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Vincent Zouzoulkovsky (Traducteur)
ISBN : 2723431029
Éditeur : Glénat (22/03/2000)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Peut-être sur Terre... Peut-être dans le futur... Killy est un cyborg taciturne qui erre dans une gigantesque cité labyrinthique, s'étendant sur des milliers de niveaux. Armé d'un revolver amplificateur de radiations et accompagné de Shibo, un scientifique, il part en quête du "net-gene", un programme qui aurait échappé à la contamination globale d'un virus informatique, et qui serait capable de gérer le monde. Blame se déroule dans un univers high-tech et organiq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  27 février 2018
Avant d'être un mangaka, Tsutomu Nihei était un architecte, et avant d'être un architecte il était un lecteur passionné : si un Roger Leloup ne jurait que par Jules Verne et Allan Edgar Poe, l'auteur japonais lui ne jure que par William Gibson, Bruce Sterling, H.P. Lovecraft et Clive Barker !
"Blame !" est une oeuvre fascinante mais pas facile d'accès bien qu'elle se lise très vite (j'ai relu les 10 tomes en une seule soirée ^^), son auteur ne faisant pas grand-chose pour faciliter la vie du lecteur, pire la compliquant inutilement en posant trop de questions auxquelles il n'apporte pas de réponse...

« Peut-être sur terre. Peut-être dans le futur. » Il s'agit d'abord et surtout d'un manga d'ambiance ! Nous déambulons dans des structures technorganiques cyclopéennes dont les dimensions défient l'imagination (tout en se prêtent très bien à de bonnes vieilles descriptions lovecraftiennes ^^). Killy erre ainsi seul dans des décors tantôt merveilleux tantôt effrayants, vides d'êtres humains alors qu'ils ont été conçus par et pour des humains avant que ces derniers ne disparaissent... Mais il s'agit de lieux hantés par des monstres, et à tout moment il peut tomber sur des hordes de créatures de à H.R. Giger, Clive Barker, Zdzisław Beksiński (sur ce point, mais pas seulement, la proximité entre le travail de Tsutumo Nihei sur "Blame!" et celui avec celle de Norihiro Yagi sur "Claymore" interroge : il y a forcément un lien entre les deux mangaka)... Et les classiques ont également mis à contribution puisqu'on croise les versions cyberpunks des vampires, des Shoggoths, des Cénobites et même de l'innommable Cthulhu ! ^^
« Adventure-seeker Killy in the Cyber Dungeon quest! » Il s'agit aussi d'un manga abstrait... Les dialogues sont peu nombreux voire inexistants (ainsi le tome 1 qui compte 240 pages n'en offre que 10 avec des phylactères, et cette chronique contient plus de caractères que tous les tomes de la saga réunis, préquels et spin-off y compris ^^), mais quand il existe ils multiplient les apports d'informations touffus et complexe rarement explicités ou corroborés par la suite (et la traduction approximative de Vincent Zouzoulkovsly n'aide pas du tout, genre Sana-kan qui change de sexe et de nom en cours de saga ! Au secours !!!)... Il en va de même pour le rythme ou de longues phases d'exploration contemplatives sont interrompues pas des bastons dantesques et frénétiques d'inspiration super-héroïque puisque le mangaka est fan de comics (et le travail de sabotage de Bakayaro ! n'aide pas tout avec ses onomatopées débiles et puériles qui occupent parfois ¾ des cases ! Au secours !!!)...
On peut voir la série comme un "Matrix" horrifique dans lequel les ennemis de Killy se téléporteraient/téléchargeraient comme l'Agent Smith et ses collègues, ou un "Tron" horrifique dans lequel le rôle du Maître Contrôle Principal serait joué par un Grand Ancien lovecraftien, ou un "Donjon et Dragon" post-apocalyptique qui prendrait la forme d'un porte-monstre-trésor à la sauce "Doom" dans lequel Killy affrontent des vagues de streums afin de parvenir au boss intermédiaire, puis de passer au niveau suivant et d'affronter de nouvelles vagues de streums afin de parvenir au nouveau boss intermédiaire (avec un arme aussi surpuissante que peu pratique : le « Gravitational Beam Emitter », ou « émetteur à positrons » en VF)... Mais personnellement je pense qu'on peut aussi y voir un récit de chevalerie dans laquelle Killy errerait dans les gastes terres avant de parvenir à l'autre-monde et d'en ramener le Saint-Graal qui guérirait le royaume de tous ses maux (et cela aurait été tellement bien que l'auteur aille dans cette voie, plutôt que d'emprunter l'impasse philosophique et métaphysique de la SF japonaise), ce qui finalement rapproche le travail de Tsutomu Nihei sur "Blame!" de celui de Stephen King pour "La Tour Sombre"...
