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Giorgio Colli (Éditeur scientifique)Mazzino Montinari (Éditeur scientifique)Pierre Klossowski (Traducteur)Marc Buhot de Launay (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070325407
Éditeur : Gallimard (22/08/1989)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 298 notes)
Résumé :
Y a-t-il une alliance possible entre la lucidité et la joie? Quelle force faut-il pour aimer la réalité telle qu'elle est, pour assumer les contradictions de la vie? Une puissance rare qui est le privilège de ceux qui savent jouir de ce monde-ci. La plupart des hommes imaginent que la vraie vie est ailleurs et cette fiction d'un au-delà idéal les réconforte et leur permet de supporter leur condition temporelle. Cette peur de l'éphémère et de l'instable, convertie en... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
30 janvier 2013
Après le sobre et abrasif « Humain...trop humain » que Nietzsche dicte à Peter Gast au cours des sombres jours qui suivent sa rupture avec son idole Wagner et au cours desquels il est particulièrement atteint par le mal qui le rongera désormais, l'espérance d'une rémission a bien fini par se faire sentir et, de son esprit convalescent, l'« Aurore » fragile a surgie avec légèreté, esquissant d'une manière encore indéterminée de sublimes possibilités à développer.
Et nous voilà soudain devant « le gai savoir »! Nous pénétrons, attirés par les rythmes mystérieux et gracieusement dansants des poèmes d'introduction, dans un monde où l'eau plate du savoir nous est présentée sous la jolie forme d'un pétillant Champagne. Quel esprit saura en jouir sans y perdre sa sobriété? Voilà le défi qui nous y est lancé!
13 Pour les danseurs
Glace lisse
Un paradis
Pour qui sait danser
35 Glace
Oui, parfois je fais de la glace :
La glace est utile pour digérer!
Si vous aviez beaucoup à digérer,
Oh, comme vous aimeriez ma glace!
Le moment est venu de prendre du recul devant les folies qui nous entraînent d'une main de fer. La religion, la morale, l'art, la science ne valent pour nous que si nous le voulons bien. Aucune voie ne saurait en imposer à notre joyeuse envie de nous esclaffer. Rien n'est exempt de travers ridicules, d'absurdités, d'erreurs de calcul dans l'économie des fins et des moyens. Et pourtant, l'intention demeure toujours de viser la vérité la plus sérieuse et la plus dure. La santé, c'est l'état de liberté qui découle de cette prise de distance à la fois lucide et ironique par rapport à la vérité, car cette dernière n'est rien d'autre que la mort.
Alors apprenons à nous baigner librement de sublimes illusions. Non pas pour en faire notre état permanent et sombrer ainsi dans la médiocrité ambiante, mais pour s'éclater dans l'enthousiasme le plus pur, dans l'instant fugace d'un spasme d'existence inoubliable, avant de retourner toujours, de plus en plus profondément, à l'implacable vérité. Voilà ce qu'est Nietzsche pour moi, mes amis. Ecce Homo!
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colimasson
10 décembre 2012
Un des livres les plus tonitruants de Nietzsche ! le Gai Savoir marque une forme de renaissance à la vie et s'inscrit en tant que tel dans l'existence de l'auteur. Après avoir été totalement abattu par affres de la maladie et de la souffrance, après avoir écrit, dans une lettre à Overbeck : « Je ne comprends plus du tout à quoi bon je devrais vivre, ne fût-ce que six mois de plus [...] », Nietzsche connaît une rémission qui le fait passer des bas-fonds au faîte de l'énergie et du dynamisme. Modèle du maniaco-dépressif ? On lit alors des pensées situées à l'antithèse de ses écrits les plus désespérés, condamnant les volontés de vivre affaiblies en même temps que le pessimisme à la Schopenhauer ou le romantisme à la Wagner.

« Vivre –cela veut dire : rejeter sans cesse loin de soi quelque chose qui tend à mourir ; vivre –cela veut dire : être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n'est que faible et vieilli, et pas seulement en nous. »

Les exhortations à la vie sont virulentes et révèlent peut-être le regard d'un homme qui souhaite faire une croix sur un passé de souffrance. Ce qui semble s'écouler de la plume de Nietzsche, avec toutes les apparences d'une certitude inébranlable, n'est peut-être qu'une forme d'auto-persuasion d'autant plus affirmée qu'elle se sait bancale ? car quelle virulence Nietzsche emploie-t-il à condamner tous les instincts contraires à cette redécouverte de la vie dans toute sa puissance, alors même qu'il appelle au mépris des formes les plus affaiblies de l'existence. Il n'empêche, ces passages enflammés transcrivent une vitalité indéniable, qui stupéfie et qui véhicule un courage et une force bien réels –si tant est qu'ils prennent leur source dans une origine moins stable.

