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EAN : 9782354086503
281 pages
Éditeur : Mnémos (27/05/2018)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Golem aux multiples visages (L’Homme d’argile) ou intelligence artificielle en quête de soi (La Machine différente), FFI de 1944 confrontés à des créatures lovecraftiennes (Le Nid de la Sphinge) ou soldat du futur étrangement lié à ceux qu’il a combattus (Casser la coquille), alcoolique au bout du rouleau re-boosté par une fée (Une petite fleur) ou colonie humaine résistant aux extraterrestres (La Traductrice et les monstres), les récits proposés par les quatorze au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  18 juin 2019
Comme chaque année depuis maintenant dix ans, les Imaginales publient à l'occasion de leur festival se déroulant à Épinal une anthologie regroupant les nouvelles d'auteurs francophones. Cette année, l'ouvrage réunit quatorze d'entre eux (pas mal de Canadiens, forcément, puisque pays à l'honneur) à qui Stéphanie Nicot a demandé de se pencher sur le thème des « créatures ». Il est vrai que la célébration du bicentenaire de la parution du célèbre « Frankenstein » de Mary Shelley s'y prêtait plutôt bien. Monstres, êtres féeriques, animaux fantastiques, formes de vie extraterrestres… : la manière de traiter le sujet est vaste et c'est cette diversité qui fait tout le charme de cette anthologie 2018. Avant de revenir plus en détail sur chacun des textes proposés, un mot sur la répartition des nouvelles qui peut paraître un peu curieuse. D'abord parce que la SF occupe à mon sens une place beaucoup trop importante par rapport aux autres genres, et notamment la fantasy (qui est censée être à l'honneur…). E surtout parce que la totalité des textes relevant du space-opera ont été mis à la suite, à la toute fin, plutôt que répartis dans le reste de l'anthologie. Bref, si j'ai plutôt bien accroché au début de l'ouvrage, les dernières nouvelles m'ont en revanche fait refermer l'ouvrage sur une note beaucoup moins positive, ce qui est dommage.
La machine différente – Jean-Laurent del Socorro
C'est Jean-Laurent del Socorro, coup de coeur du festival pour cette année 2018, qui ouvre le bal avec un texte relativement court consacré à Ada Lovelace, à qui on doit la réalisation du premier programme informatique de l'histoire (milieu du XIXe). A la satisfaction d'avoir réalisé une grande prouesse technique succède toutefois l'incrédulité, car tout porte à croire que la machine créée par la jeune femme est douée d'une véritable conscience… Un texte sympathique et touchant qui permet de mettre en lumière une figure historique féminine relativement peu connue du grand public.
En commençant par la faim – Anthelme Hachecorne
On enchaîne avec une nouvelle de fantasy très sombre mettant en scène une petite fille orpheline et un duo de nonnes à la Laurel et Hardy : Soeur Ventrue se démarque par son franc-parler et ne pense qu'à manger tandis que Soeur Sourire est plus discrète et excessivement bienveillante. Alors que les deux religieuses acceptent de se rendre dans l'ancien village de la petite fille afin d'y retrouver son chien, perdu au moment de l'attaque qui a coûté la vie à ses parents, le trio se rend compte que quelque chose cloche. C'est alors que retentissent des aboiements à vous glacer le sang. Il s'agit là à mon sens d'une des meilleures nouvelles de l'anthologie : c'est bien écrit, le suspens est au rendez-vous, les personnages sont attachants et surtout la chute est bien pensée.
Le nid de la sphinge – Claire et Robert Belmas
Claire et Robert Belmas optent pour leur part pour un texte à mi chemin entre la SF et le fantastique. Nous sommes en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale, et une petite équipe de résistants tentent d'échapper aux Allemands à proximité du village d'Ouradour-sur-Glane. Forcés de trouver un lieu de repli pour soigner une de leurs camarades blessée, les trois survivants vont être guidés par un petit garçon vers un village complètement isolé dans lequel le temps semble s'être arrêté. C'est là qu'une mystérieuse créature commence à s'immiscer dans les rêves de l'un des soldats. le début est très intriguant et les auteurs parviennent efficacement à maintenir le lecteur sous tension. La seconde partie est en revanche un peu plus bancale et les explications pseudo-scientifiques données viennent rompre le charme.
