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EAN : 9782080667762
Éditeur : Flammarion (14/05/1997)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Flammarion - 08/2013)


Le 17 octobre 1983, Raymond Aron meurt brutalement au faîte de sa renommée. Professeur honoraire au Collège de France, il est également l'éditorialiste le plus respecté de la presse française et l'auteur de Mémoires célébrés par une critique unanime.

Cet ultime succès fit oublier de longues années de solitude et un destin paradoxal. Promise à l'université et à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ileana
  22 septembre 2017
Une biographie dense et détaillée, pour lecteurs motivés ou pour universitaires. XXème siècle, âge des extrêmes, avait dit Hobsbawm. Idéologies et régimes extrêmes. Spectateur engagé de son temps, Raymond Aron a été particulièrement critique face aux idéologies.
Cette biographie très documentée pèche par un manque de vivacité. Austérité, égalité de ton, exigence d'objectivité. Cependant l'objectivité n'est pas toujours au rendez-vous - un exemple pour illustrer une excessive générosité : « Dans son activité et ses livres, Aron fut à partir de 1955 professeur avant tout, le plus talentueux et le plus prestigieux de la France de l'après-guerre. » p373
Revenons aux choses sérieuses : « L'évènement qui pesa de manière décisive sur la vie d'Aron fut évidemment sa brouille avec Jean-Paul Sartre » (p303), une brouille qui s'étale sur trois décennies.
Autre élément fondateur dans la bio d'Aron, le séjour en Allemagne de 1930 à 1933, années de l'ascension d'Hitler. Témoin de l'histoire, Aron avait 25 ans, il a bien ouvert les yeux, il a tendu l'oreille, désormais il était vacciné.
« Aron disposait de plusieurs longueurs d'avance dans la compréhension du siècle. Face à la vieille Sorbonne positiviste, qui n'avait que Kant et Comte à opposer à Hitler, il disposait d'une intelligence de la situation qui le poussa, parmi les premiers, à faire le choix de Londres. Face aux intellectuels de l'après-guerre, fascinés par Marx et le soviétisme, il disposait d'une réfutation complète et irrécusable des idéologies fondées sur le sens de l'histoire. » P 184
Beaucoup plus tard, en 1981, lorsque l'histoire a confirmé une partie des arguments formulés par Aron, deux jeunes essayistes lui consacrent un long entretien pour la télé. Un bref extrait de la présentation : « Pour notre génération, celle qui est née à la politique en mai 1968, la pensée de Raymond Aron a représenté une sorte de ‘pôle négatif'. Quand nous avons étudié à l'université, elle était cataloguée sous le label ‘réactionnaire'. Elle était moins entendue en tant que telle que perçue au travers d'un filtre idéologique. Bref, c'était intelligent, mais de droite ! » p 643, extrait du texte de J-L Missika et d'Wolton pour le dossier de presse du Spectateur engagé, Antenne 2, 1981. Justement, le livre le Spectateur engagé qui reprend ces entretiens reste une excellente alternative à la présente biographie : c'est bref, vivant et complet, il permet de comprendre la trajectoire et les engagements de Raymond Aron.
Un mot de Max Gallo, dans une lettre à Aron de 1980 : « Mais je m'interrogeais. Faut-il donc que notre besoin d'irresponsabilité et d'irrationalité soit grand pour que Sartre – au-delà de ses immenses talents et de son génie – ait suscité une telle fascination ? le discours responsable et raisonnable, cette austérité font-ils à ce point peur ? » p640.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ileanaileana   22 septembre 2017
[En 1935 Raymond Aron donne un cours de philo à l’ENS de Saint-Cloud. Le texte ci-dessus est un témoignage de son élève Eugène Delteil, p136. Pour info, il figure également dans les Mémoires de Raymond Aron et aussi au lyon-normalesup.org]

Nous suivions les cours des deux professeurs chargés conjointement de l’enseignement de la philosophie à l’École, tous deux juifs, mais aussi dissemblables que possible. Le consciencieux Dreyfus-Lefoyer était toujours là. Son cours fort complet et même exhaustif, sans interrogation et sans surprise, nous laissait indifférents. Celui du délié
Raymond Aron, où, hors de toute considération de programme, il nous livrait ses réflexions sur les philosophes de l’histoire, de Machiavel à Sorel et Pareto en passant par Hobbes, était provoquant et impressionnant.
A l’optimisme idéaliste il opposait la pratique des politiques. Cachée ou non par le discours, c’était la Realpolitik, celle qu’avait menée Bismarck, celle qui inspirait Hitler.
Il venait de faire en Allemagne un séjour de plusieurs années au cours duquel il avait pu observer la montée du nazisme que visiblement il exécrait, mais qui le fascinait. Il avait été socialiste et s’était donné une connaissance approfondie de Marx. Il appréciait en lui le critique rigoureux de l’économie mais il rejetait son prophétisme manichéen porteur de condamnations sans appel. Au nom de la laïcité et du réalisme, il pourfendait les illusions.
Ainsi la lumière dissipe les nuages. Sans vouloir renoncer à ma foi je reconnaissais la portée de ses vues. Alors que nous désirions tant continuer à vivre dans le XIXe siècle, sa rigueur en écartait les mythes et nous nous découvrions désarmés et nus au bord de l’abîme.
Pour un peu nous lui en aurions voulu, comme si c’était lui qui nous y avait conduits.
Et à la vérité, dénonçant le danger nazi qui portait avec lui la menace de guerre, il était effrayant, alors même que, vidant de toute espérance le credo révolutionnaire il était démobilisateur
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