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EAN : 9791025603949
Éditeur : Editions Thélème (14/06/2018)
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Note moyenne : 4/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Ecce homo est une autobiographie à la fois parodique et philosophique de Friedrich Nietzsche. C’est aussi le dernier ouvrage original, avant la période de démence de ses dernières années de vie.

Malgré sa brièveté, c'est l’un des livres les plus importants pour comprendre la pensée nietzschéenne dans son originalité. Au cours de ces quelque cent pages, Nietzsche invente un nouveau type d’écriture, tonitruant et virtuose, qui lui permet de réaliser son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  23 février 2016
Avec ce livre, Nietzsche fait un cadeau à ses lecteurs les plus cons. En effet, il exprime point par point le contenu et l'objectif de chacun de ses textes antérieurement commis. Ainsi, si vous aviez lu « le Gai savoir » en croyant qu'il s'agissait d'un genre de traité sur l'histoire épistémique de l'homosexualité, vous apprendrez que vous avez foiré.

Il se peut toutefois que malgré cette explicitation criminelle, vous trouviez toujours que Nietzsche reste obscur dans son propos. En effet, rappelons que peu de temps après avoir bouclé ce paperon, nous considérons que Nietzsche sombra dans la folie –ce qui est un peu présomptueux de notre part. Quelques passages sentent parfois l'inflation. Jacques Lacan dirait que Nietzsche se prend pour le Sujet Supposé Savoir ; or, Lacan avait bien précisé qu'aucun individu ne peut être son propre SSS et qu'il fallait le projeter avant tout sur le personnage de son psychanalyste, ce qui est assez rentable pour ce dernier. Donc, Nietzsche aime bien prendre des airs grandiloquents pour bien faire comprendre à la populace qu'il a tout compris et qu'il emmerde le monde. Même s'il a raison, au bout de trois pages de ce discours, on commence à avoir envie d'entendre autre chose.

Je recommanderais cependant aux quelques déficients qui jugent Nietzsche inaccessible d'essayer de lire au moins le titre des chapitres de cet ouvrage avant d'abandonner définitivement. C'est drôle, Nietzsche a plutôt de l'humour. Ainsi, premier chapitre : « Pourquoi je suis si sage ». Puis : « Pourquoi je suis si malin ». Ensuite : « Pourquoi j'écris de si bons livres ». Enfin : « Pourquoi je suis une fatalité ». le passage sur « Pourquoi je suis un si bon coup » a été oublié.

Voilà pour la mise en page. Mais peut-être me lisez-vous depuis le début pour réussir votre baccalauréat ? Voici les bonnes réponses à fournir :

- « L'origine de la tragédie » : interprétation du phénomène dionysien chez les Grecs avant que Socrate ne vienne foutre le bordel en opposant la raison et l'instinct.
- « Les considérations inactuelles » : Attaque contre la culture allemande insignifiante, attaque contre la science empoisonnée, conception d'une culture supérieure détachée de tout personnalisme et de toute discipline.
- « Humain, trop humain » : Anéantissement du délire sacré, de l'idéalisme, des beaux sentiments et autres saloperies.
- « Aurore » : Début de la campagne contre la morale chrétienne avec tout ce qu'elle implique de renoncement à soi.
- « le gai savoir » : Reprendre « Aurore » et élever le propos au carré.
- « Ainsi parlait Zarathoustra » : Conception du dionysien comme acte d'éclat et d'affirmation de la plus haute santé. Apprentissage de la méchanceté.
- « Par-delà le bien et le mal » : Critique de la modernité, des sciences modernes, des arts modernes, de la politique moderne, etc.
- « Généalogie de la morale » : Psychologie du christianisme né dans l'esprit du ressentiment, présentation de la psychologie de la conscience qui est instinct de cruauté, résolution du problème de l'idéal ascétique
- « le crépuscule des idoles » : Anéantissement des vérités anciennes.