Ce sentiment d'être doté d'une énergie presque infinie enjoint Nietzsche à se séparer du commun des mortels, à ceux qu'il appelle, avec un mépris affiché et assumé : le « troupeau ». Ce qui le différencie semble se situer au niveau de la morale : une fois encore, avoir atteint des sommets de désespoir a fait rejaillir chez Nietzsche une vision du monde qui dépasse les exigences habituelles. Il ne voit plus que l'inanité d'une foule de « travestis » qui se réunit sur scène pour jouer une pièce d'un romantisme graveleux.

« Nous aussi nous fréquentons des « personnes », nous aussi nous revêtons modestement le vêtement sous lequel (et comme quoi) on nous connaît, estime, recherche, et ainsi vêtus nous nous rendons en société, c'est-à-dire parmi des travestis qui ne veulent pas qu'on les dise tels : nous aussi nous agissons en masques avisés et coupons court à toute curiosité qui ne se bornerait pas à notre « travestissement ». »

Et là où certains se perdent derrière leurs travestissements, Nietzsche et les autres « hommes supérieurs », sans être dupes de leur obligation à céder eux aussi à ce procédé, se contentent d'y voir une obligation sociale qui n'efface en rien la véritable personnalité de celui qui se pare pour les mondanités.

Superficialité, superficialité… à bannir, tout comme Nietzsche condamne la « profondeur » creuse des hommes de science de son siècle. A s'échiner à dévoiler une vérité qui abolirait toutes les autres, l'humanité risquerait de tomber dans un nouveau fanatisme –après celui qu'a pu engendrer, par exemple, le christianisme. Ces professeurs d'une foi nouvelle s'accapareraient une image de profondeur qu'ils ne méritent pas –en contre-exemple, Nietzsche cite les grecs antiques, véritables défricheurs des abysses qui ne livraient leurs découvertes qu'après être remontés à la surface des choses.

« Que seule une interprétation du monde soit légitime, où vous autres subsistiez légitimement, où l'on ne puisse explorer et continuer de travailler scientifiquement que dans votre sens (-vous voulez dire somme toute mécanicistement ?) et qui n'admette autre chose que compter, calculer, peser, voir et saisir, voilà qui n'est que balourdise et naïveté, quand ce ne serait pas de l'aliénation, du crétinisme. »

Peu à peu se révèle le concept de Gai Savoir situé à la fois au-delà des pensées moralisantes et avilissantes du « troupeau » mais aussi au-delà des airs empruntés et tortueux des hommes de science « spécialisés » à la vision du monde réductrice. le Gai Savoir s'abreuve plutôt à la Vie et aux grands espaces et s'amuse des tragédies qui parsèment les existences de ses sujets –ridicules à l'égard de la Vie dans l'absolu. Pour un savoir virevoltant et redevenu léger après avoir connu la profondeur, Nietzsche propose des formes brèves et clinquantes (« Plaisanterie, ruse et vengeance ») et des poèmes qui le surprennent lui-même (« Chanson du prince hors-la-loi ») :

« Toi, poète ? Toi, un poète ?
As-tu donc la tête dérangée ?
« Mon cher Monsieur, vous êtes un poète »
Dit l'oiseau Pic, hochant l'épaule. »

Et au-delà de Nietzsche et de son Gai Savoir, que peut-on espérer trouver ? Cette question, l'auteur ne semble pas se l'être posée et cette négligence est surprenante au regard d'un homme qui vilipende les certitudes du « troupeau ». Sa vision du monde est supérieure en ce qu'elle exalte la puissance de vie –il faut donc supposer que cette puissance est accompagnée d'un jugement de valeur, et veiller à ce que ce jugement ne soit pas l'initiateur d'une nouvelle morale- et qu'elle autorise l'expression des sentiments égoïstes : la fierté, la puissance, la combattivité qui, s'ils nuisent parfois à autrui, constituent un moteur essentiel pour l'individu pris en lui-même.