Les rêves de Venn Colomax – Patrick Moran
Retour à la fantasy avec un texte de Patrick Moran qui met lui aussi en scène un homme hanté chaque nuit par une étrange créature. Son interprétation est toute trouvée : si la bête l'a choisi, c'est parce qu'il est destiné à de grandes choses. Il va être déçu… Ne connaissant pas l'univers de l'auteur (que je suppose être le même que celui de « La Crécerelle »), j'ai eu un peu de mal à m'immerger dans cette cité au fonctionnement particulier. La chute, en revanche, est bien trouvée et rehausse l'intérêt de la nouvelle.
Une chance sur six – Gabriel Katz
Ambiance western pour Gabriel Katz dont on retrouve ici tout ce qui caractérise la plupart de ses oeuvres : une intrigue simple mais efficace, relevée par une pointe de noirceur, un style direct et surtout des personnages torturés. L'auteur met en scène un homme traquant depuis des années l'assassin de sa femme. Un hommage sympathique à deux grandes figures de l'imaginaire anglais : Jack l'Éventreur et le duo Jekyll et Hyde.
L'homme d'argile – Adrien Tomas
On passe à de la fantasy historique avec « L'homme d'argile » d'Adrien Tomas qui se réapproprie le mythe du golem et propose un petit tour d'horizon de plusieurs époques : Prague au XVIe, Moscou au XVIIe, Londres au XIXe, l'Éthiopie pendant la Seconde Guerre mondiale, et enfin l'Islande aujourd'hui. Un texte sympathique et plein de références mais une intrigue qui aurait mérité d'être un peu plus développée.
Les portes du monde – Elisabeth Vonarburg
On bascule dans la SF avec « Les portes du monde » d'Elisabeth Vonarburg qui met en scène la relation entre un jeune garçon et sa « lith », une sorte de robot ultra-sophistiqué dont les riches familles se servent un peu comme d'un animal domestique. Mais Agwill n'est pas une lith comme les autres : elle est douée d'une vraie conscience qui lui permet de prendre ses propres décisions… quitte à désobéir aux règles qu'on est censé lui avoir programmé. Intéressant mais là encore l'intrigue est trop succincte pour parvenir à vraiment capter l'attention du lecteur.
Légende du premier monde – Fabien Cerutti
Fabien Cerutti revient pour sa part à l'univers du bâtard de Kosigan. L'histoire se déroule dans l'Antiquité, dans la ville d'Ys où deux hommes tentent de mettre au point une nouvelle race de créatures afin de remporter le concours organisé tous les cinq par le couple royal. Seulement entre les femmes-dauphins, les pégases, les dragons, ou encore les ptérodactyles marins, la concurrence est rude ! La Iëlfelanane mise au point par nos deux apprentis chercheurs réserve toutefois bien des surprises… C'est l'une des nouvelles les plus longues de l'anthologie, et c'est sans doute la meilleure. En très peu de pages, l'auteur parvient à mettre sur pied un décor incroyablement immersif et une intrigue passionnante dont le rythme ne faiblit pas jusqu'à la fin. Une belle réussite qui permet d'en apprendre un peu plus sur l'une des races que l'on retrouve dans les aventures du chevalier de Kosigan.
Une petite fleur – Olivier Gechter
La nouvelle d'Olivier Getcher se situe également dans le haut du panier. Elle met en scène un homme complètement ravagé par la mort de sa femme et qui s'enfonce un peu plus profondément chaque jour dans l'alcool. Mais une nuit, une fleur magnifique éclot dans l'un des pots du balcon de l'appartement où l'homme se terre. Et de cette fleur, lorsque personne ne risque de la surprendre, émerge une petite fée ! Une nouvelle fantastique très efficace qui aborde avec sensibilité le thème de la dépression.
Pied d'ombre – Hélène Larbaigt
Le « petit peuple » est aussi à l'honneur du texte d'Hélène Larbaigt dans lequel une femme rejetée par les autres à cause de sa difformité trouve un réconfort inattendu parmi les créatures féeriques qui s'installent dans son jardin. Trop court et trop « fouillis ».
Desdemona – Fabien Fernandez
La nouvelle de Fabien Fernandez inaugure le début d'une suite de textes de space-opera. Elle met en scène un équipage de pirates cherchant à retrouver l'épave d'un vaisseau légendaire. Mais entre les tensions entre les membres de l'équipage et l'étrange faune locale, la partie n'est pas gagnée ! Là encore c'est bien trop court pour qu'on parvienne à se plonger dans l'histoire ou à s'attacher aux personnages.