Et si vous croyez qu'en ayant lu cet « Ecce homo » vous avez bouffé une biographie de Ponce Pilate, vous êtes dans la merde.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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GuillaumeTM
  29 mars 2013
C'est le dernier livre que Nietzsche rédigea avant de sombrer dans la folie sous forme végétative. L'auteur se raconte à travers chacune de ses oeuvres afin de mieux se faire comprendre lui et sa philosophie auprès de ses lecteurs, ce qui n'est pas une mince affaire quand on sait à quel point il est parfois difficile de percevoir toute la subtilité et la totale compréhension qu'il exige de ses lecteurs.
Nietzsche est tellement pétrit d'auto-complaisance qu'il en est comique, surtout quand il se vante d'avoir des lecteurs dans différentes parties du monde ou qu'il se vante d'un certain machisme envers les femmes et qu'il conseille de ne pas trop lire alors que lui n'a fait que ça sa vie durant. On y voit ses faiblesses qui sont son manque de connaissance en politique, en économie (tout le contraire du brillant économiste que fut Karl Marx), la preuve en est son amalgame entre les anarchistes et les socialistes et qu'il s'appuie trop souvent sur des livres de seconde main pour conspuer certains penseurs comme Rousseau. C'est exactement ce que Sartre reprocha à Camus lors du tollé que provoqua la publication de "L'homme révolté" dans la sphère intellectuelle parisienne. Sans oublier son ressentiment (un comble !) à l'encontre du peuple allemand qu'il houspille à n'en plus finir.
Malgré tout, Nietzsche fut un précurseur de la psychanalyse et probablement le plus grand ennemi du christianisme et de sa morale, rien que pour ça on peut tout lui pardonner même de jouer avec le feu face à la montée de l'antisémitisme qui donnera ce que l'on sait, bien qu'il y ait des preuves ici qu'il s'agit d'une simplification et d'une mécompréhension de ses concepts exprimés allégoriquement.
Un grand livre tout de même pour celui qui décida de philosopher à coup de marteau tel un médecin.afin de guérir le monde de sa décadence.
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akahama
  31 octobre 2014
Ecce Homo, courte autobiographie philosophique facile à lire, jette sur l'oeuvre de Nietzsche une lumière crue, celle émanant d'une conscience aiguë de la folie imminente tenue en respect par une puissance mégalomaniaque impressionnante...ce qui n'altère en rien la qualité intellectuelle de l'oeuvre, dans laquelle l'auteur raconte la genèse de ses textes, mais aussi et surtout la manière dont il se perçoit. Même si cela n'est jamais dit clairement, on devine une certaine lucidité sur ses limites qui permet au penseur le dépassement non pas de soi mais au sein de soi, à l'intérieur de l'espace et des frontières déterminés par sa propre humanité. La connaissance de soi comme fondement de la pensée, une interrogation qui traverse la philosophie, du "connais-toi toi-même" à la psychanalyse freudienne, que Nietzsche entrevoit dans ce texte visionnaire.
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hotaru
  14 août 2019
Depuis toujours j'ai voulu lire Nietzsche « Ecce Homo » est la dernière oeuvre de ce philosophe. L'auteur rédige son livre en plusieurs chapitres.
Chaque chapitre permet de comprendre plus facilement son mode de vie ainsi que ses pensées philosophiques.
Il s'agit de mon premier livre audio, la voix du lecteur est prenante car, on sent que le lecteur est motivée par l'oeuvre de Nietzsche.
Nietzsche n'arrête pas de se jeter des fleurs et de penser qu'il excelle dans de nombreux domaines. En effet, ce philosophe n'est pas modeste pour un sous !
Parfois, il dénigre même d'autres philosophes, et souligne qu'il est le meilleur.
Ce narcissisme est parfois écoeurant tellement il n'arrête pas de s'autocongratuler.
Malgré ma bonne volonté et l'entrain du lecteur lorsqu'il raconte « Ecce Homo » je ne suis pas parvenue a comprendre ce livre audio.
Merci à Masse critique de m'avoir permis de rencontrer ce grand penseur, je vais prêter ce livre à la ligue Braille qui en fera très bon usage !
Le partage est ma philosophie 😉
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Faignan
  31 mai 2019
Malgré des études de philo, je n'ai jamais été un lecteur de Nietzsche. J'ai parcouru le gai savoir, il y a longtemps puis ce mois de mai, par curiosité, j'ai suivit un MOOC de la Sorbonne qui proposait de nous introduire à la pensée nitzschéenne. Cet enseignement m'a permis de me défaire de certains préjugés autour de son antisémitisme (il n'était pas antisémite contrairement à sa soeur) ou de son nihilisme (il n'était pas nihiliste non plus), sans nier ses idées manifestement inégalitaires et eugénistes.
J'en suis donc venu, pour ma culture personnelle, à lire Ecce Homo. Il s'agit finalement d'une biographie philosophique pleine de la mégalomanie du philosophe à la moustache envahissante. Parce-que mégalomane il l'est assurément. Il reprend les thèmes essentiels de sa philosophie et revient sur les thèses de ses ouvrages.
Le surhumain, l'éternel retour ... Des concepts qui finalement ne sont pas tellement éclairci. Je ne sais pas si, sans le cours introductif j'aurais compris le texte.
Pour autant, Ecce Homo me semble bien utile pour se retrouver ensuite dans l'oeuvre foisonnante de ce disciple de Dionysos.
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critiques presse (1)
LeMonde   31 août 2018
Ecce homo, déroutant manuel, porte remède à l’écrasante lassitude de l’exil intérieur. Il nous ramène sur terre, à la maison, au dire oui.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   20 avril 2015
Et pourquoi n’irais-je pas jusqu’au bout ? J’aime à faire table rase. Je m’enorgueillis même de passer pour le contem­pteur des Allemands par excellence. La méfiance que m’inspi­rait le caractère allemand je l’ai déjà exprimée à l’âge de vingt-six ans (troisième Considération inactuelle, page 71). Les Allemands sont pour moi quelque chose d’impossible. Quand je veux imaginer une espèce d’homme absolument con­traire à tous mes instincts, c’est toujours un Allemand qui se présente à mon esprit. La première chose que je me demande, lorsque je scrute un homme jusqu’au fond de son âme, c’est s’il possède le sentiment de la distance, s’il observe partout le rang, le degré, la hiérarchie d’homme à homme, s’il sait distinguer. Par là on est gentilhomme. Dans tout autre cas on appartient sans rémission à la catégorie si large et si débon­naire de la canaille. Or, les Allemands sont canaille — hélas ! ils sont si débonnaires… On s’amoindrit par la fréquentation des Allemands : les Allemands placent sur le même niveau.

