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ISBN : 9791090175716
Éditeur : Serge Safran éditeur (17/08/2017)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 61 notes)
Résumé :
La jeune et rousse Sonja, traumatisée par son expérience d’infirmière militaire en Afghanistan, a rompu tout contact avec sa famille. Fuyant son passé et luttant contre ses cauchemars, elle se déplace et dort dans un van. Elle erre dans le sud de la France tout en enchaînant des petits boulots. Echouée à Mèze, elle rencontre Pierre, ancien champion olympique de saut à la perche, homme aux rêves brisés reconverti dans la vente de poulets rôtis. Puis se lie d’amitié a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  04 novembre 2017
Un premier roman, c'est toujours une gageure.
Celui-ci est inspiré librement de la vie de Pierre Quinon, champion olympique de saut à la perche, en 1984, qui, après l'echec de sa carrière sportive, devint le proprietaire d'une rôtisserie et un peintre amateur, influencé par Pollock et De Stael, puis revint sous les feux de l'actualité en se défenestrant, le 18 août 2011, en un dernier saut fatal.
Ludovic Ninet avait là un beau sujet et un beau personnage: c'est d'ailleurs celui , dans le roman, auquel on croit et on s'attache le plus. Mais il a voulu faire se croiser, en moins de 200 pages , quatre destins cabossés qui auraient mérité chacun un roman - quatre vies à la dérive en quête d'espoir, de considération, d'amour , d'envie de (re)vivre.
C'était trop.
Je n'ai pas accroché à cette rencontre et me suis sentie débordée par un tel concentré de situations mélodramatiques.
Sonja, Sabine, Abbes et même le beau Pierre tué par le retour trop violent du désir dans sa vie solitaire, ne sont pas arrivés à m'emporter dans la tourmente de leurs sentiments.
Autant en emporte le van...
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AudreyT
  29 août 2017
****
Lorsqu'elle revient d'Afghanistan, Sonja n'est plus la même... Elle s'est engagée en tant qu'infirmière aux côtés de compagnons d'armes qui ne reviendront pas tous avec elle. Et c'est bien là toute la souffrance de cette belle jeune femme. Pourtant épouse et mère, elle n'arrive pas à se raccrocher à la vie de tous les jours, elle est perdue, blessée, meurtrie... De ses cauchemars, personne ne comprend rien et la patience de ses proches arrivent à s'essouffler. Ne reste plus que la fuite pour ne pas sombrer en entraînant avec elle les siens. De retour dans sa région natale, elle va rencontrer des personnages tout aussi fragiles qu'elle. Mais de ces êtres frêles va naître une force, qu'ils tenteront les uns les autres de d'insuffler...
Quel beau premier roman !!! Ludovic Ninet nous entraîne avec beaucoup de force et de sensibilité auprès de ses personnages tellement attachants. La vie n'est simple pour personne mais pour eux le sort s'acharne... Et pourtant... le destin va les unir. De leurs blessures cumulées naîtra une lueur d'espoir, bien fine et vacillante mais qui ne demande qu'à grandir... Un roman fort, où chaque mot est à sa place, où chaque note sonne juste et où chaque larme n'est jamais de trop...
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isabelleisapure
  23 novembre 2017
Sonja, était infirmière militaire. En Afghanistan, elle s'est battu contre l'horreur du quotidien, elle a serré les dents pour ne pas hurler, pour soigner, pour sauver. Elle a tenu le coup, courageusement, jour après jour.
C'est au retour en France que tout a basculé, incapable de surmonter le traumatisme et les cauchemars, Sonja est partie, abandonnant son mari et son enfant.
Au volant de son véhicule elle a roulé, sans but, dans une fuite en avant désespérée, jusqu'à une petite ville du sud de la France ou elle s'est garée, sans véritable raison, mais il faut bien se poser quelque part.
C'est Pierre qui va lui redonner peu à peu, le courage de continuer. La dépression, il connait, après avoir dû renoncer à ses rêves de champion olympique.
Ce roman est fait de belles rencontres comme Sabine et Abbes, eux aussi accidentés de la vie, mais qui s'accrochent à des idéaux qui les aident à avancer.
J'ai tout aimé dans ce roman. Ludovic Ninet nous présente des personnages attachants et profondément humains.
Il réussit parfaitement grâce à une écriture brutale à nous faire comprendre le quotidien des soldats sur le théâtre des opérations.
Il pose la question de la puissance de l'amitié dans une possible reconstruction.
« La fille du van » est un grand livre qui parle avec simplicité des gens et des rapports qu'ils nouent entre eux, de la façon dont ils se sauvent les uns les autres et se sauvent eux-mêmes.
Un coup de coeur.
