette ville où il a toujours vécu, où il est devenu infirmier, où il a connu la guerre, où il est tombé amoureux, où ses enfants sont nés. Mais le séjour se prolonge : Nithap est malade et son fils veut le garder auprès de lui. À quarante ans, celui-ci refuse que son père se laisse mourir. Il entend connaître en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  24 août 2018
OUAOUHHHHHHH ! cela va être difficile de parler de ce roman qui a été un uppercut pour moi, mais je vais essayer…
C'est un roman puissant qui raconte l'histoire d'une famille et en parallèle l'histoire d'un pays, le Cameroun, avec la colonisation, la guerre civile entre ethnies, instrumentalisée par l'Occident et les pogroms, génocides…
La première partie évoque l'histoire de Tanou, installé aux USA avec sa femme et ses filles, avec un travail qui lui plaît. Il est hanté par son enfance, son éducation sévère, les coups de martinet qui pleuvent, Nithap, son père patriarche autoritaire, Ngountchou sa mère qui soutient son mari de façon systématique, les humiliations et les injustices. Il décide de faire venir son père chez lui, aux USA.
Il faut un accident aux USA, lors d'une fête, pour que le père, qui est en fait un véritable héros dans son pays, commence enfin à parler, à raconter sa terrible histoire. C'était alors un médecin, et il avait refusé de prendre les armes, voulant seulement soigner, ce qui va le conduire dans la forêt, les guerres entre ethnies, tendu vers un objectif : l'indépendance de son pays. Ce qu'il a vu alors, il n'en parlera plus. Seule sa rencontre avec Ngountchou, avec laquelle il fondera une famille, rend sa vie supportable et la puissance de leur amour, ce couple soudé, fusionnel qu'ils forment, au détriment de leurs enfants, apportentau récit une note de douceur. Mais, comment survivre après avoir vu autant d'atrocités et comment en parler ?
« à son rêve d'épouser Ngountchou, s'ajouta ainsi la volonté de devenir le disciple du père de celle-ci… Il ne cherchait plus à labourer le coeur du pasteur pour épouser sa fille, mais tournait entièrement son esprit vers le monde invraisemblable que cet homme lui dévoilait mot à mot, page par page. P 142
On a une similitude dans la vie de Tanou et celle de son père, des liens familiaux compliqués et des répétitions au cours des générations.
Patrice Nganang évoque les exécutions publiques, les assassinats, la destruction des villages au napalm, l'exode, les camps.
Un livre puissant donc, avec toute la musique d'un pays martyr et martyrisé, les guerres fratricides, la honte que nos ancêtres aient pu faire des choses pareilles : colonisation, attiser les haines d'autrefois entre les tribus, les ethnies.
Les scènes de torture à la machette, les seins et les têtes coupées sont extrêmement violentes car on les ressent physiquement en lisant les phrases abruptes de l'auteur. Heureusement, Patrice Nganang alterne les récits entre les évènements actuels et les années soixante, ce qui allège le récit qui serait sinon intolérable.
L'écriture est chirurgicale, les phrases sont souvent très fortes et interpellent le lecteur comme celle-ci par exemple :
« On nous met devant des choix impossibles, et nous demande de mourir pour l'un d'eux. Quel être intelligent peut dire que choisir ici, c'est agir de manière juste ? Nous n'avons même pas encore appris qui nous sommes que nous voulons déjà mourir pour défendre ce que nous devons devenir. » P 194
ou encore:
« Si Einstein était camerounais, je vous jure que n'importe quel gougnafier qui se casse les dents sur des problèmes enfantins de logique lui demanderait de garder sa théorie de la relativité pour les blancs, est-ce que je mens ? » P 126
Je ne connaissais pas l'histoire du Cameroun et ce roman m'a permis d'apprendre beaucoup de choses et donner l'envie d'approfondir.
Ce livre est comme une symphonie, ou du moins un chant choral où tout démarre en douceur, légèrement (comment ne pas penser aux années trente avec la montée des nationalismes ?) et devient de plus en plus puissant, violent. Sans oublier la magie des couleurs, des habits de l'amour… Beau mais violent.
