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EAN : 9782362292750
Éditeur : Editions Bruno Doucey (06/02/2020)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère... Dans le premier, qu'elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi évoque l'exil auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. "Tout commence par la perte des eaux", écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : "L'enfant s'en va et ne cessera plus de s'en aller." Dès lors, la vie s'apparente à une longue exploration de la perte. Dans le second, qu'elle intit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sandau
  01 mars 2020
Opération Masse critique Littératures.
Merci à Babelio et aux éditions Bruno Doucey.
"J'ai compris, en écoutant mon père ce matin-là, à quel point les mythes sont ancrés en nous et nous consolent de danser en permanence sur les braises. Les flammes t'ont portée comme des paumes de chaleur, facilitant le passage à néant, la fragmentation de l'écorce et de la mémoire. Ne restent que des souvenirs allégés, exultés. Pas de lente putréfaction dans l'ombreuse humidité de la terre. Changement de phase immédiat, de la phase solide à la phase vapeur : tu te mêles à l'air que je respire".
Dans ces deux recueils de poèmes en prose, l'auteure d'origine indienne nous fait partager son hommage à sa mère, et sa réflexion sur son propre corps se flétrissant mais conservant pourtant encore tous ses désirs.
Vibrant chant d'amour presque impudique et mélancolique envers une mère adorée (" Si tu étais une lionne en cage, je suis une souris en liberté") et constat amer mais frondeur d'un corps vieillissant dont "le désir n'est jamais dompté", l'écriture est visiblement très travaillée avec des mots choisis avec soin.
Le livre est court mais si dense que plusieurs relectures ont été nécessaires pour pleinement savourer ces textes intenses mais si intimes que je me sentais presque face à une confession.
Il nous ait donné une réflexion profonde sur l'émotion d'une femme abordant le passage vers la véritable solitude intérieure mais aussi la recherche de l'apaisement.

Selon Ananda Devi, "ce chant d'amour, chacun le chante seul. Il ne peut être partagé".
Je la remercie d'en avoir entendu quelques murmures.

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Bonnie1704
  06 février 2020
Je remercie vivement les Editions Bruno Doucey qui m'ont envoyé ce livre dans le cadre du défi Masse Critique. La quatrième de couverture évoque rapidement le thème de ces deux textes, à savoir les relations mère/fille.
J'ai pu découvrir les deux textes d'Amanda Devi, dont je ne connaissais ni le nom ni le style, c'est donc pour moi une double découverte.
Comme c'est la première fois que je découvrais ce style d'écriture, j'ai passé toute la lecture à douter de mes capacités à saisir toutes ses subtilités et métaphores.
L'idée globale que je retiens de ma lecture est un fort sentiment mélancolique, en particulier de la relation de la narratrice à sa mère et des incidences sur sa propre vie de mère. Ceci donne deux textes que j'ai trouvé plutôt difficiles tant cette relation mère/fille est pesante, sans que l'on ne sache vraiment pourquoi.
Il y a bien sûr de belles phrases, émouvantes et/ou marquantes qui nous montrent tout le talent de l'auteur.
Néanmoins, j'ai eu du mal à m'impregner de ces deux textes... Je n'exclu toutefois pas de relire ce livre, pour tenter d'en saisir ses subtilités.
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saulepleureur
  13 février 2020
Première découverte de cette écrivaine mauricienne dont l'écriture forte voire violente m'a parfois émue et souvent déstabilisée dans ma perception des évènements de la vie d'une femme.
Dans le 1er récit on est plongé dans la complexité du lien mère-fille-enfant.
Contradiction des ressentis: la naissance de l'enfant devient l'exploration de la perte, la mort de sa mère devient un moment joyeux et on perçoit tout au long du texte l'incapacité de la fille de répondre à l'attente de la mère.
Dans le deuxième récit c'est le rapport sans concession au corps qui vieillit mais la liberté d'être soi enfin retrouvée et le désir indompté.
A lire et à relire pour s'imprégner du texte dont il me restera des phrases fortes.
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19chantal
  11 février 2020
Deux textes courts qu'il faut sans doute lire et relire.
Tout en poésie, l'auteur évoque ses relations avec sa mère et par suite avec son propre enfant.
La mort de sa mère est un terme. Plus rien ne peut se passer. D'une certaine façon, l'auteur s'identifie à sa mère.
Je ne suis pas sûre de bien rendre compte des intentions de l'auteur. C'est pourquoi, cette fois je privilégie les citations, celles qui m'ont plu, celles qui me marquent.
Merci aux Editions Bruno Doucey que j'aime particulièrement et à Babelio qui m'ont fait découvrir Ananda Devi.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   21 mars 2020
Tout commence par la perte des eaux…


