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ISBN : 2755501723
Éditeur : 1001 Nuits (01/07/1997)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Maître de la pensée invectivante, Nietzsche ne cherche pas à démontrer, il assène, tranche, cogne. L'enjeu est de taille : il s'agit de réveiller un Occident englué dans plus de deux millénaires d'épais fourvoiement moral et philosophique. Ecce Homo, " Voici l'Homme ", titre le plus insolent de l'histoire de la philosophie. " Voici le plus homme des hommes, Nietzsche en personne, ou Dionysos, son double, son modèle, son frère, et cet homme s'est construit la plus re... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
colimasson
23 février 2016
Avec ce livre, Nietzsche fait un cadeau à ses lecteurs les plus cons. En effet, il exprime point par point le contenu et l'objectif de chacun de ses textes antérieurement commis. Ainsi, si vous aviez lu « le Gai savoir » en croyant qu'il s'agissait d'un genre de traité sur l'histoire épistémique de l'homosexualité, vous apprendrez que vous avez foiré.

Il se peut toutefois que malgré cette explicitation criminelle, vous trouviez toujours que Nietzsche reste obscur dans son propos. En effet, rappelons que peu de temps après avoir bouclé ce paperon, nous considérons que Nietzsche sombra dans la folie –ce qui est un peu présomptueux de notre part. Quelques passages sentent parfois l'inflation. Jacques Lacan dirait que Nietzsche se prend pour le Sujet Supposé Savoir ; or, Lacan avait bien précisé qu'aucun individu ne peut être son propre SSS et qu'il fallait le projeter avant tout sur le personnage de son psychanalyste, ce qui est assez rentable pour ce dernier. Donc, Nietzsche aime bien prendre des airs grandiloquents pour bien faire comprendre à la populace qu'il a tout compris et qu'il emmerde le monde. Même s'il a raison, au bout de trois pages de ce discours, on commence à avoir envie d'entendre autre chose.

Je recommanderais cependant aux quelques déficients qui jugent Nietzsche inaccessible d'essayer de lire au moins le titre des chapitres de cet ouvrage avant d'abandonner définitivement. C'est drôle, Nietzsche a plutôt de l'humour. Ainsi, premier chapitre : « Pourquoi je suis si sage ». Puis : « Pourquoi je suis si malin ». Ensuite : « Pourquoi j'écris de si bons livres ». Enfin : « Pourquoi je suis une fatalité ». le passage sur « Pourquoi je suis un si bon coup » a été oublié.

Voilà pour la mise en page. Mais peut-être me lisez-vous depuis le début pour réussir votre baccalauréat ? Voici les bonnes réponses à fournir :

- « L'origine de la tragédie » : interprétation du phénomène dionysien chez les Grecs avant que Socrate ne vienne foutre le bordel en opposant la raison et l'instinct.
- « Les considérations inactuelles » : Attaque contre la culture allemande insignifiante, attaque contre la science empoisonnée, conception d'une culture supérieure détachée de tout personnalisme et de toute discipline.
- « Humain, trop humain » : Anéantissement du délire sacré, de l'idéalisme, des beaux sentiments et autres saloperies.
- « Aurore » : Début de la campagne contre la morale chrétienne avec tout ce qu'elle implique de renoncement à soi.
- « le gai savoir » : Reprendre « Aurore » et élever le propos au carré.
- « Ainsi parlait Zarathoustra » : Conception du dionysien comme acte d'éclat et d'affirmation de la plus haute santé. Apprentissage de la méchanceté.
- « Par-delà le bien et le mal » : Critique de la modernité, des sciences modernes, des arts modernes, de la politique moderne, etc.
- « Généalogie de la morale » : Psychologie du christianisme né dans l'esprit du ressentiment, présentation de la psychologie de la conscience qui est instinct de cruauté, résolution du problème de l'idéal ascétique
- « le crépuscule des idoles » : Anéantissement des vérités anciennes.