Challenge : pavés : 510 pages.
PRIX FNAC 2018
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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nadiouchka
  25 août 2018
Au sujet de Patrice Nganang, l’auteur de « Empreintes de crabe » qui figure dans la sélection de la rentrée littéraire 2018, on sait qu’il est Camerounais, qu’il a été arrêté et incarcéré dans son pays puis expulsé aux États-Unis.
Cet ouvrage est publié chez JC Lattès et l’auteur avait déjà écrit « Serpent à plumes » (en 2003), un livre qui avait connu le succès. Ici, avec « Empreintes de crabe », livre qualifié comme LE roman historique.
J’ai voulu consulter d’abord les « Remerciements » et j’ai remarqué que l’auteur précise que c’est un roman, une œuvre de fiction, et qu’il s’est beaucoup aidé de Facebook pour le travail politique avec des personnes « du pays ». Il y a été possible de « dialoguer sur la question du tribalisme, du code en madmiba » qui est maintenu tabou à notre époque, alors que pendant ce temps, on continue de déplorer « des milliers de morts au Rwanda, en Côte d’Ivoire, au Mali, ailleurs, et bien sûr, au Cameroun – en pays Bamikélé. »
L’ouvrage est composé de plusieurs chapitres dont les titres sont : « H1. Trois lettres » - « H2 - Si Einstein était Camerounais » - « H3 – Qui est Marthe, asshole ? » et le dernier « H4 – Noir comme un mafi. »
Dans l’épigraphe que l’on pourrait considérer comme un Avant-Propos, Patrice Nganang écrit :
« Le Cameroun, tel que nous le connaissons, a changé de formes plusieurs fois, a été indépendant en 1960 et en 1961. Mais tous ceux qui se sont battus pour une vraie Indépendance ont été assassinés : notamment les chefs de l’UPC, Ruben Um Nyobè, Félix Moumié, et le héros de ce roman, Ernest Ouandié. Le pays a ainsi connu une terrible guerre civile de 1960 à 1970. Les dirigeants de ce pays n’aiment pas ceux qui leur rappellent cette guerre et ces assassinats. Contre la censure, les écrivains, les intellectuels ont inventé plusieurs systèmes d’écriture, dont l’écriture bagam, bamiléké donc, utilisée par certains personnages de ce roman. Ces écrivains, s’ils ne sont pas traités de fous, sont jetés en prison ou ont quitté le pays. »
Pour les Éditions JC Lattès, « Empreintes de crabe » « évoque l’emblème de l’Union des populations du Cameroun. L’écrivain raconte que « le crabe est un animal qui n’est pas tellement communautaire. Quand il est dans un sac, il y a forcément une bagarre.
Mais revenons à l’histoire elle -même. C’est donc celle de Nithap (également surnommé Vieux Père - (Sal pour les Américains – Tanou pour la famille) qui s’en va pour la première fois de l’Ouest de son Cameroun afin de rendre visite à son fils qui vit à New York. Tombant malade, il lui raconte ce qu’il en a été de la guerre après l’indépendance du Cameroun.
On rencontre une multitude de personnages typiques comme par exemple : Angela – le Poète – le pasteur pragmatique Elie Tbongo – Ngountchou – Djong a (maire de Bazou) – Mbeng – Ntchantchou… Des souvenirs aussi dans « l’énumération des lieux où les chefs avaient été emprisonnés. » (p.167) Évocations des événements qui avaient secoué le Cameroun, l’assassinat du député de Bafoussan Samuel Wanko en 1957. Évocation également d’Ernest Ouandié qui était au Nigéria en 1961. Descriptions de la misère qui règne.
Le Chapitre 10 commence ainsi : « QUE VEULENT LES BAMILEKE ?
Une guerre civile est toujours complexe, et la Presse du Cameroun ne permettait pas de le comprendre. Comme ce serait facile, si la réponse était aussi claire que Noirs contre Blancs, Terroristes contre Français, Bétis contre Bamilékés, Anglos contre Francos, ou quoi d’autre, Musulmans contre Chrétiens? » (p.434)
Ainsi voit-t-on tout au long du livre, c’est une évocation historique de cette guerre civile, une dénonciation de la politique en vigueur ainsi que celle de la colonisation.
