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EAN : 9782918597018
385 pages
Les liens qui libèrent (26/09/2009)
4.2/5   53 notes
Résumé :
Comment des animaux sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils dans le plus grand secret des méthodes pour "fabriquer" de la "matière" à partir d'êtres vivants et sensibles ?

Comment peut-on accepter la barbarie de l'élevage industriel ? Pourquoi laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d'antibiotiques et d'hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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La Bidoche… C'est derrière ce terme aux sonorités ronflantes, évocateur à lui seul de tout un arsenal symbolique de confort, de plaisir et d'authenticité bien franchouillarde que se dissimule ce qui, aujourd'hui et selon Fabrice Nicolino, n'a plus rien à voir –je veux parler de l'industrie agroalimentaire de la viande.


Fabrice Nicolino n'y va pas par quatre chemins : son livre réunirait à lui seul toutes les informations jamais dévoilées jusqu'alors concernant la bonne bidoche du supermarché, consommée à hauteur de 92 kg par an et par habitant en moyenne en France. Pour ce faire, il double son essai d'une construction narrative digne d'un thriller d'autant plus absorbant et scandalisant que tout est authentique. Même si, on le verra, à force d'être convaincante, la lecture de Bidoche risque de se prendre à son propre piège de fiabilité et d'objectivité des sources…


Il est indéniable en tout cas que Fabrice Nicolino n'emprunte aucune des voies déjà longuement arpentés par les écologistes les plus médiatisés. En cela, son livre diffère radicalement des propos parfois trop proprets destinés au grand public en recherche de rédemption, et livre des considérations surprenantes qui conduiront souvent le lecteur bien plus loin que prévu. Je n'aimerais pas énoncer quelques-uns des sujets abordés dans Bidoche car tout résumé serait forcément réducteur, mais comment rendre compte autrement de l'affolement justifié que provoque cette lecture ? Affolement qui ne tient pas à l'écriture sèche et ironique de Fabrice Nicolino, bien loin de l'alarmisme forcené de confrères qui chercheraient à convaincre le plus réfractaire aux avertissements écologiques. Ceux-ci sont sans doute pris au piège d'un dualisme étroit entre émotion –poids de l'imagerie populaire de force et de santé véhiculée par la viande, sentiment d'appartenance à la fratrie humaine victorieuse, vengeance assouvie de siècles de domination de la nature…- et raison –que Fabrice Nicolino cherche à renforcer en nous livrant maints arguments qui devront nous faire prendre conscience de l'influence gigantesque de l'industrie agroalimentaire animale. Croire que l'opposition à ce système se réduit à vouloir sauver de mignons animaux dans un monde qui relève de l'innocence des Bisounours, c'est poser des visières à son regard et limiter la viande à l'animal. Or, ce n'est pas le cas. La viande interroge également les questions du développement durable, de l'accès des populations pauvres à un mode de vie digne et respectueux des droits de l'homme, de la juste répartition des denrées alimentaires à travers le monde et des conséquences sanitaires d'une surconsommation d'antibiotiques. La viande nous apprend également que nous ne batifolons pas dans la plus transparente des sociétés, et que derrière les démocraties les plus perfectionnées en apparence, les lobbies continuent à se livrer à des duels dignes des assauts de cavalerie du Moyen Âge.


C'est dans ce dernier aspect que la Bidoche de Fabrice Nicolino commence véritablement à prendre le goût de la pourriture. Que l'industrie de la viande ait des conséquences néfastes sur l'environnement, le développement social et économique des populations pauvres ainsi que sur notre sécurité sanitaire est plus ou moins connu de tout le monde. Chez certains, comme le rappellera non sans humour Fabrice Nicolino, cet aspect prendra rapidement des tournures volatiles grâce au génie du déni tout-puissant :


« La conscience humaine dispose de mécanismes d'une rare puissance pour se préserver de l'angoisse de certaines révélations, du constat de certains faits. On regroupe ces phénomènes sous le nom de déni, et chacun sait que cela peut aller très loin. »


