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EAN : 9782213665849
320 pages
Éditeur : Fayard (05/10/2011)

Note moyenne : 4.62/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Interrogée lors d’une émission de télévision québécoise sur ses reportages hors normes dans des guerres où il ne fait pas bon être journaliste, Anne Nivat séduit si bien son auditoire que, le lendemain, elle est invitée par un officier canadien, sur le point de partir en mission de combat en Afghanistan, à venir parler à ses hommes. Non seulement elle accepte, mais elle obtient de le rejoindre sur le théâtre d’opérations dans la très hostile zone de Kandahar, ex-cap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Madamedub
  12 avril 2012
Alors qu'elle participe à une émission télévisée à Montréal, la journaliste de guerre Anne Nivat, a l'occasion de rencontrer le major canadien Pruneau qui propose de l' « embarquer » dans leur dernière mission en Afghanistan. Il espère que l'expérience journalistique de la guerre de la reporter puisse communiquer une vision différente à ses jeunes recrues militaires.
Participer à ce genre d'expédition est enrichissant à plusieurs niveaux pour la journaliste française, qui n'en n'est pas à son coup d'essai dans un pays en conflit. D'abord le système militaire canadien est assez éloigné de celui français, ou même encore américain.
Anne Nivat a traversé différents camps, de 2008 à 2011. Des FOB américaines, immenses camps dans le désert afghan, où les gardes des soldats sont entrecoupées de pauses fast food et salles de sports…Des FOB plus discrètes, plus exposées, où chaque sortie est rythmée sous la crainte de sauter sur un IED, ces engins explosifs bricolés à partir de téléphones portables déclenchables à distance.
Mais d'une base à une autre, l'impression qui demeure est une insurmontable incompréhension entre monde militaire et monde afghan. Malgré les tentatives diverses pour créer une coalition, le fossé demeure.
L'ANA, l'armée afghane, formée et entraînée par les armées occidentales, est un sujet qui continue de diviser. Pas assez efficace, infiltrée ou non par des terroristes talibans, difficilement intégrée aux villages dont elle doit assurer la sécurité, tous semblent émettre des doutes sur un avenir sécurisé en Afghanistan .
Et pourtant, avec un départ annoncé des forces occidentales du sol afghan, la dernière mission d'Anne Nivat est des plus compliquée.
Pour commencer, ce choix du titre, « brouillards de guerre », pour une situation des plus floues, où chacun continue de se méfier des ombres que peuvent dissimuler à tout moment la poussière du pays.
D'un chapitre à l'autre, la journaliste passe du costume traditionnel des femmes afghanes, à la tenue militaire, allant jusqu'à enlever son gilet pare-balle pour se glisser sous l'épais « châdri » afghan.
D'un côté à l'autre du « miroir », comme elle le dit, elle-même, Anne Nivat collecte des rencontres, certaines attendues, d'autre moins. Elle rencontre au fil des années, des missions, et des régions, ces hommes et ces femmes, qui habitent ces villages énigmatiques d'Afghanistan.
Les militaires lui confient leurs surprises : eux ne voient presque jamais de femmes, ou juste des ombres fugitives de tissus qui se dissimulent à leur regard.
Intrépide, Anne Nivat a tissé des contacts au fil des années, qui lui ont permis de rencontrer des politiciens, des hommes d'affaires, des villageois. D'étonnantes rencontres, des femmes qui essaient de faire changer les mentalités, des religieux intégristes…
D'un camp à l'autre, chacun essaie de tirer parti de la situation en plein bouleversement du pays.
Les talibans restent une crainte, un sujet ambivalent. Après une domination soviétique violente et répressive dans le pays, les talibans s'étaient imposés, comme le symbole du retour à l'autonomie du pays, que paradoxalement ils représentent toujours avec la menace de l'ingérence étrangère. A la fois protecteurs et menace, ils sont l'alternative à une présence militaire imposante, mais également enrichissante. Nombre de familles ont pu profiter des contrats de reconstruction du pays avec des états étrangers. Cet entrelacement entre conflits et intérêts crée une situation complexe et floue.
Pour ne rien arranger, Anne Nivat souligne la difficulté de la situation des soldats eux-mêmes, qui, envoyés souvent sans réellement comprendre le contexte et les enjeux de la situation, ne sont pas soutenu par l'opinion populaire de leur pays (particulièrement en France).
Que l'on soit donc favorable ou non à l'intervention militaire, force est de constater que la confusion de la situation n'est pas prête de s'éclaircir.
Face à des puissances occidentales constituées en Etat-Nation depuis des siècles, la situation tribale de l'Afghanistan appartient à un autre paradigme culturel.
