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Gunther Stuhlmann (Éditeur scientifique)Marie-Claire Van der Elst (Traducteur)
EAN : 9782253042013
509 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1987)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 82 notes)
Résumé :
« Le journal est mon kif, mon haschisch, ma pipe d'opium. Ma drogue et mon vice. Au lieu d'écrire un roman je m'allonge avec un stylo et ce cahier, et je rêve, je me laisse aller aux reflets brisés, je quitte la réalité pour les images et les rêves qu'elle projette...
Ma drogue. Elle recouvre tout d'un voile de fumée, elle transforme tout à la manière de la nuit. Il faut que tout ce qui est matériel soit ainsi fondu dans le creuset de mon vice car, sinon, la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
DD78
  02 juin 2013
La lecture des mémoires de Simone de Beauvoir m'avait tellement plu que je recherchais activement un autre auteur, de préférence une femme, qui ait lui aussi écrit ses mémoires, au cours d'une période contemporaine qui m'intéresse, soit le début de notre siècle (l'ancien en fait, pas le nouveau !).
Rien que le nom d'Anais Nin m'a plu, cela fait très exotique, lointain, mais aussi féminin et délicat. de plus, son amitié avec Henri Miller avait retenu mon attention, moi qui avait été assez déroutée avec sa "Crucifixion en rose", racontant sa période américaine avant son départ pour Paris. Et c'est là que je l'ai retrouvé d'ailleurs, avec toujours sa folie furieuse d'écrire, sa femme à moitié hystérique (June), et aussi cette vie de galères et de sangsue, à vivre aux crochets des autres!
J'ai également découvert l'univers raffiné de l'auteure, d'un temps qui ne sera plus, où la vie avait une toute autre tournure que maintenant. Une vieille édition du livre entre les mains, j'ai aussi regardé avec avidité les photographies des personnages sur lesquels je pouvais enfin mettre un visage: très étrange lorsque la réalité rencontre l'imagination...
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capuciiine
  18 février 2010
J'ai tellement peu aimé cet ouvrage que je n'en ai lu qu'un tiers... impossible d'aller plus loin! Anaïs Nin y raconte sa vie et les rapports particuliers qu'elle entretient avec Henry Miller et sa femme June, et son ami Fred. C'est une écriture très peu factuelle, et donc qui m'a très vite ennuyé. Anaïs Nin s'épanche sur ses états d'âme et tente de s'autopsychanalyser... Elle y raconte aussi sa psychanalyse avec le Dr Allendy, ses rapports personnels et professionnel avec Henry Miller et sa relation ambigue avec June, la femme de celui-ci.
Mais ce qui m'a dérangé dans ce récit, c'est qu'il n'est pas accessible au lecteur. Il s'agit bien en effet d'un journal, c'est-à-dire que le lecteur n'est pas pris en compte, cet écrit ne s'adresse à personne. Ainsi tout ce qui y est raconté m'a semblé très hermétique; je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'ai trouvé cela d'un ennui mortel!
Les analyses des comportements de chacun constitue la principale partie du Journal, mais aucun événement, aucune trame de narration n'a pu accrocher mon attention.
De plus, Anaïs Nin expliquant ici également ses rapports à la littérature et ses rapports professionnels avec différents auteurs, cela n'est pas accessible au lecteur lambda: cela m'a fait l'impression désagréable que ces auteurs se complaisent dans un monde d'intellectuels et d'analyse de leurs créations littéraires. On a l'impression d'assister à un salon littéraire, réunion à laquelle on ne serait pas invité.

J'ai tellement peu aimé cet ouvrage que je n'en ai lu qu'un tiers... impossible d'aller plus loin! Anaïs Nin y raconte sa vie et les rapports particuliers qu'elle entretient avec Henry Miller et sa femme June, et son ami Fred. C'est une écriture très peu factuelle, et donc qui m'a très vite ennuyé. Anaïs Nin s'épanche sur ses états d'âme et tente de s'autopsychanalyser... Elle y raconte aussi sa psychanalyse avec le Dr Allendy, ses rapports personnels et professionnel avec Henry Miller et sa relation ambigue avec June, la femme de celui-ci.
Mais ce qui m'a dérangé dans ce récit, c'est qu'il n'est pas accessible au lecteur. Il s'agit bien en effet d'un journal, c'est-à-dire que le lecteur n'est pas pris en compte, cet écrit ne s'adresse à personne. Ainsi tout ce qui y est raconté m'a semblé très hermétique; je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'ai trouvé cela d'un ennui mortel!
Les analyses des comportements de chacun constitue la principale partie du Journal, mais aucun événement, aucune trame de narration n'a pu accrocher mon attention.
De plus, Anaïs Nin expliquant ici également ses rapports à la littérature et ses rapports professionnels avec différents auteurs, cela n'est pas accessible au lecteur lambda: cela m'a fait l'impression désagréable que ces auteurs se complaisent dans un monde d'intellectuels et d'analyse de leurs créations littéraires. On a l'impression d'assister à un salon littéraire, réunion à laquelle on ne serait pas invité.

