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ISBN : 1090648049
Éditeur : Critic (01/02/2013)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Gueule de Truie est un inquisiteur, envoyé en mission par les Pères de l'Eglise après l'apocalypse. Ces gens sont persuadés que la fin des temps a été envoyée par Dieu lui-même, et que la Terre est morte. Leur but? Détruire le peu qui reste afin de, une bonne fois pour toutes, tourner la page de l'humanité. A leur service, Gueule de Truie, caché derrière le masque qui lui donne son nom, trouve les poches de résistance et les détruit les unes après les autres. Un jou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  25 février 2013
Après « Chien du heaume » et « Mordre le bouclier », voilà enfin le dernier roman en date de Justine Niogret, qui nous a entre temps gratifié de quelques nouvelles et qui est parvenue en quelques années à peine à occuper une place de choix dans l'univers des littératures de l'imaginaire, à commencer par la fantasy. Avec « Gueule de Truie », l'auteur change légèrement de registre et nous offre un roman post-apocalyptique dans lequel la quasi totalité de notre monde a disparu depuis le Flache, catastrophe planétaire dont on ignore exactement la teneur mais que certains des survivants interprètent comme une intervention divine visant à détruire et purifier le monde. Des années après le cataclysme, alors que ces fanatiques ont mis en place une organisation visant à traquer et tuer tous les derniers humains encore en vie afin d'achever le travail de Dieu, un de leur fidèle disciple va pourtant changer la donne en liant son destin à celui d'une étrange jeune fille portant une mystérieuse boite...
On retrouve sans mal ici la patte de Justine Niogret qui dispose décidément d'un rare talent pour dépeindre des univers sordides et violents auxquels il est difficile de rester indifférent. C'est avec un certain sentiment d'angoisse que le lecteur évolue dans ce monde en ruine où les rares survivants en sont quasiment réduits à l'état de bêtes sauvages et où même les protagonistes effraient par leur dureté et la haine qu'ils portent en eux. Certaines scènes sont stupéfiantes de noirceur et de violence, et pourtant, comme toujours chez Justine Niogret, derrière toute cette crasse se cache quelque chose d'infiniment beau et touchant. Malgré la relative brièveté du roman celui-ci recèle ainsi une grande profondeur que je n'ai, je l'avoue, pas toujours réussi à pleinement saisir mais qui m'a malgré tout bouleversé à de nombreuses reprises. La plume très crue et pourtant pleine de poésie de l'auteur y est évidemment pour beaucoup et c'est a regret que l'on referme ce roman coup de poing par lequel il est aisé de se laisser prendre des heures durant.
Avec « Gueule de Truie » Justine Niogret nous démontre à nouveau toute l'étendue de son talent et, si le roman en rebutera sûrement plus d'un par son étrangeté et sa crudité, force est de reconnaître qu'on ne lis pas d'ouvrages aussi troublants ni aussi poignants tous les jours.
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Dionysos89
  08 janvier 2017
On découvre souvent Justine Niogret avec son diptyque chez les éditions Mnémos, Chien du heaume et Mordre le bouclier, mais elle a aussi écrit un roman post-apocalyptique chez les éditions Critic : Gueule de Truie. Encore un titre difficile à oublier !
Ses lecteurs y sont habitués et les nouveaux apprécieront : le style de Justine Niogret est rude, vif et tranché. Ambiance post-apocalyptique oblige, l'autrice se fait plaisir pour laisser parler son langage haché menu. En somme, lire du Justine Niogret, ça se reconnaît vite. Ici, elle utilise toutefois un ressort habituel de certains romans post-apo, les termes inventés après la déliquescence consécutive à ladite apocalypse. Rien de très compliqué, mais la tentative est là. Pour le reste, si son onirisme médiéval vous avait plu, son mysticisme post-apocalyptique devrait passer relativement bien, tant qu'on reste dans son trip très personnel autour de la religion.
À l'image de ce style âpre, l'histoire de Gueule de Truie est brève et sèche. Après une catastrophe, la vie sur Terre tient plus du cauchemar que du rêve éveillé, tout comme la quête du héros tiendra plus du chemin de croix que de la balade tranquille au milieu des pâquerettes. Gueule de Truie est le nom que le héros a reçu quand il est devenu une Cavale, un inquisiteur chargé de traquer les derniers humains restants par les Pères qui considèrent que l'Apocalypse est divine mais que, pour atteindre le Jugement dernier, il faut finir le travail à demi-réalisé jusqu'ici. Dans sa traque, Gueule de Truie est obligé de porter un masque terrifiant, très bien illustré en couverture par Ronan Toulhoat, dessinateur de Block dans le même ton. Il fait rapidement la connaissance d'une jeune fille esseulée et tenant une boîte au contenu mystérieux (qui a dit MacGuffin ?). Dilemme moral et humain pour le héros : où le mènera sa quête dans ce monde à l'abandon ?