Est-ce qu'entre les deux côtés du miroir le passage est définitivement impossible ?
La réponse n'est pas aisée.
Non, si l'on regarde les échecs et la difficulté de la situation militaire. Après de nombreuses pertes humaines, scandales et incertitudes, même la meilleure des volontés, celle du major Pruneau par exemple, qui déploie trésor d'ingéniosité pour créer des liens de confiance avec la population, semble insuffisante à créer un vrai rapport honnête entre les deux camps. Les deux armées, l'ANA et les armées occidentales, demeurent aussi distantes et opaques l'une à l'autre, que le serait deux armées rivales.
Oui, si l'on suit le parcours d'Anne Nivat, qui, pourfendant la difficulté de sa condition féminine dans un pays bien loin de l'équité des sexes, parvient à nouer des rapports de confiance et d'amitié avec une population désireuse de vivre en paix et d'être respectée pour ce qu'elle est.
Reste le sentiment persistant des ces « brouillards de guerre », ou l'impossible confrontation des cultures dès lors que l'enjeu des conflits militaires et politiques nuisent à une réelle construction du tissu social.

Lien : http://madamedub.com/WordPre..
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Charybde2
  18 mars 2013
Afghanistan 2010, vu du terrain sans tabous et sans arrangements, par une immense journaliste de guerre et d'immersion.
Anne Nivat fait partie de ces rares authentiques journalistes de terrain qui, loin des circuits organisés en minibus et en 4 x 4, ont une passion pour l'envers du décor, et pour la réalité des choses une fois que le cirque médiatique passager s'est éloigné.
Dans ce nouveau récit, en croisant ses méthodes déjà éprouvées en Asie Centrale ("Par les monts et les plaines", 2006), en Tchétchénie ("Chienne de guerre", 2000, et "La guerre qui n'aura pas eu lieu", 2004), en Irak ("Lendemains de guerre", 2004, et "Bagdad Zone Rouge", 2008), et en Afghanistan une première fois ("Lendemains de guerre", 2004), elle revient sur place, alors qu'on parle moins de ce conflit afghan qui dure depuis déjà dix ans, et nous fait partager ses propres allers-retours, accompagnant tantôt une unité canadienne en opérations, et rencontrant le reste du temps ses propres contacts indépendants, noués au fil des années, pour obtenir ce qui nous manque le plus en général : la manière dont les personnes ordinaires voient les choses, au-delà des occasionnels micro-trottoirs à grand spectacle et des interviews arrangées par les gouvernements, les intelligentsias ou les mafias diverses...
"C'est justement ce que j'ai voulu essayer de mesurer en Afghanistan en passant d'un monde à l'autre, afin de l'offrir à un public qui n'a certes plus vraiment envie d'entendre quoi que ce soit sur cette longue guerre, mais qui, pourvu qu'on trouve les mots et les images adéquats, peut se sentir à nouveau concerné. Pour jauger le degré de confusion qui y règne, le réel état des choses qui y prévaut, encore faut-il avoir passé du temps sur place, tissé sa toile de contacts, ne pas avoir hésité à troquer son gilet pare-balles pour un châdri bleu en nylon."
Récit passionnant de bout en bout, par la journaliste de guerre probablement la plus fine et la plus courageuse à travailler aujourd'hui.
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paroles
  15 janvier 2013
Journaliste, Anne Nivat, rapporte des témoignages de soldats canadiens et d'Afghans.
Les premiers pensent avoir apporté leur aide : construction de routes, de bâtiments, d'écoles, formation de policiers..
Les seconds se demandent ce que des étrangers sont venus faire dans leur pays.
Leurs cultures sont très éloignées et l'incompréhension règne des deux côtés.
Excellent reportage sur la guerre en Afghanistan, sur le déploiement des troupes alliées, sur l'engagement des uns et des autres, sur les évènements vus par les antagonistes.
Au final, une question demeure : pourquoi tout ça ?
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hildegard
  25 juin 2014
Magnifique récit de son retour en Afghanistan toujours en guerre. D'un côté, Anne Nivat décrit la vie des militaires, parfois de bonne volonté, mais si perdus devant les us et coutumes locales, et de l'autre elle nous emène chez les Afghans dans l région du sud, la plus dangereuse. Son analyse politique est tellement juste. Cette guerre, cette présence de soldats étrangers, ne sert pas à grand chose pour aider ce magnifique pays à se reconstruire.
