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Philippe Bouquet (Traducteur)
ISBN : 2246763614
Éditeur : Grasset (08/09/2010)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Avril 1910.
La comète de Halley menace le monde d’une destruction imminente. Alors que Boris Barsch, auteur de livres à succès, met la dernière main à son roman, Hermann Freytag, correcteur à la retraite, est contacté par son ancienne maison d’édition. Car c’est lui, Freytag, qui a su donner, pendant toutes ces années, souffle et matière à la prose du célèbre écrivain.C’est alors qu’apparaît le mystérieux Signori.
Familier des cercles les plus secrets ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
monito
  04 novembre 2010
Herr Freytag a vieilli, mais a-t-il jamais été véritablement jeune ?
En tout cas, le départ de son épouse lassée, pour un sémillant responsable des chemins de fer qui lui propose un tour du monde, laisse notre héros seul avec lui-même, son Mohnstrudel, le Reichspost et ses habitudes au café Sperl, seul comme jamais.
Herr Freytag goûte à la retraite. Retiré de son métier de correcteur d'une vieille maison d'édition, il ressasse son aigreur. Amoureux des lettres, amoureux des mots, des formes syntaxiques, la langue est son métier.
Fignoleur d'ouvrages, il met la dernière main à ces manuscrits d'auteurs qui font vibrer l'imaginaire. Ils sont célébrés, il est ignoré… et pourtant il reçoit tant et tant de manuscrits qu'il faut largement retoucher pour les rendre lisibles.
Mais il ne touche qu'à la forme, jamais au fond. Il touche le fond de n'avoir jamais été frappé par la Déesse Création… aigri de n'être que correcteur et jamais auteur…
De belles et longues pages sur le génie créateur et le rigorisme linguistique.
Herr Freytag veut s'échapper de ce dilemme, se met un jour à l'Esperanto, en ce début de 20ème siècle dans l'Empire des Habsbourg finissant ? et fait là la rencontre d'un M. Signori.
De cette rencontre va naître une manipulation de notre Herr Freytag le conduisant à nouveau sur le chemin de l'auteur qu'il a le plus corrigé, écrivain à succès, M. Barsch avec en toile de fond la succession du Pape Léon XIII en 1903.
Sous les auspices du passage de la comète de Haley, l'auteur suédois nous fait toucher avec un grand talent de nombreux sujets : la création, l'ombre et la lumière, les dessous de l'histoire vaticane, mais aussi la détresse morale, l'irrationnel des Hommes, la fin d'une époque qui repositionne ce roman dans notre actualité.
Premier roman de Nilsson, une réussite mais j'aimerais connaître son correcteur.


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caro64
  07 février 2011
Vienne, 1910. Freytag n'a rien d'un héros. Ancien correcteur à la retraite, très pieux, il aspire à une vie tranquille dans le maintien de ses habitudes. Il refuse tout modernité et vit tourné vers le passé. Lorsque l'auteur avec qui il a toujours collaboré lui demande de corriger son nouveau manuscrit, un roman très attendu, il accepte de se remettre au travail. Son quotidien prend alors une nouvelle tournure. Séduit par la vie fastueuse que lui laisse entrevoir son nouvel ami, rencontré au hasard d'un cours d'espéranto, le vieil homme se laisse convaincre de retarder la publication du livre. Il se retrouve malgré lui au coeur d'événements qu'il pense comprendre mais qui pourtant le dépassent.
Dans un style soigné, l‘auteur nous plonge au coeur d'une Europe en pleine mutations, désorganisée par des troubles politiques et religieux qui sont les prémices de la Première Guerre mondiale. Il décrit cette époque avec un réalisme saisissant, y faisant évoluer de multiples personnages, de ceux qui peinent à comprendre le monde qui change autour d'eux à ceux qui le dirigent.
Henrik Nilsson nous offre un hymne à la littérature porté par une écriture ciselée. Un premier roman avec une intrigue adroitement menée tenant en haleine de la première à la dernière page… Une belle réussite !
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Coccinelle2
  21 septembre 2010
Le faux ami est un roman de Henrik B. Nilsson à paraître le 8 septembre 2010 (je l'ai reçu et lu en août) aux éditions Bernard Grasset dans la collection Littérature étrangère (567 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-246763611).
Den falske vännen (2009) est traduit du suédois par Philippe Bouquet.
Henrik B. Nilsson est né en 1971 en Suède mais a grandi en Allemagne. Après une licence d'économie, il a créé en 1999 Minotaur, une maison d'édition qu'il a vendue puis il a repris des études à l'université de Lund et a obtenu un Master d'Art (Creative writing). Il vit maintenant à Malmö avec sa famille. le faux ami est son premier roman et il a reçu un Grand Prix littéraire suédois du premier roman : Borås Tidnings Debutantpris.
(Source : Nordin Agency)
Plus d'infos sur le site officiel de Henrik B. Nilsson (enfin pour ceux qui comprennent le suédois !).