Non seulement cette réaction devrait-elle être mortificatoire par sa seule existence, elle est en plus encouragée par la manipulation de brillants membres des lobbies les plus puissants –ceux qui cherchent à affirmer la pérennité et l'hégémonie d'un système capitaliste dont la réussite se mesure à l'aune du taux de croissance. Présentée telle quelle, cette affirmation ne provoquera peut-être rien de plus que l'évidence : nous savons tous qu'aucune société n'est totalement transparente, que chacun cherche à défendre ses intérêts propres, mais ce que nous pouvons en revanche ignorer, c'est dans quelles proportions se manifeste ces concours de langues de bois. Pourquoi cherche-t-on à tout prix à nous refiler de la viande ? Pour le savoir, plusieurs points de départ sont admis. La première rupture peut être théologique : c'est celle qui met fin à un certain animisme et qui propose une religion au sein de laquelle les animaux deviennent les représentations malsaines des mauvais penchants de l'âme –le Diable/taureau en tête. Elle peut être aussi cartésienne : c'est celle qui réduit les animaux à la vision de machines. Elle peut enfin être économique : c'est celle d'une France détruite par les ravages de la Seconde Guerre mondiale et qui admire l'industrie triomphante et radicale de ses victorieux alliés les Etats-Unis. Fabrice Nicolino se concentre surtout sur cette dernière rupture pour expliquer l'achèvement de l'industrie agroalimentaire telle que nous la connaissons aujourd'hui, même si les précédentes ruptures ont également pu contribuer à la modification en profondeur des rapports entre l'homme et l'animal.


Ces chapitres sont passionnants. Ils montrent comment l'homme, dans sa quête du meilleur, dans les énormes appétits qu'il nourrit à court terme, peut se laisser griser par des solutions miraculeuses sans jamais réfléchir sur leurs conséquences. A partir des années 40, tout paraît simple : la relance économique de la France passerait par l'imitation du système économique américain. Une agriculture forte permettrait de relancer l'industrie, et le reste suivrait en fanfare. En quelques mesures, en quelques années, tous les problèmes disparaissent. Les animaux ne prennent plus de place : on les entasse en leur ôtant les moyens de réguler le stress résultant de la promiscuité. Les animaux coûtent moins cher : on leur donne de la merde à bouffer, les condamnant parfois au cannibalisme. Les animaux deviennent plus productifs : les antibiotiques augmentent rapidement leur croissance et les sélections des animaux les plus fertiles permettent de faire plus de marmaille plus rapidement. Entre autres. A se demander pourquoi personne auparavant n'avait jamais osé y penser.


Lorsqu'une réponse à cette dernière interrogation finit par prendre forme, lorsque les premiers signes de la non-durabilité de ce système commencent à apparaître, l'emballement est devenu tel qu'il n'est plus vraiment possible de faire marche arrière. Les mangeurs de bidoche sont déjà fermement convaincus que le confort et la modernité sont indéniablement liés à la consommation de viande. Pour éviter qu'ils ne changent d'avis, il faut continuer à les entretenir dans cette croyance. C'est l'éclatement kafkaïen d'une myriade d'institutions aux noms tous plus opaques les uns que les autres, employant des membres d'autant moins reconnaissables qu'ils passent d'un lobby à un autre avec une habile discrétion, rendant les tours de passe-passe difficilement reconnaissables. L'Inra perd son mythe d'objectivité scientifique lorsqu'on apprend que Coca-Cola peut financer sans problème une étude concernant l'hydratation des Français, et l'Eufic (Conseil européen de l'information et de l'alimentation) siégeant à Bruxelles ne semble pas non plus digne de confiance :


« Ne siègent au conseil d'administration de l'Eufic, outre Danone, Mc Do et Coca, bien connues de Mme Belliste, des représentants de Barilla, Cargill, Cereal Partners, DSM Nutrional Products Europ Ltd. , Ferrero, Kraft Foods, McCormick Foods, Mars, Nestlé, Novozymes, PepsiCo, Pfizer Animal Health, Procter et Gamble, Südzucker, Unilever… »


Au-delà des informations brutes suffisamment évocatrices livrées par Fabrice Nicolino, son livre nous pousse à nous interroger sur les raisons et les possibilités d'existence d'une pareille mauvaise foi, celle évoquée par Jean-Paul Sartre dans L'être et le néant. La disproportion entre les intérêts sauvegardés à court terme et les risques que nous encourons à long terme, par la survivance de ces premiers, relève d'une absurdité que le système inhumain de l'industrie animale traduit parfaitement.


Peut-être, pour se défendre dans ses propres habitudes de consommation, pour se reclure dans une bulle de confort que Bidoche ne parviendrait pas à atteindre, peut-on prendre Fabrice Nicolino à son propre piège et lui demander des comptes concernant ses propres sources et références. Celles-ci sont toujours indiquées et semblent bien n'avoir aucun rapport avec les lobbies économiques les plus puissants, mais qui peut vraiment savoir et revendiquer l'exactitude des chiffres, des faits ? L'industrie agroalimentaire a des conséquences sur le monde entier –c'est une des raisons de l'horreur qu'on ressentira à la lecture- et devant l'ampleur d'une telle domination digne d'un paradigme moderne, qui peut encore prétendre avancer des données exactes ?