Lien : http://les-petitescapucines...
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PatrickCasimir
  31 juillet 2020

Il est intéressant d'effectuer une lecture comparée de ce premier tome avec les Cahiers secrets - Henry et June de la même période. D'une façon générale, il faudrait comparer l'ensemble des tomes des années 1932-1939 avec le journal non expurgé de la même période.
Pour être publiés et ne choquer aucun des protagonistes ou témoins de la vie (sensuelle et amoureuse) d'Anaïs Nin, les écrits ont fait l'objet de réécriture.
Laure Adler et Stéphane Bollmann se sont autorisé un jugement de valeur que je n'approuve pas : "La duplicité d'Anaïs Nin prive de toute substance la prétention de son JOURNAL à une quelconque authenticité" (Les femmes qui écrivent vivent dangereusement - Flammarion, p. 125).
Qu'est-ce qu'un journal authentique ? N'est-ce pas le témoin (on parle de miroir souvent...) non seulement de vos actions, mais de vos états d'âmes, de vos fantasmes, de vos "mensonges héroïques" comme l'admettait Anaïs elle-même ? N'est-ce pas aussi, la faculté, voire la liberté de réinterpréter, des années plus tard, des situations instantanément notées dans le journal ? le travail de réécriture n'enlève rien au caractère authentique du Journal, pas davantage la dimension "amorale" de sa vie qui lui a permis de subvenir matériellement aux besoins de ses amants, grâce à son banquier de mari. Situation qu'elle ne cache précisément pas dans le Journal et qu'il ne nous appartient pas de juger...
Nous avons, avec ce journal, qui conserve encore beaucoup de mystères, une grande oeuvre littéraire qui mélange vie personnelle et création artistique. La vie de l'auteure est dans ce Journal incomplètement publié, et le Journal est en même temps une création littéraire autonome, fictionnelle, qui ne recouvre pas exactement la réalité vécue par Anaïs Nin.
Mais je crois qu'on le sait depuis toujours...
Pat