Casser la coquille – Jean-Claude Dunyach
Jean-Claude Dunyach imagine pour sa part un conflit entre les humains et une espèce extraterrestre supérieure avec laquelle toute communication semble impossible. du moins jusqu'à ce qu'un soldat parviennent à tuer l'un de ces extraterrestres et entre en contact avec lui… Mêmes reproches que pour le précédent texte : trop court et trop peu développé.
La traductrice et les monstres – Jean-Louis Trudel
La communication est également au centre de la nouvelle de Jean-Louis Trudel qui met aussi en scène les interactions difficiles entre les humains et une race extraterrestre très particulière. Encore une fois on peine à éprouver de l'empathie pour ces personnages qui sont trop rapidement ou trop peu caractérisés. L'intrigue laisse également à désirer : j'ai eu un peu de mal à voir où l'auteur voulait en venir.
Elle a tes yeux – Estelle Faye
On continue avec une quatrième nouvelle de space-opera qui se révèle cela dit bien plus aboutie que les précédentes. le texte est consacré à un homme qui a perdu sa compagne dont les pièces (ce sont des humains modifiés) ont été éparpillées sur différentes planètes. Et puis, un jour, le voilà qui croise une créature avec ce qu'il reconnaît être les yeux de son amour perdu. On retrouve la délicatesse et la sensibilité qui font tout le charme des textes de l'auteur. Une belle manière de refermer cette anthologie.
Avec cette anthologie consacrée aux « créatures » dans toute leur diversité, le festival des Imaginales donne une fois encore un bel aperçu de style et du talent de certains des auteurs de l'imaginaire les plus en vogue du moment. Si les nouvelles sont évidemment d'un niveau très variable, l'ensemble reste de bonne facture. Je ne saurais trop vous conseiller les textes de Anthelme Hauchecorne, Gabriel Katz, Fabien Cerutti, Olivier Gechter et Estelle Faye qui sont, à mon sens, les plus intéressants de l'anthologie.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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BlackWolf
  23 septembre 2018
Mon Avis : C'est devenue une tradition, mais depuis quelques années maintenant je repars régulièrement, si elle existe, avec l'anthologie des festivals où je vais me promener. Cette acquisition est aussi suivie d'une Lecture Commune avec d'autres lecteurs et blogueurs. Alors, c'est vrai, il y a eu un petit décalage. En effet l'anthologie des Imaginales 2017 est encore en attente de lecture, le temps de pouvoir organiser une LC dans de bonnes conditions avec tous les participants. On s'est dont décidé, avec Marie Juliet, de se lancer d'abord dans cette édition 2018 de l'anthologie du festival. Concernant la couverture, illustrée par John Howe et qui reprend l'affiche du festival, je la trouve très réussie. On passera la préface qui, finalement, ne fait que lister les nouvelles du recueil en voulant les raccrocher aux 200 ans du roman Frankenstein, mais qui, je trouve, n'apporte pas grand-chose.
La Machine Différente de Jean-Laurent del Socorro : Cette nouvelle prend comme base l'histoire d'Ada Lovelace, en imaginant ici qu'elle a crée la première machine consciente. J'avoue il y a une certaine poésie qui se dégage de ce texte, principalement grâce à une plume soignée. Pour autant le récit m'a paru ne rester toujours qu'en surface des idées et thématiques soulevées. de plus il est porté, je trouve, par des personnages beaucoup trop binaires et prévisible dans leurs actes et leurs choix. Au final une nouvelle gentillette, qui se laisse lire, mais qui aurait pu, je pense, être plus marquante.
En Commençant par la Faim d'Anthelme Hauchecorne: Cette nouvelle nous fait suivre deux religieuses qui accompagnent une jeune fille aveugle, qui a perdu toute sa famille, à la recherche de son chien. Une nouvelle que j'ai trouvé très sympathique, bien porté par un rythme efficace, qui monte en tension au fil des pages basculant doucement dans un aspect un peu angoissant efficace. Les personnages viennent apporter une sorte d'humour et d'ironie qui apporte un plus au récit, amenant un mélange d'horreur et de légèreté plutôt percutant et efficace. Alors après c'est très classique dans les grandes lignes et la fin reste prévisible, mais dans l'ensemble ça se lit plutôt bien, se révélant agréable et plus que divertissant.
