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Jean Lacoste (Directeur de publication)Jacques Le Rider (Directeur de publication)
ISBN : 2221069056
Éditeur : Robert Laffont (05/11/1993)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 15 notes)
Résumé :
" Je ne suis pas encore à l'ordre du jour : il en est qui naissent posthumes ", écrivait Nietzsche, en 1888, dans Ecce homo. A peine en effet avait-il sombré dans la folie, l'année suivante, qu'il naissait à la gloire et que son nom, depuis, n'a pas cessé d'être à l'ordre du jour - en France, notamment, où son œuvre a toujours été admirée, contestée, débattue. Nietzsche y aurait sans doute vu un signe du destin, lui qui, à travers ses références fréquentes à Montai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
peloignon
  21 mars 2013
Ce volumineux volume contient les quatre premiers livres que Nietzsche publie alors que se produit sa transition de la philologie vers la philosophie.
La « Naissance de la tragédie » est le dernier ouvrage où la forme philologique domine encore bien qu'il contienne déjà une véritable provocation d'inspiration wagnérienne, à la fois artistique et philosophique, envers l'ensemble de la philologie à prétention objective et scientifique. En effet, l' « esprit » grec n'est pas présenté ici dans le cadre de ce que l'on pourrait considérer comme sa réalité historique réelle, mais plutôt à partir d'un idéalisation fantasmatique d'un jeune philosophe artiste qui se permet de le plier à sa sensibilité du moment. le tout forme un jeu de langage étrange et plutôt amusant qu'il m'apparaît ridicule de prendre au sérieux, mais qui ouvre une perspective herméneutique esthétique très féconde lorsqu'elle ne vise pas à s'imposer hors de son atmosphère. Si certains, comme Bataille, vont tout de même s'ingénier à y trouver quelques lignes directrices à une compréhension de la société ou du politique, c'est qu'il y a quelque chose si séduisant dans cette idée d'alternance de l'apollinien et du dionysiaque!
Viennent ensuite les 4 « Considérations inactuelles… », où la lancée philologique de Nietzsche se fait toujours bien sentir, malgré une forme stylistique assez maladroite. L'interminable énumération des « perles » de Strauss à la fin de la première considération, constitue en effet, sans aucun doute, le plus ennuyeux moment que l'on puisse trouver dans tous les écrits nietzschéens. Cet inaccomplissement stylistique est dû en grande partie à l'apparition désormais prédominante de la philosophie dans les écrits nietzschéens. Son esprit est alors au somment de ses capacités d'enthousiasme, de santé, de lucidité et de confiance. Ces considérations contiennent d'ailleurs ce que Nietzsche a écrit de plus prometteur à mon avis, au sens philosophique. Leur brusque interruption correspond à sa rupture avec Wagner et au commencement de la faiblesse morbide qui devient, dès lors, son état physiologique presque permanent.
L'ouvrage le plus lourd du point de vue quantitatif de Nietzsche l'est aussi qualitativement. Dans « Humain, trop humain » Nietzsche cherche à rompre avec toutes les illusions qu'il a entretenues (et défendues vigoureusement) jusqu'alors. Pour ce faire, il s'ingénue à prendre le point de vue le plus réducteur et médiocre qui soit pour s'attaquer sans merci à tout ce qu'il peut juger beau, bon ou merveilleux. La réaction pathologique se fait ici lourdement sentir; la gaieté est absente, la légèreté exclue.
À noter qu'on retrouve souvent la même impression lorsqu'on lit « La volonté de puissance », ouvrage rassemblé à partir de fragments épars laissés par un Nietzsche effondré par son beau frère Peter Gast. Or, ce Peter Gast sert également de secrétaire à Nietzsche, lorsque, très malade, il lui dicte « Humain, trop humain ». Coïncidence? Je ne crois pas...
Enfin, « Aurore » continue sur la même lancée que « Humain,… », mais comme le titre l'indique, quelque chose se différent s'annonce. L'esprit joueur de Nietzsche recommence à faire sentir son empreinte. Bien que le contenu se résume à reprendre plus brièvement l'essentiel de « Humain, trop humain », la lecture est bien plus agréable.
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Henri-l-oiseleur
  02 décembre 2015
On le sait, le parti pris de cette édition est de donner à lire Nietzsche tel qu'il a été traduit et accueilli en France de son vivant et au début du XX°s, non que les traductions contemporaines soient inférieures ou que les anciennes soient inégalables. La question est ailleurs : comme philosophe-artiste, comme penseur qu'on ne peut faire entrer sans le mutiler dans les cases toutes faites de l'université, Nietzsche, accueilli d'abord en France par des écrivains, des poètes et des penseurs, non par des professeurs de philosophie, est en français cet écrivain mixte, ce quasi-philosophe et ce quasi-poète, sans qu'il soit possible de trancher entre les deux. Comme il bouleverse totalement la séparation classique entre pensée et création, entre vérité et invention, entre poésie, imagination et pensée du réel, il est juste qu'il reparaisse en français dans un texte fidèle à cette dualité-unité.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LSHLSH   12 juillet 2008
Plusieurs citations issues du texte : "Le Gai Savoir" :