Plus que dans ses autres livres Nietzsche ne s'expose ici à ses propres contradictions. On pourrait essayer de les critiquer, mais à quoi bon ? Quel serait l'intérêt de remettre en question des convictions qui sont nées d'une rémission –brève- de la dépression et qui sont, avant toute chose, une déclaration d'amour adressée à la vie et à l'espoir d'un avenir plus léger ?
Lien : http://colimasson.over-blog...
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chartel
21 septembre 2007
L'un des thème de l'essai se rapporte à la moralité : l'homme est préoccupé et attaché à un unique objectif, servir ce qui contribue à sa conservation, c'est à dire à l'instinct de conservation de vie. Et qu'il n'y a pas d'hommes utiles ou nuisibles, que chacun contribue à cet instinct de vie : « L'homme le plus nuisible est-il encore le plus utile, dans la perspective de la conservation de l'espèce ; car il entretient chez lui, ou bien, par son action, chez d'autres des pulsions sans lesquelles l'humanité serait depuis longtemps avachie ou aurait pourri ».
Deuxième principe nietzschéen : Comme tout est futilité, puisque Dieu est mort, nous pouvons rire de tout. Pourtant, l'époque de Nietzsche était encore l'époque de la tragédie, de la morale religieuse. Seuls les créateurs, les artistes, par leur imagination pouvaient bouleverser les apparences et les idées reçues sur l'existence.
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Fx1
11 avril 2014
Cette oeuvre est peut étre la plus représentative de l'oeuvre de Nietzche sur le plan de l'écriture. Nietzsche présente ici sous fome d'aphorismes des pensées courtes et puissantes . Cela pour cerner le caractére de l'étre humain et décrire les maux de la société. le gai savoir c'est au fond un peu l'introduction à Ainsi parlait Zarathoutra . Ici Nietzche aborde principalement la morale commune qui selon lui etouffe l'individu. La condition de l'homme est également abordée ,entre autres l'aliénation de l'ouvrier qui s'oublie sous prétexte d'aider la société . Pour Nietzche l'homme ne peut étre compris qu'a partir de ces racines. Il dresse un constat impitoyable des illusions de l'homme par rapport à lui méme. L'on peut critiquer la vision de la gente féminine presente ici , l'un des points noirs de ce livre . L'on retrouve l'importance de l'art dans la perception de Nietzche . Ainsi bien sur que ces théories sur la mort de Dieu . La pensée de Nietzche n'est pas une ode a la mort , mais une ode à la vie . L'on voit bien ici l'homme qui remonte des limbes qu'il a cotoyer . Cet ouvrage c'est un peu sa thérapie pour tenter de sortir de la torpeur dans laquelle il s'était perdu pendant un certain temps . Hormis sa vision trés critique des femmes , du à une expérience sentimentale douloureuse , l'on a ici une oeuvre majeure de ce philosophe qui a tant inspiré une figure comme Camus .
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Laura94
24 novembre 2014
Je dois avouer avoir été surprise par cette oeuvre! Je l'ai débutée non sans appréhensions, qui toutefois ont rapidement été détournées.
Nietzsche nous propose dans cette oeuvre un certain nombre de pensées détachées, sur la morale, sur la littérature, sur l'homme, et bien d'autres encore. Ces pensées sont parfois liées, parfois sans rapports, et bien sûr certaines se révèlent plus intéressantes que d'autres (encore que, ce dernier point relève surtout de la sensibilité des lecteurs). L'écriture y est simple est claire, et c'est bien sur ce plan que j'ai été surprise. Jamais pompeux ni entortillé, Nietzsche nous faire suivre sans difficulté le flux de sa pensée. Vraiment une bonne oeuvre
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Citations & extraits (172) Voir plus Ajouter une citation
Karine-13Karine-1316 décembre 2010
Aphorisme 341 : Le poids le plus lourd

Que dirais-tu si un jour, si une nuit, un démon se glissait jusque dans ta solitude la plus reculée et te dise : « Cette vie, telle que tu la vis maintenant et que tu l'as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d'innombrables fois ; et il n'y aura rien de nouveau en elle si ce n'est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement, et tout ce qu'il y a d'indiciblement petit et grand dans ta vie, devront revenir pour toi et le tout dans le même ordre et la même succession - cette araignée-là également, et ce clair de lune entre les arbres, et cet instant-ci et moi-même. L'éternel sablier de l'existence ne cesse d'être renversé à nouveau - et toi avec lui ô grain de poussière de la poussière ! »