Le Nid de la Sphinge de Claire & Robert Delmas: Cette nouvelle nous fait suivre un homme pendant la seconde guerre mondiale qui, suite à une embuscade, va se retrouver dans un village étrange. Une histoire que j'ai trouvé bien écrite, avec une plume efficace et soignée, construisant un récit qui monte lentement en tension le tout dans une ambiance étrange. Je dirais qu'on est un peu finalement dans une atmosphère à la X-Files, qui joue entre réalité et fantastique. Alors Je regretterai quand même certaines transitions un peu rapides et, parfois, mal amenées, mais rien de bloquant. Au final une bonne nouvelle, percutante et prenante.
Les Rêves de Venn Colmax de Patrick Moran: L'auteur nous replonge avec ce texte dans son univers démarré avec La Crécerelle. Il s'agit ici d'une nouvelle à chute, qui vaut principalement pour sa conclusion pleine d'humour noir. Alors j'avoue par contre j'ai trouvé le démarrage un peu long, j'ai finalement commencé à accrocher au moment où il rejoint son amie dans son logement et l'embrouille qu'il démarre. de plus, comme dans son roman, je trouve que l'auteur veut trop en faire au niveau des explications, mais aussi du côté un peu scientifique et quantique de son monde, ce qui m'a paru par moment alourdir le récit. Au final ce n'est pas une mauvaise nouvelle, la conclusion remontant aussi le niveau, mais elle n'a rien non plus de très marquant je trouve.
Une Chance sur Six de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous raconte l'histoire d'un Anglais qui est venu aux Etats-Unis traquer Jack l'Éventreur, l'assassin de sa femme. Une voyage qui ne va, bien entendu, pas se révéler de tout repos. J'ai bien aimé cette nouvelle qui joue avec le lecteur et nous plonge dans une course poursuite avec un côté très typé western qui colle bien au récit. le héros est intéressant, principalement danses failles et ses souffrances, mais aussi dans sa quête et dans son évolution face aux choix qu'il doit prendre. Je regretterai juste une conclusion qui repose sur une révélation un peu trop grosse à mon goût pour clairement se révéler marquante.
L'Homme d'Argile d'Adrien Tomas : Cette nouvelle nous fait suivre le Golem de Prague. J'avoue je suis complètement passé à côté de cette histoire qui m'a plus paru être un carnet de voyage d'un Golem qu'autre chose. Alors je vois bien le message sous-jacent avec les guerres, l'avidité du pouvoir, la notion d'art et en parallèle le message final où la magie parait disparaitre du monde, mais pour ma part je n'ai jamais réussi à entrer dans ce texte. J'avais l'impression que ce dernier manquait de substance, de profondeur. Dommage.
Les Portes du Monde d'Elisabeth Vonarburg : Cette nouvelle nous fait suivre un jeune garçon qui, a six ans vient de suivre les examens obligatoires à son âge. Il est iammaru, il va devoir parti étudier dans une autre école et devenir une personne importante. Un texte foisonnant d'idées et de réflexions, que j'ai trouvé prenant, très denses et envoutant. La plume de l'autrice est clairement prenante et les personnages sont très intéressants. le monde est attrayant, avec tous les mystères qu'il soulève. On parle ainsi des thématiques sur l'esclavage, le droit de vivre, le débat sur la machine, la notion de choix, la famille et le tout amené de façon intelligente et soignée. Je regrette finalement que le texte soit si court tant il reste ouvert, ce qui frustre un peu.
Légende du Premier Monde de Fabien Ceruti : On plonge dans le même univers que le cycle du Bâtard de Kosigan de l'auteur, mais dans une période bien antérieure, où l'on apprend le secret de l'origine des Elfes. Je ressors de la lecture de cette nouvelle avec un sentiment mitigé, il y a le potentiel pour faire un texte intéressant, mais de mon point de vue l'auteur en fait trop. le récit aurai ainsi gagné à être, je trouve, plus court, plus incisif et aussi moins bavard. Ajouter à cela quelques lourdeurs et des réflexions qui m'ont paru inutiles, cherchant à nous faire réfléchir sur notre société, mais sans paraitre d'intégrer dans le monde de l'auteur, j'avoue je ne ressors pas totalement convaincu.