On reconnaîtra là que ce n'est qu'un détail. Les statistiques et données chiffrés peuvent n'être pas tout à fait représentatives, ce serait encore de la mauvaise foi d'affirmer qu'un défaut de décimale ou de virgule, ainsi que le relève le site Agriculture et Environnement (lien), réduit à néant l'analyse et la réflexion que devront inévitablement provoquer la lecture de Bidoche. Encore plus convaincant que Jean-Paul Sartre, Fabrice Nicolino nous renvoit à nous-mêmes et à notre propre conscience. Lire Bidoche, c'est se forcer à se positionner vis-à-vis de la question de l'industrie agroalimentaire, aussi bien que l'on décide de ne rien faire et de nier les conséquences, ou que l'on décide de se remettre en cause à quelque niveau que ce soit.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Après avoir refermé l'ouvrage de Fabrice Nicolino, je me suis félicitée d'être végétarienne depuis une vingtaine d'années ! Je ne cacherai pas que cette lecture, bien que nécessaire et indispensable, est éprouvante. Parce qu'au-delà des problèmes liés à l'industrialisation de la production de viande (pollution de notre environnement, risques sanitaires, déforestation...) il s'agit aussi de parler d'êtres vivants transformés en machines, en produits, des animaux pour lesquels personne n'a de considération, de leur naissance à leur mort. Des misérables vies, des créatures condamnées à un univers carcéral pour finir par être... bouffées.

« Un Français mange en moyenne 92 kg de viande, 250 oeufs et une centaine de kg de produits laitiers par an ».

Il serait vain de vouloir résumer ce livre foisonnant et très bien documenté, je me contenterai donc de retracer brièvement quelques faits parmi les plus édifiants : L'auteur nous fait découvrir comment nous sommes passés des fermes à cette industrialisation des élevages, les standards imposés, les innovations copiées sur le modèle américain. Dans les années 1970, l'INRA expérimente les vaches à hublot ( !!) pour mieux comprendre le mécanisme de digestion et décider ensuite que les bovins ne devaient plus manger d'herbe et de fourrage mais plutôt des céréales. C'est l'ère du productivisme, des élevages hors-sol (surtout porcs, poulets). On teste, on sélectionne, bref on torture pour accroître les rendements et les animaux doivent grossir de plus en plus vite.

Dans cet univers concentrationnaire où les risques de maladies sont démultipliés pour les animaux, on comprend vite l'utilité des antibiotiques. Une manne financière pour l'industrie pharmaceutique et la nutrition animale. Car tandis qu'on « soigne » (imaginez, 30 000 volailles parquées à 25 par mètre carré…) on en profite aussi pour « améliorer » : injections d'hormones, élaboration de nouvelles nourritures, le soja transgénique, etc. On retrouve sans surprise quelques grands noms : Rhône-Poulenc, Adisseo. Que dire aussi de Nucleus ? le leader français de la génétique porcine. Les chercheurs en blouse blanche, à l'abri d'unités top secrètes, nous concoctent pour l'avenir de la viande issue d'animaux génétiquement manipulés et clonés.

Pensez-vous que tout risque sanitaire soit écarté pour autant ? Absolument pas. Même sans lire le livre de Fabrice, il suffit de remonter dans les archives de la presse pour se remémorer tous les scandales : la vache folle, les veaux aux hormones, le poulet à la dioxine, la grippe aviaire, la grippe porcine… Ces maladies sont liées aux conditions d'exploitation des animaux mais aussi à la nourriture qui leur est donnée. le pire n'est pas d'avoir remplacé l'herbe par des céréales mais d'avoir pensé aux fameuses farines animales, celles qui contiennent aussi les résidus de nos fosses septiques. Bon appétit !

