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EAN : 9782070496709
253 pages
Éditeur : Gallimard (31/01/1998)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :

" Dans les centres urbains, on immole en général la bête de ses moyens, une poule, un coq. Mais au fur et à mesure qu'on monte dans l'échelle sociale et qu'on est bourré aux as, l'obole passe d'une chèvre ou d'un bouc au mouton, d'un mouton à une vache, de la vache à un être humain, ce dernier étant généralement considéré sans protection surnaturelle... "

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Polars_urbains
  06 août 2018
Le major Tsham Sakayonsa aurait dû prendre les gris-gris trouvés devant sa porte un peu plus au sérieux ! Lui « qui charriait la gent fétichiste, les marabouts et les maraboutés, les tronches vouées au maraboutage » aura beau faire intervenir un aumônier papiste, un exorcisme en règle ne l'empêchera de se trouver peu de temps après nez à nez avec un poids lourd des FAZ. Ni sa mini-Austin, ni lui n'en réchapperont !
Voici donc Kizito, dit Zito, personnage principal du roman et frère du défunt, obligé de quitter Paris pour Kinshasa afin d'assister aux obsèques. Avec l'idée de repartir sitôt cette formalité accomplie. C'est bien mal connaître l'Afrique, où tout ce qui touche de près ou de loin à la mort n'est jamais simple. Aspiré dès son arrivée à l'aéroport dans une succession de déboires et de maraboutages, Zito, « Euroblack » rationaliste, va devoir faire appel à la SOGA-7, une société de sécurité et de surveillance dirigée par un « expat » anglais plus vrai que nature, pour enquêter sur la mort mystérieuse du major et la disparition de ses économies.
Mais il est bien difficile de se faire aux moeurs et aux usages du pays après quinze ans d'absence. Zito a beau se méfier de tout et de tous, il n'en revient pas de toutes les tuiles qui lui tombent dessus : racket organisé (fonctionnaires divers et de tous grades), extorsion sous la menace (voyous en tous genres), intimidation (femmes vénales). Dans ce monde zaïrois de pouvoir et de fric, il est bien difficile de trouver son chemin, surtout quand la sorcellerie s'en mêle.
Portrait sarcastique sans concessions du Zaïre des années 90 et du cynisme de ses dirigeants « kleptocrates » (les choses sont-elles différentes dans la RDC d'aujourd'hui ?), Sorcellerie à bout portant est une plongée dans le mode de vie d'une population en très grande difficulté pour qui le fatalisme reste l'ultime rempart contre la dureté du quotidien. Un monde de violence où survivre à tout prix entraîne corruption généralisée, magouilles de toutes sortes, racket et violence. Question style le lecteur est gâté : le mélange d'argot français, de verlan et d'expressions kinoises (glossaire fourni en fin de volume) donne naissance à une langue imagée et fleurie. Un peu trop peut-être quand Achille F. Ngoye se laisse emporter pas son propre lyrisme aux dépens de l'intrigue (comme chez San Antonio parfois). Mais l'on passe un très on moment avec Sorcellerie à bout portant, qui n'est pas seulement un bon polar « à l'africaine » mais un excellent polar !

Lien : http://www.polars-africains...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Polars_urbainsPolars_urbains   06 août 2018
- T’as vraiment du bol, lui susurra-t-il en piochant sur les 10 000 FF des obsèques. Bicause je peux te coffrer pour l’importation frauduleuse d’une monnaie étrangère ; un crime économique passible d’un long séjour au gnouf. Mais on est cools, puisqu’on se partage moitié-moitié, solidarité oblige.
Le requin empocha quelques billets, en refila d’autres à ses compères. Babines frémissantes et narines dilatées, il détendit les bras dans un geste seigneurial, remit le reste au client. La mine désabusée de celui-ci lui arracha sa première BA de la journée :
« Fais pas cette bobine, camarade : t’a encore de quoi mastiquer, jouer au croque-mort, voire ambiancer ! »
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Polars_urbainsPolars_urbains   06 août 2018
- Qu’est-ce-qui a pu le pousser à ces diableries ?
Contrer les sortilèges, préserver sa position sociale, gérer le cours de sa carrière, neutraliser ses chefs. Un programme de survie. Les dangers encourus au cours des opérations militaires avaient créé chez lui un autre besoin : jouir de l’invulnérabilité. En clair, passer invisible devant un camp ennemi, feinter les balles. Ils sont tous pareils, déplora Maïsha avec amertume. Tous. Les uns cherchent à dominer les autres. Et vice versa.
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Polars_urbainsPolars_urbains   04 août 2017
Vue de près, la sœurette affichait la couleur noire d’une anguille, le top niveau selon la plastique tropicale. Les rudesses de la vie l’avaient épargnée de leur altération, tant la jeunesse sourdait de ses pores. Beauté brute, elle relevait du cercle restreint des poules qui craquaient clean.
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