Tout commence par la perte des eaux.
L’outre se désemplit pour livrer le passage à une entité complète en soi. Pas un corps étranger ; un bourgeon, une ébauche, une excroissance intime, qui, une fois émergé, devient cet autre auquel seuls nous rattachent les liens de l’amour et du désarroi.
Dès cette première séparation, la joie se teinte de désolation : il ne se souviendra pas de ce temps-là, de ce partage de nos matières, de ce qu’il a pris de moi pour se former, de ce que je lui ai donné pour le façonner. Cette amnésie des enfants, heurtée à la permanence obstinée de la mémoire des mères, c’est la toute première déchirure.
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coco4649coco4649   21 mars 2020
EN APNÉE…


Extrait 3

En apnée

Comme si au bord du Gange ou du Grand Bassin tu
aspirais les chants liturgiques

qui promènent dans ton corps l’indécence des croyances,
celles qui, toujours, te trahissent

te font croire aux grandes puissances des mères et des
pères

avant de les dissoudre en poussière


Tu sais que respirer c’est t’emplir de la suie des vies

dont il ne reste plus rien que la langue des flammes

corps qui se disloquent, chœurs entonnés par les cloches

vêtus de jaune vêtus de noir vêtus de blanc

le Gange ne s’arrêtera nulle part, ni pour les prieurs ni
pour les mourants

encore moins pour les absents

remonter le Gange c’est remonter à la source du vivant

avant n’était que chant – ils ont chanté avant que de savoir

et ils sont oublié avant que d’être

et ils sont morts avant que de devenir

et ils ont disparu lorsque

la dernière cloche a sonné.
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19chantal19chantal   11 février 2020
Il n'est pas d'heure pas de jour pas de vie
A dit la voix qui depuis toujours
Me scintille d'échos
Qui ne soient propices au désir
Même la mort l'est pour peu qu'on l'écoute

La mort aussi est un désir
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19chantal19chantal   11 février 2020
Yeux clairs presque paisibles, de mon père revenant du lieu de ta crémation.

Il s'est assis, comme rentré en lui-même.

Il a murmuré que tes cendres étaient incandescentes au matin, lorsqu'il les a recueillies du bûcher.

Secrète consolation que d'imaginer une si grande énergie émanant de toi, non comme un résidu de vie mais comme la vie elle-même, puissante, inusable. Une énergie combustible, brillante, brûlante : la tienne.

La chaleur des cendres est rentrée dans ses paumes. C'était un don que tu faisais dans cette aube friable sous les lataniers, dans la mélancolie des tourterelles. Plus tard, il sera inconsolable. Sur l'instant, c'est une très grande surprise qui emplit ses yeux clairs.
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HaleahHaleah   13 août 2020
Dès la naissance, la vie est une exploration de la perte.

Apprendre à perdre est la chose la plus difficile qui soit.
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Videos de Ananda Devi Nirsimloo (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ananda Devi Nirsimloo
À l'occasion du Printemps des Poètes, Bruno Doucey décline le mot "Désir" en toutes lettres ! Il commence donc avec le d': d'comme "Départ"...

Les livres évoqués :
/ "Le désir – Aux couleurs du poème", anthologie / "Notre nom est une île", Jeanne Benameur / "La robe froissée", Maram al-Masri / "Ceux du large", Ananda Devi / "Passagers d'exil", anthologie
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