Une Petite Fleur d'Olivier Gechter : On découvre ici un homme, dépressif, qui se noie dans l'alcool, mais qui va voir sa vie changer avec l'apparition d'une fleur. J'ai trouvé cette nouvelle très feel good, pleine d'optimisme et qui s'avère au final plus que sympathique. La plume de l'auteur joue aussi beaucoup sur ce sentiment, se révélant touchante et ne manquant pas d'émotion, construisant ainsi un héros, certes classique, mais qui ne manque pas de se révéler humain et attachant. Après la nouvelle reste en définitive très linéaire et prévisible, mais dans l'ensemble ça fonctionne. Pour moi pas obligatoirement le texte le plus marquant qui soit, mais pour autant qui a son petit effet alors que j'ai beaucoup de mal avec les textes trop optimistes.
Pied D'Ombre d'Hélène Larbaigt : Cette nouvelle est présentée comme une sorte de conte, de mythologie, qui nous fait suivre pied d'ombre. Pour autant je n'ai jamais réussi à entrer dans ce texte qui m'a paru trop lourd, trop ampoulé dans son style et sa narration pour franchement arriver me fasciner. J'ai aussi ressenti un soucis par moment de liant, un peu comme si les différentes scènes n'arrivaient pas à bien se raccorder les unes aux autres.
Desdemona de Fabien Fernandez : Cette nouvelle nous propose un texte de Space Opera, nous faisant suivre un héros en quête d'un vaisseau qui a disparu depuis très longtemps. Je ressors mitigée de cette nouvelle, dans l'ensemble est très classique, prévisible, mais ne manque pas d'énergie, d'action, ce qui fait qu'on tourne un minimum les pages, porté par ce rythme incisif. le soucis vient des réflexions et des thématiques soulevées qui ont la finesse d'un éléphant dans une cristallerie, ne cherchant pas obligatoirement toujours à pousser le lecteur à réfléchir, mais venant plus imposer un point de vue. de plus une fois la dernière page tournée j'ai eu l'impression que tout ne trouvait pas obligatoirement une réponse, et que certains éléments de l'intrigue se contredisaient. Reste un récit sans temps morts, qui se lit vite, mais pour ma part j'ai besoin de plus.
Casser la Coquille de Jean-Claude Dunyach : Cette nouvelle nous plonge à la suite d'un soldat en pleine guerre contre l'avancée inexorable des Wanis, des êtres étranges en forme d'oeuf. Pour ma part j'ai trouvé que ce récit offrait un bon moment de lecture, que ce soit à travers sa lente montée en tension, mais aussi dans ses thématiques. On est vraiment dans un texte dense, mais maîtrisée, qui vient ainsi nous faire réfléchir sur l'humanité, d'une certaine façon aussi la notion d'étranger, d'invasion, d'incompréhension avec une conclusion qui m'a paru efficace et percutante. Après l'auteur en fait peut-être un peu trop, cherchant par moment trop le décalage, mais sans que ce soit toujours utile, même si rien de bloquant.
La Traductrice et les Monstres de Jean-Louis Trudel : Cette nouvelle nous fait suivre le capitaine Diego Reyes qui vient avec son équipage ravitailler une lune sous domination des Moweus. Ces même Moweus qui ont tué la soeur de ce dernier, à une époque où ils étaient encore en guerre. Au final j'ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans la construction de son univers, mais aussi dans les idées qu'il amène et les réflexions qu'il soulève. J'avais un peu peur d'un récit binaire, avec les méchants d'un côté et les gentils d'un autre, et vengeur, mais qui finalement va éviter tout manichéisme et se révéler plus profond. En définitive il n'y a que des gens qui veulent survivre, par tous les moyens et même si on n'accepte pas certains choix, d'une certaine façon on les comprend. On se retrouve aussi à réfléchir sur l'adaptation ou encore la transformation et les modifications génétiques. Une très bonne nouvelle qui ne manque pas de se révéler intelligente.
Elle a tes Yeux d'Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait suivre un homme dont sa compagne cybernétique et à été démantelée et les pièces détachées revendues. Il cherche à les retrouver. Cette fois l'autrice nous offre un récit de SF et, je trouve, elle s'en sort très bien. On y retrouve ainsi le côté poétique qu'elle amène à chacun de ses écrits, qui s'avère toujours envoutant et entraînant. Concernant les thématiques, on y retrouve de nombreuses réflexions sur des sujets qui sont chers à l'autrice, que ce soit sur la notion d'homme et de femme, la notion de sexualité et ce qui fait ce que nous sommes. Les personnages sont efficaces, soignés et captivants à suivre dans leurs évolutions et dans leurs façon de voir le monde. Si j'avais juste un léger reproche à faire, ce serait que, pour moi, Estelle Faye a un peu de mal à sortir de sa zone de confort dans les messages qu'elle cherche à faire passer. Il y a ainsi une certaine redondance dans la construction de ses thématiques, même si cela ne dérange en rien la lecture.