Le récit est un poil étiré, donnant l'impression que nous avons affaire à une nouvelle étendue dans l'optique d'un court roman. À mon humble avis, nous partons aussi beaucoup trop dans le mystique à outrance, en surinterprétant les événements et leur « destin ». Bien sûr, nous sommes dans un contexte volontairement intégriste, mais vu les questionnements du héros dès le départ, il n'y avait peut-être pas besoin d'en faire tant, surtout que la toute fin nous laisse un peu sur notre faim.
Premier roman un peu dispensable de Justin Niogret (il en fallait bien un), Gueule de Truie parlera surtout aux acharnés (pas de décharnés ici) du post-apo.
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Arakasi
  19 novembre 2013
Le monde est mort. Depuis que la Flache (une catastrophe qui a dévasté la planète de fond en comble) a eu lieu des dizaines d'années auparavant, le monde n'est plus qu'une coque vide, un cadavre dans les entrailles duquel grouillent les rares survivants comme des vers dans le corps d'un pendu. Seule institution à avoir survécu à l'apocalypse, l'Eglise envoie aux quatre coins de la Terre ces redoutables inquisiteurs, les Cavales, chargés d'éliminer les dernières traces de vie afin d'achever l'oeuvre purificatrice de Dieu. Gueule de Truie est l'un deux. Depuis son plus jeune âge, il n'a jamais connu que la peur, la rage, le désespoir et la haine de toute vie, humaine ou animale. le visage dissimulé sous un masque de métal, le corps corseté de cuir et d'acier, il erre à la surface du monde et chasse avec une hargne farouche les hérétiques dissimulés frileusement dans leurs cavernes, mutilant, tuant, torturant… Jusqu'au jour où il croise la route d'une étrange jeune fille porteuse d'une boite métallique datant d'avant la Flache dont elle refuse de laisser voir le contenu. La Fille est maigre, fragile, presque muette. Elle n'a rien de remarquable, rien d'extraordinaire, mais pourtant Gueule de Truie ne la tue pas, ni ne la traîne dans les noirs couloirs de l'Inquisition. Bien au contraire : poussé par une mystérieuse intuition, il la prend sous son aile et l'accompagne dans sa quête vers le centre du monde, le lieu où s'est produit la Flache, là où tout a commencé et où tout s'est achevé.
S'il faut reconnaître quelque chose à « Gueule de Truie », c'est son incontestable originalité. Loin des romans de science-fiction traditionnels, loin même des récits post-apocalyptiques habituels, Justine Niogret nous offre un roman complexe et oppressant, écrit dans une langue qui ne l'est pas moins. Violence et bestialité étaient déjà très présents dans ses deux premiers romans, « Chien du Heaume » et « Mordre le bouclier », mais étaient compensées par la douceur et la sérénité de quelques passages. Rien de tel dans « Gueule de Truie » : tout est brutal, âpre, déchirant, cruel… Les personnages terrifient par leur stupéfiante sauvagerie, particulièrement le protagoniste principal, monstre si déshumanisé qu'il ne se reconnait plus aucun lien avec ses semblables, tous réduits à ses yeux à l'état de rats, d'insectes et de larves. le roman surprend également par son scénario très onirique et regorgeant de scènes surréalistes, parfois à la limite du compréhensible. C'est là que le bât a blessé en ce qui me concerne… Peu sensible à la métaphysique, j'ai souvent perdu pied dans cette tempête de métaphores et de symboles et je ressors de cette lecture secouée, mais aussi vaguement frustrée, avec le sentiment d'être passée partiellement à côté de quelque chose.
Doté de qualités stylistiques évidentes, « Gueule de Truie » est probablement le genre de roman qui nécessite plusieurs lectures pour être pleinement apprécié. Ce ne sera pas pour tout de suite car j'ai largement mon content de livres à engloutir, mais je retenterai peut-être l'expérience un de ces jours, à tête reposée.
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Hugo
  05 avril 2013
Gueule de truie
???
Syndrome de la critique blanche ou réelle incompréhension ?
A chaque fois c'est pareil donc à partir de tout de suite je bannis le mot « post-apocalyptique » de mon excitation intello littéraire, il est pour moi systématiquement synonyme de frustration.

Tout est métaphore, philosophie, poésie, un talent indéniable, une ambiance oppressante, glauque et malsaine, mélangée à une interprétation personnel le du sens des mots violents et des phrases hachés qui défilent : un exercice de style pour les plus aguerris d'entre nous dont je me soustrais par la force des choses.
