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ISBN : 224681345X
Éditeur : Grasset (10/01/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s’isole. Sa mère s’enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand Œil d’internet. Son père, convaincu qu’elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l’amour et fait l’expérienc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  29 janvier 2018
On ne connaîtra jamais le prénom de la jeune héroïne et narratrice de ce roman. Pesant 10 kilos à la naissance, elle a continué à prendre du poids de façon exponentielle. Il n'en fallait pas davantage pour que ses "copains" de classe l'affublent du surnom de "la Couenne", entre autres gentillesses. Elle-même ne se voit que comme un "éléphanteau rose", et ses parents ne l'aident guère à se construire une identité : sa mère, jolie femme à la taille mannequin, s'enfuit quelques mois après la naissance, horrifiée par ce bébé monstrueux et ce qu'il menace de devenir. Quant à son père, persuadé que sa fille a dévoré sa soeur jumelle in utero, il ne s'adresse à elle qu'au pluriel et se dévoue corps et âme à nourrir "ses chéries, ses princesses" de mets aussi savoureux que caloriques, en dépit de tout bon sens ("Le plus grand don que mon père pense pouvoir me faire est celui de moi-même. Il veut me rendre l'amour de mon corps en le nourrissant. Mais à la fin, cela revient à une seule chose : il me fait don d'un élargissement dont je n'ai nul besoin"). La jeune fille, pas dupe ("Père : mon adorateur ; mon bourreau"), joue le jeu de la dualité pour ne pas peiner son père. Et malgré sa lucidité et la culpabilité qu'elle ressent, ne peut s'empêcher de manger sans fin, avec une faim insatiable, parce que "l'acte de manger est orgasmique". Alors elle continue à grossir et, forcément, dans un monde soumis aux diktats de la minceur et de l'apparence, à subir les humiliations et le harcèlement de ses condisciples, qui publient des photos d'elle sur les réseaux sociaux, jetant sur elle une opprobre planétaire.
Puis arrive un jour, vers 15-16 ans, où elle est incapable de sortir de chez elle, de s'extraire de son lit, de passer la porte de sa chambre. Un isolement forcé qui la met à l'abri des moqueries mais qui n'occulte pas la catastrophe imminente, celle qui la condamne, telle une baleine échouée, à mourir écrasée sous son propre poids... Avant une fin qu'elle sait inéluctable, le Bonheur daigne cependant lui rendre une visite aussi inattendue qu'improbable sous la forme de l'Amour, d'un homme providentiel qui lui fera découvrir les plaisirs de la chair et de la passion.
Manger pour se sentir vivante, pour exister, pour s'anéantir, manger sa soeur jumelle dans le ventre de sa mère, se faire bouffer par cette soeur imaginée qui lui bourre la tête de belles idées impraticables, être rongée par la cruauté du regard des autres démultiplié par l'Oeil d'Internet, être reniée par une mère lâche et un père qui la voit double, la gave et la gâte (dans tous les sens du terme) et l'assassine à feu doux à coup de plats en sauces et de gâteaux au chocolat, se perdre dans une montagne de nourriture, dans la montagne de chair qu'elle devient, puis dans la folie d'un amour passionnel, l'héroïne de "Manger l'autre" questionne son identité, son humanité jusqu'à l'auto-destruction.
Avec un dernier twist inattendu et une fin nauséeuse à la limite du supportable, voici un conte tragique, un texte fort porté par une écriture riche et sensuelle, dont la noirceur totale est (heureusement) tempérée par une certaine auto-dérision corrosive. Sur les thèmes de l'acceptation de soi et du regard des autres, "Manger l'autre" est un roman dérangeant, interpellant, dans lequel on oscille sans cesse entre répulsion et empathie.  Si vous décidez de "consommer" cette histoire, oubliez toute modération.
En partenariat avec les Editions Grasset via le réseau Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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mollymon
  23 juin 2018
Manger l'autre est l'histoire terrifiante d'une jeune fille hors norme qui se livre sans fard ni pudeur devant l'oeil avide d'internet.