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celindanae
  27 juin 2018
L'anthologie des Imaginales fait partie des achats chaque année depuis que nous allons à ce festival. J'ai lu également les anciennes anthologies, même s'il en manque quelques unes encore à mon tableau de chasse. Depuis l'année dernière, l'anthologie a élargi son orientation et inclus également de la science fiction à ses thématiques. Je trouve l'idée vraiment appréciable et cela me permet en plus de participer au challenge Summer Star Wars – Épisode VIII organisé par le RSF Blog avec cette chronique.
Le pays à l'honneur des Imaginales était le Canada et on trouve donc des auteurs Canadiens au sommaire de cette anthologie et beaucoup d'habitués des anthologies Imaginales également. Il y a 14 nouvelles au sommaire de cette anthologies sont le thème était Créatures en hommage au 200 ans de la parution de Frankestein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. le thème est assez vaste et peut être décliné sous bien des formes.
⊕ La Machine différente de Jean-Laurent del Socorro : ce texte aborde la question de la conscience des machines en prenant comme personnage principale Ada Lovelace. Celle-ci était une pionnière de la science informatique ayant vécu au XIX ème siècle et était la fille du poète Lord Byron. Son histoire se prête très bien à un récit de science fiction. Dans cette nouvelle, Ada Lovelace a créé une machine avec 2 autres scientifiques, la machine se révèle avoir une conscience et apprendre la poésie. Jean-Laurent del Socorro nous offre un très beau texte avec beaucoup d'émotions.
⊕ En commençant par la faim de Anthelme Hauchecorne: Ce texte raconte l'histoire de deux religieuses qui recueillent une orpheline aveugle. Celle-ci a perdu son chien et les deux femmes l'aide à le chercher. Mais la petite fille a un sombre passé, son père étant chasseur de sylves. La nouvelle est très bien écrite, les légendes se mêlent habilement au récit.
⊕ le Nid de la Sphinge de Claire & Robert Belmas: Cette nouvelle raconte le récit d'un homme pendant la deuxième guerre mondiale, il est confronté à des phénomènes étranges. Il rencontre des créatures proches de la mythologie lovecraftienne dont la Sphinge. le texte est intéressant mais un peu confus vers la fin.
⊕ Les Rêves de Venn Colomax de Patrick Moran: ce texte est une nouvelle à chute, où un jeune homme un peu perdu rêve d'une étrange créature à qui il prête différentes intentions. La plume de l'auteur est très agréable et la fin très bien amenée.
⊕ Une chance sur 6 de Gabriel Katz: à noter que dans l'anthologie le titre de la nouvelle est Une chance sur 6 alors que dans la quatrième de couverture c'est La Sixième victime. Personnellement, je préfère Une chance sur 6 plus représentatif de l'histoire et révélant moins d'élément. Gabriel Katz raconte l'histoire d'un homme qui poursuit Jack l'éventreur aux États-Unis. le tueur en série est le meurtrier de sa femme. le texte est très rythmé et évoque un aspect peu abordé de la créature: la notion de monstre à l'intérieur de l'humain avec des références à Dr Jekyll et Mr Hyde.
⊕ L'Homme d'argile de Adrien Tomas: La créature au centre de cette nouvelle est un golem d'argile créé par un homme de religion juive qui est las des persécutions subies par son peuple. La fin est très bien trouvée et la nouvelle très plaisante à lire.
⊕ Les Portes du monde de Elisabeth Vonarburg: le texte est très dense et contient beaucoup d'informations sur l'univers ce qui rend sa lecture un peu difficile. Il parle d'un jeune enfant qui est choisi pour ses capacités spéciales pour aller étudier loin des siens.
⊕ Légende du premier monde de Fabien Cerutti: cette nouvelle se situe dans le même univers que la série du Bâtard de Kosigan, mais de nombreuses années avant les aventures de Pierre Cordwain de Kosigan. Il est tout de même préférable de connaitre les romans et d'avoir lu le tome 4 avant de lire cette nouvelle mais ce n'est pas indispensable. le texte évoque une période ancienne de l'univers et la création des elfes. L'écriture de Fabien Cerutti est toujours aussi efficace pour un récit plein de mystères et qui apporte une pierre supplémentaire à un univers déjà très riche.