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domrl
  27 mai 2013
Témoignage intéressant qui permet ( tout comme la biographie de Simone de Beauvoir) de percevoir l'influence de l'éducation, de voir le cheminement de la pensée.
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Adalarasi
  03 octobre 2017
La fascination d'Anais pour June n'a pas été communicative... J'ai difficilement atteint la page 91. Ceci dit, il y a quelques jolies phrases.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   08 janvier 2014
L'âme est peut-être le héros de ce livre, mais c'est une odyssée qui va du monde intérieur au monde extérieur, et c'est Henry qui dissipe les brumes de la timidité, de la solitude, qui m'emmène dans la rue et me fait rester dans un café - jusqu'à l'aube.
Avant lui je croyais que l'art était le paradis, et non la vie humaine, je croyais que la douleur ne pouvait devenir abstraite que dans l'art.
C'était une manière virile de maîtriser la douleur que de mettre entre soi et la vie humaine l'art et l'espace et le temps et l'histoire et la philosophie.
L'art était le remède contre la folie, ce qui soulageait des souffrances et des terreurs de la vie.
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MacabeaMacabea   24 juin 2017
Le Dr Allendy et Antonin Artaud sont assis derrière un grand bureau. Allendy présenta Artaud. La salle était comble. Le tableau faisait une étrange toile de fond. La lumière était crue. Elle plogeait dans l'obscurité les yeux enfoncés d'Artaud. Cela soulignait d'autant l'intensité de ses gestes. Il paraissait tourmenté. Ses cheveux, assez longs, retombaient parfois sur son front. Il a la souplesse et la vivacité de gestes du comédien. Un visage maigre, commeravagé par la fièvre. Un regard qui ne semble pas voir le public. C'est une regard de visionnaire. Il a des mains longues aux doigts longs.
A coté le Dr Allendy a l'air prosaïque, lourd, gris. Il est assis derrièrel e bureau, massif, concentré. Artaud monte sur l'estrade et commence à parler : 'Le Théâtre et la Peste'.
Veut-il nous rappeler que ce fut durant la Peste qu'un si grand nombre de merveilleuses oeuvres d'art et de pièces de théâtre ont vu le jour, parce que l'homme fouaillé par la peur de la mort, cherche l'immortalité, l'évasion, cherche à se surpasser? Mais alors, d'une manière presque imperceptible, Artaud délaissa le fil que nous suivions et se mit à jouer quelqu'un mourant de la peste. Pour illustrer sa conférence, il représentait une agonie. "La Peste" est en français un mot autrement plus terrible que 'the plague' en anglais. Mlais il n'est pas de mots pour décrire ce que jouait Artaud sur l'estrade de la Sorbonne. Il oublia sa conférence, le théâtre, ses idées, le Dr Allendy à côté de lui, le public, les jeunes étudiants, sa femme, les professeurs et les metteurs en scène.
Il avait le visage convulsé d'angoisse, et ses cheveux étaient trempés de sueur. Ses yeux se dilataient, ses muscles se raidissaient, ses doigts luttaient pour garder leur souplesse. Il nous faisait sentir sa gorge sèche et brûlante, la souffrance, la fièvre, le feu de ses en trailles. Il était à la torture. Il hurlait. Il délirait. Il représentatit sa propre mort, sa propre crcifixion. les gens eurent en premier lieu le souffle coupé. Puis ils commencèrent à rire. Tout le monde irait et sifflait !" Puis un par un, ils commencèrent à s'en aller à grand bruit, en protestant. Ils claquaient la porte en sortant.
Les seuls à ne pas bouger sont Allendy et ses proches. Encore des protestations. Encore des huées. Mais Artaud continue, jusqu'à son dernier souffle. Et il reste là, par terre. puis quand la salle s'est vidée et qu'il ne reste qu'un petit groupe d'amis, il marche droit sur moi et me baise la main. Il me demande de l'accompagner dans un café.
Tous les autres avaient quelque chose à faire. Nous nous sommes tous séparés à la porte de la Sorbonne. Artaud et moi sommes sortis. Nous avons marché le long des rues obscures. Il était blessé, durement atteint et déconcerté par les huées. Il écumait de colère : "Ils veulent entendre une conférence objective sur 'Le Théâtre et la Peste' et moi je veux leur donner l'expérience même, la peste même, pour qu'ils soient terrifiés et qu'ils se réveillent. Je veux les réveiller. Ils ne comprennent pas qu'ils sont morts. Leur mort est totale, comme une surdité, une cécité. C'est l'agonie que j'ai montrée. la mienne oui, et celle de tous ceux qui vivent.
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PiatkaPiatka   10 janvier 2014
Henry m'a dit : " Il faut laisser les choses s'accumuler, ne pas tout utiliser immédiatement. Laissez les choses s'accumuler, reposer, fermenter : ensuite explosez. N'épuisez pas les sujets. "
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PiatkaPiatka   18 décembre 2013
Le journal m'a appris que c'est dans les moments de crise émotionnelle que les êtres humains se révèlent avec la plus grande vérité. J'ai appris à choisir ces points culminants parce que ce sont les instants de révélation.

Introduction - extrait d'un essai On Writing paru en 1947
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StefcigaleStefcigale   28 août 2013
(25 MAI 1932)
...
Henry appelle ma maison un laboratoire de l'âme. Entrez dans ce laboratoire de l'âme où chaque sentiment sera passé aux rayons X par le Dr Allendy afin de révéler les blocages, déviations, déformations et cicatrices qui gênent le cours de la vie. Entrez dans ce laboratoire de l'âme où chaque incident est réfracté dans un journal, puis disséqué afin de prouver que nous portons tous un miroir déformant où nous nous voyons trop petits ou trop grands, trop gros ou trop maigres, même Henry, qui se croit si libre, si joyeux, indemne de cicatrices.Entrez ici ou l'on voit qu la destinée peut être orientée, qu'il n'est pas nécessaire de rester esclave de la première empreinte faite sur une sensibilité d'enfant. Il n'est pas obligatoire d'être à jamais marqué par le premier moule. Une fois le miroir déformant brisé, l'unité devient possible, la joie devient possible.
(Le livre de poche n° 3901 - p. 159)
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