AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean-Paul Sartre (Préfacier, etc.)
ISBN : 2707137510
Éditeur : La Découverte (01/05/2002)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 99 notes)
Résumé :
"J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde." Paul Nizan a vingt ans lorsqu'il s'embarque pour Aden, décidé à fuir l'ennui, le confort et le conformisme. Aden Arabie est le récit de ce voyage, fuite adolescente qui se mue en révolte contre le devoir, la patri... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  28 août 2016
Paul Nizan a vingt ans quand il s'embarque pour Aden, au Yémen, alors sous la domination de l'empire britannique; pourquoi partir? Parce qu'il étouffe dans ce monde bourgeois, parce qu'il est jeune, révolté tout autant que déprimé par la vieille Europe, parce qu'il fuit sa vie comme on ôterait sa peau au sortir de l'enfance.
Mais pourquoi Aden, précisément, et non l'Amérique, ou encore l'une des colonies françaises. Nizan ne justifie pas ce choix, mais cette ville si particulière le révèlera à la réalité du monde moderne.
Aden est alors en pleine expansion, passant de 6000 habitants au début du dix-neuvième siècle à 35000 50 ans plus tard. Grand port stratégique, elle abrite une population très diversifiée, dont de nombreux Européens qui y reproduisent leur mode de vie occidental, la culture en moins. Pas de théâtre, de cinéma, de musique, uniquement un intérêt pour le commerce, l'économie, une vie exploitée par les entreprises en expansion, et le rêve pour cette population du retour au pays. Rêve illusoire selon Nizan et signe de soumission. La vie ne se rêve pas, elle se vit.
Dans l'écriture de ce court texte autobiographique, on devine un jeune homme à la fois révolté et désabusé, en proie à la dépression (confirmée par sa biographie) ; le monde qu'il décrit est désenchanté, terne, la vie qui y est menée semble inutile et mécanique.
Nizan reviendra en France tel Ulysse après un long voyage, et prêt à s'engager pour le communisme.
J'ai peu apprécié les premières pages dans lesquelles la bouderie et l'arrogance du jeune homme se faisait un peu trop sentir, mais j'ai ensuite suivi le regard qu'il porte sur le microcosme de cette colonie avec intérêt. Cet essai est bien ancré dans l'entre-deux-guerres et préfigure les Sartre et compagnie à venir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
chocobogirl
  05 avril 2011
"J'avais vingt ans. Je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "
Vous avez déjà surement entendu cette citation célèbre : il s'agit de l'incipit du texte de Paul Nizan, Aden Arabie, paru en 1931 et beaucoup moins connu.
Paul Nizan est né en 1905 et fait la connaissance de Sartre au lycée Henri IV. En 1926, il part à Aden, au Yémen pour devenir précepteur. A son retour, en 1927, il adhère au parti communiste. En 1939, à la suite du pacte germano-soviétique qu'il voit comme une alliance entre nazis et communistes, il rompt avec le parti. C'est en 1940 qu'il tombera à la guerre.
Si je vous raconte tout ça, c'est parce que, suite à sa rupture avec le PCF, s'est ensuivit une campagne discriminatoire sur sa personne et qu'il fut peu à peu oublié. C'est la réédition de l'ouvrage en 1960, préfacé par Sartre, qui permettra de le réhabiliter aux yeux du grand public. Et c'est cette même édition qu'on trouve encore aujourd'hui.
La préface de Sartre fait quand même une cinquantaine de pages que j'ai allègrement sauté après les premières !
Je dois dire qu'il va m'être très difficile de parler de ce livre que je n'ai pas complètement compris...
Nizan y relate son voyage à Aden mais on ne se trouve pas face à un récit de voyage...
Il commence tout d'abord par dresser un portrait particulièrement dur sur ses contemporains occidentaux et n'hésite à donner des sentences sans appel sur la fameuse Ecole Normale.
" Il ne resta plus que l'Ecole Normale, objet comique et plus souvent odieux, présidée par un petit vieillard patriote, hypocrite et puissant qui respectait les militaires."
" On y dresse une partie de cette troupe orgueilleuse de magiciens que ceux qui apeint pour la former nomment l'Elite et qui a pour mission de maintenir le peuple dans le chemin de la complaisance et du respect, vertus qui sont le Bien. "
Il décide de partir pour Aden pour fuir la petite bourgeoisie, son confort et son conformisme qu'il abhore au plus haut point. Une fuite qui peu à peu se changera en révolte contre le devoir et la patrie. Nizan fait partie de la génération de l'après-première guerre mondiale qui reprochera à ses ainés de n'avoir pu empêcher une telle guerre. Une époque faite de vide qui verra les débuts d'une industrialisation galopante. Nizan rêve aux voyages de ses prédécesseurs, Rimbaud, Gauguin et autres artistes. Il attend de l'aventure.