⊕ Une petite fleur de Olivier Gechter: cette nouvelle est une des plus réussies, la plume de l'auteur apporte beaucoup d'émotions. Un homme dépressif et veuf vit seul noyant son chagrin dans l'alcool. Sur son balcon, pousse une étrange fleur avec une fée qui va avoir une étrange influence sur sa vie.
⊕ Pied d'ombre Hélène Larbaigt: cette nouvelle est basée sur la mythologie celtique avec des fées et le petit peuple. L'héroïne est surnommée « pied d'ombre », c'est une femme grande et forte avec un problème au pied. L'intrigue est assez moyenne, relevée par l'aspect des mythes.
⊕ Desdemona de Fabien Fernandez: cette nouvelle appartient au genre du space-opera et raconte l'histoire d'un homme qui veut à tout prix retrouver un vaisseau, le Desdemona au point de laisser tout tomber, même sa famille. La fin est très bien amenée et l'univers offre des possibilités pour des développements ultérieurs.
⊕ Casser la coquille de Jean-Claude Dunyach: à nouveau un univers de space opera pour ce texte très dense où un soldat est pris dans une guerre contre des Wanis, d'étranges créatures ovoïdes.
⊕ La Traductrice et les monstres de Jean-Louis Trudel: l'univers de ce texte est très vaste et trop dense, ce qui laisse une impression de confusion. Il est question de space-opera et de manipulation génétique pour arriver à créer quelqu'un qui peut traduire la langue des Moweus, des créatures extraterrestres.
⊕ Elle a tes yeux d'Estelle Faye: l'autrice situe cette nouvelle dans l'univers de space opera dans lequel se passait la nouvelle présente dans l'anthologie de l'année dernière et un roman qui doit paraitre chez Scrinéo. Les thématiques sont très intéressantes et l'univers donne vraiment envie d'y revenir. Un homme, dévasté par le décès de sa compagne, recherche des pièces détachées lui ayant appartenu. le texte est très bien écrit, avec des personnages attachants et une histoire prenante.
Cette anthologie des Imaginales 2018 était à nouveau un bon cru. Je trouve juste que l'ordre des textes est un peu étrange avec toutes les nouvelles de space-opera à la fin du recueil. le panel des créatures évoquées est vraiment très diversifié, les thématiques intéressantes et variées. Vivement l'année prochaine!
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Carolivra
  08 septembre 2018
Acheté lors des dernières Imaginales, j'ai lu avec attention les 14 nouvelles qui composent ce recueil dédié aux créatures de tous poils! Comme toujours dans un recueil, certains textes m'ont plus percutée que d'autres mais je retiens que l'ouvrage a été conçu avec harmonie. C'est une saveur souvent douce-amère et mélancolique qui me reste en tête après cette belle lecture.
La Machine différente de Jean-Laurent del Socorro inaugure ce recueil en proposant une lecture mélancolique et triste autour du mythe de l'intelligence artificielle. L'auteur y imagine une machine qui prend vie dans le sens où elle se voit dotée d'une âme. J'ai beaucoup aimé ce texte à la fois beau et tragique qui montre toute la vulnérabilité de cette machine, finalement bien seule face au monde qui l'entoure.
La deuxième nouvelle du recueil écrite par Anthelme Hauchecorne m'a également conquise. En commençant par la faim met en scène deux religieuses escortant une jeune orpheline dans son village décimé par une étrange bête. C'est d'abord très drôle car l'auteur manie l'humour avec finesse. C'est ensuite terrifiant. On bascule en quelques pages d'une farce à une histoire où les légendes les plus sombres prennent vie…
Gabriel Katz m'étonne encore avec sa nouvelle Une chance sur six. Il revisite avec talent le mythe de Jack L'Éventreur en transposant son histoire pendant la ruée vers l'Or, aux États-Unis. J'ai beaucoup aimé son ambiance poussiéreuse avec cet homme blessé, animé par un esprit de vengeance destructeur.
Légende du premier monde m'a complètement embarquée. J'ai adoré l'univers développé par Fabien Cerutti qui a un petit côté mythe de l'Atlantide. Ici il est question de fabrication de créatures aux pouvoirs incroyables pour mener des combats dans des arènes afin de satisfaire l'appétit sanguinaire du public.