Et si vous croyez qu'en ayant lu cet « Ecce homo » vous avez bouffé une biographie de Ponce Pilate, vous êtes dans la merde.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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GuillaumeTM
29 mars 2013
C'est le dernier livre que Nietzsche rédigea avant de sombrer dans la folie sous forme végétative. L'auteur se raconte à travers chacune de ses oeuvres afin de mieux se faire comprendre lui et sa philosophie auprès de ses lecteurs, ce qui n'est pas une mince affaire quand on sait à quel point il est parfois difficile de percevoir toute la subtilité et la totale compréhension qu'il exige de ses lecteurs.
Nietzsche est tellement pétrit d'auto-complaisance qu'il en est comique, surtout quand il se vante d'avoir des lecteurs dans différentes parties du monde ou qu'il se vante d'un certain machisme envers les femmes et qu'il conseille de ne pas trop lire alors que lui n'a fait que ça sa vie durant. On y voit ses faiblesses qui sont son manque de connaissance en politique, en économie (tout le contraire du brillant économiste que fut Karl Marx), la preuve en est son amalgame entre les anarchistes et les socialistes et qu'il s'appuie trop souvent sur des livres de seconde main pour conspuer certains penseurs comme Rousseau. C'est exactement ce que Sartre reprocha à Camus lors du tollé que provoqua la publication de "L'homme révolté" dans la sphère intellectuelle parisienne. Sans oublier son ressentiment (un comble !) à l'encontre du peuple allemand qu'il houspille à n'en plus finir.
Malgré tout, Nietzsche fut un précurseur de la psychanalyse et probablement le plus grand ennemi du christianisme et de sa morale, rien que pour ça on peut tout lui pardonner même de jouer avec le feu face à la montée de l'antisémitisme qui donnera ce que l'on sait, bien qu'il y ait des preuves ici qu'il s'agit d'une simplification et d'une mécompréhension de ses concepts exprimés allégoriquement.
Un grand livre tout de même pour celui qui décida de philosopher à coup de marteau tel un médecin.afin de guérir le monde de sa décadence.
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akahama
31 octobre 2014
Ecce Homo, courte autobiographie philosophique facile à lire, jette sur l'oeuvre de Nietzsche une lumière crue, celle émanant d'une conscience aiguë de la folie imminente tenue en respect par une puissance mégalomaniaque impressionnante...ce qui n'altère en rien la qualité intellectuelle de l'oeuvre, dans laquelle l'auteur raconte la genèse de ses textes, mais aussi et surtout la manière dont il se perçoit. Même si cela n'est jamais dit clairement, on devine une certaine lucidité sur ses limites qui permet au penseur le dépassement non pas de soi mais au sein de soi, à l'intérieur de l'espace et des frontières déterminés par sa propre humanité. La connaissance de soi comme fondement de la pensée, une interrogation qui traverse la philosophie, du "connais-toi toi-même" à la psychanalyse freudienne, que Nietzsche entrevoit dans ce texte visionnaire.
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Feejee
06 janvier 2016
Même si on peut trouver à Nietzsche trop peu de bonne volonté et de rigueur métaphysique dans sa critique du christianisme, il ne faut pas bouder sa lecture d'un style aussi compact, précis et brûlant, en un mot : vivant.
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MarieBlanco
30 septembre 2012
Le style de Nietzsche est facile à comprendre, ses mots reflètent sa pensée. le narrateur, qui est également l'auteur s'adresse au lecteur par son récit.
On découvre ici une manière de retranscrire son vécu et son expérience. Les thèmes ne sont pas extraordinaires. La banalité de son propos rend peut-être son récit plus compréhensible. Nietzsche met son vécu en relation avec les autres auteurs et les cultures.
Il n'y a pas de réel intérêt pour le lecteur, il s'agit plutôt d'une thérapie pour le narrateur. il n'y a donc pas non plus de réelle crédibilité car le récit est plus que subjectif.
Le récit est certes rapide à lire et compréhensible mais je n'ai pas accroché, ne voyant pas de réel intérêt aux propos de l'auteur. Heureusement que le style est lisible et que le narrateur s'adresse au lecteur.
Lien : http://mary-book.blogspot.fr..
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_20 avril 2015
Et pourquoi n’irais-je pas jusqu’au bout ? J’aime à faire table rase. Je m’enorgueillis même de passer pour le contem­pteur des Allemands par excellence. La méfiance que m’inspi­rait le caractère allemand je l’ai déjà exprimée à l’âge de vingt-six ans (troisième Considération inactuelle, page 71). Les Allemands sont pour moi quelque chose d’impossible. Quand je veux imaginer une espèce d’homme absolument con­traire à tous mes instincts, c’est toujours un Allemand qui se présente à mon esprit. La première chose que je me demande, lorsque je scrute un homme jusqu’au fond de son âme, c’est s’il possède le sentiment de la distance, s’il observe partout le rang, le degré, la hiérarchie d’homme à homme, s’il sait distinguer. Par là on est gentilhomme. Dans tout autre cas on appartient sans rémission à la catégorie si large et si débon­naire de la canaille. Or, les Allemands sont canaille — hélas ! ils sont si débonnaires… On s’amoindrit par la fréquentation des Allemands : les Allemands placent sur le même niveau.