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MarianneL
  25 avril 2013
Un livre très passionnant d'Anne Nivat qui partage tour à tour le quotidien de militaires canadiens en Afghanistan et de familles afghanes.
Très loin de tout ce qu'on peut lire ou entendre habituellement sur l'Afghanistan, il faut rendre hommage au grand courage d'Anne Nivat non seulement pour se confronter au danger, mais aussi à des situations quotidiennes désespérantes. C'est aussi un témoignage unique sur les femmes afghanes.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   09 avril 2017
« D’une main les étrangers nous nourrissent, de l’autre ils nous tuent », résume le religieux, justifiant même les attentats-suicides par « le comportement humiliant des étrangers envers nos femmes ». Sujet tabou, les femmes afghanes sont l’objet d’une formidable incompréhension entre étrangers et autochtones, ces derniers étant convaincus que les militaires n’ont qu’un souhait : violer leur intimité. Quel que soit l’endroit où s’implante une base militaire, les Afghans sont obsédés par l’éventualité que les étrangers puissent avoir accès à leurs femmes, ne serait-ce qu’en les voyant non voilées, ce qui est possible si la base, sur un promontoire, domine des maisons habitées.
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rkhettaouirkhettaoui   09 avril 2017
C’est bien joli de tenir de beaux discours, comme en France ou aux États-Unis, pour clamer que la guerre est gagnée, la mission accomplie, le système démocratique instauré, alors que, dans la réalité, tout cela exige beaucoup plus de temps… Au reste, on demande aux militaires d’accomplir beaucoup d’autres tâches, par exemple de former au travail de police ; or voilà un domaine où la question de la loyauté est capitale : prenez un policier afghan. À qui va sa loyauté : aux Américains qui le paient, l’arment et le forment, ou à son clan, à sa vallée, à sa famille ? À quel moment peut-il changer de camp ? Voilà ce qu’il faut tenter de comprendre.
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rkhettaouirkhettaoui   09 avril 2017
Les armées occidentales perdent du temps, l’ennemi le sait, il en tire parti en s’enfuyant ou en instrumentalisant des civils. Je comprendrai mieux les implications concrètes de cette situation après un incident considéré comme fréquent. Une nuit, le major Pruneau est réveillé sur le coup de 4 heures du matin. Si ses subordonnés ont pris la décision de venir interrompre son sommeil, c’est qu’ils ont repéré un danger. En amont du chantier, quatre individus mènent une activité suspecte : tandis que deux d’entre eux creusent à l’aide de pelles, puis reculent, tendant nettement des fils, deux guetteurs veillent. Les quatre hommes sont à l’évidence des insurgés surpris en flagrant délit de pose d’IEDs ; en aucun cas ils ne peuvent être confondus avec des agriculteurs travaillant nuitamment dans leurs champs. Aussitôt, les deux sections les plus proches sont dépêchées sur place pour les encercler. Mais peut-on ouvrir le feu, quand et comment ? Les décisions doivent être prises d’autant plus vite que les quatre individus ont déjà eu le temps de se réfugier dans une maison du village.
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rkhettaouirkhettaoui   09 avril 2017
Quant au statut des femmes, « c’est tout à fait normal de ne pas voir leur visage quand elles sortent, ou qu’elles n’aient pas le droit de travailler épaule contre épaule avec des hommes ; c’est ce qui est écrit dans le Coran, et notre société doit respecter le Saint Livre… »
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rkhettaouirkhettaoui   09 avril 2017
Les guerres sont pratiquement devenues des phénomènes de mode… À l’automne-hiver 1999-2000, la guerre en Tchétchénie faisait la une, mais ça n’a pas duré, car elle était très dure à couvrir, et dangereuse, et il n’y avait pratiquement pas d’images télé : sans images, la guerre n’existe pas. Moi, j’ai dans la tête des images de la guerre en Tchétchénie que personne n’a filmées, tout simplement parce que j’étais là, que j’ai tout vu…
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Vidéo de Anne Nivat
Position dominante dans le Proche et Moyen-Orient, réseaux réactivés en Afrique, rapprochement avec la Serbie ... Malgré un PIB en baisse et une population vieillissante, la Russie demeure un acteur incontournable de la scène géopolitique actuelle. Comment le comprendre et l'expliquer ?
Pour en parler Emmanuel Laurentin reçoit Anne Nivat (journaliste, grand reporter), Benoît Vitkine (correspondant à Moscou), Jean de Gliniasty (diplomate et ancien ambassadeur en Russie) et Maxime Audinet (chercheur à l'IFRI).
Le Temps du débat d?Emmanuel Laurentin ? émission du 8 novembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/temps-du-debat
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