Elle a 16 ans et raconte comment depuis sa naissance elle ne cesse de grossir, habitée par un appétit d'ogre qui la pousse à manger sans fin et l'enferme dans un corps de presque 200 kg.
Son obésité morbide lui interdit de vivre d'abord normalement puis de vivre tout court. Elle meurt à petit feu. Abandonnée par sa mère, gavée par son père, humiliée et stigmatisée par les autres, elle se retrouve piégée dans une immense solitude jusqu'à ce qu'on lui offre la possibilité de porter un autre regard sur elle même. Mais cela suffira-t-il à la délivrer du poids de son énorme souffrance...
Ce roman qui dénonce "le gonflement grotesque de l'inutile" et la tyrannie du regard de l'autre qui juge tout en incitant à s'exposer d'avantage, est une lecture coup de poing. Elle risque de heurter les natures délicates par le caractère horrifique de son propos mais l'écriture sensuelle d'Ananda Devi l'adoucit et la rend totalement addictive. Elle sait tellement bien mettre en appétit avec la description de nourritures succulentes que vous pourriez céder à la tentation de satisfaire vos papilles gustatives mises en émoi . Au risque de le regretter...
J'ai dévoré cette histoire d'une traite et ne peux que vous conseiller d'en faire de même. C'est tout simplement éblouissant !
.
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coquinnette1974
  15 février 2018
Manger l'autre de Ananda Devi Nirsimloo m'a été envoyé par net galley et les éditions Grasset.
Je l'ai fini il y a quelques jours et j'avoue avoir du mal à le chroniquer ! Que dire de ce roman ? Ai je aimé ? Ai je détesté ? Je ne sais pas trop en fait !
Manger l'autre, c'est l'histoire d'un bébé de 10 kilos, notre narratrice, dont nous ne saurons jamais le nom. Choquée par ce bébé obèse sa mère les quitte, son père et notre narratrice, dès que possible. le père est persuadé que sa fille a mangée sa jumelle dans le ventre de sa mère, et quand il leur parle il dit mes filles...
Evidemment elle se met à manger encore et toujours plus, grossissant encore et toujours plus...
Elle subit de nombreuses moqueries, car les enfants peuvent être très cruels...
Et elle grossit et... je n'en dirais pas plus, pour savoir la suite, à vous de le lire ;)
C'est un roman dérangeant tout en étant facile à lire, et honnêtement j'ai eu du mal à le lâcher une fois commencé.
C'est cruel, comme la vie peut l'être parfois.
C'est dur à lire par moment, car certains passages sont forts, mais c'est bien ficelé et dans l'ensemble, ça m'a plu.
Je l'ai lu sans savoir à quoi m'attendre et je ne regrette pas ma lecture.
Je n'ai pas eu de coup de coeur, et j'ai parfois eu du mal à m'attacher à la narratrice, mais il est sur que je n'oublierais pas ce roman de sitôt.
C'est pour ça que je mets quatre étoiles :)
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cathulu
  08 janvier 2018
Dès sa naissance, la narratrice était obèse. Devant une telle monstruosité, la mère a fui, cédant la place au père qui a commencé une gigantesque entreprise de gavage tant de nourriture préparée avec amour que de mensonges. Il raconte en effet à sa fille qu'elle a dévoré in utero sa soeur jumelle, ce qui expliquerait son poids.
Harcelée, cyber-harcelée, la jeune femme connaîtra pourtant, lors d'une deuxième naissance symbolique, un homme qui sera son exact opposé et lui fera découvrir les beautés de son corps. Mais Éros et Thanatos sont intimement mêlés et dans une société du paraître, se faire voir peut entraîner de douloureuses conséquences.
Roman de de la dévoration, de l'abondance ,de l'excès , Manger l'autre charrie, comme un fleuve furieux, les métaphores et tend à notre société un miroir à peine déformant. Oui, nous vivons dans un monde où certains ont accès à la nourriture déversée sur nous comme d'une corne d'abondance mais où on nous enjoint la minceur, voire la maigreur.Nous nous gavons d'images mais ne jetons pas un regard sur les exclus de la société et nous acharnons sur ceux que nous considérons comme hors-normes.
