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EAN : 9791097417246
240 pages
Viviane Hamy (07/02/2019)
3.8/5   32 notes
Résumé :
« An Linh n’existe pas. On ne peut arpenter ses rizières, parcourir ses collines, sentir sa brise à l’aube et se recueillir dans ses cimetières face à l’océan. Rien de ce qui suit n’est réel. La correspondance que vous allez lire aurait pu se tenir il y a deux cents ans. Endormis depuis de longues années, Isey, Thanh et leurs compagnons se réveillent. L’un après l’autre, ils se lèvent pour entrer sur une scène imaginaire encore plongée dans la nuit. Ils s’apprêtent,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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C'est très rare que je lise des romans d'amour et c'est ma chère Hoai Huong Nguyen qui m'a donné l'occasion d'en lire un en m'envoyant en avant-première son troisième roman qui paraît ce 7 février. Merci encore, chère Hoai Huong !

Ce roman épistolaire se déroule dans un Vietnam imaginaire, An Linh, et met en scène un couple formé par Isey et Thanh, qui vient d'être arrêté pour trahison d'Etat. Fervent défenseur d'une république, il est enfermé par le pouvoir monarchique dans la prison du Phare, mis au secret, privé de droit à la défense et très vite condamné à mort. Sa jeune femme Isey, enceinte, trouve le moyen de communiquer avec lui par lettres. Elle reçoit des lettres d'un ami de Thanh, Nam et renoue avec une amie, Mê Lan, le tout pour tenter de faire évader son mari. Si l'évasion réussit, Thanh sera contraint de vivre définitivement en exil, sans plus aucun contact avec sa famille.

Certains, je m'en doute, trouveront peut-être cela mièvre et improbable. Il a suffi, comme dans L'ombre douce et Sous le ciel qui brûle, de quelques pages pour m'immerger dans les mots de Hoai Huong Nguyen, dans les lettres des différents personnages et pour laisser défiler les pages et le suspense : Thanh réussirait-il à s'enfuir ? Il accompagne ses lettres de poèmes dédiés à Isey, permettant ainsi à la romancière de glisser de la poésie dans ses pages (son premier moyen d'expression littéraire). Il n'est pas seulement question d'amour après tout, l'amitié entre Isey et Mê Lan, la fidélité de Nam envers Thanh sont très fortes : c'est bien simple, à lire cette auteure, j'ai l'impression d'avoir l'âme élevée par la force et la délicatesse des sentiments exprimés. Elle n'oublie pas bien sûr la violence de la séparation des amoureux, de l'accusation et de l'emprisonnement de Thanh ni l'ambivalence de certaines situations.

Mais la délicatesse l'emporte, l'importance la richesse des mots : comme dans le poème de Baudelaire, « les sons et les parfums tourbillonnent » d'une page à l'autre, le mythe de Tristan et Yseut, les traditions vietnamiennes comme celle du théâtre sont convoqués au service d'une écriture poétique, épurée. de la dentelle.
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le Cri de l'aurore est un roman épistolaire très bien écrit. Peut-il entrer dans la catégorie des romans d'amour? Oui, sans doute, c'est un échange de lettres, pour la plupart entre un mari emprisonné pour trahison et complot, Thanh, et son épouse esseulée, Isey. Thanh et Isey parlent d'amour de très belle manière sans quasiment jamais tomber dans le gnangnan et le cucul que je déteste. Les deux amoureux s'écrivent également des poèmes de belle facture.
L'intrigue tourne autour de l'angoissante attente de la libération puis de l'organisation de l'évasion de Thanh et connaît quelques rebondissements et imprévus qui rendent cette lecture agréable et douce.
Isey réussit par des relations à écrire à son mari, mis à l'isolement, et des personnages secondaires mais clés participent à la mise en scène de l'évasion. Les femmes tiennent une place importante dans ce roman, elles n'ont pas beaucoup de droits, doivent rester à leur place, mais c'est grâce à elles que le dénouement peut avoir lieu.
Le Cri de l'aurore est un roman épistolaire, d'amour et féministe, le tout est compatible.
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J'ai été extrêmement touchée par cette magnifique histoire portée par une plume d'une immense sensibilité et d'une grande poésie.

J'ai vibré aux côtés d'Isey, craignant pour la vie de son mari Than, j'ai été touchée par ceux ayant oeuvré à l'évasion de cet homme injustement condamné à mort et j'ai craint pour sa vie, chaque page nous rapprochant de l'instant fatidique.

Ce roman épistolaire est d'une grande qualité et je n'ai cessé de me réjouir de la beauté des mots employés et des métaphores pour exprimer les sentiments des personnages. L'amour, l'amitié et l'entraide, tant de belles valeurs prônées à travers ces lignes, nous donnent encore un peu d'espoir en l'avenir.