Bref, c'est un oeuvre sujette à toutes les interprétations... Donc à chacun la sienne, et je laisse le soin aux ingénieurs informatiques de proposer la leur ! blink
On oppose sans cesse « réalité basique » de la mégastructure et « réalité augmentée » de la résosphère, et on demande où est la frontière entre la réalité et la virtualité, qui de l'un a débordé sur l'autre, et qui de l'un a contaminé l'autre... Mais on serait dans un « Big Dump Object » dont se serait coupé une élite ayant accédé à l'immortalité numérique, et un virus biologique ou informatique (ou les deux, et dans les deux clairement d'origine alien) a décimé une humanité livrée à elle-même car abandonnée par ses classes dirigeantes perdus dans leurs paradis artificiels. Sans aucun contrôle les machines de constructions continuent d'agrandir ce qui ressemble à une Sphère de Dyson qui menace de phagocyter les datas centers de Saint-Pierre de la ploutocratie planquée quelque part entre Jupiter et Saturne... Piégé dans sa tour d'ivoire, le Bureau Gouvernemental a envoyé Killy récupérer un terminal génétique et un être humain porteur de gènes sains afin de reconnecter la mégastructure et la résosphère et de reprendre le contrôle de la situation. On ne sait rien de Killy relique du passé, sinon qu'il est pas humain du tout, ni de près ni de loin : il est allergique aux dispositifs de clonage perpétuel, il hait viscéralement les silicates qu'ils tue à vue qu'ils soient une menace ou non, et au coeur de la folie des combats un rictus halluciné déforme parfois son visage... Il agit parfois comme un justicier solitaire, prenant la cause des barbares déséchés contre les savants qui se servent de leurs corps comme réserves de pièces détachés (oui, on vous a reconnu lointains descendants de cette saloperie de Shirô Ishii !), mais parfois il abandonne des individus ou des communautés entières pour se consacrer uniquement et stoïquement à l'accomplissement de sa mission / de sa quête... Killy est-il le T-800 de Shibo, ou Shibo est-elle la Sarah Connor de Killy ? (oui il y a aussi des clins d'oeil à la saga "Terminator" ^^)
Et d'oeuvre en oeuvre on voit que le mangaka a de la suite dans les idées :
- on a une mise en scène d'une post-humanité dans laquelle on croise clones, mutants, hybrides et Extra-Terrestres d'un côté, cyborgs, androïdes, robots et Intelligence-Artificielles de l'autre côté... (Que reste-il de vraiment humain dans cette mégastructure aussi froide et infinie que le vide sidéral lui-même ?)
- il critique son pays, sa politique et sa société en mettant sur un pied d'égalité Silicates d'extrême-gauche qui veulent tout faire péter au risque de détruire l'humanité et les Sauvegardes d'extrême-droite qui ont mordu les mains qui les ont nourris avant de développer des critères de sélection suprématistes tellement élevés qu'elles se sont mises à éradiquer l'humanité...
- quant à la ploutocratie bien planquée dans sa Tour d'Ivoire, le paradis qu'elle a tant souhaité ressemble à l'Enfer de l'Antiquité, avec des individus blasés condamnés à l'immortalité qui se réfugient dans un sommeil sans fin pour éviter d'avoir à affronter la réalité et ses responsabilités...

Le tome 1 de "Blame!" est peu ou prou un épisode pilote constitué de récits courts :
- Dans "Terminal Génétique", Killy affronte des terroristes technorganiques pour ramener un enfant humain à liaison à son agent de liaison cyborg.
- Dans "Mémoire de la terre", l'androïde et le cyborg discutent de leur mission et des termes bien étranges contenues dans une sauvegarde imprimée (un livre quoi ^^)...
- Dans "Techno-nomades", 3000 étages plus haut Killy s'interpose entre une communauté de cloneurs et des mutants insectoïdes...