« qu’instrument de guérilla ». Cet ouvrage est très dense mais rien n’est inutile. Bien au contraire car toutes les informations sont importantes et apportent un réel éclairage sur ces événements, racontés par un personnage d’exception.
Encore un bon livre pour cette rentrée littéraire 2018 qu’il m’a été possible de lire grâce à la FNAC et pour qui j’ai respecté la consigne de ne pas publier avant aujourd’hui.
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AudreyT
  02 octobre 2018
**
Tanou est camerounais. Il vit depuis quelques années aux États Unis, avec sa femme Angela et leur petite fille Marie. A la mort de sa mère, il cherche par tous les moyens à faire venir son père, Sakio Nithap. le Vieux Père résiste mais il rejoindra finalement son fils et découvrira la nouvelle vie qui l'attend... Les changements seront de taille, si l'on compare cette vie à celle du Cameroun, et surtout aux conditions de survie lors de la guerre civile...
Qu'il m'a été difficile de lire et de terminer ce roman !!! L'histoire était pourtant intéressante, les personnages semblaient attachants mais j'ai eu beaucoup de mal avec l'écriture. Beaucoup de protagonistes, avec des multiples noms pour la plupart, une histoire récente et passée qui se chevauchent sans cesse, des phrases où tout s'emmêlent...
Je suis allée au bout, par respect pour l'auteur et surtout pour l'histoire tragique qu'il cherche à nous conter... mais ce fut douloureux !!!
Merci à NetGalley et aux Éditions Lattès pour leur confiance.
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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Nuageuse
  13 novembre 2018
Un roman sur la guerre civile camerounaise des années 1950-1960.
Le père de Tanou vient aux États-Unis retrouver son fils et recevoir des soins. Il quitte son Cameroun natal où il a vécu cette guerre civile en tant que médecin. Il fut même recherché bien qu'il ne serve pas la cause ennemie, celle des maquisards.
Je ne connaissais pas ce pan de l'histoire camerounaise... le style est agréable à lire avec des notes en bas de page explicatives.
Un roman basé sur des faits historiques tout en gardant une part de fiction.
Patrice Nganang est lui aussi exilé aux États-Unis : il a été incarcéré en 2017 et puis expulsé.
Merci à lui pour ce travail de mémoire et j'espère que le Cameroun sera une terre démocratique et de paix.
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coquinnette1974
  16 octobre 2018
Certaines chroniques sont plus difficiles à écrire que d'autre...
Empreintes de crabe de Patrice Nganang est un roman de la rentrée littéraire 2018 découvert grâce à net galley et les éditions J.-C. Lattès. Je l'ai terminé il y a quelques jours et je ne sais pas vraiment quoi en dire...
Empreintes de crabe est une saga familiale qui m'a fait voyager entre le Cameroun et Les Etats-Unis. Ne connaissant rien au Cameroun, j'ai trouvé ça très intéressant. Pourtant, malgré mon intérêt pour cet ouvrage, ma lecture fût difficile.
C'est un livre passionnant, j'ai appris énormément de choses sur le Cameroun, sur l'actualité.
Mais j'ai eu du mal à accrocher avec l'écriture. C'est très bien écrit mais je pense que le problème vient du fait que je n'ai pas vraiment l'habitude de la littérature, la vraie ! Et là, c'est un niveau qui n'est pas le mien, je l'avoue.
J'aime lire pour le plaisir, je lis rapidement, j'aime être prise par l'histoire... Là, c'est plus difficile pour moi à lire ce genre d'ouvrage.
Je le recommande car c'est un ouvrage très instructif, mais c'est de la littérature, ça ne conviendra pas à tous les lecteurs.