Si je fais abstraction de mes rapports avec quelques artis­tes, avant tout avec Richard Wagner, je n’ai pas vécu une seule heure agréable avec des Allemands… Admettons que l’esprit le plus profond de tous les siècles apparaisse parmi les Allemands, une créature quelconque, de celles qui sauvent le Capitole, s’imaginerait que sa vilaine âme a au moins autant d’importance que lui…

Je ne saurais tolérer le voisinage de cette race qui ne pos­sède aucun doigté pour la nuance — malheur à moi, je suis nuance ! de cette race qui ne possède aucun esprit dans les pieds et qui ne sait même pas marcher… Tout compte fait, les Allemands n’ont pas du tout de pieds, ils n’ont que des jambes… Les Allemands n’ont aucune idée à quel point ils sont vulgaires, et ceci est le superlatif de la vulgarité, — ils n’ont même pas honte de n’être que des Allemands… Ils veulent dire leur mot à propos de tout, ils considèrent eux-mêmes leur opinion comme décisive, je crains même fort qu’ils n’aient décidé de moi… Toute ma vie est la démonstration rigoureuse de ces affirmations. C’est en vain que j’ai cherché une preuve de tact, de délicatesse à mon égard. Je l’ai trouvée chez des juifs, jamais chez des Allemands.
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moklosmoklos   30 septembre 2007
Fermer les yeux sur bien des choses, s’abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c’est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu’on n’est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu’on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c’est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu’elles soient, les dépenses de force défensives, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétitions des petites. La défensive, la faction constante constituent – qu’on ne s’y trompe pas – une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l’état précaire que représente la défensive on s’affaiblit facilement au point de ne plus savoir se défendre…
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peloignonpeloignon   20 mars 2013
À part ces travaux de dix jours, les années pendant et surtout après le Zarathoustra furent des années de détresse sans égale. On paie cher d'être immortel: pour cela on meurt plusieurs fois de son vivant.
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colimassoncolimasson   25 février 2016
La philosophie, telle que je l’ai vécue, telle que je l’ai entendue jusqu’à présent, c’est l’existence volontaire au milieu des glaces et des hautes montagnes –la recherche de tout ce qui est étrange et problématique dans la vie, de tout ce qui, jusqu’à présent, a été mis au ban par la morale.
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PartempsPartemps   24 août 2020
Il fait nuit : voici que s’élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes. Et mon âme, elle aussi, est une fontaine 
jaillissante.

