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ISBN : 2842614194
Éditeur : Le Serpent à plumes (13/03/2003)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :

À Yaoundé, depuis le bar de son maître - « Le Client est Roi » - le chien canohumaniste Mboudjak porte un regard loufoque sur le monde. Entre les casiers de bière, il voit tout, sait tout, sent tout de la truffe et du coeur. Et dans ce quartier au quotidien ubuesque, il découvre que si le chien est le meilleur ami de l'homme, la réciproque n'est pas toujours vraie, et que l'homme est un loup pour l'homme...
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bookinista
  10 mars 2012
Le résumé de l'éditeur n'est pas faux mais il est bien réducteur.
Derrière l'histoire de ce chien qui découvre le vrai visage de l'homme depuis sa place stratégique sous une table du bar de son maître, nous suivons la prise de conscience de Mboudjak des rapports faux qui unissent les clients du bar, le couple de ses maîtres, les gens de la rue de ce quartier.
Après avoir plusieurs fois tenté l'aventure loin, auprès des chiens errants ou dans d'autres quartiers, Mboudjak revient toujours au bar de son maître, encore plus désabusé. Et il assiste aux différents épisodes (adultère, corruption, mensonges, méchanceté de gamins, arrestations...) qui émaillent la vie du quartier. Petit à petit, le ton change, la misère, le chômage poussent les gens à parler. Et le roman déroule la critique politique du gouvernement en place, les richesses qui s'évadent à l'étranger, l'exploitation des fonctionnaires non payés, la grève des taxis, les représailles contre qui ose protester... Et nous accompagnons alors Mboudjak le chien aux côtés de la rue qui gronde, et de l'homme qui enfin se réveille..
Un matin, un homme entre dans le bar et essaye de caresser le dos du chien, qui sursaute et rencontre le sourire de l'homme : un sourire qu'aucun homme ne lui avait jamais adressé. Cet homme vêtu de noir "devint un habitué du "Client-est-roi", mais ne parvient jamais à avoir la quotidienne routine jacassante, le regard identiquement insignifiant, ni encore moins l'écrasé par la vie de nombreux clients de mon maître."
Cet homme vêtu de noir et qui prend des notes, est un philosophe. Et un jour, lors d'un incident mêlant le commissaire et le vendeur de cigarettes, l'homme "noir-noir" ose prononcer les mots "mandat d'arrêt", "Etat de droit", "Justice", "Injustice", "Dictature", "Renouveau", et la phrase "Le Cameroun, c'est le Cameroun"...
Le chien ne comprend rien à ce jargon mais il sut "ce jour, qu'être taxé d'opposant était pire que crime". L'homme noir-noir et le vendeur de cigarettes sont embarqués sans qu'aucun client du bar ne dise un mot, seul le chien se jette sur le commissaire et lui mord la jambe, et reçoit une torgnole de son maître. "J'aboyai ma déception à tout le quartier (...) Je me rendis compte effrayé ce que vaut une amitié d'homme tissée dans la misère". (...) Et ce jour-là j'appris surtout que l'homme n'est pas le frère de l'homme".
Quelque temps après, Mboudjak se dit qu'il est resté trop longtemps parmi les hommes, et décide de repartir vagabonder. La fin de cette première partie du roman nous a fait quitter la bonhomie de la vie de la rue du sous-quartier de Madagascar... Fini le kiosque à beignets de la mère, fini le kiosque du vendeur de cigarettes, voici rumeurs, peurs, emprisonnements hâtifs, bagarres, désolation, misère...
Réfugié sous le kiosque à beignets abandonné, le chien ouvrait ses oreilles "aux rumeurs régicides de la rue." "Oui, je maintenais mon esprit ouvert sur la fièvre de changement qui soudain s'était emparée de Madagascar, qui avait emballé Yaoundé, qui avait entraîné tout le Cameroun dans son élan qui, paraît-il secouait toute l'Afrique."