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AMR
  20 septembre 2017
Je découvre La Fille du van de Ludovic Ninet dans le cadre des 68 premières Fois et le lis dans sa version numérique. L'auteur présente son roman comme « un livre lié au passé, avec cette envie de savoir comment les gens digèrent un vécu qui les a brisés ».
C'est l'histoire de Sonja, une infirmière militaire de retour d'Afghanistan, en quête d'elle-même et en fuite d'un passé traumatisant ; elle a pris la route et vit, au jour le jour de petits boulots et d'expédients. Elle rencontre Pierre, rôtisseur sur le parking d'un supermarché, Abbes, fils de harki au casier judiciaire chargé et Sabine, une femme solitaire aux rêves brisés, ancienne toxicomane, toujours abandonnée.
Le personnage de Pierre est librement inspiré de Pierre Quinon, premier champion olympique français de saut à la perche, qui s'est suicidé en 2011 ; voilà qui n'a rien d'anormal venant d'un nouvel auteur, ancien journaliste sportif.
Dès les premiers chapitres, les personnages sont à fleur de peau, cabossés par la vie ; même sans savoir encore d'où ils viennent et pourquoi ils sont là, leur fragilité émeut et touche. Tout annonce un récit fort et sans concession. En une trentaine de pages, les quatre protagonistes principaux sont installés dans le récit, avec leurs failles à peine évoquées. Puis la trame narrative s'intensifie, autour de courts chapitres qui nous en apprennent de plus en plus sur leur passé difficile à porter et entremêlent les points de vue ; des rapprochements se développent ou s'opèrent, issus du passé entre Pierre et Abbes, nouveaux entre Sonja et Sabine, Sonja et Abbes, Sonja et Pierre, jusqu'à former un trio avec Sonja, Abbes et Pierre, la jeune femme servant toujours de point de focalisation diffractée.
Le lieu aussi prend son importance ; l'étang de Thau, zone lagunaire entre eau de mer et eau douce, paysage empli de douceur, devient symbole de passage du passé au présent, de dilution des souvenirs ; la ville de Sète représente le retour à la maison, aux origines, la sécurité.
Les quatre personnages sont prisonniers d'un passé qui les stigmatise et rêvent tous d'un ultime nouveau départ.
Sabine est prête à tout pour ne plus être quittée ; Abbes ne veut plus être « l'Arabe ex-taulard-braqueur-irrattrapable et fils de harki », mais devenir enfin un citoyen lambda pour « s'inventer sa propre histoire » ; Pierre cherche un ailleurs ou partir sans regret, loin « des espoirs intenables et des vides béants » ; Sonja doit accepter d'avoir vu mourir des enfants et pourtant d'être mère et de porter la vie. Ils ont tressé des liens forts entre eux : l'amitié virile entre Abbes et Pierre se mue en fraternité, Abbes considère Sonja comme sa fille, Pierre et Sonja ont retrouvé un élan commun pour se projeter ensemble dans l'avenir, Sabine se révèle une amante et une amie loyale.
Mais, «il y a toujours des malheureux qui paient pour le bonheur des autres ». La Fille du van ne promet pas de happy end pour tout le monde.
L'originalité de ce roman vient sans doute du fait que le rôle du militaire, victime de stress post-traumatique est une femme infirmière et non un soldat combattant, comme c'est souvent le cas dans ce type de récit. La descente aux enfers de Sonja, entre alcool et médicaments, hallucinations et cauchemars, n'en est que plus forte et plus émouvante. Ludovic Ninet explore avec finesse toutes les facettes de la personnalité féminine, dans la maternité, entre stérilité et fécondité, dans la sexualité, entre frigidité et jouissance, dans la culpabilité et enfin, dans la résilience.
Selon la formule consacrée, je ne sors pas indemne de ma lecture.
C'est lourd, dense, glauque.
C'est amer, injuste.
Des personnages en devenir, que je n'oublierai pas.
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gonewiththegreen
  31 octobre 2017
Oh la belle découverte .
Pourquoi j'ai lu ce roman ? Je n'en sais rien . La couverture peut être , du marketing donc ?
La dernière histoire de fille et de van que j'ai lue , c'était sur la route de Wollanup dans Cul de sac de Douglas Kennedy (ressorti sous le titre de Piège Nuptial , là on y est bien dans le marketing). Rarement, je n'ai autant ri à la lecture d'un livre.
Bon, soyons franc, ici, il n'y a pas l'esquisse d'un sourire. Mais il y a une telle densité dans ce livre !
La fille du van , elle est paumée. Elle rentre d'Afghanistan, où elle a assisté au massacre d'Uzbin en tant qu'infirmière. Elle est dévastée , a abandonné son mari et son fils et depuis quelques mois erre dans sa région natale sétoise.
Elle croise Pierre, ex champion olympique et Sabine , employée de supermarché. de quoi repartir ?