Il fait nuit : voici que s’éveillent tous les chants des amou
reux. Et mon âme, elle aussi, est un chant d’amoureux.

Il y a en moi quelque chose d’inapaisé et d’inapaisable qui
 veut élever la voix. Il y a en moi un désir d’amour qui parle 
lui-même le langage de l’amour.

Je suis lumière : ah ! si j’étais nuit ! Mais ceci est ma solitude d’être enveloppé de lumière.

Hélas ! que ne suis-je ombre et ténèbres ! Comme j’étancherais ma soif aux mamelles de la lumière !

Et vous-mêmes, je vous bénirais, petits astres scintillants,
 vers luisants du ciel ! et je me réjouirais de la lumière que
 vous me donneriez.

Mais je vis de ma propre lumière, j’absorbe en moi-même 
les flammes qui jaillissent de moi.

Je ne connais pas la joie de ceux qui prennent ; et souvent
 j’ai rêvé que voler était une volupté plus grande encore que 
de prendre.

Ma pauvreté, c’est que ma main ne se repose jamais de 
donner ; ma jalousie, c’est de voir des yeux pleins d’attente
 et des nuits illuminées de désir.

Ô misère de tous ceux qui donnent ! Ô obscurcissement de 
mon soleil ! Ô désir de désirer ! Ô faim dévorante dans la satiété !

Ils prennent ce que je leur donne : mais suis-je en contact
 avec leurs âmes ? Il y a un abîme entre donner et prendre ; et 
le plus petit abîme est le plus difficile à combler.

Une faim naît de ma beauté : je voudrais faire du mal à
 ceux que j’éclaire ; je voudrais dépouiller ceux que je comble de mes présents : — c’est ainsi que j’ai soif de méchanceté.

Retirant la main, lorsque déjà la main se tend ; hésitant
 comme la cascade qui dans sa chute hésite encore : — c’est 
ainsi que j’ai soif de méchanceté.

Mon opulence médite de telles vengeances : de telles malices 
naissent de ma solitude.

Mon bonheur de donner est mort à force de donner, ma 
vertu s’est fatiguée d’elle-même et de son abondance !

Celui qui donne toujours court le danger de perdre la pu
deur ; celui qui toujours distribue, à force de distribuer, finit
 par avoir des callosités à la main et au cœur.

Mes yeux ne fondent plus en larmes sur la honte des suppliants ; ma main est devenue trop dure pour sentir le tremblement des mains pleines.

Que sont devenus les larmes de mes yeux et le duvet de mort,
 cœur ? Ô solitude de tous ceux qui donnent ! Ô silence de tous
 ceux qui luisent !

Bien des soleils gravitent dans l’espace désert leur lumière parle à tout ce qui est ténèbres, — c’est pour moi seul qu’ils se taisent.

Hélas ! telle est l’inimitié de la lumière pour ce qui est lumineux ! Impitoyablement, elle poursuit sa course.

Injustes au fond du cœur contre tout, ce qui est lumineux, 
froids envers les soleils — ainsi tous les soleils poursuivent
leur course.

Pareils à l’ouragan, les soleils, volent le long de leur voie ;
 c’est là leur route. Ils suivent leur volonté inexorable ; c’est
 là leur froideur.

Oh ! c’est vous seuls, êtres obscurs et nocturnes, qui créez la
 chaleur par la lumière ! Oh ! c’est vous seuls qui buvez un 
lait réconfortant aux mamelles de la lumière.

Hélas ! la glace m’environne, ma main se brûle à des
 contacts glacés ! Hélas ! la soif est en moi, une soif altérée de 
votre soif !

Il fait nuit : hélas! pourquoi me faut-il être lumière ! et
 soif de ténèbres ! et solitude !

Il fait nuit : voici que mon désir jaillit comme une source, — mon désir veut élever la voix.