Mais sa désillusion va être grande : Aden est sous protectorat britannique et
Il y retrouvera les vendeurs de pétrole et de café et les hommes d'affaires qu'il exècre. Comme en Europe, c'est la loi du profit qui règne. le portrait d'un certain Mr C. est, à ce titre, édifiant :
" le passé dont il tirait une excessive fierté se réduisait au nombre de lakhs de roupies dont pouvait le créditer la National Bank of India "
L'argent fait la loi et conditionne la vie des locaux qui vivent sous l'influence coloniale
C'est écoeuré qu'il rentre à Paris et complètement désabusé sur l'utilité des voyages.
" Avais-je besoin d'aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris ".
Il conclut en déclarant qu'il faut combattre le capitalisme et l'esprit petit-bourgeois, à sa source même.
Il oppose le monde des producteurs et des ouvriers à celui des capitalistes et condammne " l'Homo Economicus".
Vu comme ça, le texte parait facile. Sachez qu'il n'en est rien !
Nizan part dans de grandes envolées philosophiques et utilise de nombreuses métaphores qui perde complètement le lecteur non préparé à un tel texte et au contexte historique dans lequel il a été écrit.
On y trouvera aussi de très beaux passages pleins de poésie mais parfaitement obscurs.
On ne s'étonnera pas non plus d'y trouver une ou deux remarques, quelque peu antisémite, époque oblige.
" Mais les bourgeois produisent et possèdent abstraitement. Comme il y a beau temps qu'ils ont hérité d'Israël, ils passent la vie à prêter à intérêt . "
Je dois dire que ma lecture a été très très pénible et que j'ai failli abandonner en cours de route.
Mal préparée et ne m'attendant pas à un tel pamphlet, je n'ai absolument pas adhéré à son écriture que j'ai trouvé confuse, décousue et très abstraite.
Malgré tout, il faut reconnaitre que c'est un livre fort pour l'époque et dans lequel on pourrait tirer certaines sentences encore valables aujourd'hui. Pourtant le texte a vieilli et est devenu difficile d'accès pour les lecteurs d'aujourd'hui.
Aden Arabie reste pourtant le cri d'un homme révolté contre un monde dans lequel il ne se reconnait pas, un monde dirigé par les enjeux économiques et les intérêts coloniaux. Symbole d'une jeunesse désanchanté, Nizan déteste le monde sur lequel il porte un regard très pessimiste.
" Il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien. Celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée. "
On pourra constater qu'il se rapproche un tant soit peu de Rimbaud dont le parccours offre quelques similitudes.
Contente de l'avoir lu mais je ne le recommande pas tant sa lecture est laborieuse...
Lien : http://legrenierdechoco.over..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
cicou45
  17 septembre 2011
Il est difficile de donner une étiquette précise à cet ouvrage puisqu'il est à la fois pamphlet, récit de voyages et récit autobiographiques. J'ai découvert Paul Nizan tout à fait par hasard lorsque j'étais à l'université et qu'en cours, nous étudions Jean-Paul Sartre. C'est donc l'un de mes professeurs de littérature qui m'a poussé à aller découvrir cet auteur, qu'il m'a décrit comme un grand ami de Sartre.
Lors de ma lecture à l'époque, je n'ai pas compris toute la puissance de cet ouvrage et ce n'est que des années plus tard, en me remémorant cette lecture et, au vu de ce qui se passe en ce moment dans le monde, que j'en comprends la signification. L'auteur a énormément voyagé, d'où le titre du livre mais pour se rendre finalement compte que le monde n'est pas forcément meilleur ailleurs. Dans cet ouvrage, Paul Nizan ne cache pas ses mots en émettant une virulente critique contre la bourgeoisie avec tout son confort et plus que tout, l'aliénation de l'homme par l'homme. Ce livre a été publié en 1931, à vous de voir si vous trouvez que le monde a beaucoup changé depuis ...En tous cas, moi, je ne le pense malheureusement pas !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
ManonReal
  16 janvier 2019
Autant j'ai beaucoup apprécié La conspiration, autant Aden Arabie n'a pas provoqué grand chose dans les méandres de mon esprit littéraire. J'ai essayé de trouver ce voyage où l'auteur s'évoque lui-même, mais malheureusement, je n'ai pas été suffisamment transportée. Paul Nizan avait un réel potentiel en tant qu'écrivain, et je n'en douterai jamais là-dessus. Je mets trois étoiles car ce récit contient tout de même quelques beaux passages.
Commenter  J’apprécie          130
yann-frat
  18 mai 2015
Je me suis longtemps demandé pourquoi ce roman qui doit être largement dans le top 3 des incipits les plus célèbres de la langue française (franchement à part "Longtemps je me suis couché de bonne heure" ou "Aujourd'hui maman est morte" qu'est ce qui est plus célèbre que "J'avais 20ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus âge de la vie" ?) était aussi difficile à trouver en librairie, aussi peu lu en somme.
Il m'a donc fallu le trouver par hasard dans une bouquinerie de Royan pour avoir la réponse, implacable : ce texte est absolument sans intérêt!
De fait il raconte la fuite de l'auteur vers Aden alors qu'il avait 20 ans, fuite motivée plus ou moins par le désir fantasmé de l'aventure (il est la génération juste après la guerre et on sent que cela pèse) or ce voyage se révèle absolument sans intérêt, si ce n'est touristique. Il a voulu voyager pour se rencontrer, il s'est découvert lâche, rentrez chez vous (et c'est ce que fait l'auteur d'ailleurs).