Un roman au rythme soutenu, à l'écriture tantôt rabelaisienne, tantôt sensuelle, qui ne tombe jamais dans le voyeurisme ni le pathos, soulignant toutes les ambiguïtés des personnages et des relations qu'ils entretiennent entre eux. Une allégorie puissante et roborative. Un grand coup de coeur !
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Root
  16 février 2019
« Après neuf mois et dix jours très exactement, ces dix jours lui ayant paru aussi longs que les neuf mois qui les avaient précédés, ma mère donna naissance à un éléphant rose. Il pesait dix kilos et deux cents grammes. […] Je n'avais ni trompe ni grandes oreilles, mais il était impossible de nous réconcilier, moi et le mot “bébé”.
Rejetée par sa mère, souffre-douleur de ses camarades de classe, elle n'a, pour se consoler de sa difformité, que la nourriture. Elle en rêve, l'attend, l'espère, toujours plus grasse et plus abondante. Elle n'envisage plus de se soustraire à l'obésité, elle est née obèse, elle mourra obèse, autant en profiter.
Sa mère, incapable d'aimer le monstre qu'elle a enfanté, a déserté. Est-ce parce que, foetus, elle a avalé sa soeur qu'elle a grossi sans cesse depuis sa naissance ? Son père ne lui en veut pas, il la nourrit pour deux, lui parle comme si elle était deux. Jamais de “tu”, toujours ce “vous” morbide, fou. Dans la schizophrénie qu'il lui impose, elle n'a pas la place de vivre. Pas la force, non plus, de demander à ce père de ne l'aimer qu'elle, sa fille en vie.
Des maltraitances au lycée au harcèlement qui la poursuit à la maison par le biais des réseaux sociaux, la narratrice crache son mépris d'elle-même, remisée dans sa chambre, guettant l'odeur de friture qui donnera une raison d'être à cette journée de souffrance. Emprisonnée dans ce corps-cercueil qui ne répond plus de rien sinon à l'appel de la bouffe, elle pleure. Puis vient la rencontre. Inespérée. René s'intéresse à elle, la chérit, la désire, l'admire. Elle est encore bien jeune pour un homme de son âge, mais y en aura-t-il un jour un autre ? Son père va jusqu'à fermer les yeux sur cette relation et leur laisse le champ libre : sa chambre d'adolescente devient alors le théâtre de leurs jeux sexuels. Elle se sent merveilleuse. Mais pour combien de temps ?
Je crois que dès les premières pages, j'ai su que je n'aimerais pas ce roman. le sujet est intéressant, j'étais curieuse de le voir traiter crûment dans une fiction. Mais l'attitude du personnage m'a rebutée. Cerné par le dégoût, la haine, le lecteur, ici, n'a pas sa place. le genre de monologue qui ne vous implique pas. Si le calvaire que vit cette ado est indéniable, je suis désolée de le dire parce que je m'attendais à tout autre chose, mais il n'y a pas d'émotion dans ses propos. Internet – le thème du voyeurisme en général – n'est que bien peu exploité alors qu'il offre d'innombrables possibilités. J'ai eu l'impression, en refermant ce roman, de m'être trompeusement laissé appâter par le résumé. le comportement du père, qui ne peut rester sans une explication à l'obésité de sa fille, jette sur ce récit un sacré malaise. C'est, pour moi, le seul point positif à relever. La critique de la société annoncée m'a semblé inexistante, le discours de l'héroïne répétitif et poussif, à la limité du vide, l'intrigue inaboutie. Après avoir oscillé entre agacement et indifférence, je peux dire que je suis passée complètement à côté de ce bouquin.