Enfin, la nouvelle d'Estelle Faye qui clôt le recueil m'a aussi procurée beaucoup d'émotions. Dans Elle a tes yeux, l'auteur nous plonge dans un univers digne de Blade Runner. le personnage recherche les pièces détachées du cybord qu'il a autrefois aimé. C'est encore une quête d'un amour détruit et perdu à jamais, doucement mélancolique.
Créatures est un magnifique recueil de nouvelles que je recommande à tous les amateurs du genre.
Lien : https://carolivre.wordpress...
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TheaBib
  25 août 2018
Pour la première fois cette année, je suis allée aux Imaginales. Pendant ces trois jours vraiment intenses et riches, on nous a beaucoup parlé de cette anthologie et j'ai eu la chance d'en entendre des extraits lus par certains auteurs. C'est donc tout naturellement que j'ai eu envie d'en lire l'intégralité.
Comme souvent dans les recueils de nouvelles, les impressions sont assez inégales : on aime certains nouvelles, d'autres moins. C'est normal, je pense, c'est le propre des recueils. Il y a donc certaines nouvelles sur lesquelles j'ai moins "accroché", parce qu'elles sont moins dans mes univers de prédilection probablement. Néanmoins tous ces textes, autour du thème des "créatures" sous toutes leurs formes, sont vraiment variés, surprenants, effrayants ou drôles parfois, mais en tout cas toujours de qualité. Une mention particulière à la nouvelle "La machine différente" de Jean-Laurent del Socorro, et un gros coup de coeur pour "Une petite fleur" d'Olivier Gechter.
Pour conclure, je ne peux que vous recommander de lire ce superbe recueil, qui est de grande qualité, que ce soit au niveau des textes mais aussi de l'objet lui-même avec sa superbe couverture signée John Howe.
On sent que cette anthologie est faite par des passionnés de l'imaginaire, qui veulent partager et transmettre leur passion. Et rien que pour ça, ils méritent qu'on les encourage.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
the_billthe_bill   05 mai 2019
La fillette émietta du pain dans la sauce verte. Juste ce qu'il faut , observa soeur Ventrue. Cette gosse a le nez fin et le palais éduqué. Elle comprend l'art subtil de marier les saveurs. Pas étonnant qu'elle ait refusé d'ingurgiter l'immonde boustifaille qu'on sert à la cantine.
- Et ton Gredin, petiote, est-ce un gros chien ?
- Oh oui ma soeur ! Très gros !
- Assez pour égorger un mouton ?
La silhouette élancée de soeur Sourire se matérialisa soudain à l'orée de la cuisine. Elle dévisagea sa comparse:
- Ma soeur, pourquoi importunez-vous cette enfant avec votre question macabre ?
- J'ai aperçu des choses, lors de mon tour de reconnaissance. Pendant que vous laissiez la mioche aboyer après les nuages, j'ai fait bon usage de mon temps. J'ai visité les maisons, les étables et les enclos. En plusieurs endroits, j'ai découvert des bêtes dévorées jusqu'au trognon, dont ile ne restait que la tige, la tête et les pattes....

[ Anthelme Hauchecorne - En commençant par la faim ]
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the_billthe_bill   12 juin 2019
Boudée par l'Olympe, l'Angleterre l'était aussi. Sur les terres verdoyantes où poussaient jardins et cottages, point de grande mythologie, comme en Grèce ou en Scandinavie, mais des hordes de sorcières, de gobelins et de fées cachées sous les tertres, assoupies dans les greniers, enchevêtrées dans les branches des arbres de chaque jardinet. Tous les rejetons de Cornus et Fourchus s'étaient retrouvés sur ce bout de rocher où aucunes de leurs disgrâces indigènes n'auraient à souffrir la comparaison des perfections appolloniennes.

[Pied d'ombre - Hélène Larbaigt]
1,5/5
Une très belle écriture mais je n'ai rien compris à la nouvelle... :)
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UnKaPartUnKaPart   15 novembre 2018
Qui sommes-nous pour juger les dieux des autres ? Nous avons nos temples, ils ont leurs arbres.
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Vidéo de Stéphanie Nicot
Enregistrement du jeudi 11 juin 2020 dans le cadre du colloque universitaire des Imaginales : « Game of Thrones, nouveau modèle pour la fantasy ? ».
Table ronde animée par Stéphanie Nicot. Avec Emmanuel Chastellière, Lionel Davoust, Silène Edgar, Estelle Faye et Aurélie Wellenstein.
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