Pour alourdir tout ça (au cas où ça ne suffirait pas...) Nizan ajoute aussi un long délire totalement fifities sur le "peuple" et "l'homme libre" et la "société de consommation" tartine ampoulée et sans aucun intérêt qui ne fait que me confirmer que vraiment, tôt ou tard il va falloir faire le procès littéraire de la clique de Sarte et de de son époque... Quelle prétention dans ces textes pseudo philosophiques, que de mamamouchis, que d'amphigourismes, que de bla bla... Bref.
Enfin vous saurez vous aussi pourquoi ce texte disparait peu à peu de la circulation...
PS : Une chose drôle cependant, en lisant ce texte je me suis demandé quand même où était Aden. Google earth et je fais défiler une ville arabe magnifique entre pierre blanche et mosquée qui attise pour le coup ma curiosité. Je commence donc à chercher des séjours, des billets d'avion... avant de comprendre que c'est juste l'une des zones du globe les plus dangereuses du monde, entre piraterie et guerre civile sanglante...
Un instant je me suis donc imaginé débarquant à l'aéroport, moi le pd occidental moyen avec mon livre de Nizan à la main et ma bouche en coeur...
Et bon, j'avoue que ça m'a fait bien rire. Que voulez-vous, quand on est con, on est con hein...
Lien : http://yannfrat.com/blog/201..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          75
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   19 avril 2017
Il était du parti depuis douze ans, quand, en septembre 1939, il fit savoir qu'il le quittait. C'était la faute inexpiable, ce péché de désespérance que le Dieu des chrétiens punit par la damnation. Les communistes ne croient pas à l'Enfer : ils croient au néant. L'anéantissement du camarade Nizan fut décidé. Une balle explosive l'avait, entre tant, frappé derrière la nuque, mais cette liquidation ne satisfit personne : il ne suffisait pas qu'il eût cessé de vivre, il fallait qu'il n'eût pas du tout existé. On persuada les témoins de sa vie, qu'ils ne l'avaient pas connu pour de vrai : c'était un traître, un vendu ; il émargeait au Ministère de l'Intérieur et l'on y avait trouvé des reçus qui portaient sa signature. Des ouvrages qu'il avait laissés, un camarade se fit l'exégète bénévole : il y découvrit l'obsession de trahir : un auteur, disait ce philosophe, qui met dans ses romans des mouchards, d'où connaîtrait-il leurs mœurs à moins de moucharder lui même ? Argument profond, comme on voit, mais dangereux : en effet, l'exégétiste est devenu traître ; on vient de l'exclure ; faut-il lui reprocher d'avoir projeté sur sa victime ses propres obsessions ?
En tout cas, la manœuvre réussit : les livres suspects disparurent ; on intimida les éditeurs qui les laissèrent pourrir dans des caves et les lecteurs qui n'osèrent plus les demander. Cette graine de silence germerait ; en dix ans elle produirait la négation la plus radicale : ce mort évacuerait l'histoire, son nom tomberait en poussière, on exfolierait sa naissance du passé commun. [.................]
(Avant Propos de Jean-Paul Sartre - Mars 1960).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
cicou45cicou45   17 septembre 2011
"J'avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde."
Commenter  J’apprécie          320
cicou45cicou45   17 septembre 2011
"Je vais vivre parmi mes ennemis. Constamment, c'est-à-dire non passivement, mais sans laisser le temps m'endormir du bruit paresseux et aimable de son cours, avec patience, attention et colère. Il me faut la vertu qui nous fit le plus constamment défaut, la constance.
Mais il est plus facile d'être constant avec la guerre qu'avec la poésie, qu'avec une femme. La poésie et les femmes passent, mais la révolution n'est jamais passée."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
aleatoirealeatoire   10 mai 2011
Les événements ne viennent pas à domicile, les événements ne sont pas un service public comme le gaz et l'eau. Mais il y a des routes, des ports, des gares, d'autres pays que le chenil quotidien : il suffit un jour de ne pas descendre à sa station de métro.

A quels jeux employer si tard dans la journée la vacance insolite des mains, la liberté provisoire de la promenade des prisonniers ? Où sont les femmes, où sont les amis introuvables, ces choses aussi simples que l'eau et que le pain?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Myriam3Myriam3   27 août 2016
Voici ce qu'il y a à comprendre: Aden était une image fortement concentrée de notre mère l'Europe, c'était un comprimé d'Europe. Quelques centaines d'Européens ramassés dans un espace raccourci comme un bagne, cinq milles de long, trois milles de large, reproduisaient avec une extraordinaire précision les dessins que composent à une plus large échelle les lignes et les rapports de la vie dans les terres occidentales. Le levant reproduit et commente le ponant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Paul Nizan (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Nizan
Pierre Desgraupes sur Paul Nizan.
Dans la catégorie : Géographie du JaponVoir plus
>Géographie générale>Géographie de l' Asie>Géographie du Japon (9)
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre