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EAN : 9782251449449
970 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (17/05/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
"RIEN QUE FOU ! RIEN QUE POÈTE !"
De cet avertissement, de cette confession, l’histoire de la philosophie ne fera rien.
Si les rapports du penseur à la musique sont l’objet de riches réflexions, ses épigrammes, ses aphorismes, ses sentences gnomiques, ses dialogues, ses poèmes en prose, ses paraboles, ses pastiches, bref son art poétique de philosopher n’ont pas retenu l’attention.
Et pour cause.
Sans équivalent dans d’autres langues, la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
karkarot
  06 août 2020
Cette édition des poèmes complets de Nietzsche vient compléter les extraits déjà publiés dans diverses éditions (Gallimard entre autre...), le tout en bilingue, bien sûr.
C'est une somme énorme, un pavé, un travail de passionné pour les passionnés. Dont je suis, bien sûr !
C'est donc un avis très impartial, et déjà ravi, que le mien. J'avais cherché les Dithyrambes à Dionysos un long moment étant adolescent, c'est donc un peu ému que j'ai appris la parution de ce livre, que j'ai savouré tout au long de l'année, en lisant petit à petit et chronologiquement les poèmes du jeune Nietzsche, du professeur puis de l'auteur reconnu...
C'est assez merveilleux de découvrir l'évolution de ce penseur hors norme à travers sa production poétique, comme ça l'est de le faire à travers ses pièces musicales.
Bref, c'est inégal, forcément, Nietzsche étant passé d'une éducation protestante assez rigoureuse à un rejet total de la religion chrétienne... Et on le ressent ! Et pourtant, le talent est là, toujours, et on prends plaisir à ces bouts rimés, ces sonnets, qui offrent un aperçu éclair de la pensée de l'auteur, lui qui aimait tant les formes courtes excellait aussi dans le poème !
A lire, relire, consulter régulièrement pour de cinglantes fulgurations poétiques.
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critiques presse (1)
Liberation   27 juin 2019
Ce recueil complet est évidemment utile pour connaître de façon « minutée » l’évolution de la sensibilité et de la pensée de Nietzsche. Mais la question essentielle demeure : celle de la place, du statut et de la « valeur » de la poésie dans son œuvre philosophique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
LaumnessLaumness   05 août 2019
« Pensées nocturnes »

Je fixais la bougie, du murmure léger
D’une mouche entourée ; affalé en arrière,
J’avais parcouru le cercle coutumier
Et bu jusqu'à la lie les joies coutumières,
Aimablement offert ma chevelure au vent,
Au fleuve ma poitrine et mon cœur au couchant,
Et le sang animé et doucement ému,
Des morts, des très chers morts je me suis souvenu.

Je les voyais debout sur le bord du nuage –
J’étais seul et les observais de tous côtés.
Sont-ce leurs traits si chers ? En un frisson léger,
Le vent nocturne alentour secoue son plumage.
C'est eux, c'est eux ! Et toi là, au milieu, aussi ?
Tu es donc mort pour moi, toi que j’ai plus aimé
Que tout autre en mon cœur ? Toi aussi es parti ?
Non, ton amour est mort, lui seul a trépassé !

Silence autour de moi. Par la croisée voilée
Le pâle visage du clair de lune épie.
Que cherche-t-il ici ? Tels de furtifs esprits
L’entourent, fines, vaporeuses, les nuées.
Elles fuient sur mon mur et y sont reflétées
Elles passent – j’ai plaisir à les voir qui filent –,
Je crois apercevoir la danse des pensées
Qui vont et viennent autour des tombes tranquilles.

Des livres grand ouverts gisent là devant moi ;
Ainsi, en leur milieu, qu’une page remplie ;
Les livres sont si morts – et pourtant, plein d’émoi
Je saisis cette lettre : l’écrit est jauni,
La main a bien blanchi qui l’avait composé,
Le cœur qui commande à cette main.
Tout mon amour à cette lettre est attaché,
Et à ces traits est attaché tout mon chagrin.

Et pourtant ! Vous n’êtes pas morts, volumes forts,
Ventres pleins de sagesse, vous n’êtes pas morts ;
Affectueusement je te prends dans mes mains,
Toi qui m’as consolé, m’as donné vin et pain,
Mon Shakespeare, quand les souffrances m’accablèrent !
Que de mon âme ce souvenir ne s’efface :
Ils s’en sont allés tels des ombres lunaires,
Tu m’es resté fidèle, impénétrable face !

Presque brûlée, la bougie – elle se renflamme
Et tout devient plus clair dans la chambre, dans l’âme :
Éveille-toi, mon cœur, et marche hors du tombeau
Et baigne-toi dans la joie d’un matin nouveau !
L’huile de ton esprit n'est pas toute brûlée,
Tu peux encore semer des étincelles claires,
Dans le sable repose ton glaive rouillé –
Prends donc, pour l’aiguiser, rochers, éclairs, tonnerre !
L’ultime éclat de la bougie s'est effondré,
Les ombres lunaires glissent de tous côtés.
La croisée bâtiment – la nuit y jette un regard pâle,
La brise nocturne s’ébroue, en un soupir.
La main s'est arrêtée, lasse à la fin d’écrire,
Les yeux se remplissent de nostalgie, se voilent,
La mouche émet son chant du soir, tout doucement –
Sur ma chaise, je plonge en moi, profondément.

1864
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coco4649coco4649   21 juin 2019
II Poèmes de jeunesse 1854-1870
7. OCTOBRE 1859-FÉVRIER 1860


II. LE MONDE EST TROP PETIT POUR LE NOBLE ESPRIT…

Extrait 2

Là règne la paix, règne le plaisir bienheureux,
Et chaque cœur sent la proximité sacrée de Dieu.
Là le rêve de jeunesse plein d’espoir
A traversé une nouvelle fois le cœur fatigué
Le mai fleuri de la vie se rajeunit une nouvelle fois
Avec le chant du rossignol et le parfum des violettes
Avec le tourbillon des alouettes et le vert de l’espérance.
Et cette patrie, où tu es né,
Où tu as joui richement de la félicité de la vie,
Tu l’as perdue !

p.237
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Jean-DanielJean-Daniel   14 novembre 2019
DANS LE SUD

Perché sur un courbe rameau,
Me balançant, tant je suis las,
Me voici l’hôte d’un oiseau,
C’est un nid, j’y prends du repos.
Où suis-je donc ? Loin ! Loin, hélas !

La mer somnole, blanche, étale ;
Purpurine, s’y dresse une voile.
Rochers, figuiers, havre, beffroi,
Idylles alentour, moutons mêlant
leurs voix, — Sud innocent,
accueille-moi !

Mais aller pas à pas —
ce n’est pas une vie,
Pied à pied, cela rend germanique
et lourdaud.

J’ai demandé au vent de m’élever bien haut,
J’ai appris à voguer aux côtés des oiseaux, —
Vers le Sud, sur la mer, j’ai volé, moi aussi.

(dans le Gai Savoir)
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coco4649coco4649   19 juin 2019
Dithyrambes de Dionysos (1889)


* RIEN QUE FOU ! RIEN QUE POÈTE !

Extrait 3

Ça – le promis de la Vérité ?…

Pas placide, figé, plat, glacé,
devenu sage comme une image,
tourné en dieu-le-fût,
pas dressé devant les temples,
planton d'un dieu :
non ! ennemi de ces vertus statues,
plus chez soi dans les lieux sauvages que dans les temples
riche en félines malices
sautant par toutes les fenêtres
hop ! dans tous les hasards,
flairant toutes les forêts vierges
flairant, dépendant-ardent,
afin dans les forêts vierges
parmi des prédateurs aux houppes de couleurs,

p. 49


* Rien que fou, rien que poète, écrit Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, livre IV.
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LaumnessLaumness   05 août 2019
Aurais-je les mots pour te louer
Lorsque d’un pas étouffé
Presque inaudible vint le printemps
Et sur les climats florissants
De tes regards doux et ardents
Tu restes afin d’enlacer,
– enfants du soleil – tes enfants,
Eux que l’hiver sombre et voilé,
De neige et de glace couvrait tout entier
Et qu’avec de tendres mots aimants
Leur mère venait de réveiller.
Bientôt de toutes parts fleurissent
Sur les sommets dans les prairies
Le perce-neige et le narcisse
Parmi l’herbe verte jaillit
La violette et chaque matinée
Révèle une fleurette en sûreté.
Tous se sentent tellement heureux
Dans la céleste stimulation
Contemplent leur mère heureux
Dans l’humilité et la résignation
Toujours plus torride toujours plus chaud
Le soleil les mire d’en haut
Et la prairie ne s’appauvrit guère
Car dans une nouvelle explosion colorée
Des tulipes montent à la lumière
Les roses aussi sont réveillées
Frivoles tout autour les cajolent déjà
Les papillons. – Vraiment on ne peut pas
Se représenter rien de plus ravissant
Que la sainte vie du printemps
Et plonger tout entier en lui
Voici le bonheur, et voici la vie.

1859
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Videos de Friedrich Nietzsche (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Friedrich Nietzsche
Friedrich Nietzsche (1844-1900), un problème allemand : Une vie, une œuvre (France Culture). Un documentaire de Colomba Grossi réalisé par Vincent Decque. Documentation et recherche internet : Annelise Signoret. Collaboration : Suzanne Saint-Cast. Diffusion sur France Culture le 26 octobre 2019. Peinture : Edvard Munch, Portrait de Friedrich Nietzsche, 1906. Au cours du XXe siècle, Nietzsche a été accusé, à tort, d’être un penseur nationaliste et belliciste. Certaines de ses idées ont été mal, voire dramatiquement interprétées. En éclairant son rapport à l’Allemagne, nous revenons aujourd’hui sur les aspects politiques de sa biographie et de sa pensée. Nietzsche naît le 15 octobre 1844 à Röcken, dans une région à l’époque annexée à la Prusse. Après le collège et à la demande de sa mère, il entreprend d’abord des études de théologie à Bonn. Ce domaine ne l’intéresse absolument pas mais il se passionne en revanche pour la philologie, soit l’étude des lettres classiques et en particulier du grec. Il retirera de cette formation une culture encyclopédique de la Grèce antique, qui sera déterminante dans sa pratique de la philosophie, par exemple dans son premier livre publié, “La Naissance de la tragédie” (1872). Le 8 novembre 1866, à Leipzig, Nietzsche rencontre Richard Wagner lors d’un dîner. Ce dernier lui expose rapidement son projet de faire construire, à Bayreuth, un théâtre où l’on ne jouerait que ses propres opéras, et qui pourrait être le lieu de l’intensification de la culture et de l’esprit allemand. Dans un premier temps, Nietzsche s’enthousiasme pour ce projet. Il faut préciser qu’à cette époque, l’Allemagne n’existe pas en tant que pays unifié : elle ne correspond qu’à un ensemble d’une trentaine d’États indépendants liés uniquement par une langue et une culture partagées. Le jeune Nietzsche est le témoin de l’unification progressive des États allemands en une nation aux frontières politiques établies. Le processus commence en 1866, lorsque la Prusse remporte la guerre qu’elle menait contre l’Autriche : la Prusse va alors essayer d’unifier les États allemands autour d’elle, par la domination militaire. C’est chose faite avec la victoire sur la France en janvier 1871 : de l’écrasement de la France naît le deuxième Reich allemand. Un temps infirmier pendant la guerre, Nietzsche, qui a renoncé à sa nationalité prussienne en 1869, arrive rapidement à la conclusion que cette boucherie signe le déclin irrévocable de la culture allemande, qui a cédé à ses yeux aux sirènes du nationalisme. Cette victoire de l'Empire allemand le met ainsi en porte-à-faux complet avec l'enthousiasme de Wagner, qui lui se réjouit et appelle de ses vœux une véritable hégémonie allemande en Europe. À partir de là, le chemin politique que prend Nietzsche est mal connu, et souvent confondu avec la caricature qu’en ont fait les tenants du régime national-socialiste. Nietzsche serait, d'après cette lecture falsificatrice, le penseur de l'écrasement des faibles, de la sélection biologique raciste, de la volonté de domination. Il convient donc de revenir sur certaines erreurs de lecture et de traduction, afin de ne pas reconduire cette lecture biaisée, qui n’emprunte pas grand chose à la véritable pensée de Nietzsche.
Avec :
Michèle Cohen-Halimi, professeure de philosophie à l'Université Paris 8 Céline Denat, maître de conférences en philosophie à l'Université de Reims Georges-Arthur Goldschmidt, professeur d'allemand, écrivain, essayiste et traducteur Emmanuel Salanskis, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris et agrégé de philosophie Patrick Wotling, ancien élève de l'École Normale Supérieure, professeur de philosophie, directeur du département de philosophie de l’Université de Reims et fondateur du “Groupe International de Recherches sur Nietzsche”
Lecture des textes : Michel Vuillermoz, de la Comédie-Française.
Source : France Culture
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