Ces élevages industriels polluent aussi notre environnement, ce qu'on appelle la Nature, sols et eaux ne sont pas épargnés. Un seul exemple pour vous convaincre : la Bretagne. La production de viande est également responsable de la déforestation en Amérique du sud (pâturages et culture du soja), laquelle joue un rôle dans le réchauffement climatique. Sans compter que le besoin effréné de viande des pays occidentaux condamne à la famine les pays du Tiers-Monde…

La FAO y est même allée de son rapport, rappelant les volumes d'eau nécessaires pour produire de la viande. « L'élevage envoie 9% des émissions anthropiques de gaz carbonique (CO2) : fabrication et emploi de machines agricoles, quantités énormes d'énergie nécessaire à l'engraissement des animaux, transports, appauvrissement des sols, déforestation, - Il émet 37% du méthane ( produit par le système digestif des ruminants Une vache émet 100 kilogrammes de méthane par an ), qui a un pouvoir réchauffant global (PRG) 23 fois supérieur à celui du gaz carbonique CO2,

- Et 65% des émissions de protoxyde d'azote (émanant du fumier ou du lisier) qui a un PRG 296 fois plus élevé que le gaz carbonique ». L'élevage industriel représente 18% des gaz à effet de serre d'origine humaine, soit plus que le secteur transport (avions, trains, automobiles..) ».

Je ne parle même pas de la biodiversité des animaux de ferme, la plupart des races rustiques ont disparu.
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Répugnant, révoltant, écoeurant, immonde ! Et même si je faisais déjà partie de la "tribu de ceux qui savent", ce livre va me hanter pour longtemps.

Place du Carrousel
vers la fin d'un beau jour d'été
le sang d'un cheval
accidenté et dételé
ruisselait
sur le pavé
Et le cheval était là
debout
immobile
sur trois pieds
Et l'autre pied blessé
blessé et arraché
pendait
Tout à côté
debout
immobile
il y avait aussi le cocher
et puis la voiture elle aussi immobile
inutile comme une horloge cassée
Et le cheval se taisait
le cheval ne se plaignait pas
le cheval ne hennissait pas
il était là
il attendait
et il était si beau si triste si simple
et si raisonnable
qu'il n'était pas possible de retenir ses larmes

Oh
jardins perdus
fontaines oubliées
prairies ensoleillées
oh douleur
splendeur et mystère de l'adversité
sang et lueurs
beauté frappée
Fraternité.

Jacques Prévert
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Pour un pamphlet, il est plus qu'argumenté. le principal danger (au sens de modification radicale du regard) de ce livre est que, loin de se limiter à un cri du coeur ou à un manifeste pro-animalier, il constitue une enquête journalistique sérieuse, documentée, fouillée, et passablement édifiante. Avis aux lecteurs 'sensibles', il contient des réalités douloureuses à la lecture.
Un ouvrage nécessaire, où s'effondrent un nombre non négligeable d'idées reçues et de conditionnements.
J'avais relié une interview de l'auteur ici :
http://laclefdefa.wordpress.com/2009/10/24/bidoche-par-fabrice-nicolino/
Une autre interview concernant Bidoche est lisible sur l'Ecologithèque :
http://www.ecologitheque.com/itwnicolino.html