Ne te jetterais-tu pas sur le sol, grinçant des dents et maudissant le démon qui te parlerait de la sorte ? Ou bien te serait-il arrivé de vivre un instant formidable où tu aurais pu lui répondre : « Tu es un Dieu et jamais je n'entendis choses plus divines ! » Si cette pensée exerçait sur toi son empire, elle te transformerait, faisant de toi, tel que tu es, un autre, te broyant peut-être : la question posée à propos de tout et de chaque chose : « Voudrais-tu ceci encore une fois et d'innombrables fois ? » pèserait comme le poids le plus lourd sur ton agir ! Ou bien ne te faudrait-il pas témoigner de bienveillance envers toi-même, et la vie, pour ne désirer plus rien que cette dernière, éternelle confirmation, cette dernière éternelle sanction ?
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palamedepalamede04 mars 2017
Il faut apprendre à aimer

...Nous finissons toujours par être récompensés pour notre bonne volonté, notre patience, notre équité, notre tendresse envers l'étrangeté, du fait que l'étrangeté peu à peu se dévoile et vient s'offrir à nous en tant que nouvelle et indicible beauté : - c'est là sa gratitude pour notre hospitalité. Qui s'aime soi-même n'y sera parvenu que par cette voie : il n'en est point d'autre. L'amour aussi doit s'apprendre.
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LuniverLuniver31 mars 2012
Les quatre erreurs - L'homme a été éduqué par ses erreurs : en premier lieu, il ne se vit toujours qu'incomplètement, en second lieu il s'attribua des qualités imaginaires, en troisième lieu il se sentit dans un rapport hiérarchique faux vis-à-vis des animaux et de la nature, en quatrième lieu il inventa des tables du bien toujours nouvelles, les considérant, pendant un certain temps, comme éternelles et absolues, en sorte que tantôt tel instinct humain, tantôt tel autre occupait la première place, anobli par suite de cette appréciation. En finir avec ces quatre erreurs, ce serait en finir avec les notions d'humanité et de «dignité de l'homme»
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colimassoncolimasson08 janvier 2013
Qu’est-ce à dire ? La fin dernière de la science serait de procurer à l’homme le plus de plaisir possible et de lui éviter le moins de déplaisir possible ? Mais qu’en sera-t-il, dès lors que le plaisir et le déplaisir se trouveraient ne former qu’un seul nœud, si bien que, quiconque veut avoir le plus de plaisir possible, doit souffrir au moins autant de déplaisir […] ? […] ou bien le moins possible de déplaisir, l’absence de douleur –et au fond, les socialistes et les politiciens de tout parti devraient honnêtement ne pas en promettre davantage à leurs gens- ou bien le plus de déplaisir possible pour le prix de la croissance d’une abondance de joies et de plaisirs raffinés, rarement savourés jusqu’alors ! Vous décidez-vous pour la première alternative, dans l’intention de déprimer et de réduire la capacité de douleur des hommes, eh bien il faudra aussi rabaisser et réduire leur capacité de joie. En réalité à l’aide de la science on peut favoriser l’un comme l’autre but ! Peut-être est-elle davantage connue aujourd’hui par les puissants moyens qu’elle a de priver l’homme de ses joies, de le rend plus froid, plus semblable à une statue, plus stoïque. Mais il se pourrait bien qu’un jour elle se révélât en tant que la grande pourvoyeuse de la douleur –et alors peut-être découvrirait-on simultanément sa force contraire, l’immense pouvoir de faire luire de nouvelles constellations de la joie !
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SachenkaSachenka19 août 2015
Ce sont les esprits les plus forts et les plus méchants qui ont le plus fait progresser l'humanité jusqu'à aujourd'hui : ils n'ont cessé de rallumer les passions assoupies - toute société organisée assoupit les passions - , ils n'ont cessé d'éveiller les sens de la comparaison, de la contradiction, du plaisir pris à la nouveauté, aux entreprises risquées, jamais tentées, ils contraignent les hommes à opposer les opinions aux opinions, les modèles aux modèles. En recourant aux armes, en renversant les bornes marquant les frontières, en violant les piétés le plus souvent : mais aussi en fondant de nouvelles religions et de nouvelles morales!
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