Ma note : 3.5 étoiles
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critiques presse (2)
LaCroix   21 septembre 2018
Dans ce roman familial où un fils se rapproche de son père, Patrice Nganang s’attaque à un tabou national : la guerre civile camerounaise des années 1950-1960.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   10 septembre 2018
Empreintes de crabe, roman sensible sur la relation entre un fils et son père, Nithap, qui a quitté le Cameroun pour venir lui rendre visite aux Etats-Unis.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   17 novembre 2018
Même si les États-Unis font la guerre partout sur la terre, pratiquement chaque année, et même si ce pays est encore le plus belliqueux qui soit. Voyez la Syrie, l’Irak, même Obama n’y a rien changé en fin de compte. (…) Eh bien parce que le souvenir de la guerre sur notre territoire est lointain, les gens gardent de ça une certaine nostalgie, et chaque année mettent en scène les moments de la guerre. De la guerre civile américaine.
P.31
+ Lire la suite
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NuageuseNuageuse   12 novembre 2018
Tout médecin sait reconnaître les stratégies que développent les malades pour vaincre leur peur de la mort.
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Eve-YesheEve-Yeshe   24 août 2018
Vous voyez, nous les Américains, n’avons pas eu de guerre sur notre territoire depuis cent ans, même si à travers le monde, les États-Unis sont les instigateurs de nombreuses guerres civiles. Même si les États-Unis font la guerre partout sur la terre, pratiquement chaque année, et même si ce pays est encore le plus belliqueux qui soit… Eh bien parce que le souvenir de la guerre sur notre territoire est lointain, les gens gardent de ça une certaine nostalgie, et chaque année mettent en scène les moments de la guerre. De la guerre civile américaine. P 31
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nadiouchkanadiouchka   09 octobre 2018
Qu’est-ce que c(est ?
Ngountchou avait réfléchi un peu, et lui avait dit :
Une lettre de ton grand-père.
- Une lettre ?
Le regard de celui qui n’était pas encore Président, qui n’était pas encore Bagam, s’était ouvert sur ces formes qui transformaient son existence, métamorphosaient son esprit, et recomposaient sa relation avec Ngountchou.
uJqFVY (*)
(traduction : le crapaud qui se promène n’aura rien). P.61
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Eve-YesheEve-Yeshe   26 août 2018
La fierté est un derrière bien douloureux, quand il n’est pas assis sur un siège confortable. En plus, notre médecin avait l’habitude d’être, lui, l’objet de la fierté alentour. P 141
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Videos de Patrice Nganang (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Nganang
PATRICE NGANANG: "LES ANGLOPHONES EN ONT MARRE DU POUVOIR ANGLOPHOBE de YAOUNDÉ"
Après son arrestation et son incarcération au Cameroun, qui a fait couler beaucoup d'ancre, Patrice Nganang qui a par la suite été expulsé du Cameroun, son pays d'origine, vers les Etats-Unis, son pays de nationalité, a tenu à faire le déplacement de Paris pour, remercier les uns et les autres de la mobilisation qui a conduit à sa libération. Dans cette première partie intitulée: "LES ANGLOPHONES EN ONT MARRE DU POUVOIR ANGLOPHOBE DE YAOUNDE", le natif de cette même ville explique la raison de sa tournée au Cameroun, son parcours, ses discussions avec les autochtones en zone anglophone.
Patrice Nganang dénonce ici le manque criant d'infrastructures dans la zone anglophone; selon lui toujours, rallier Kumba à Nyasoso est un vrai parcours du combattant car l'unique route entre les deux ville fur réalisée il y a de cela 102 ans par l'es collons allemands. Le professeur d'Université explique également que les Hommes dans cette zone sont des "loques humaines", durement malmenés par un pouvoir qui les a depuis exclu de toute discussion et construction politique. Il renchérit accusant les Autorités camerounaises, qui "n'écoutent que la voix de la France",d'avoir depuis 1983 déclaré la guerre aux populations Anglophones... Me Amédée D. TOUKO qui connait, lui aussi, plutôt bien cette zone estime que la manque de dialogue dans cette zone n'est pas faute d'interlocuteurs crédibles, l'Homme de droit impute ce K.O à la mauvaise volonté du Président Biya...
+ Lire la suite
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