Le chien alors assiste à la rue qui se met à bouger, à protester, à rugir :"haletant et écarquillant grand mes yeux, je voyais soudain dans la rue devant moi, renaître dans la rumeur famélique, dans la rumeur coléreuse de ce mortifié Madagascar : l'homme." "Voilà l'homme qui se remettait à marcher. Je m'arrachais à ma réclusion; je marchais avec lui : devant lui. Unis nous étions, l'homme et moi, dans la précipitation saccadée du langage nôtres : dans nos aboiements."
Lien : http://coquelicoquillages.bl..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BookinistaBookinista   10 mars 2012
Les Camerounais ne connaissent pas la culture de l'assassinat politique". "ILS font tout ce qu'ILS veulent parce qu'ILS savent que le bon Camerounais, quand il ne reçoit pas son salaire à la fin du mois, au lieu de menacer son chef, il rentre chez lui taper sur sa femme et ses enfants !
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BookinistaBookinista   10 mars 2012
Oui, je maintenais mon esprit ouvert sur la fièvre de changement qui soudain s'était emparée de Madagascar, qui avait emballé Yaoundé, qui avait entraîné tout le Cameroun dans son élan qui, paraît-il secouait toute l'Afrique.
(...)
Haletant et écarquillant grand mes yeux, je voyais soudain dans la rue devant moi, renaître dans la rumeur famélique, dans la rumeur coléreuse de ce mortifié Madagascar : l'homme." "Voilà l'homme qui se remettait à marcher. Je m'arrachais à ma réclusion; je marchais avec lui : devant lui. Unis nous étions, l'homme et moi, dans la précipitation saccadée du langage nôtres : dans nos aboiements.
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BookinistaBookinista   10 mars 2012
Pour bien comprendre les hommes, je me suis fait le devoir de ne plus rêver leurs vies. (...) Je me suis fait le devoir de toujours maintenir mes 4 pattes bien posées au sol. Je suis un chien de bar soit, mais je dois absolument être réaliste.
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BookinistaBookinista   10 mars 2012
J'aboyai ma déception à tout le quartier (...) Je me rendis compte effrayé ce que vaut une amitié d'homme tissée dans la misère". (...) Et ce jour-là j'appris surtout que l'homme n'est pas le frère de l'homme.
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BookinistaBookinista   10 mars 2012
Assis sous une table, j'ai le loisir d'observer le monde sans être bousculé, sans pressentir la proximité d'un coup de pied."
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Videos de Patrice Nganang (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Nganang
PATRICE NGANANG: "LES ANGLOPHONES EN ONT MARRE DU POUVOIR ANGLOPHOBE de YAOUNDÉ"
Après son arrestation et son incarcération au Cameroun, qui a fait couler beaucoup d'ancre, Patrice Nganang qui a par la suite été expulsé du Cameroun, son pays d'origine, vers les Etats-Unis, son pays de nationalité, a tenu à faire le déplacement de Paris pour, remercier les uns et les autres de la mobilisation qui a conduit à sa libération. Dans cette première partie intitulée: "LES ANGLOPHONES EN ONT MARRE DU POUVOIR ANGLOPHOBE DE YAOUNDE", le natif de cette même ville explique la raison de sa tournée au Cameroun, son parcours, ses discussions avec les autochtones en zone anglophone.
Patrice Nganang dénonce ici le manque criant d'infrastructures dans la zone anglophone; selon lui toujours, rallier Kumba à Nyasoso est un vrai parcours du combattant car l'unique route entre les deux ville fur réalisée il y a de cela 102 ans par l'es collons allemands. Le professeur d'Université explique également que les Hommes dans cette zone sont des "loques humaines", durement malmenés par un pouvoir qui les a depuis exclu de toute discussion et construction politique. Il renchérit accusant les Autorités camerounaises, qui "n'écoutent que la voix de la France",d'avoir depuis 1983 déclaré la guerre aux populations Anglophones... Me Amédée D. TOUKO qui connait, lui aussi, plutôt bien cette zone estime que la manque de dialogue dans cette zone n'est pas faute d'interlocuteurs crédibles, l'Homme de droit impute ce K.O à la mauvaise volonté du Président Biya...
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