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critiques presse (2)
Culturebox   22 mai 2018
Conte de la dévoration et roman de l'excès, "Manger l'autre" est l'allégorie d'une société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   17 janvier 2018
Dans « Manger l’autre », la Mauricienne Ananda Devi trace un tableau terrifiant de notre présent à travers le corps d’une obèse.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   28 janvier 2018
Alcool, cigarette, bouffe, drogue, sexe, ce sont les excès qui nous excitent, qui nous passionnent. Sans eux, nous sommes de pâles effigies faisant semblant de vivre. Sans eux, nous passerions de la naissance à la mort comme des ombres qui n'auraient jamais connu le bonheur des délices interdits. Nous sommes la contradiction vivante de nos idéaux de sainteté et de santé. Nous ne sommes pas faits pour le jeûne ou l'abstinence, sauf comme forme de punition et d'autoflagellation.
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AlexmotamotsAlexmotamots   22 janvier 2018
« Les individus des autres espèces se sacrifient pour la survie du plus grand nombre ; nous, nous ferons tout pour survivre, au prix du plus grand nombre. » (p.32)

« A la conversation que toutes les mères doivent un jour avoir avec leur fille adolescente : tu dois apprendre à aimer ton corps » (p.79)

« … comment ni les parents ni l’école n’ont su inculquer des principes fondamentaux à cette génération d’exhibitionnistes. (…) Ce que l’on appelle les phénomènes viraux sont nos nouvelles divinités : ils savent capter nos passions éphémères. » (p.138)

« L’image ne pardonne pas. » (p.141)

« Pauvre père. Il ne mesure pas l’étendue du monde virtuel. On ne peut pas en sortir. Il est éternel. Il est partout. infini. Il n’y a pas d’outil possible puisqu’il est hors du temps et de l’espace. Nous avons inventé l’enfer. » (p.144)

« Dès que les commentaires publics ont été autorisés, le monde s’est lâché. Le pire est remonté à la surface comme une écume nauséabonde. Pourquoi n’est-ce pas le meilleur de nous qui en est ressorti ?Les voix bienveillantes, les voix mesurées, les voix raisonnables ? Elles ont été étouffées par les autres. Ce qu’on entend, c’est la cacophonie de notre époque, celle de nos âmes, celle de nos consciences. » (p.153)
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viou1108viou1108   27 janvier 2018
Hélas, je suis lucide à défaut d'être mince: je suis obèse, donc, aux yeux des autres, déficiente en neurones. (...) Personne n'admirera ma vivacité d'esprit alors que mon corps tout entier la contredit.
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viou1108viou1108   27 janvier 2018
La résistance humaine est admirable, vois-tu. Et sa ténacité. La preuve: je suis là. Sans cette obstination de vivre à tout prix, même tétraplégique, même aveugle, même sans corps visible, nous aurions depuis longtemps été anéantis comme les dinosaures. Les comètes ne sont pas venues à bout de notre espèce. Et crois-moi, nous avons beau paraître fragiles et voués à l'extinction, il n'en sera rien. Nos gènes survivront et referont surface après l'apocalypse. Car ils ont la ténacité de l'égoïsme. Les individus des autres espèces se sacrifient pour la survie du plus grand nombre; nous, nous ferons tout pour survivre, au prix du plus grand nombre.
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AgathethebookAgathethebook   09 mars 2018
Plus que le mal physique, je suis la représentation psychique de notre époque, j’en suis l’immoderé somatisé, la terreur et la spirale autodestructrice (oui, je ne crains pas une telle emphase, parce que la communication passe désormais par une amplification dénuée de sens, par un besoin d’outrance et de redondance — je suis dans l’air du temps, dans la même extension du vide). De nous, du monde dont je fais partie, ne reste que le plus délétère. Prisonniers de nos envies pléthoriques, nous nous sommes enfermés au point qu’il nous est devenu impossible de nous libérer sans éprouver une panique irrationnelle. Ne reste plus que l’assouvissement des envies du corps —gloutonnerie et pornographie, nos deux mamelles.
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Vidéo de Ananda Devi Nirsimloo
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