Si je fais abstraction de mes rapports avec quelques artis­tes, avant tout avec Richard Wagner, je n’ai pas vécu une seule heure agréable avec des Allemands… Admettons que l’esprit le plus profond de tous les siècles apparaisse parmi les Allemands, une créature quelconque, de celles qui sauvent le Capitole, s’imaginerait que sa vilaine âme a au moins autant d’importance que lui…

Je ne saurais tolérer le voisinage de cette race qui ne pos­sède aucun doigté pour la nuance — malheur à moi, je suis nuance ! de cette race qui ne possède aucun esprit dans les pieds et qui ne sait même pas marcher… Tout compte fait, les Allemands n’ont pas du tout de pieds, ils n’ont que des jambes… Les Allemands n’ont aucune idée à quel point ils sont vulgaires, et ceci est le superlatif de la vulgarité, — ils n’ont même pas honte de n’être que des Allemands… Ils veulent dire leur mot à propos de tout, ils considèrent eux-mêmes leur opinion comme décisive, je crains même fort qu’ils n’aient décidé de moi… Toute ma vie est la démonstration rigoureuse de ces affirmations. C’est en vain que j’ai cherché une preuve de tact, de délicatesse à mon égard. Je l’ai trouvée chez des juifs, jamais chez des Allemands.
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peloignonpeloignon20 mars 2013
À part ces travaux de dix jours, les années pendant et surtout après le Zarathoustra furent des années de détresse sans égale. On paie cher d'être immortel: pour cela on meurt plusieurs fois de son vivant.
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moklosmoklos30 septembre 2007
Fermer les yeux sur bien des choses, s’abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c’est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu’on n’est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu’on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c’est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu’elles soient, les dépenses de force défensives, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétitions des petites. La défensive, la faction constante constituent – qu’on ne s’y trompe pas – une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l’état précaire que représente la défensive on s’affaiblit facilement au point de ne plus savoir se défendre…
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colimassoncolimasson25 février 2016
La philosophie, telle que je l’ai vécue, telle que je l’ai entendue jusqu’à présent, c’est l’existence volontaire au milieu des glaces et des hautes montagnes –la recherche de tout ce qui est étrange et problématique dans la vie, de tout ce qui, jusqu’à présent, a été mis au ban par la morale.
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petchpetch05 août 2013
La notion d'au-delà, du "monde vrai", n'a été inventée que pour déprécier le seul monde qu'il y ait - pour ne plus conserver à notre réalité terrestre aucun but, aucune raison, aucune tâche ! La notion d'âme, d'esprit et, en fin de compte, "d'âme immortelle", a été inventée pour mépriser le corps, pour le rendre malade. [...]. Au lieu de la santé, le salut de l'âme.
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