Il fait nuit : voici que s’élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes. Et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante.

Il fait nuit : voici que s’éveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme, elle aussi, est un chant d’amoureux, —
+ Lire la suite
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Vidéo de Friedrich Nietzsche
Friedrich Nietzsche (1844-1900), un problème allemand : Une vie, une œuvre (France Culture). Un documentaire de Colomba Grossi réalisé par Vincent Decque. Documentation et recherche internet : Annelise Signoret. Collaboration : Suzanne Saint-Cast. Diffusion sur France Culture le 26 octobre 2019. Peinture : Edvard Munch, Portrait de Friedrich Nietzsche, 1906. Au cours du XXe siècle, Nietzsche a été accusé, à tort, d’être un penseur nationaliste et belliciste. Certaines de ses idées ont été mal, voire dramatiquement interprétées. En éclairant son rapport à l’Allemagne, nous revenons aujourd’hui sur les aspects politiques de sa biographie et de sa pensée. Nietzsche naît le 15 octobre 1844 à Röcken, dans une région à l’époque annexée à la Prusse. Après le collège et à la demande de sa mère, il entreprend d’abord des études de théologie à Bonn. Ce domaine ne l’intéresse absolument pas mais il se passionne en revanche pour la philologie, soit l’étude des lettres classiques et en particulier du grec. Il retirera de cette formation une culture encyclopédique de la Grèce antique, qui sera déterminante dans sa pratique de la philosophie, par exemple dans son premier livre publié, “La Naissance de la tragédie” (1872). Le 8 novembre 1866, à Leipzig, Nietzsche rencontre Richard Wagner lors d’un dîner. Ce dernier lui expose rapidement son projet de faire construire, à Bayreuth, un théâtre où l’on ne jouerait que ses propres opéras, et qui pourrait être le lieu de l’intensification de la culture et de l’esprit allemand. Dans un premier temps, Nietzsche s’enthousiasme pour ce projet. Il faut préciser qu’à cette époque, l’Allemagne n’existe pas en tant que pays unifié : elle ne correspond qu’à un ensemble d’une trentaine d’États indépendants liés uniquement par une langue et une culture partagées. Le jeune Nietzsche est le témoin de l’unification progressive des États allemands en une nation aux frontières politiques établies. Le processus commence en 1866, lorsque la Prusse remporte la guerre qu’elle menait contre l’Autriche : la Prusse va alors essayer d’unifier les États allemands autour d’elle, par la domination militaire. C’est chose faite avec la victoire sur la France en janvier 1871 : de l’écrasement de la France naît le deuxième Reich allemand. Un temps infirmier pendant la guerre, Nietzsche, qui a renoncé à sa nationalité prussienne en 1869, arrive rapidement à la conclusion que cette boucherie signe le déclin irrévocable de la culture allemande, qui a cédé à ses yeux aux sirènes du nationalisme. Cette victoire de l'Empire allemand le met ainsi en porte-à-faux complet avec l'enthousiasme de Wagner, qui lui se réjouit et appelle de ses vœux une véritable hégémonie allemande en Europe. À partir de là, le chemin politique que prend Nietzsche est mal connu, et souvent confondu avec la caricature qu’en ont fait les tenants du régime national-socialiste. Nietzsche serait, d'après cette lecture falsificatrice, le penseur de l'écrasement des faibles, de la sélection biologique raciste, de la volonté de domination. Il convient donc de revenir sur certaines erreurs de lecture et de traduction, afin de ne pas reconduire cette lecture biaisée, qui n’emprunte pas grand chose à la véritable pensée de Nietzsche.
Avec :
Michèle Cohen-Halimi, professeure de philosophie à l'Université Paris 8 Céline Denat, maître de conférences en philosophie à l'Université de Reims Georges-Arthur Goldschmidt, professeur d'allemand, écrivain, essayiste et traducteur Emmanuel Salanskis, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris et agrégé de philosophie Patrick Wotling, ancien élève de l'École Normale Supérieure, professeur de philosophie, directeur du département de philosophie de l’Université de Reims et fondateur du “Groupe International de Recherches sur Nietzsche”
Lecture des textes : Michel Vuillermoz, de la Comédie-Française.
Source : France Culture
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