- Sans "Ex-Log", Killy détruit une crèche silicate...
- Dans "Bureau Gouvernemental", Killy est guidé dans un nouvel étage par un enfant abattu par des humains avant d'être abattu à leur tour par une créature de cauchemar... (une fois ses capacités retrouvées, Killy sera plus performant pour identifier les Sauvegardes et les Silicates déguisés en humain : remember "Terminator" et "Planète hurlante" ^^).
- Dans "Evasion", Killy découvre Yagi la survivante d'un nouvelle communauté exterminée par les Sauvegardes qui propose son aide pour retrouver les autres humains du secteur s'il la conduit dans un lieu sûr...
- ... et dans "Silicium vitae", leur route croise celle des Silicates...
- Dans "Constructeurs", des heures / jours / années plus tard, Killy parvient au refuge dirigé par Kunoi où Yagi a sombré dans la catatonie... le refuge est menacé par les robots bâtisseurs que plus personne ne contrôle mais Killy parvient à communiquer avec eux avec un vieux langage appelé « binaire » auquel lui-même ne comprend rien, quand les Silicates lui tombent dessus à bras raccourcis... de nouveau seul, Killy prend le chemin du pont s'étendant au-delà de l'horizon pour rejoindre Akima allégorie de l'Au-delà !
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Walktapus
  13 septembre 2014
Il y a le décor, dédale, tridimensionnel mais surtout vertical, de façades, puits, arches, passerelles, colonnes, galeries, couloirs, parsemé de statues, tuyaux, grilles, épaves, machines, dans lequel erre le héros. C'est quoi "la terre" ? demande-t-il dès le premier chapitre. C'est absolument magnifique.
Il y a les rares habitants. Petites colonies de survivants, errants, chenilles géantes, humanoïdes blobloteux, robots, chasseurs de prime, guerriers, tous plus ou moins cyborgs. Beaucoup de synthèses d''organique et de machine. Ca m'a rappelé l'univers graphique de Gunm.
Enfin il y a le scénario. Les chapitres sont autant de péripéties dans la quête du héros énigmatique. Sans trop de lien entre eux. A un moment, je me suis même demandé s'ils n'étaient pas en sens inverse. On ne comprend pas trop ce qu'il cherche, ce héros. On peut tout au plus grappiller quelques indices.
L'action est laconique, souvent difficile à suivre. Il faut se concentrer sur le dessin, ce qui n'est pas forcément un mal.
C'est noir aussi. Les personnages ne font pas long feu.
Bref un manga magnifique, à l'atmosphère unique, mais déroutant. Dix tomes comme ça ?
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Enki
  22 mai 2017
Un dédale... infini. Un univers de béton et d'acier, veiné de câbles, traversé de couloirs, parcouru d'escaliers, lié de passerelles, fissuré, éboulé mais perpétuellement reconstruit et étendu par de titanesques engins, autonomes et chaotiques. Une ville qui se déploie sur une surface inconnue, profonde de milliers de niveaux. L'humanité est réduit à sa plus simple expression, poursuivie par des créatures cybernétiques mues par une intelligence centrale. Killy, voyageur impassible, hermétique à la peur comme à la souffrance d'autrui, fends ce macrocosme, armé d'un calibre surpuissant, à la recherche d'un terminal génétique...
Blame! est un seinen cyberpunk écrit et dessiné par Tsutomu Nihei. Violent et âpre, son travail peut rappeler celui de Yukito Kishiro, auteur de Gunnm. Marqué par de forts contrastes, il n'accepte pas la demi-mesure. Des phases d'action brèves et brutales succèdent à un calme souverain confinant à l'immobilité. Obscurité et lumière se fuient mutuellement dans chaque planche. A la surenchère architecturale répond une rareté du dialogue, une économie du mouvement. Chose surprenante pour un manga, le cadre a un rôle de premier plan chez Tsutomu Nihei. Architecte de formation, sa Babylone est un gigantesque organisme vivant dans lequel les personnages survivent comme autant d'agents pathogènes poursuivi par des anticorps. L'auteur fait montre de nombreuses lacunes sur le plan anatomique cependant cette indigence graphique, comme chez Hajime Isayama, participe à l'atmosphère unique de son oeuvre. Plus contrariant, la mise en case des scènes d'action rend la lecture pénible et confuse. le récit n'offre que peu de clés sur les origines du héros ou encore le réelle fonctionnement de la cité. le lecteur partage ainsi le quotidien d'incertitudes des habitants. La ville est crée de main d'homme, et pourtant depuis longtemps l'homme à perdu la main sur sa création. Blame! est d'abord un récit d'ambiance, noir et désespéré. En cela c'est une grande réussite.