1903. le Vatican prépare la succession de Léon XIII gravement malade. Ça conspire à tout va à Rome, certains ne voulant pas du cardinal Rampolla trop proche des Russes et des Français.
1910. Des tremblements de terre, la comète de Halley, la décadence dans les Arts, une langue artificielle créée de toute pièce comme l'espéranto, de plus en plus de jeunes qui se suicident, des cancers, la tuberculose, des rumeurs malveillantes, nombreux sont ceux qui crie à la fin du monde.
À Vienne, Hermann Freytag qui, après des études de philologie, est devenu correcteur aux éditions Fischer & Wulff, profite maintenant de sa retraite : il lit le journal et déguste des Mohnstrudel au café Sperl en lisant le Reichpost, il joue aux échecs avec son ami Georg et il s'est inscrit au cours d'espéranto de la jolie Rosita Nagy, une immigrée hongroise. « Freytag n'avait jamais vu une telle beauté et ne s'arrachait à la contemplation du léger duvet ornant sa lèvre supérieure que pour se perdre dans celle de ses yeux couleur châtaigne; à l'automne. » (page 50).
[...]
Lien : http://laculturesepartage.ov..
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moertzombreur
  17 septembre 2014
C'est le début des années 1900, à Vienne, Hermann Freytag nous entraîne dans ses pérégrinations quotidiennes et ses réflexions désenchantées sur le monde. L'approche de la comète de Halley inquiète, la succession du pape Léon XIII donne lieu à de nombreuses intrigues. Dans cette sombre ambiance viennoise, notre antihéros sublime et vieillissant va devoir sortir de sa retraite pour reprendre son métier de correcteur, il ne sait pas encore que le manuscrit dont il doit s'occuper est une bombe à retardement pour les financiers du Saint-Siège.
D'une belle écriture classique, l'auteur installe peu à peu un suspens explosif.
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Readingintherain
  25 avril 2011
[...]ça a beau être ennuyeux, l'écriture est belle, la langue aussi, les phrases sont bien équilibrées et il y a des trouvailles superbes…[...]
Lien : http://www.readingintherain...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
caro64caro64   07 février 2011
Un poids lui pesait sur la poitrine, juste en dessous du sternum : l'idée qu'il n'avait pas de talent, qu'il était incapable de créer. Il maîtrisait la langue, aucun doute à cet égard - n'y avait-il pas voué son existence, et avec succès ? Pourtant, un doute s'insinuait en lui, dans le noir : il n'était jamais qu'un équilibriste des mots, un accordeur de piano, un vulgaire maquilleur. A quoi bon de belles phrases, si elles ne communiquaient rien d'important, la vérité sur la vie, si elles n'élevaient pas le particulier au niveau de l'universel ? Il n'était pas doué d'imagination, c'était un morne réaliste, aussi terre à terre qu'un plant de pomme de terre. Je suis un professeur d'allemand, pensa-t-il, pas un conteur ; pas un Barsch.
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caro64caro64   07 février 2011
Barsch qui n'avait pas fait d'études secondaires et était à peine capable de nouer les lacets de ses souliers, et encore moins d'écrire un mot sans fautes, avait été béni par la main de Dieu, alors que lui, qui avait pris soin de sa langue comme de son bien le plus précieux, comme de l'enfant qu'il n'avait jamais eu, et qui nourrissait pour seul et modeste espoir de voir un jour le fruit de son imagination imprimé avant de quitter ce monde un sourire de bonheur aux lèvres, n'avait pas été doté du moindre soupçon de don de la narration qui lui permît de satisfaire ce désir insatiable dont le Tout-Puissant l'avait affligé.
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Coccinelle2Coccinelle2   21 septembre 2010
Voici mon conseil : lisez, lisez tous les grands noms. Il ne s'agit pas de vous distraire, comme un lecteur banal. Non, lisez en écrivain, chère amie, avec attention et concentration. Relisez jusqu'à ce que ces phrases vous fassent l'effet d'être vôtres, lisez tout ce que vous trouvez d'un auteur que vous aimez et admirez, […]. (page 135)
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caro64caro64   07 février 2011
La langue, ou ce qu’il était convenu de qualifier de style, les intentions de l’auteur et leur mise en œuvre, tel était son domaine. C’était un tailleur de pierre visant la perfection, coup de ciseau après coup de ciseau, un maître de l’art du stuc mettant la dernière main avec la spatule. (…) il se cantonnait à la musique, celle de la grammaire et du choix des mots, et y maniait la plume comme un chef d’orchestre sa baguette.
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Coccinelle2Coccinelle2   21 septembre 2010
Les personnages de ses romans étaient vivants, ils sortaient de la page imprimée pour pénétrer dans le cœur du lecteur, où ils devenaient plus réels que les êtres qui, en chair et en os, l'entouraient, si vrais qu'ils s'incrustaient dans la mémoire telles de vieilles connaissances. (page 74)
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