Imaginez donc un monde ou il n'y a plus grand-chose et pas mal de rien, on se fait vite chier, à force tu parles tout seul, tu as des yeux d'ahuries, tu pues, tu as les cheveux gras, tes fringues sont sales, mais tu continues à marcher sur les restes d'avant.
Finalement le temps s'écoule au rythme des tes pas et tu oublies tout, alors tu commences à devenir un peu ouf en te posant toujours plein de questions mais sur quoi déjà ?
Et puis un jour tu rencontres une licorne bleue jouant de la flûte dans un champ de lutins morts :
- Alors là forcément tu te dis : c'est la meilleur celle là, tu es qui toi d'abord ?
Mais la Licorne bleue continue à jouer sauf que maintenant les lutins dansent sous la lumière du néant………
Tu n'as rien compris… Ouais bah moi non plus !!!
A plus les copains
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balrog
  07 mars 2013
Une oeuvre très courte, très sombre et très complexe...
Le tout dans un style particulièrement brute de décoffrage, un style rugueux, qui colle bien avec ce récit, même si les phrases ultras courtes ont eu tendance à trop couper ma lecture.
Le début m'a franchement emballé, un prologue génial, des personnages des plus glauques et du suspense à la pelle.
Seulement vers la fin, et bien je doute toujours d'avoir compris...et j'ai l'impression que c'est un peu le lot de chacun avec ce bouquin. On se dit que cela va être un scénario totalement basé sur le côté post-apocalyptique, puis on se rend compte que c'est un roman très psychologique et assez onirique. L'auteure reste assez floue sur certains événements... peut-être qu'en le lisant une seconde fois je m'en ferais une autre interprétation ?
En tout les cas je ne suis pas prêt d'oublier ce type, Gueule de Truie... Sa violence, sa haine et ses réflexions sur et dans ce monde à l'agonie, m'ont souvent fait froid dans le dos !
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   23 février 2013
La fille est assise par terre, les deux mains au sol, le bas du visage brouillé de sang. Gueule de Truie lui tend la main. Il comprend, et ce qu'il cherchait lui, et ce que doit entendre la fille.
-Je ne voulais pas être le seul à avoir mal.
La fille lève les yeux sur lui. Elle le regarde d'en dessous, entre ses cheveux. Il lui tend toujours la main. Un peu de sang coule encore de son nez à elle. La fille bouge les lèvres, les ouvre. Les referme.
-Je ne voulais pas être seul, fait encore Gueule de Truie.
Elle secoue la tête. Plus pour reprendre ses esprits que pour dire non, la Cavale le sent. Il se force à ne rien ressentir quand la paume de la fille se pose dans la sienne. Il se force et n'y parvient pas.
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boudiccaboudicca   07 mars 2013
En fait, Gueule de Truie est incapable d'imaginer la face de Dieu. Il l'a vue, ou il a vu son éclat, le jour de la Lumière. Il a vu l'intérieur de sa gorge et sa bouche, et le silence de son cri. Gueule de Truie croit en Dieu, tout autant que les gens d'avant le Flache croyaient en leurs voitures et leurs immeubles. Ils vivaient dedans, ils montaient dedans, et la Cavale se tient tout à fait à la même place, dans ce quotidien certain et réel. Il le sait, il connaît Sa présence. Il tue pour Lui. Il tue le monde pour Lui, parce que là est Son vœu.
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Dionysos89Dionysos89   25 janvier 2016
– Dans tous les univers possibles, combien de chances as-tu de rencontrer cette-fille-là, cette seule fille qui sait te reconnaître ?
– Aucune.
– Exactement. Aucune. Et pourtant, un jour tu comprendras ce que je viens de te dire.

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boudiccaboudicca   18 mars 2013
-Alors qu'est ce que tu es ?
-Je suis... je suis ce que tu ressens. Je suis l'espoir. Je suis les vis d'acier dans le creux du ventre, et le filin inusable qui relie deux personnes. Je suis le manque et la terreur de posséder l'autre. Je suis le guide, je suis le cerf blanc.
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Dionysos89Dionysos89   05 janvier 2016
Les Cavales sont les mains de l’Église, et elles n’ont pas peur, parce que la main ne redoute pas de plonger dans le feu si elle doit en retirer un objet précieux pour l’âme. La main n’a pas peur de saigner si le corps doit survivre.

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Videos de Justine Niogret (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Justine Niogret
Présentation de l'auteur Justine Niogret, présente au festival Geekopolis les 17 et 18 Mai 2014
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