Livre magnifique , à tout point de vue. L'écriture est très stylée , l'histoire est prenante et les thématiques abordées multiples : La guerre et ses ravages , l'indifférence générale, les harkis et la trahison qu'ils ont subie, la gloire éphémère et la descente aux enfers à travers le personnage de Pierre, la drogue médicamentée, l'amour filial , le patron véreux obnubilé par son chiffre pour qui l'humain est plus que secondaire.... tout cela se chevauche, s'entremêle, se croise et s'éloigne pour mieux se retrouver.
Les personnages sont très marqués : Il y a Sabine , toujours placée , jamais gagnante; Abbès , le harki trahi qui court après la vengeance toute sa vie , Pierre le héros de 1984 et sa descente aux enfers qui entraperçoit une porte de sortie et la fille du van . Sonja . Belle à faire des procès à la pelle dans le contexte actuel, torturée, paumée mais prête à rebondir .Un personnage très fort , qui va trouver autour d'elle des raisons de vivre: Sauver la vie là où elle a échoué en Afghanistan , retrouver les plaisirs du sexe, retrouver son fils, se reconstruire.
Ce livre , lu dans la journée, restera . Je ne saurai trop le conseiller. Attention , je vais un peu spoiler dans les lignes à venir . N'hésitez pas à arrêter votre lecture .
Cette histoire s'appuie en partie sur l'histoire de Pierre Quinon, premier champion olympique français à la perche , premier homme au monde à avoir mis une barre à 6 mètres. Après lecture de sa biographie, on voit dans ce roman beaucoup d'éléments de sa vie. Mais je me questionne sur la réalité de son histoire avec Sonja ?
La fin si elle semble conforme à la réalité a été décalée en temps et lieu ( d'un an et de Hyères à Sète) . pourquoi ? Où est le vrai du faux ? Ce n'est pas le but du livre du faire une bio exacte , mais l'auteur insère quand même dans ses pages la vie d'un homme qui restera dans l'histoire et dont la fin tragique est bouleversante. Je suppose qu'il y a l'accord de la famille , mais c'est une question que je me suis posée tout le long de ma lecture et à laquelle je n'aurai sans doute jamais de réponse.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   04 novembre 2017
C'est l'instant fou. La seconde et demie en suspension avant que tout, d'un coup, réaccélère en sens inverse sous l'effet de la gravité, qui impose aux pieds de déjà redescendre vers la terre ferme, entraînant dans leur chute les jambes, le buste, les fesses, la tête qui bascule en arrière comme celle d'un nourrisson le cou insuffisamment musclé et, pour finir, les bras. Avant ce retour à la réalité, là-haut , tu es libre, totalement, dans l'air.
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zazyzazy   10 septembre 2017
Après la médaille d’or ? C’est la fin du voyage. Il y a le grand saut. Puis tu retombes. Et ça peut faire très mal… Je suis aspiré vers le haut mais dessous je sais qu’il y a le vide.
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domdu84domdu84   28 mai 2017
S’envoyer en l’air, commence-t-il alors en se replongeant, c’est assez dingue, et le voilà qui déroule son rituel, en bout de piste, la perche sur l’épaule, le compte à rebours lancé. Le saut, explique-t-il à Sonja, vient après l’ultime inspection du réglage des poteaux et de la barre, après l’enregistrement des dernières consignes du coach ; puis après la course d’élan, une quarantaine de mètres à parcourir au sprint, la perche de cinq mètres et quatre kilos portée à la force des bras, des épaules, du dos, des abdos, c’est déjà un jeu d’équilibre, Pierre se prenait souvent pour un chevalier en tournoi, lance armée pour dézinguer ses rivaux, un gamin, toujours, mais le jeu a ses règles, les appuis millimétrés, le nombre de foulées comptées à respecter, c’est ça ou, à cinquante centimètres près, tu te prends la perche en pleine figure au moment d’impulser, oui, tu t’embroches alors, au point de passage de 17,20 mètres, à pleine vitesse, quasiment 30 km/h, il analysait ce qui pouvait clocher pour rectifier le tir, la longueur de ses dernières foulées par exemple.
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baaab894baaab894   11 juin 2017
Je suis fils de Harki, vous pensez fils de bougnoule ou fils de traître, moi je dis Harki avec un grand H, les traîtres, c'est vous, et ce que vous n'avez pas voulu me donner, je vais le prendre...
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mireille.lefustecmireille.lefustec   30 septembre 2017
La guerre est sous ton nez. Pas celle qu'on te raconte en costume ou en tailleur à travers un écran de télévision, la vraie, qui empeste les boyaux, la peau et les poils grillés, refoule la peur quand le blessé vit encore, mais pour combien de temps et dans quel état, les fluides, tous, dégoulinent, suintent, tu as les mains dedans, tout te salit et t'envahit et c'est quotidien. Tu dors avec. p. 72
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