Le 19 mai 2017 en sortie mondiale, Netflix propose une adaptation de Blame! Les visuels sont extrêmement réussis, le récit sous bien des aspects, mutisme de Killy, rareté des éléments explicatifs de l'univers, reste fidèle à l'œuvre originale. La technique du cel shading, déjà utilisée dans les portage à l'écran des séries Ajin de Tsunina Miura et Knights of Sidonia de Tsutomu Nihei également, est du plus bel effet, un rendu classique doué de la précision du numérique.
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Bouvy
  22 août 2017
Pour changer, j'ai téléchargé ce premier épisode de cette série dont l'édition numérique vient de paraître. le scénario et les textes sont aussi épurés que les dessins sont surchargés. Nous sommes dans un monde post-apocalyptique fait de niveaux, de tuyaux et de métal. le héros, Kelly, est un cyborg armé d'un redoutable révolver amplificateur de radiation. Il tente de survivre, apparemment sans but. Est-ce la terre, un vaisseau. Les dialogues sont réduits à leur stricte minimum. Il y a des pages entières qui ne sont remplies que de cases, d'onomatopées qui ne sont que grincement de métal, d'explosion. C'est extrêmement violent. le scénario semble confus. Je ne sais pas vers où ou vers quoi l'auteur veut nous conduire mais j'ai trouvé ce premier tome incompréhensible. Les dessins surchargés peuvent parfois nous étonner par leur splendeur. Mais les personnages sont parfois esquissés, à peine visibles. A peine un nouvel humain apparaît qu'il est presque de suite massacré. Sont-ils en recherche de leur origine, de leur gènes ou simplement en quête de nourriture, base de leur survie ? Bref, ce premier épisode ne m'a pas convaincu, je considère cette expérience de lecture ratée et je ne poursuivrai pas la série. Troublant pour un manga, le sens de lecture est européen. J'avoue que ça aussi m'a dérangé.
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moertzombreur
  15 septembre 2014
Peut-être sur Terre Peut-être dans le futur
LOG. 1-7 Incoming... Dans ce monde les livres sont des "sauvegardes imprimées", les chapitres sont des "LOG." dont voici les titres : Terminal génétique / Mémoire de la Terre / Techno-nomades / EX-LOG / Bureau gouvernemental / Evasion / Silicium vitae / Constructeurs. Killy est enquêteur, sa quête commence. le scénario est minimaliste, il y a très peu de dialogues. Dans cet univers, les espaces sont soient confinés, soit vertigineux, l'angoisse constante, les architectures titanesques et labyrinthiques, des couloirs sans fins ou des passerelles passant au-dessus de gouffres sans fonds, l'éclairage y est sombre ou surexposé. le trait de Nihei est très particulier, les yeux des personnages humains sont excentrés, leurs cheveux raides et tombants, leurs bouches la plupart du temps mutique, de petites tailles. Killy ne cesse de monter plus haut, tantôt pourchassé tantôt bloqué par des créatures biomécaniques aux têtes lunaires, multimorphe et meurtrières. Son seul atout semble être son arme _ émetteur de positrons_, dont la détente est spectaculaire, chaque coup de feu l'envoi balader_END
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   11 février 2018
- « Quand la terre, froide et calme s'éclaircit, une ombre escalada la colline... » C'est quoi, « la terre » ?
- Qu'est-ce que c'est ? On dirait une forme de sauvegarde imprimée... C'est sûrement très vieux.
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AlfaricAlfaric   04 mars 2018
Pour nous, les humains ne sont que des insectes nuisibles. Leurs pensées sont trop différentes, notre intelligence artificielle ne nous permet pas de les comprendre.
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Videos de Tsutomu Nihei (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tsutomu Nihei
Que s'est-il passé vendredi 25 janvier, second jour du 46e festival international de Bande Dessinée? Récapitulatif, avec du Richard Corben, du Tsutomu Nihei, du Jérémie Moreau, et la plus vieille moule du monde!
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