(Cette lecture ne rend pas automatiquement végétarien ! J'ai ajouté cette étiquette car les thèmes alimentation industrielle et végétarisme peuvent se recouvrir.)
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Que ceux qui redoutent les donneurs de leçons se rassurent. Ce livre ne nous exhorte pas à devenir du jour au lendemain végétarien. L'auteur lui-même reconnaît volontiers qu'il ne l'est pas.
Par contre, l'investigation qu'il mène sur l'industrie de la viande peut difficilement être plus convaincante. En effet, les scandales de la vache folle et du boeuf aux hormones avaient retenti comme des sonnettes d'alarme. Fabrice Nicolino, lui, démonte méthodiquement les mécanismes de production de cette industrie qui banalisent les risques sanitaires, la pollution et qui, comble pour une activité agro-alimentaire, aggrave la famine!
Si la charge est lourde, elle n'en reste pas moins d'une extrême pertinence. Elle repose ainsi sur un historique détaillé et documenté de ce modèle de production qui, à l'échelle mondiale, est devenu une des représentations les plus malsaines du tout-économique.
Qui a dit qu'il était noble de vouloir nourrir le monde?
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Citations et extraits (102) Voir plus Ajouter une citation
[A propos des abattoirs]
A la fin de tout, un bloc entier lui parvenait par un rail, accroché en hauteur et pendant. Un ensemble de 25 kilos au moins comprenant le cœur, le foie et les poumons du cochon. « La plus mauvaise place, car c’est là qu’on avait le plus de boulot. Bras tendu, je devais d’abord décrocher le bloc et le placer devant moi, avant de séparer les différents organes. »
Cela peut sembler quelconque, mais imaginez faire ce redoutable mouvement en tension tout au long d’une journée de dix heures, au cours de laquelle de 400 à 500 cochons seront réduits en morceaux. Dix heures, oui. Dans cet abattoir ordinaire d’une Bretagne ordinaire, le travail commence à 12 heures et s’achève à 23 heures, avec une pause au milieu. Et interdiction d’aller aux toilettes, car ce serait casser le rythme de la chaîne. Dix heures à découper ces lourdes masses. Qui peut imaginer ? Personne. Les employés des abattoirs sont les secondes victimes de la tuerie organisée, après les animaux eux-mêmes.
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Une étude publiée en novembre 2008 dans un journal scientifique de grande valeur révèle que presque tout ce qui est consommé dans les fast-foods des Etats-Unis –soit la moitié des restaurants du pays- provient… du maïs. Une analyse clinique réalisée dans les trois principales chaînes américaines –McDonald’s, Burger King et Wendy’s- montre que le bœuf, le poulet, les huiles des frites sont obtenus à partir du maïs. Encore a-t-on laissé de côté les sodas, dont le sucre vient, lui aussi, du maïs.
On s’étonnera moins, dans ces conditions, de la déclaration qui suit, faite en 1971 par le créateur de la chaîne McDo au Japon, Den Fujita. Dans le genre, un vrai chef d’œuvre : « La raison pour laquelle les Japonais sont si petits et ont la peau jaune, c’est qu’ils ne mangent rien d’autre que du riz et du poisson depuis 2000 ans. » Ajoutant, probablement pour le fun, quoique : « Si nous mangeons des hamburgers McDo et des pommes de terre pendant un millier d’année, alors nous deviendrons plus grands, notre peau deviendra blanche, et nos cheveux seront blonds. »
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Jusqu’en 1997 […], 75% du bétail américain mangeait des déchets ovins et bovins, et des millions de chats et de chiens achetés à bas prix faisaient aussi partie de la diète d’animaux herbivores. Une étude datant de 1994 rapporte que les éleveurs de l’Arkansas récupéraient 1 000 tonnes par an de litière et de déjections de poulaillers industriels pour en nourrir ensuite le bétail. Oui, les consommateurs s’en sortent bien. Car en réalité, et compte tenu des modes de fabrication, un hamburger contient de la viande provenant de dizaines, voire de centaines d’animaux.
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Quand la guerre s’achève, le fascisme enfin à terre, la viande est rationnée en France à 200 grammes par semaine. Encore ne s’agit-il souvent que de tendons et de mauvaise graisse autours d’os durs comme de la pierre. Le traumatisme –symbolisé par ces tickets de rationnement qui dureront jusqu’en 1949-permet de mieux comprendre ce qui va suivre. Il n’est pas exagéré de penser qu’une revanche sociale, politique et alimentaire était en gestation dans la terrible décennie qui court entre 1940 et 1949.

[…] la viande, symbole universel de la bonne santé, la viande sort du conflit tout auréolée d’un prestige inouï. Elle a été, pendant l’Occupation, la marque de l’infamie, des mercantis, du marché noir. Mais aussi celle de la survie, sans doute même du bonheur. Et après 1944, quand les Français découvrent le beef, cette incroyable abondance de bœuf made in America que transportent avec eux les soldats alliés, elle devient aussi le symbole de la liberté.
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De mars à juillet 2008, au cours de très officielles Rencontres Animal et société, présentées par le ministère de l’Agriculture comme une sorte de « Grenelle de l’animal », la vérité a été dite sans fard. Jacques Servière était présent en tant qu’expert dans le groupe « Statuts de l’animal ». Pas de malentendu : il s’agissait de « concilier la promotion de pratiques de bien-traitance en vue d’améliorer le « bien-être » des espèces animales d’intérêt sans pour autant alourdir l’arsenal des contraintes au risque de compromettre le caractère durable des filières économiques liées à l’élevage. En somme, d’accord pour accepter des mesurettes, mais sans toucher aux filières économiques. Car si l’on est bien obligé, avec des pincettes, d’accepter le mot douleur, il est exclu de parler de souffrance. Pas de ça, Lisette, comme on disait jadis dans les provinces. La souffrance, c’est le propre de l’homme.
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Vidéo de Fabrice Nicolino
Quels enjeux et quelles urgences derrière le combat contre les pesticides? Fabrice Nicolino, journaliste et président du mouvement "Nous voulons des coquelicots", nous en parle aux côtés de Stéphane Foucart, journaliste au Monde.
La Grande table Idées d?Olivia Gesbert ? émission du 9 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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