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Vers le haut.
Comment escaladerais-je le mieux cette montagne ?
Continue de monter et n'y pense pas !
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Explications mystiques - Les explications mystiques passent pour profondes : la vérité est qu'elles ne sont même pas superficielles.
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Une décision dangereuse - La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais a rendu le monde laid et mauvais.
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Pensées - Les pensées sont les ombres de nos sensations - toujours plus sombres, plus vides, plus simples que celles-ci.
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Le penseur – C'est un penseur : cela signifie qu'il est expert dans l'art de considérer les choses comme plus simples qu'elles ne sont.
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Mauvaise conscience - Tout ce qu'il fait à présent est honnête et conforme au bon ordre - et pourtant cela lui donne mauvaise conscience. Car il a pour tâche l'extraordinaire.
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De quoi rire ! - Regardez ! Regardez ! Il s'enfuit loin des hommes - : mais ceux-ci le poursuivent parce qu'il court devant eux, - tant ils sont troupeau !
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Ultime scepticisme - Que sont donc enfin de compte les vérités de l'homme ? Ce sont les erreurs irréfutables de l'homme.
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Le voyageur – « Plus de sentier ! Abîme tout autour et silence de mort ! » - Tu l’as voulu ! Du sentier s’est détournée ta volonté ! Allez, voyageur ! Aie le regard froid et clair ! Tu es perdu, si tu crois au danger.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   25 septembre 2015
Mauvaise conscience. - Tout ce qu'il fait à présent est honnête et conforme au bon ordre - et pourtant cela lui donne mauvaise conscience. Car il a pour tâche l'extraordinaire.

Le gai savoir, 186
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AustralAustral   17 mars 2012
Les eaux de la religion s’écoulent et laissent derrière elles des marécages ou des étangs ; les nations se séparent de nouveau, se combattent les unes les autres et demandent à s’entre-déchirer. Les sciences, pratiquées sans aucune mesure et dans le plus aveugle laisser-faire s’éparpillent et dissolvent toute conviction solide ; les classes et les sociétés cultivées sont entraînées dans une grandiose et méprisante exploitation financière. Jamais le monde n’a été davantage le monde, jamais il n’a été plus pauvre en amour et en dons précieux.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   16 septembre 2015
La plus belle chose que je sache dire à la gloire de Shakespeare, la voici : il a cru en Brutus, et n’a pas jeté le moindre grain de méfiance sur cette sorte de vertu ! C’est à lui qu’il a consacré sa meilleure tragédie – on continue aujourd’hui de la désigner d’un faux nom -, à lui et au plus terrible contenu de la haute morale.

Le gai savoir, 98
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AustralAustral   17 mars 2012
Cet éternel devenir est un guignol mensonger qui fait que l’homme s’oublie lui-même, c’est le divertissement qui disperse l’individu à tous les vents, c’est la joie sans fin de la badauderie que ce grand enfant qu’est notre temps joue devant nous et avec nous. L’héroïsme de la véracité consiste précisément à cesser un jour d’être son jouet. Dans le devenir tout est creux, trompeur et plat, tout est digne de notre mépris.
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