L'auteure nous montre ici un régime autoritaire où les hommes ne sont pas libres de penser par eux-mêmes et d'aspirer à un monde meilleur, et où a justice et la loi n'y ont aucune place. Néanmoins, les stratagèmes trouvés par les époux pour déjouer les autorités nous offrent un regain d'espoir.

Pour conclure, voici un magnifique roman épistolaire portait par une très belle plume, faisant la part belle à l'amitié, l'amour et la liberté.
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Un magnifique récit.

Je découvre cette auteure avec ce roman qui m'a laissé une forte impression. J'ai hâte de lire ses autres ouvrages.

L'écriture est magnifique, très poétique. La forme narrative est aussi originale car c'est un roman épistolaire. On pourrait croire que cela impose une certaine distance entre le lecteur et les personnages mais pas du tout. le thème est tellement poignant, la tension monte crescendo et on a peur de lire les dernières pages. J'avais peur de lire une histoire d'amour très niaise mais c'est tout le contraire, bien sûr certains passages m'ont fait doucement sourire mais leur histoire est vraiment belle, ils sont taquins, enflammés, drôles. C'est une histoire d'amour puissante, très lyrique. L'amour est au coeur de ce roman, aussi bien l'amour puissant d'une amitié, l'amour bouleversant de parents envers leur enfant et l'amour éternel d'un couple.

Le récit est intemporel, il pourrait se passer n'importe où, n'importe quand. C'est ce qui est d'ailleurs terrible. Il dénonce les arrestations arbitraires qui se font dans certains pays. Enfermés dans les pires conditions sans avoir eu le droit à un jugement juste.

Une très belle lecture !
Lien : https://labullederealita.wor..
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Un roman épistolaire qui est, pour moi, une romance romantique qui manque de crédible (un homme est condamné à l'isolement et à la mort par un pouvoir autoritaire pour "trahison d'état" mais sa femme n'est pas surveillée et peut continuer sa vie d'aristocrate - certes sans lien social - et écrire des lettres qui organisent une évasion sans aucune difficulté ?!) et de diversité de tons (les lettres sont écrites de la même manière quels que soient les personnages).
Plein de poésie, mais malheureusement pas celle que j'aime. Et puis, qu'une maison d'éditions parle dans la 4e de couverture de haïkus alors qu'il ne s'agit absolument pas de cette forme poétique très précise, j'avoue, ça m'énerve.
Bref, un roman épistolaire trop sentimental romantique et pas assez romanesque, que je n'aurais probablement pas lu si je l'avais feuilleté en librairie plutôt que de le cocher dans la liste Masse Critique. Mauvaise pioche pour cette fois-ci.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
(Lettre 66 – de Thanh à Isey) Plus que jamais je crois que les mots nous libèrent : ils ouvrent la voie vers une chose insaisissable. Les murailles n’y peuvent rien : la parole les traverse comme un voile de fumée. Sans tes lettres, je perdrais toute volonté de résister à l’enfermement. Tu ne devines pas combien j’ai eu du mal à brûler la dernière. Mais je n’ai d’autre choix ; aussi, elle s’enflamme sous mes yeux tandis que je t’écris, et n’est déjà plus que cendres. Cependant, les images qui s’y trouvaient inscrites demeurent vivantes en moi : preuve que les mots sont bien plus qu’un peu d’encre sur du papier. Ils me font entendre ta voix : c’est la seule chose qui me relie au monde et à la vie. (p. 176)
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Je t’aime à la folie, je ne saurais le dire autrement. Comme tu l’écris, les mots sont pauvres, mais ils sont tout ce que j’ai pour aller jusqu’à toi. Ils nous relient; ce n’est pas tant qu’ils servent à dire les choses, mais ils les rendent présentes d’une mystérieuse façon.
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Si ce n'est avecmon sang,
Que je l'écrive avec le ciel et les étoiles.

Ce sont les mots qui me sont venus lorsque les soldats ont brisé notre porte et t'ont mis des liens de fer.
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Ni mes mains,ni mes yeux,ni mes cheveux n'ont l'intensité des images que tu poses sur le papier.Cependant,je ne peux que rendre hommage à la poésie de transformer une matière éphémère en motifs éternels.
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Libre dans le confort de notre maison,j'ai peine à imaginer le silence du cachot,le mordant du froid,l'odeur âcre de la terre battue...
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Vidéo de Hoai Huong Nguyen
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Voici ses conseils : le livre nécessaire : Platon, "Gorgias" (Flammarion) le livre pour une soirée confinée : Ken Kesey, "Et quelques fois j'ai comme une grande idée" (Monsieur Toussaint Louverture) le livre antidépresseur : Douglas Coupland, "La pire personne. Au monde." (Au diable vauvert) le livre clique et collecte : Hoai Huong Nguyen, "Sous le ciel qui brûle" (Éditions Viviane Hamy).
Retrouvez l'émission en intégralité ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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